mercredi 24 mai 2017

Demi-démesure

Nous les Kurdes, on pouvait déclencher une troisième guerre mondiale pour une poule écrasée par une bicyclette ou deux gamins qui s'étaient battus pour une poignée de billes.

Les sables de Mésopotamie, Fawaz Hussain, Points

samedi 20 mai 2017

Langue vivante

Mes oreilles sont régulièrement chatouillées par les jolis lapsus qui traversent l'atelier. Cependant, ils atteignent rarement le degrés de poésie du dernier en date qui est pourtant d'une simplicité absolue.

Alors que nous discutons de certaines modifications à effectuer sur un vélo d'enfant afin d'en faciliter l'usage, nous évoquons le système de changement de vitesses. Au lieu des conventionnelles "poignées tournantes", le client me parle soudain de "tournées poignantes".

Je le rejoins sur ce point, il y a effectivement quelques dates de concerts qui pourraient me tirer des larmes de joie comme une vraie et définitive tournée d'adieux d'un certain Johnny H.

jeudi 18 mai 2017

Nuance

Il pleut. Quelqu'un franchit le pas de l'atelier, je m'approche pour engager la conversation. Cette personne me dit tout de go :
- Ecoute, j'ai une course à faire, je te laisse mon vélo.
Innocemment je demande :
-Oui, mais qu'est-ce qu'il y a à faire ?
-Rien, ne t'inquiètes pas, je reviens, comme il pleut, je te laisse mon vélo, je repasse tout à l'heure.
-... Hein !?! Mais, je suis pas un garage à vélo !

Je vous fais grâce du reste de la conversation. Tout ce que je peux dire c'est qu'un instant j'ai pensé m'être trompé de costume le matin en fouillant ma maigre garde-robe. J'étais paré à affronter une journée dans la graisse, l'huile, le cambouis et le caoutchouc alors que la livrée adéquate eût été celle-ci :

Désolé, je n'assume pas, je suis allergique aux écureuils et aux guêtres. J'adore rendre service mais je ne suis au service de personne. Nuance.

mardi 16 mai 2017

Bagnes parisiens

Visiblement Mr Clément n'était pas très regardant sur les conditions de travail de ses ouvriers comme nous le rapporte cet article mordant de La Sociale, le journal animé par Emile Pouget. La séquence des toilettes est cocasse au possible.
Encore un billet qui me tombe tout cuit dans la bouche grâce au travail de fourmis des animateurs du blog Mouvement révolutionnaire angevin.

La Sociale, n°66, 09 août 1896.

vendredi 12 mai 2017

Plus belle la nuit

Une nuit blanche sur un vélo en vaut bien une passée à errer de bar en bar. Le sentiment d'ivresse est très voisin, les cyclistes sont simplement moins expansi-f/ve-s que les pochtron-ne-s. La répétition du cycle de pédalage et le silence de la campagne invite à l'introspection en même temps qu'à une présence attentive mais discrète. Je ne vais pas pousser plus loin l'explication parce que ce billet a justement pour but de proposer cette expérience de cyclisme nocturne.

La sortie fera autour de 80 km en tout et pour tout, le rythme sera tranquille, l'idée est de pédaler régulièrement jusqu'au petit matin pour se poser un peu, manger, siester et profiter du moment. Pas besoin d'être un-e grand-e cycliste pour venir, être en forme suffira.

Pour participer, il vous faudra un vélo en bon état, avec de quoi parer à une crevaison. Un éclairage efficace est de rigueur : être vu ET voir ! La nuit, hors- agglomération, le gilet jaune est obligatoire. Evidemment vous prévoirez de quoi boire et manger un peu en route ainsi que des vêtements chauds. Toute personne qui ne collera pas à ces critères basiques sera probablement abandonnée à son triste sort au beau milieu de la nuit. Avec un peu de chance les loups ont déjà reconquis l'Anjou. Capito ?

Rendez-vous dimanche 25 juin, à 1h00 du matin, au 21, rue Maillé !

jeudi 11 mai 2017

Prends-le-cool

Excellent article de la revue Jef Klak : L'exploitation à bicyclette. Je vous laisser plonger dans cette lecture salutaire.

mercredi 10 mai 2017

Mdr

Je m'apprête à transgresser un interdit : expliquer une blague. J'ai déjà le rouge aux joues. Si cette blague doit être explicitée c'est parce qu'elle repose sur un jeu de mot technique que tout le monde n'est pas en mesure de maîtriser. Et puis, coucher par écrit ce jeu de mot lui enlève beaucoup de (tout ?) son charme. Malgré tout, vous allez découvrir une blague de mécanicien-ne ce qui est un privilège indiscutable. C'est parti pour une blague très brève qui fait pschit :

Tu chambres, tu chambres, mais à la fin tu blesses !

Voilà, je sens bien que vous allez avoir besoin de plusieurs minutes pour vous remettre du fou rire qui vous gagne. Néanmoins, voici la traduction suivie de l'explication pour les néophytes :

Tu chambres (à air), tu chambres (à air), mais à la fin tu (passes au) tubeless.

Les pneus tubeless étant comme leur nom l'indique en anglais des pneus sans chambre à air. Cette blague marquant la lassitude des pratiquant-e-s quant à la récurrence des crevaisons et qui pour en finir passent à des pneus tubeless. Ces derniers contiennent un liquide préventif qui pare à la plupart des crevaisons par percement. De plus, ils ne sont pas sujet aux crevaisons par pincement.

Voilà, tout est dit, je vous quitte de suite pour ravaler ma honte dans la solitude.


vendredi 5 mai 2017

Môssieur


Je n'avais jamais acheté Monsieur. C'est un peu par défi que je me suis procuré le numéro d'avril. Vue la couverture et le titre du dossier du mois le vélo c'est chic, 200 ans après son invention, le vélo est le nouveau golf, je sentais bien que je ne collais pas bien avec le cœur de cible du magazine.

J'ai appris que l'image du vélo a profondément évolué : d'un sport populaire, voire ringard, il s'est mué en une pratique ultra-tendance voire élitiste. J'ai d'abord été surpris d'apprendre cette proximité du populaire et du ringard. A ce stade peu avancé de la lecture j'aurais pu m'abstenir d'aller plus avant. D'ailleurs je ne vais pas plus vous décrire le contenu de ce qui n'est rien d'autre qu'un magazine publicitaire payant.

Néanmoins, je risque fort de décevoir les rédact-eurs/rices de Môssieur : l'idée que le vélo devienne une pratique largement et vraiment répandue parmi les classes très aisées est une vaste fumisterie. Le cyclisme demande beaucoup (trop) de temps et la géographie et la météo ne font pas de cadeaux. J'ai beaucoup pensé à Môssieur durant mon brevet de 300 km effectué dimanche dernier. Il a plu de nombreuses heures durant. A chaque fois que je suis entré dans un bar ou une boulangerie les gens avaient clairement un regard de pitié et/où dégoût quant à mon allure et mon odeur de vieux chien mouillé. J'ai eu froid, j'ai parfois momentanément perdu l'usage de mes extrémités (toutes mes extrémités). Et puis, certaines lignes droites que j'ai labouré contre le vent entre Vitré et Ancenis n'avaient rien à voir avec une promenade sur les Champs-Elysées. C'est à bon escient que je parle de "labourer". Le cyclisme est viscéralement une pratique de paysan-ne-s ce qui devrait suffire à en dégoûter beaucoup. Alors, je concède à Môssieur que beaucoup de très riches vont s'acheter un beau vélo en carbone et le lycra assorti mais ce qu'on appelle "cyclisme" implique un investissement autre dont le retour est lent et parfois décevant. Ce n'est pas pour rien que la première double-page de Môssieur est ornée d'une publicité vantant les mérites du dernier coupé sport d'une prestigieuse marque de bagnole. Le vélo : nouveau golf ? Oui, mais à condition d'avoir une belle caisse à glisser sous le porte-vélo. Considérant que les bar-PMUs ne sont pas près de se transformer en club-houses, les cyclistes comme moi vont paisiblement continuer à y trouver une ambiance tout à fait ringarde. A chacun ses valeurs.

mardi 2 mai 2017

Selle brûlante

Attention, les lignes qui suivent comportent des cochoncetés ! On éloigne les marmots. Enfin, on ne s'emballe pas trop, Georges pousse un peu trop vite Eros dans les bras de Thanatos à mon goût.













Un peu après (ayant retrouvé nos bicyclettes), nous pouvions nous offrir l’un à l’autre le spectacle irritant, théoriquement sale, d’un corps nu et chaussé sur la machine. Nous pédalions rapidement, sans rire ni parler, dans l’isolement commun de l’impudeur, de la fatigue, de l’absurdité.
Nous étions morts de fatigue. Au milieu d’une côte Simone s’arrêta, prise de frissons. Nous ruisselions de sueur, et Simone grelottait, claquant des dents. Je lui ôtai alors un bas pour essuyer son corps : il avait une odeur chaude, celle des lits de malade et des lits de débauche. Peu à peu elle revint à un état moins pénible et m’offrit ses lèvres en manière de reconnaissance.
Je gardais les plus grandes inquiétudes. Nous étions encore à dix kilomètres de X… et, dans l’état où nous nous trouvions, il nous fallait à tout prix arriver avant l’aube. Je tenais mal debout, désespérant de voir la fin de cette randonnée dans l’impossible. Le temps depuis lequel nous avions quitté le monde réel, composé de personnes habillées, était si loin qu’il semblait hors de portée. Cette hallucination personnelle se développait cette fois avec la même absence de borne que le cauchemar global de la société humaine, par exemple, avec terre, atmosphère et ciel.
La selle de cuir se collait à nu au cul de Simone qui fatalement se branlait en tournant les jambes. Le pneu arrière disparaissait à mes yeux dans la fente du derrière nu de la cycliste. Le mouvement de rapide rotation de la roue était d’ailleurs assimilable à ma soif, à cette érection qui déjà m’engageait dans l’abîme du cul collé à la selle. Le vent était un peu tombé, une partie du ciel s’étoilait ; il me vint à l’idée que la mort étant la seule issue de mon érection, Simone et moi tués, à l’univers de notre vision personnelle se substitueraient les étoiles pures, réalisant à froid ce qui me paraît le terme de mes débauches, une incandescence géométrique (coïncidence, entre autres, de la vie et de la mort, de l’être et du néant) et parfaitement fulgurante.
Georges Bataille, Histoire de l'œil, 1928.

vendredi 28 avril 2017

Le mal-aimé

Les conséquences de l'indifférence sur la psyché sont trop souvent sous-estimées par notre société. Le désastre guette, j'en tiens pour preuve cette capture d'écran d'un article déchirant dans le journal de ce jour :
Rien n'est écrit dans le marbre béton, l'amour peut soulever des montagnes, je sais que désormais vous allez prouver votre amour à ce pauvre parking de la République ! Plus jamais un seul parking ne doit se sentir mal-aimé ! Tous en cœur avec Cloclo :


mardi 25 avril 2017

Flandres-en-Anjou


Je ne suis pas un ardent défenseur des communes dites nouvelles. Pas de grandes considérations socio-économiques pour étayer mon propos, en réalité ça me déplaît de réapprendre ces noms qui sortent de nulle part. Surtout je les trouve souvent artificiels et dépourvus de la moindre poésie. Pourtant, dimanche, alors que j'écrasais mes pédales comme un forcené pour avancer face au vent, je trouvais que le paysage traversé méritait d'appartenir à une commune que j'aurais baptisé Flandres-en-Anjou. Dans les moments les plus haletants j'ai eu le sentiment d'être embarqué au coeur d'une grande classique flandrienne : vent massif, paysage plat avec parfois de petits "coups de cul" qui cassent les jambes, changements de direction répétés jusqu'à en donner le tournis et même un peu de pavés lors des traversées de village. Et puis, il y avait dans l'air cette nervosité typique des courses d'un jour où la moindre faute d'inattention peut se solder par un gros écart difficile à combler voire une chute. Je ne vais pas pousser plus loin l'analogie parce que je n'ai pas l'âpreté au mal des coureurs, le vélo reste un prétexte pour passer du bon temps entre ami-e-s.

Un des amis en question avait la jouissance temporaire d'une machine artisanale de chez Cyfac. Je ne saurai dire de la machine ou du cycliste lequel était le plus nerveux. Cela ne nous a pas empêché d'user de la dérision à l'évocation du fonctionnement des dérailleurs sans fil. Malgré nos demandes réitérées nous n'avons pu accéder au code wi-fi de la machine afin de geeker sur Yahoo News. Comme ceux d'hier, les artisans d'aujourd'hui savent préserver les secrets !

Petit coup de coeur pour le costume d'Arlequin de la fourche.

En comparaison, mon vélo semble tirer la tronche, comme s'il participait à une procession funèbre. J'ai bien senti quand j'ai pris cette photo qu'il lorgnait de l'autre côté de la barrière conscient qu'un jour il la franchira pour un dernier voyage suivi d'une triste résurrection sous la forme d'une canette de soda gisant sur les rayons sans horizons d'une grande surface.

Ce dimanche de premier tour des présidentielles aurait pu me faire sombrer dans la tristesse et l'amertume mais heureusement, il y a toujours quelque part un drapeau rouge et noir qui flotte, même si c'est dans un vent mauvais. Tant qu'il y a du noir, il y a de l'espoir.

Notre préoccupation fut également de passer le bac. Le nœud n'était pas dans nos estomacs mais sur la corde du bac. Je me suis littéralement jeté à l'eau pour remporter cette épreuve. Elle était froide comme un examinateur mais j'en suis sorti libre de toute angoisse et pas mécontent d'éviter un rattrapage sous la forme d'un demi-tour avec plusieurs kilomètres supplémentaires. Parfaite démonstration que la fainéantise peut pousser à l'action.

Nous avons poussé notre périple jusqu'à Durtal avant de reprendre la direction d'Angers. Rien de spécial à évoquer. Le château est toujours à sa place. Les mauvaises langues diront qu'il ne se passe rien dans cette ville, je les entends s'esclaffer : « C'est le néant Durtal ! ». Je m'insurge. Durtal n'a rien de préhistorique, c'est une bourgade tout à fait moderne.

Sur le retour, la fatigue se fait sentir mais vous constatez que la solidarité et la bonne entente de notre groupe ne faillit pas, même quand il faut affronter la barrière de la lande.

J'évoquais tout à l'heure la pauvreté des noms des communes nouvelles. Un des derniers hameaux traversés m'a cruellement rappelé cet état de fait. Un nom évocateur au possible. La Tartentière ? Bien sûr ! Sucrée ou salée ? Ma préférence va vers la rhubarbe ! Je me vois encore obligé de clore avec un proverbe : Nous ne voulons pas des miettes, nous voulons toute la boulangerie.

samedi 22 avril 2017

Mea minima culpa

Vous êtes plusieurs à m'avoir demandé si je continuais à proposer des ateliers d'apprentissage/découverte de la mécanique vélo et si j'allais bientôt en programmer. Alors, oui c'est toujours à l'ordre du jour ! Le hic, c'est que suis déjà engagé dans un cycle de formation assez conséquent avec des éducat-eurs/rices de prévention spécialisée ainsi que des habitants du quartier de Belle-Beille. Leur but est de proposer un atelier d'entretien/réparation vélo à l'attention des jeunes du quartier : échanger des savoirs et pratiques et échanger tout court. De fait, le cycle de formation que j'ai concocté est assez conséquent. La vie de l'atelier étant par nature chronophage et cette formation se déroulant en plus de mon temps de travail je sature un peu. Ceci explique pourquoi je n'ai pas proposé d'atelier de mécanique en ce début d'année. Mea (minima) culpa. Patience, dès que les éducs et habitant-e-s seront passé-e-s maîtres du dérive-chaîne et de la clé à rayon je proposerai de nouveau des moments d'échanges !

Photo bonus : une partie des futur-e-s as de la mécanique de Belle-Beille en action !

jeudi 20 avril 2017

Anti bling-bling

Two boys with bikes they made from parts they scavenged, Brooklyn, 1978-1980, Martha Cooper.

Où quand un peu de beauté sort d'un monceau de chaos.

Plus de photos et de contexte ici.

mercredi 19 avril 2017

La revoluzion ne sarà nia motoriseda


Oulu, Finlande, sept heures du matin. Il pleut depuis plusieurs jours sans discontinuer. Tu grelottes. Tu maudis le jour où pour économiser quelques euros tu as acheté une paire de sacoches de voyage non étanches. La peste soit de ta radinerie congénitale ! Les alligators en moins, tes fringues ressemblent aux Everglades. Depuis belle lurette, tu n'arrives plus à te réchauffer. Tu tousses et tu comprends que l'expression avoir « la crève » est à prendre au pied de la lettre. Heureusement bien protégé par son emballage plastique une petite fiche de ton guide La revoluzion ne sarà nia motoriseda va sauver tes poumons. Tu abordes un passant encore endormi. D'un doigt diaphane et tremblant tu pointes une phrase sybilline : Missä sairaala on ? Où est l'hôpital ?
Bon, je dramatise un peu la chose. La revoluzion ne sarà nia motoriseda ! Ce slogan cache un guide pratique à l'attention des cyclistes cosmopolites. Un recueil qui permet de se faire comprendre jusque dans les régions les moins parcourues de cette planète. Il se présente sous la forme de fiches avec au recto l'anatomie détaillée d'un vélo ainsi que de tous les accessoires dont peut se munir un-e cycliste. Le verso propose un petit lexique groupé en quatre grandes catégories : les mots et phrases utiles, voyager, manger/boire, dormir. De quoi pouvoir se débrouiller en toutes circonstances sans jouer le touriste hautain qui ne fait pas d'effort dans la rencontre. Cet aide-mémoire se décline en plus de 50 langues : breton, catalan, russe, géorgien, chinois, hongrois, albanais, swahili et même esperanto. Comme quoi une fiche succincte peut ouvrir de larges perspectives. Qui plus est, le guide est accompagné d'une compilation de 84 morceaux qui prêtent allégeance à la petite reine. De quoi occuper ta convalescence à l'hôpital d'Oulu. La palme du meilleur titre revient sans conteste à Mc Broko et son I hate gripshift, même s'il va un peu vite en besogne d'un point de vue strictement technique. Le tout se présente sous la forme d'un recueil de feuilles volantes protégées par une belle couverture sérigraphiée, elle-même bien à l'abri grâce au fameux « ziplock » salvateur.

Cet objet est la somme d'un travail dingue, aussi bien pour la partie linguistique que pour la création technique. C'est typiquement le genre de projet qui peut mener pour un long séjour en maison de repos. Vous pouvez vous procurer un exemplaire à prix libre auprès de la librairie Les Nuits Bleues. Sinon, contactez directement l'auteur : xbikepunxx@gmx.fr

vendredi 14 avril 2017

Les prendre au berceau


Comme me le faisait justement remarquer l'ami qui m'a fait découvrir cette vidéo, il ne s'agit pas d'un poisson d'avril. J'ai pris le temps de vérifier la date de publication.

Ford a donc élaboré un prototype de lit d'enfant qui reproduit au plus près les conditions de l'habitacle d'une automobile : mouvement, bruit, lumière. Evidemment, comme il se doit en 2017, il s'agit d'un objet connecté et en partie monitoré depuis smartphone. Une expérience immersive comme dirait l'autre.

Excellente initiative ! Quel parent n'a pas pris sa caisse à une heure tardive pour faire tomber dans les limbes un bambin récalcitrant ? Avec son berceau Ford permettra ainsi à tout un chacun d'économiser du temps, du carburant et de ne plus encombrer les rues et les routes. Un oeuvre de salubrité publique doublée d'un geste citoyen et écologique

Néanmoins, la firme n'est pas allé au bout du concept. Tant qu'à faire découvrir dès le berceau les bienfaits de la bagnole, il manque quelques fonctions à l'objet. Je déplore l'absence d'un mode "bouchon" accompagné d'une surchauffe de l'habitacle, manque aussi le mode "engueulade des parents" et la fonction proche "maman/papa se retourne pour coller une tarte au grande frère/soeur trop agité-e". Que dire aussi de l'absence de la classique altercation avec un-e autre automobiliste avec son classique "Va te faire m..... c...... !" ?

Mais, tout ceci n'est qu'un détail quand on réalise que le berceau ne propose pas l'inévitable mode "crash". C'eut été une brillante idée pour réveiller bébé en catastrophe avant de l'emmener en quatrième vitesse chez le/la nounou. Et puis, il me semble que l'industrie automobile désire accompagner l'humanité du berceau au cercueil, non ? Ceci m'amène à proposer à Ford la fabrication d'un cercueil qui reproduise notre dernier voyage en corbillard. Ce serait une délicate manière d'aider nos aîné-e-s à dédramatiser ce moment inéluctable. Forte de son expérience Ford (un vrai slogan ce début de phrase !) est bien placée pour proposer un produit réaliste et peu onéreux.

Il n'est pas trop tard pour que Ford prenne en compte mes humbles observations et je leur offre d'ailleurs gracieusement mes quelques conseils.

Sur ce, je vous laisse, je dois contacter un grand manufacturier de cigarettes pour leur proposer d'offrir des cigarettes à la sortie des écoles primaires. J'ai même un partenariat à leur proposer avec une marque de spiritueux engagée dans une même dynamique vertueuse d'éducation des futur-e-s "consommact-eurs/rices".

mercredi 12 avril 2017

Ouverture d'esprit

Impossible de ne pas vous offrir un petit compte-rendu en images de la sortie de dimanche. Un beau succès d'ailleurs que de réunir vingt cyclistes si différent-e-s.

Brodequins de rando sur un pignon fixe ? Viens comme tu es !

Tu confonds aviron et cyclisme ? Viens comme tu es !

Bien que très tolérant-e-s nous avons quand même laissé du monde sur le bord de la route.

Tous ensemble mais chacun-e son rythme.

Il est vrai que nous n'avons pas tou-e-s les mêmes aptitudes sur un béclard.

Petite pause ombragée dans le magnifique restaurant de La Tête Noire à Saint-Georges-sur-Loire. Un cadre inchangé depuis des décennies et un personnel accueillant. Faites-y une halte !

Le lieu tire son nom de la proue d'une pirogue angolaise du 18ème siècle disposée sur la façade. Probablement une triste trace du commerce triangulaire.

Ensuite direction la Loire pour une pause pique-nique à peine méritée.

Très vite le peloton se scindera en deux groupes, celles et ceux qui lézardent au soleil, celles et ceux qui cherchent la douceur de l'ombre.

Sans compter les esprits frondeurs qui cherchent un peu de solitude.

Le retour vers Angers se fait doucement. Certains rond-points du meilleur goût permettent une transition toute en douceur entre les paysages de Loire et l'asphalte de la ville.

vendredi 7 avril 2017

Va faire un tour !

Tout commence au petit matin aux fins-fonds d'un atelier vélo. Un bel atelier d'ailleurs, pas suréquipé mais spacieux et classe. Ce pourrait être le meilleur des mondes mais voilà, en haut de l'escalier Bruno le panda fait la tronche. Il se prend la tête avec son collègue William. Les pandas sont des animaux qui je soupçonne fort d'être irrascibles. D'abord, un ours qui se nourrit de bambous ça ne fait pas très sérieux. Surtout ce n'est pas très nourrissant et ça donne des flatulences permanentes. De quoi rendre maussade. Alors quand William son associé, qui n'est autre qu'un vieux clébard aux gros sourcils, commence à grogner, la conversation tourne vite à l'aigre :
-Va faire un tour, s'exclama William, ça te calmera !
Bruno enjambe alors un vélo, aussi noir que ses idées. Il râle et pédale au hasard. Il traverse de bien jolis quartiers, des villes peuplées par un bestiaire qui a majoritairement abandonné l'automobile au profit de vélos bigarrés et bizarres. Normal, les créateurs de cette histoire sont néerlandais. Ils savent de quoi ils parlent. Les rapports sociaux semble apaisés et la ville accueillante. La campagne n'est pas en reste, besogneuse mais souriante. L'histoire se déroule toujours en pleine page et profite du grand format de l'ouvrage pour regorger de détails. La trame de l'histoire est fine et assez prévisible mais cela n'entâche en rien le plaisir à se laisser porter sur le porte-bagage du panda grognon (si ce n'est les inévitables flatulences). C'est typiquement le genre de bouquin agréable à lire avec un gamin : des grandes et belles images qui parlent d'elles-mêmes accompagnées d'un texte succinct. Pas le genre d'histoire rebutante où on tente d'escroquer des pages au/à la  gamin-e serré-e contre soi pour abréger son propre calvaire. Là on a affaire à un road-movie  qui pédale léger. Un vrai moment de détente qui profite aussi bien à Bruno qu'aux lect-eurs/rices.
J. Akveld, P. Hopman, Va faire un tour !, éditions La joie de lire, Genève, 2017.

mardi 4 avril 2017

Viva Alfonsina

Si ça c'est pas du teasing ces différents flyers et cette lente montée en puissance de la persuasion, je ne m'y connais pas. Maintenant c'est sûr tu vas venir, il ne te restes plus qu'à consulter compulsivement ton site météo préféré et à ne manger plus rien d'autre que des pâtes.

samedi 1 avril 2017

Comme neuve !

Vous me pardonnerez l'expression mais cette semaine un ami a eu le cul bordé de nouilles. Jugez-en d'après la photo ci-dessous. Au passage d'un dos d'âne sa fourche a littéralement explosé. Sous un très faible choc, les deux fourreaux se sont désolidarisés du té de fourche. Il sert indemne de la chute avec seulement deux ou trois éraflures qui attestent de la véracité de son épopée.

C'est l'occasion rêvée de vos offrir un très court tutoriel qui met en image sa réparation. C'est très simple, il vous faut de la colle cyano et un rouleau de scotch d'électricien de la couleur de votre choix. Il est important de bien encoller toute la surface de contact. Vous veillerez à ce que ces surfaces soient bien propres.

Une fois les deux fourreaux en place, vous consoliderez le tout en appliquant trois tours de scotch d'électricien. Et voilà, le tour est joué, elle est comme neuve !
Vraiment, la mécanique est un jeu d'enfant ! A bientôt dans la salle d'attente du dentiste !

vendredi 24 mars 2017

Signez !

Je lance une pétition afin de protéger les automobilistes d'eux/elles-mêmes. J'espère que vous allez soutenir en nombre cette juste cause et qu'ensemble nous allons oeuvrer pour un monde plus juste sûr. Halte à la résignation, signez la pétition visant à contraindre les automobilistes au port du casque ! La Tête dans le Guidon plutôt qu'à travers un pare-brise ! Si cette pétition débouche sur un texte de loi je m'engage à poursuivre le combat et à demander le port du casque pour les montées et descentes d'escalier... Promis !

Signez et surtout faites passez le message !

mardi 21 mars 2017

Chat alors !

Après tout ce temps consacré à animer ce blog, je considère que je peux utiliser de mauvais jeux de mots. Je réclame mon droit à la facilité et le met en application dans le titre de ce billet.

Afin de montrer la facilité d'accès à certains savoir-faire, le hackerspace de L'Etincelle a mis au point un jeu vidéo dénommé "Tape ou caresse". Le principe est simple : des chats apparaissent à l'écran, en fonction de leur accoutrement vous devez les punir ou les récompenser. Votre score dépendra de votre rapidité et de votre sagacité.

Certain-e-s argueront que de manière générale les chats ne méritent rien d'autre que des caresses. Néanmoins, ceux présents dans le jeu méritent leur funeste sort. Je ne vous ferai pas la liste de ces têtes à claques, elle est bien étoffée. Surtout, les auteurs de ce jeu ont eu le bon goût de mettre La Tête dans le Guidon à l'honneur.

Quel plaisir de ramasser autant de caresses. J'en ronronne de plaisir. Merci ! Miaou !

jeudi 16 mars 2017

Enquête d'oxygène

Si la qualité de l'air que vous respirez lors de vos déplacements à vélo vous préoccupe, je vous invite à participer à une enquête. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail en partenariat avec la FUB cherche la participation du plus grand nombre de cyclistes. Le questionnaire ne vous accaparera pas plus de quinze minutes. C'est ici que ça se passe.

mercredi 15 mars 2017

En tête sans le guidon


Une jeune femme fort sympathique a eu la délicate attention de me narrer un de ses rêves. Je tente ici de le relater au mieux, il me plaît beaucoup :

Elle divague à vélo dans les rues d'Angers. La ville pavoise, c'est jour de course cycliste. Depuis des rues fermées à la circulation elle entend au loin le brouhaha de la foule ainsi que le speaker officiel de l'épreuve qui s'égosille au micro.

Sans y prendre vraiment garde, elle se retrouve à rouler de concert avec le premier coureur échappé. Elle le suit un bon moment. Celui-ci impressionné se retourne et, tout en pédalant lui lance :
-Waouh ! C'est fort, et sans guidon en plus !
C'est un détail d'importance mais notre cycliste roule effectivement sans guidon...

Toujours en tête, nos deux cyclistes arrivent à un embranchement. Il n'y a pas de signalisation et ils ne savent pas quelle direction prendre pour rejoindre la ligne d'arrivée. Les voilà projetés dans un dédale de couloirs, portant leur vélos sur l'épaule. Le coureur est désormais une femme. Nos échappées perdent un temps précieux et c'est au bout d'une longue errance qu'elles s'extirpent du labyrinthe pour retrouver la rue. La coureure en profite pour remettre un guidon au vélo de notre héroïne. Elles se remettent aussitôt en quête de l'arrivée. Hélas, au loin elles entendent l'hélicoptère qui couvre la course et surtout le speaker qui s'emballe en commentant le sprint final. La victoire s'envole.


Tant qu'à faire de la psychologie de bazar autant aller toucher le fond. Notre héroïne se prenait pour une compétitrice, quant à moi je vais me glisser dans la peau de la Manif pour tous rien. Notez que je fais là un gros effort. Je me sens déjà tout souillé par l'absurdité à venir. Donc, de toute évidence, l'absence de guidon symbolise la perte des repères. La  "théorie du genre" a brouillé les cadres traditionnels de notre société. Cela est particulièrement évident avec ce monsieur qui devient une madame. La sanction ne se fait évidemment pas attendre pour ces brebis galeuses qui se sont éloignées des chemins balisés. La victoire qui ne devait être qu'une formalité leur échappe. Les voilà abandonnées à leur triste sort loin de la tiédeur rassurante du troupeau massé auprès de la ligne d'arrivée.

Voilà bien une analyse qui a pour seul dénominateur commun avec le rêve d'être de l'ordre du grand n'importe quoi. A chacun-e ses fantasmes.

samedi 11 mars 2017

Profession de foi

La communauté cycliste fait preuve d'une tolérance qui force le respect. Pas d'ostracisme, le Gredin vaut bien le Prophète.

jeudi 9 mars 2017

Le bon, la brute et l'intrus

Vous pouvez compter sur moi lorsqu'il s'agit d'apporter un peu de fraîcheur à l'atmosphère viciée qui règne dans votre bureau à cause de certain-e-s collègues à la digestion difficile. Voici encore un petit jeu qui va contribuer à faire baisser votre médiocre productivité.
Ma position de mécanicien m'amène à utiliser un panel de produits chimiques plus où moins sympathiques, parfois toxiques bien qu'indispensables. Dans la photo du gang des nocifs s'est glissé un produit salvateur. Je vous propose donc de débusquer cet intrus que je préfère utiliser le moins possible. Bonne chasse.

lundi 6 mars 2017

Canon !

Admirez un de mes monuments favoris de l'Anjou. Je m'arrête presque à chaque fois auprès de cette dive bouteille. Ma prise de vue peut lui donner un air agressif, mais il ne symbolise que de pacifiques petits canons. Et, s'ils vous font souffrir du bulbe vous ne pouvez vous en prendre qu'à votre intempérance.

Pour honorer ce sublime tas de ferraille avant qu'il ne disparaisse rongé par la rouille, je lance un petit concours. Enfourchez votre monture, partez à sa recherche et immortalisez votre découverte par une petite photo. Votre vélo accoudé à une barre fera office de preuve. Le ou la gagnante se verra offrir une sonnette Oi de son choix. En selle !