lundi 11 juin 2018

Par-ci, par-là

Hier, nous avons pratiqué une sorte de cyclisme héroïque ou inconscient, c'est selon : trois cent kilomètres avec beaucoup trop de dénivellé passant par les Alpes Mancelles. J'ai fait preuve d'un optimisme peu courant avec mon monovitesse, mon impréparation et une besace pas assez fournie en calories. Heureusement j'ai pu compter sur l'appui d'un ex-champion régional et de celui qu'on surnomme "La Machine". Rien n'a pu nous arrêter, ni l'absence de frites, ni la violence des multiples orages, ni la bêtise teintée de mauvaise foi de Capital sur M6 subie dans les bars, pas même l'eau boueuse qui ravinait les pentes d'un bourg peu accueillants. Partis aux aurores, nous sommes tombés dans nos lits en même temps que la nuit. Il y avait un petit air d'enfer, j'en reprendrai bien un peu, certes pas pour l'éternité mais je ne suis pas contre un dimanche par-ci, par-là.

samedi 9 juin 2018

Vélorage

Angers, n'est clairement pas une ville où le graffiti est bien perçu, l'obsession de la propreté confine parfois à l'hygiénisme. Alors, quand vous tombez sur un mur si joliment peint, l'effet est décuplé. Si vous le cherchez, il va falloir vous éloigner du centre-ville et des rues passantes. J'espère qu'il ne sera pas nettoyé avant un moment !

jeudi 7 juin 2018

Savoir-vivre et savoir-faire

Voici quelques scènes qui n'arrivent jamais.

A l'hôpital :
Bonjour, mon mari a une fistule mal placée. J'ai regardé vite fait sur Doctissimo et ça n'a pas l'air bien compliqué. Alors je vous emprunte le bloc numéro deux, j'en ai pas pour longtemps. Il est où l'anesthésiste qui va me seconder ? Tant qu'on y est vous me passez votre blouse ?

Au restaurant :
Je vais prendre cette petite table dans le coin ! Ne vous dérangez-pas j'ai mon pique-nique, il ne me manque que les couverts. Je peux avoir une carafe d'eau s'il vous plaît ?

Au garage automobile :
Ah zut, vous utilisez le pont élévateur... Dites, je viens de me procurer un embrayage sur internet, ça vous gêne pas de me laisser la place ? Vous seriez gentil, c'est juste qu'il me manque deux, trois outils !

Chez le/la fleuriste :
Je ne vous embête pas longtemps. Je vous explique. Je viens d'acheter ces belles fleurs sur le marché, il me manque un peu de papier et de ficelle pour faire joli. Vous me dépanneriez s'il vous plaît ?

Dans une boulangerie :
Bonjour. Ne vous dérangez pas, je viens faire mon pain. J'ai tout ce qu'il faut sauf le fournil, c'est ballot hein ! Je peux emprunter votre pétrin ? Et puis le four aussi ! Il fait drôlement chaud ici, y'a pas moyen d'aérer un peu ?

Aux pompes funèbres :
Excusez-moi, le chien de madame Michu est crevé. En farfouillant,j'ai bien trouvé une pelle dans votre local (où c'est un peu le bazar soit dit en passant) mais j'arrive pas à mettre la main sur les clés du corbillard...

Tout ça semble un poil surréaliste, non ? Encore que l'histoire de le/la fleuriste est réelle...

Si la honte pouvait tuer, je vous assure qu' il y aurait petit charnier sur le perron de l'atelier. Je me répète un peu mais les règles de décence s'appliquent aussi à mon égard. J'attire l'attention sur le fait qu'un métier ne se résume pas à la possession d'une caisse à outils. Disposer d'une échelle, d'un échafaudage et d'une bétonneuse ne transforme pas, par magie en maçon-ne chevronné-e

Je répète que c'est avec plaisir que je prête les outils de bases. Cependant, certains sont exclus du prêt, soit parce que j'en ai un besoin récurrent, soit parce qu'ils sont fragiles, onéreux, dangereux, que sais-je encore. Enfin et surtout le prêt n'est en rien une obligation pour moi et je n'ai pas à me justifier.

En conséquence, de la même manière que j'essaie d'améliorer au maximum mon petit savoir-faire, j'invite certaines personnes à entraîner leur savoir-vivre quand ils/elles veulent me taxer des outils.

On ne peut prêter de crédit à la valeur du respect que s'il est mutuel. Cette morale vaut bien un jeu de mot.

samedi 2 juin 2018

Denier du culte vélocipédique

Un ami de longue date se lance dans la fabrication artisanale de cadres de vélos. Voici son invitation à la soirée où vous pourrez le soutenir financièrement tout en vous désaltérant d'un godet offert par mes soins :

Salut !
Je traîne depuis un moment le projet de monter un atelier de fabrication de cadre de vélo sur-mesure et après une expérience professionnelle validant ma motivation, un atelier disponible, devinez quoi : j'ai besoin de pognon ! Alors vous êtes convié-e-s samedi 16 juin à 20h à l'atelier de La Tête dans le Guidon — 21 rue Maillé Angers
pour boire un coup, causer, grignoter des trucs pas très sportifs. Et, profitant de votre ivresse, je vous soutirerai votre argent de poche. En fait il y aura une tirelire et vous ferez bien ce que vous voudrez.
Bises et merci !

J.

vendredi 1 juin 2018

Vous pouvez bien crever !

Afin de promouvoir l'atelier et aussi pour éviter que le ressentiment dû au comportement de certain-e-s client-e-s ne s'installe en moi, j'ai demandé à un ami de réaliser un nouveau badge pour l'atelier. Le voici, dans toute sa splendeur :
Bien évidemment, comme tout objet publicitaire qui se respecte, il est gratuit et vous pouvez passer me voir pour en obtenir un. Par contre, je laisse à votre appréciation la résolution du problème moral suivant : ce badge est-il offert comme un gage d'amitié ou, est-il une sorte de sous-entendu empli de fiel ? Je ne me prononcerai pas et vous devrez déchiffrer un sourire sibyllin.

Merci à Gasp pour le design et aux amis de Modern City pour la fabrication !

mercredi 30 mai 2018

Libre et non faussée

Voici une capture d'écran réalisée par mes soins ce jour. Parfois, à la réception d'un colis, je compare vite fait les prix de certains articles, histoire de savoir comment je me place par rapport aux géants de la vente sur internet. Ici en l'occurrence, j'ai comparé les prix d'un boyau de base, le Continental Giro. C'est un boyau d'entraînement basique que j'utilise pour réparer de vieux vélos de route à moindre frais.

Sur mon bon de livraison, je le paie 19,77€/hors-taxes. Un autre de mes fournisseurs le propose à 17,01€/hors-taxes.

Vous constatez comme moi que je pars avec un léger handicap par rapport aux sites exposés ci-dessus. Je n'ai même pas payé la tva que je paie ce boyau le prix fort. De là à imaginer m'octroyer une marge, il y a un gouffre. Ce cas est extrême mais il a le mérite d'être explicite.

Il paraît qu'étymologiquement concurrence, signifie "courir avec". Dans la course au prix le moins cher sur le Giro, je suis tellement distancé que je me considère comme un rétrocurrent, c'est à dire "celui qui courre derrière". Mieux, je vais déplaire à cette vieille pelure belliciste de Coubertin : j'arrête de participer ! Je cherche d'ores et déjà un produit de remplacement qui me permette une rémunération correcte plutôt que de travailler pour des nèfles.

Je ne me laisse pas abattre pour autant et je propose de substituer au principe de concurrence commerciale, celui de somnolence commerciale. Vue l'urgence climatique ce peut-être un bon début. Qui plus est, voilà une activité qui pourra sans hypocrisie se présenter comme "libre et non faussée".


vendredi 25 mai 2018

L'églantine et le muguet

Ils aiment les longues promenades sur les routes sinueuses, dans la campagne, le long du fleuve, à pied, plus souvent à bicyclette. Mon père est très fier de la sienne, il l'entretient soigneusement, elle lui a été offerte une quinzaine d'années plus tôt pour un événement, le certificat d'études où il avait été "premier du canton", on gardait les choses longtemps, à l'époque. C'est une Peugeot d'un modèle perfectionné avec vitesses intégrées dans le moyeu. On en trouve quelques-unes sur eBay, pas donné, 1450 euros, une ligne très moderne, solide, fine, racée.

Ceci est un petit extrait du livre L'églantine et le muguet qui vient récemment de paraître. L'auteure revient dans l'Anjou de son enfance et parcourt (en bagnole malheureusement) les lieux qui ont marqué l'histoire locale. Elle met en évidence les frictions entre les forces conservatrices (le muguet) et les courants progressistes (l'églantine) qui sont toujours d'actualité. Il y a notamment une réflexion poussée autour de la laïcité qui se nourrit de l'histoire de ses parents instituteurs, purs produits de la république. Sans partager tous les points de vue de l'écrivaine, c'est un regard sans concessions mais touchant sur la région : ça gratte et ça cicatrise mal, comme après une chute de vélo dans les gravillons !

L'églantine et le muguet, Danièle Sallenave, Gallimard, 2018.

mercredi 23 mai 2018

Et bim !

Samedi l'atelier sera fermé. Je file un coup de main (et pas de poing, la nuance est de taille) au gala de boxe anglaise d'Angers Boxing Club. Toutes les infos sur le flyer ci-dessus. Tu viens ou tu crains !


lundi 21 mai 2018

Espace Anjou*

Le tête-en-l'airisme qui m'affecte en ce moment persiste. Il y a peu, mon cuissard et mes chaussures de cyclisme disparaissaient de ma vue. Après de longues et infructueuses recherches je me suis commandé un nouvel équipement. Dans l'heure qui suit, le matériel manquant apparaissait à la surface dans le chaos qui me sert de logement.

Ce dimanche, je me lève aux aurores pour profiter de la belle matinée qui s'annonce. Mon courage étant malgré tout enserré en d'étroites limites, je file prendre mon petit-déjeuner dans un bar en ville. Rassasié, alors que j'enfourche mon vélo, je constate que j'ai oublié mon bidon d'eau. Je retourne à la maison, légèrement contrarié. Après un passage en trombe où je règles quelques autres détails, je repars. Alors que j'aborde la campagne, je constate avec dépit que mon bidon est toujours chez moi. Il semble par contre que ma bêtise proverbiale me suive de très près. Je reste un pur produit des années 90, courte période bénie qui a glorifié la figure du merveilleux loser.


Avant de dénicher une épicerie, j'ai été contraint d'errer de cimetière en cimetière afin d'étancher ma soif. Les tombes les plus remarquables étaient quasi systématiquement celles réputées "en état d'abandon". Cet expression me laisse songeur, vu la passivité des l'occupant-e-s. En tous cas, sans aller jusqu'à l'abandon total, la quiétude des lieux m'a aidé à me laisser gagner par une forme de laisser-aller tant recherché.

Les roues de mon vélo n'étaient pas en réglisse pas plus que mes mollets n'étaient en guimauve. J'ai donc enchaîné une centaine de kilomètres de part et d'autre de la vallée du Layon.

Si j'étais chauvin, à la question, "-C'est où la Toscane ?", je pourrais rétorquer une saloperie de mauvaise foi du genre : "-C'est'y pas un bled du côté de Faye-d'Anjou ça ?".

J'ajouterai même : Tu sais, j'crois ben que c'est juste après un hameau qui s'appelle Bruges sur le haut du côteau ! Mais, je ne suis pas ce genre de personnage et mes virées titillent simplement des envies où raniment de bons souvenirs.

Et puis, ce coin de campagne à une identité bien à lui qui me fait souvent sourire (même s'il m'énerve aussi parfois). Les côteaux sont moins religieux que les Mauges proches. Le catholicisme des vignerons est moins rigoriste, voire un poil bacchique. J'en veux pour preuve la présence récurrente de pressoirs recyclés comme base pour des monuments religieux. Il y a ainsi l'autel de la chapelle de Bonnezeaux ou cette statue de Saint Vincent*, le patron des vignerons. j'en viens parfois à penser que par là-bas, la vraie religion c'est le pinard.

Il y a plein d'autres traces de labeur qui attirent mon attention. De petites comme cette barrière barrée.

Et de plus monumentales comme celle-ci. Voici un de mes châteaux d'Anjou préférés, toutes catégories confondues. Sa silhouette épurée domine la campagne de Chavagnes-les-Eaux. Je sais qu'il a un jumeau du côté de Laval auquel je n'ai pas encore rendu visite. Une sortie de plus à programmer.

Scoop ! Je vous offre une exclusivité. Le monolithe et acteur principal de "2001 l'odyssée de l'espace" qui a fait entrer l'humanité dans l'histoire coule une retraite tranquille à quelques encablures au sud de La Loire. Quelque peu érodé, il semble n'avoir rien perdu de son magnétisme minéral si j'en crois le nombre de mes congénères qui s'adonnent à une forme de religiosité technophile.

J'ai beau jouer à l'être de raison, quand je retrouve La Loire, je me laisse aller à une brève crise d'animisme qui sera chassée par une longue crise de boulimie, à genoux la tête dans mon frigo.



Notes :
*Le titre de ce billet est une private joke à l'attention des angevin-e-s. Espace Anjou est en effet une galerie marchande verrue à la sortie de la ville.

* Pour celles et ceux qui se posent la question, Saint Vincent est le patron des vignerons à cause d'une simple évocation sonore calembour : Vincent = vin + sang (du christ). Il n'en fallait pas plus !

vendredi 18 mai 2018

Grand bois, feu follet

Il y a un bail que je n'ai pas essayé de vous vendre un peu de camelote ! Je vais m'y employer de ce pas. J'ai à l'unanimité de ma petite personne décidé de remettre le prix du "pneu de l'année 2018" au...



Grand Bois Cyprès 700 !
Derrière ce nom trompeur se cache des pneus fabriqués au Japon par Panaracer. Ils sont parfaits, à mon humble avis, pour les cyclos au long cours. Je pense en particulier à celles et ceux qui attaquent les brevets : leur largeur de 30 mm ainsi que leurs tringles souples offrent un excellent compromis entre confort et rendement.

Bon évidemment, à 50€ l'unité, il faudra mettre la main à la poche mais sachez que je ferai bon usage de votre geste charitable !

mercredi 16 mai 2018

"Saine compétition"

Et de deux ! Il va falloir agrandir les trottoirs pour les garer.

samedi 12 mai 2018

Affront au fond

Pour les hooligans, le sommet de la honte est figuré par le vol de sa banderole par des adversaires. La fierté est parfois mal placée mais certains codes sociaux sont volontairement hermétiques.

Moi aussi je connais la honte. Cette semaine, à la veille d'une sortie avec un pote, alors que je prépare mes affaires je m'aperçois qu'il me manque une partie de mon équipement.

Impossible de mettre la main sur mon cuissard et mes chaussures.

Chez moi, j'ai fouillé des recoins jusque là ignorés où seule règne la poussière. J'ai remis ça à l'atelier sans plus de succès.

Je me suis retrouvé à monter des pédales plates sur mon vélo de route. J'ai brisé un tabou. J'ai été doublement puni j'ai eu mal aux fesses et j'ai bien senti que mon collègue était gêné aux entournures.

A l'heure où j'écris, le problème n'est toujours pas résolu et je me prépare à subir demain de nombreux quolibets de la part de mes compagnons de route.

Il ne manquerait plus que je crève et que je n'arrive pas à réparer. J'en cauchemarde la nuit, je me vois rentrer à la maison en taxi avec le vélo qui dépasse du coffre, obligé de débattre avec le conducteur du passage à 80 km/h de la limite de vitesse. L'horreur absolue. J'ai peur de bientôt toucher le fond. J'ai tellement honte que j'ai presque envie d'abandonner le cyclisme.

Désormais, tout comme le fond de mon cuissard, cet affront ne sera jamais lavé.



mercredi 9 mai 2018

Limites sans limites


Un homme à pied, à cheval ou à vélo voit plus, sent plus et savoure plus de choses en un seul mile qu'un touriste à moteur en cent. Mieux vaut flâner deux semaines dans un parc qu'essayer d'en voir douze à toute vitesse pendant le même laps de temps.

Edward Abbey, Désert solitaire.

samedi 5 mai 2018

Laisser sa trace


La cohabitation de l'atelier avec la librairie est à l'origine de biens des quiproquos et parfois on peut assister à de purs moments de théâtre de boulevard. Voici le dernier exemple en date.

Quelqu'un entre et me demande s'il y a un rayon papeterie. Je lui réponds par la négative et m'apprêter à lui indiquer où trouver son bonheur quand la personne me coupe :

-Comme j'ai vu que vous vendiez des pneus je me suis dit que vous auriez ce que je cherche. J'ai besoin d'une gomme...

Voilà un raisonnement par l'absurde qui ne va pas s'effacer de ma mémoire de sitôt.

jeudi 3 mai 2018

De l'eau au moulin

"Un vélo qui roule régulièrement revient moins cher mais s'entretient, a besoin de renouveler des accessoires... Cet entretien est capital : le mauvais état de certains équipements du vélo (freins, éclairage) joue un rôle dans plus de 12 % des accidents."

Compris ?

C'est extrait de cet article.

dimanche 29 avril 2018

1er mai = 1er avril

Pour celles et ceux qui en douterait, l'atelier sera fermé ce mardi 1er mai. J'applique une règle simple et immuable : jour férié = jour fermé !

Pour rester dans une forme d'arithmétique simple et parce que j'aime d'autant plus l'humour qu'il est sombre, j'ai édité mon relevé de carrière et je vous propose de découvrir ma date prévue de départ en retraite :
Hé oui, 2043 et à l'âge de 67 ans, si tout va bien ! Sacré blague pour quelqu'un qui aime son métier mais moins le travail.

Raison de plus pour lui faire sa fête.

jeudi 26 avril 2018

Cintré !

Le cyclistes sont parfois plus cintrés que leurs vélos.




mardi 24 avril 2018

Problème de couple


-J'ai des soucis avec ma femme...

C'est ainsi qu'un client a entamé la conversation. Je ne néglige pas la dimension empathique de mon métier mais en ce qui concerne les couples mes compétences s'arrêtent à leur serrage. Alors, je n'ai pu réprimer un sonore soupir de soulagement quand la personne m'a fait comprendre qu'elle avait un problème avec les freins du vélo de sa femme.

Il faut vraiment que je songe à fonder une chaire de psychologie vélocipédique, en toute simplicité j'appellerai ça la "pcyclologie".

jeudi 19 avril 2018

Le pneu anarchiste

Un ami féru d'histoire sociale m'a fait suivre cette caricature. J'imagine qu'elle date de la fin du 19ème siècle. Je n'en sais pas plus mais je la trouve bien sentie.


mardi 17 avril 2018

Mon premier 200

Je publie une contribution d'un cycliste qui vient dimanche de passer de néophyte à impétrant. Que sa carrière soit longue comme ma souffrance sur ce dernier 200.
Dimanche 15 avril 2018 j’ai bouclé mon premier 200.

Je fais partie de ceux qui se sont réveillés « unmatin avec un âge qui commence par un 3 ». Combien de fois adolescent j’ai vu mon père se lever aux aurores le dimanche pour aller faire du sport en me disant dans mon for intérieur de rebelle « JAMAIS ! ». Combien de fois adulescent je me suis moqué de mes glorieux aînés qui quittaient notre estaminet favori avant même le coucher du soleil pour aller trouver le repos avant une sortie matinale, alors que je m’apprêtais à être emporté par une de ces récurrentes fièvres du samedi soir.

Mais voilà, un jour j’ai eu 30 ans. J’ai commencé naturellement à me lever tôt le dimanche. Je voyais jalousement les copains et copines prendre du plaisir à faire du sport durant le jour du seigneur. Et je me suis dit pourquoi pas moi ?

J’ai profité d’arriver à un compte rond pour trouver une idée de cadeau collectif pour papa-maman-compagne-ami·e·s : un beau vélo pour faire du cyclisme, du vrai. J’ai jeté mon dévolu sur un Charge Plug 4, trouvé d’occasion sur les internets. UNE AFFAIRE qu’on m’a dit.

Je me mets à rouler un peu le dimanche avec le fameux « Club des petits vieux ». Et puis de but en blanc on me dit « De toute façon tu fais le 200 cette année. ». Je n’avais visiblement pas le choix. Ça doit faire partie d’un rite initiatique. J’ai dit, oui, sans trop réfléchir.
Je m’équipe comme un petit pro chez mon vélociste favori : des bons pneus pour rouler sur la route et se permettre des escapades en dehors des sentiers battus (yes man roots again!) des pédales et chaussures automatiques pour bien se péter la gueule au cédez-le-passage, une sacoche pour transporter un fructueux pique-nique, des bidons pour s’hydrater, une trousse à outil, etc. Bref, le vélo est prêt. Pour le bonhomme c’est une autre paire de manche. La date approchant je commence sérieusement à me demander si j’arriverai au bout de cette aventure. On me rassure, on me conseille, on m’encourage. Je vais finir par m’en convaincre : j’irai au bout et pis’ c’est tout.

Me voici donc dimanche 15 avril au matin arrivant au vélodrome d’Angers. Là notre petite équipe se forme. Je suis bien entouré puisque notre équipage compte dans ses rangs : le meilleur vélociste de la ville d’Angers, un multiple champion du Poitou (catégorie enfant pré-pubère, pubère, jeune mâle), un kiné, un coach sportif et un informaticien qui a intégré le parcours dans ses moindres détails directement sur sa carte mémoire interne. Un autre comparse, jeune trentenaire comme moi est également de l’aventure. Étrangement nous arborons la même veste, question de génération sans doute. Un p’tit jeune (sans aucun doute le benjamin de l’épreuve) en pignon fixe vient compléter l’équipe. Pendant le brevet un camarade inconnu venu de Naoned se trouvera bien à son aise au sein de notre meute inoffensive et pédalera une grande partie de la journée avec nous.

8h pile nous voilà donc partie avec les quelque 140 personnes inscrites à ce brevet organisé par le RCA. Malgré notre grande discrétion, nous ne passons pas inaperçu dans le peloton. Nous n’étions pas encore sorties d’Angers qu’un monsieur se porte à ma hauteur et me dit « Vous êtes l’équipe de la rue Maillé, je vous ai reconnu tout de suite ! ». C’est sûr entre nos dégaines (comme dans les manifs on aime bien pédaler tout en noir!) et nos vélos (2 en monovitesse, un autre en fixe, aucun vélo en carbone) on était un peu les « vilains petits canards » de la troupe.

Je découvre petit à petit le plaisir de rouler en peloton, même si cela demande une grande concentration. On roule, on roule, on se laisse emmener. On fait des relais derrière un tandem mixte qui nous protège drôlement bien. On les double en montée et ils nous dépassent dans la descente et sur le plat. Tout va pour le mieux.
Pointage  surprise  à 50 kms d’Angers, un collègue m’annonce « On est à 27 de moyenne ». Moi j’avais jamais fait ça, même sur des sorties plus courtes. Je suis étonné de réussir à tenir ce rythme. Mes convictions politiques n’en sont que renforcées : c’est collectivement que nous sommes les plus fort·e·s !

Une crevaison divise notre groupe. Ayant déjà fait plusieurs allers-retours depuis l’arrière je décide de suivre deux compères pour continuer à avancer tranquillement. Je me retrouve en compagnie de mon camarade trentenaire et de notre informaticien maison. Ce dernier est bien décidé à nous mener la vie dure aujourd’hui et malgré des averses qui ralentissent un peu notre progression ceux qui se sont arrêtés pour accompagner la crevaison ne nous reverrons pas avant le premier pointage officiel à La Guerche-de-Bretagne.
Ici nous prenons une première courte pause. Un sandwich avalé vite fait devant l’As des Lots du bled, le partage de sublimes gâteaux énergétiques réalisés par notre sponsor Les Casse-Croûte de Suzy (qu’elle soit ici remerciée une nouvelle fois !), et nous revoilà sur les routes.

Je dois bien avouer que certaine partie de la journée manque à mémoire, alors même que j’écris ces lignes seulement quelques heures après notre retour. Je retiendrais peut-être la présence sur les bas-côtés de chiens qui tenaient plus des poneys shetlands que des caniches à mamies. J’ai peur de beaucoup de choses, mais pas des chiens, ce qui n’est pas le cas de tous mes compères. Certains démarrent des accélérations fulgurantes à la vue des gros toutous, pourtant bien à l’abri derrière leur clôture.

Ce trou de mémoire est sans doute dû à la certaine monotonie d’une partie du parcours. Mais monotonie ne rime pas ici avec ennui. Non, bien au contraire. C’est que ça n’arrête pas de monter, et logiquement de descendre. Comme des petites montagnes russes.
À chaque virage je me demande à quelle distance se trouve la prochaine montée et tente d’analyser au pifomètre les pourcentages qui nous attendent.
Quelques kilomètres après Soudan une côte plus importante que les autres nous coupe le sifflet. Notre groupe qui avait pourtant le verbe haut depuis le départ, est muet comme une carpe. En haut ça rouspète sec, mais ça tient bon. On continue de rouler.

Et on arrive rapidement au deuxième pointage. Il était temps, mes fesses commencent à me renvoyer des sensations très étranges, entre fourmillement et douleurs. Le pointage se fait dans un bar. Le taulier à l’air un peu dépassé, d’autant que nous arrivons tous avec nos bidons à faire remplir. Une affiche 44=BZH me rappelle que la politique est partout. Même dans le bar de Grand-Auverné. Point le temps de disserter avec le tenancier et de présenter mon pedigree de basque qui lui aussi est issu d’un peuple qui souffre de l’oppression d’un État centralisateur. Non, on avale encore un bout de casse-dalle, on boit son Coca, on grignote un petit bout de gâteau énergétique et on repart. Allez il ne reste plus que 70 kms. « C’est comme si on repartait pour une de nos sorties du dimanche » me glisse mon comparse néo-trentenaire.

En termes de météo ce dernier tronçon est beaucoup, beaucoup plus agréable. Il fait même chaud et ça, ça fait plaisir ! Nous continuons à rouler à rythme soutenu et la topographie est toujours la même : ça monte un peu, ça descend un peu, ça monte, ça descend. Je tiens tant bien que mal. Çava passer, ça va passer, résonne dans ma tête. Les noms de bleds commencent à me parler un peu plus. C’est rassurant ! Je passe les dernières kilomètres en chasse-patate derrière notre informaticien qui a survolé l’épreuve et le champion poitevin. Je jette mes dernières forces dans la bataille.

Et me voilà arrivé au Vélodrome. Ça y est j’ai bouclé mon premier 200 ! Reste plus qu’à faire tamponner mon carton. Je rentre dans le préfabriqué qui jouxte la piste. Entre les sandwichs au fromage et les « odeurs d’efforts » des cyclistes déjà là, je suis à deux doigts de tomber dans les pommes. Mais non, je parviens à me faire tamponner et à attraper d’une main ferme un sandwich aux rillettes et une salutaire canette de Coca pour sortir prendre l’air. Déjà notre petit groupe est réuni.

Nous voilà assis au soleil, à manger nos sandwichs et à refaire la journée. Certains se préparent pour des distances plus longues. Pour moi la saison officielle s’arrêtera sur cette distance.
Je dois dire que même si j’étais persuadé de pouvoir terminer cette distance je ne pensais pas finir « aussi bien ». J’étais dans un bon jour comme on dit. Bon quand même les douleurs dans la partie inférieure de mon corps à l’heure où j’écris cette quelques lignes me rappellent quand même que je ne suis sans doute pas encore tout à fait prêt pour m’inscrire sur la Grande Boucle. Même pas sur le circuit Cholet-Pays de la Loire.

Tout ça pour dire que ça a été pour moi vraiment une belle expérience, une belle journée et la partager avec des copains a été la cerise sur le gâteau énergétique !

G.

P.S : Pour les staticien·ne·s on a parcouru les 200 kms en 8h environ (pauses comprises) à une vitesse moyenne de 25 km/h. (note de l’éditeur : 8h35 et 23 km/h est plus juste)

samedi 14 avril 2018

Besoin primaire

Sachant que je n'ai pas pris de vacances conséquentes depuis des mois alors que mon rythme biologique naturel se rapproche de celui d'un vieux chat décati qui avec le temps se rapproche dangereusement de la bûche qui crépite dans l'âtre, sachant que j'ai dernièrement réparé beaucoup (trop) de vélos "électriche" pesant de tout leur poids sur mes épaules et mettant aussi mes batteries presque à plat, sachant que par un curieux paradoxe plus il fait un temps dégueu, plus j'ai envie d'affronter le vent et la pluie en espérant assister en access prime time au retour de la rondelle de plastique jaune qui réchauffera ma carcasse grise, sachant que demain par un curieux atavisme je remets le couvert une nouvelle fois avec une pelletée d'amis et d'inconnu-es pour boucler une boucle de deux centaines de kilomètres à travers des campagnes parfois aussi vieille et décatie que le chat susmentionné et qu'en conséquence j'ai besoin d'un peu de temps pour organiser cette petite Bérézina annuelle, sachant enfin que faire des phrases aussi longues et alambiquées m'expose à un inévitable risque de faire plein de fautes d'orthographe et de synthaxe, je vous annonce ce que suit :

L'atelier fermera ces portes exceptionnellement ses portes à 18h, ce samedi 14 avril.

Oui, tout ça pour ça.

mercredi 11 avril 2018

Equilibre précaire

La bicyclette sert souvent de figure pour illustrer certaines analogies. Mais, à ce jour, je n'avais jamais vu un tel schéma où elle sert d'explication du système économique libéral. J'ai un peu de mal à comprendre en quoi la roue avant évoque la dette, la faute sans doute à des études littéraires. Par contre, j'ai bien conscience que le moteur et le carburant c'est le cycliste. J'éprouve cette réalité bien souvent et je sais qu'un défaillance de ce côté là peut se finir au fossé.

Merci à Y. pour cette trouvaille !

vendredi 6 avril 2018

Pompier pyromane

Chose promise, chose due, voici la suite de mes mésaventures pyrotechniques qui démarrent mal et finissent bien.

Edgard* doit avoir autour de 5 ans quand se déroulent les faits. C'est un petit garçon énergique qui aime traîner à l'atelier. Il préfère l'action à l'observation. Une de ses activités préférées consiste à percer des trous à la perceuse à colonne dans des bouts de carton. Il aime aussi utiliser le touret pour qu'on fasse des étincelles avec un bout de ferraille sorti de ma poubelle de recyclage où fabriquer une infâme bouillie composé d'un mélange approximatif de WD-40, d'huile de chaîne et de graisse.

En général mon établi et mon cerveau sont sans dessus-dessous après le passage d'Edgard.

Un jour, je lui propose une expérience amusante qui est censé participer à son édification. Je lui explique qu'on va mettre le feu à mon établi et que je vais lui montrer comment l'éteindre. Belle intention éducative, non ?

Je range mon établi et écarte tout ce qui pourrait prendre feu. Edgard est calé contre moi. J'arrose copieusement mon établi d'alcool industriel. D'un petit coup de briquet surgit une belle flamme bleue qui danse doucement devant son regard ébahi. J'avais tout prévu sauf l'imprévu. J'ai voulu laisser un souvenir impérissable dans sa cervelle de moineau j'ai mis plus de combustible que de coutume (oui, j'aime jouer avec le feu) et la flaque qui devait être circonscrite à mon plan de travail se déplace vers le bord jusqu'à chuter sur le sol de de l'atelier, d'abord au goutte à goutte, puis un peu plus rapidement en un mince filet lumineux.

Désormais, l'éducateur improvisé doit gérer deux flaques de feu. Je perds un peu de ma contenance et cherche à abréger l'expérience. Je saisis le premier chiffon venu afin d'étouffer l'affaire. Manque de bol, il s'enflamme instantanément. Maudit tissu synthétique ! Edgard se blottit un peu plus fort contre moi alors que des mots interdits aux chastes oreilles enfantines franchissent mes lèvres. Je jette le chiffon à terre et piétine le tout en une folle sarabande. Je suis clairement dépassé par les événements mais par miracle et par manque de combustible le feu s'épuise. Moi avec. En sueur, je reprends un poil d'aplomb et je tente de sauver les apparences en affirmant à Edgard un truc du genre : Tu vois, le feu c'est dangereux, il ne faut pas jouer avec, tu comprends ? Son visage est blême. Il a parfaitement reçu la leçon, même si la méthode était paradoxale.

Quelques jours plus tard, je revois Edgard. Il m'embrasse et me dit tout de go : Dis, tu me promets de plus jouer avec le feu, tu m'as fais très peur !

Je lui ai prêté serment.




*En bon journaliste le prénom a été changé.

mercredi 4 avril 2018

Belle-Beille Cycles

Je relaie l'initiative lancée par l'équipe de l'atelier d'autoréparation Cycl'outil, à savoir une après-midi de jeux et d'échanges autour de la bicyclette. A ne pas manquer !

dimanche 1 avril 2018

Confort et protection

Voici une photo prise par mes soins d'une belle initiative de la part de la vénérable marque Brooks. Il y a quelques années, l'apparition de la gamme Cambium avait donné un nouveau souffle à la marque avec son assise en mélange de coton et de caoutchouc. La maîtrise fine de ces matériaux ajoutée à l'attention portée par Brooks à tout ce qui est au dessous de la ceinture a donné naissance à la première gamme de préservatif Brooks Proofide. La sortie officielle du produit est programmée pour l'été mais les détaillant-e-s Brooks ont tous reçu des échantillons à offrir aux client-e-s. N'hésitez pas à venir à l'atelier en demander un pour découvrir l'incomparable confort douillet du coton ainsi que la protection du caoutchouc naturel biologique ! Avec Brooks vous serez protégé-e-s sous tous rapports (sauf peut-être votre portefeuille car le prix public annoncé est de 69€ l'unité) !

jeudi 29 mars 2018

Crash fesses

Je lis des bédés en ce moment. Et je vais encore partager mes lectures. Par contre, la planche qui suit est se situe à l'extrême opposé du gag de Gaston posté hier. Alors, on éloigne les âmes sensibles.




























Joan Cornellà, Zonzo, éd. Ici même.

mercredi 28 mars 2018

jeudi 22 mars 2018

Décryptage


Place au Vélo a mis à disposition sur son site l'analyse locale du Baromètre des Villes Cyclables auquel vous avez été nombreux/ses à répondre. C'est par ici !


mercredi 21 mars 2018

Tout feu, tout flamme

Lorsque je sors la meuleuse, j'ai pour habitude de fermer tous les pots de graisse. Mon espace de travail est réduit et je ne veux pas risquer une pollution avec de la limaille. Aujourd'hui, j'ai réalisé qu'il fallait aussi que je ferme un tiroir tout (trop ?) proche de mon étau. Après avoir terminé avec succès la modification d'un outil à la meuleuse, mon regard a été attiré par une petite tache lumineuse qui grandissait dans le dit tiroir. Comme le clamait un philosophe pragmatique récemment disparu : "Il suffirhâââ d'une étincelle !". En effet, une pelote de paille de fer avait commencé à s'y consumer. Une onde rougeoyante se déplaçait à la rencontre d'un ribambelle de produits affublés de logos à base de têtes de mort, flammes sur fond rouge et autres poissons agonisants. Heureusement, pris dans son âge tendre, j'ai pu éteindre cet avorton de drame personnel grâce à mes deux extincteurs pédestres de première urgence.

Ce matin je me disais que j'étais à la bourre. Là, je relativise. J'ai sauvé pas mal de temps et d'énergie.



ps : Un jour je raconterai aussi comment j'ai failli incendier l'atelier en voulant montrer à un enfant qu'il ne faut pas jouer avec le feu...

jeudi 15 mars 2018

Voix d'en bas à gauche

Je vous propose un petit entretien que j'ai réalisé avec des syndicalistes adhérent-e-s au syndicat Sud Territoriaux. Je me disais que leur point du vue qui assume la défense des salarié-e-s méritait d'être mis en avant sur une question qui relève trop souvent de la propagande à pas cher.

Il y a 15 jours environ, le maire d'Angers et le député Matthieu Orphelin squattaient la presse à propos de l'instauration de l'IKV pour les agents territoriaux de la ville et de l'agglo angevine. En tant que syndicalistes à SUD Territoriaux, vélotaffeurs pour la plupart, que pensez-vous de cette mesure ?
Emma : Avant de te répondre faisons un petit retour sur l'IKV. Elle a été instaurée par la loi sur la transition énergétique de 2015, cette indemnité vélo est prévue dans l'article L. 3261-3-1 du Code du travail. Elle ne concerne donc normalement que les salariés du privé, même si elle n'est pas interdite dans le public. D'ailleurs plusieurs collectivités l'ont mise en place depuis 2017 : La Rochelle, Orvault ou encore... le Conseil Départemental du Maine et Loire !

Sur le principe l'IKV consiste en la prise en charge par l'employeur d'une partie des frais de transport des salariés effectuant le trajet entre leur domicile et leur lieu de travail en vélo. Elle prend la forme d'indemnités dont le montant est calculé en fonction du nombre de kilomètres parcourus par le salarié. Elle est en général de 0,25€ par km et plafonnée à 200€ par an.

Notre syndicat est donc favorable à cette mesure, d'autant plus que nous avons déjà fait la demande à notre employeur, M. Béchu, en juin 2017.

Donc il s'est empressé de vous rencontrer pour en discuter avec vous ?
Errico : Alors, en fait non. En septembre 2017 nous recevions un courrier du maire nous disant que l'IKV étant facultative et concernant les employeurs privés, il ne souhaite pas l'instaurer tant que ce n'est pas obligatoire.

Mais d'où vient ce retournement inattendu ?
Louise : On ne sait pas trop, on pourrait croire qu'il s'agit d'un coup de communication politique, au moment où notre patron prend la tête de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF). Mais nous n'écoutons pas les mauvaises langues et préférons penser que nos arguments ont fini par être entendus.

Quels sont ces arguments qui ont convaincu votre patron ?
Michel : Disons que l'IKV est un sorte d'accord « win-win » : les employés qui ont compris que le vélo est le seul moyen de transport à peu près viable à long terme écologiquement, bon pour la santé et plus rapide que la bagnole en ville, se verront octroyer une petite obole sur leurs maigres bulletins de salaires, ce qui n'est pas du luxe par les temps qui courent. L'employeur y gagne aussi : les agents sont en moyenne moins absents pour maladie, on peut supprimer des places de parking dans les services de la Ville (une place de parking coute entre 300€ par an pour une place le long d'un trottoir à plus de 2000€ par an pour une place en parking souterrain). Sans compter le bénéfice en terme d'image dont sont si friands les élu(e)s. Nous pouvons rajouter que l'IKV fait en général doubler le nombre de salariés qui utilisent le vélo pour venir travailler.

Tout va bien dans le meilleur des mondes alors ?
Adhémar : Il est un peu tôt pour le dire, les syndicats ont rendez-vous avec la mairie pour discuter de tout ça le 23 mars prochain. Nous sommes déçus cependant d'avoir lu que M. Béchu compte plafonner l'IKV à 150€ par an... Nous estimons que ce plafond n'aura pas un effet incitatif assez fort et craignons que des esprits chagrins fassent un parallèle malvenu entre cette IKV en demi-teinte et l'indemnité de M. Béchu à la tête de l'AFITF qui, elle, est plafonnée à 42.000€ par an. Mais ne compte pas sur nous pour alimenter ce type de polémique stérile !

Au-delà de l'argument salarial que je comprends tout à fait, vous avancez un argument écologique. N'est-ce pas outrepasser le rôle d'un syndicat ?
May : C'est une question très pertinente : en effet certains syndicats se cantonnent aux questions directement liées à leur secteur d'activité professionnel, à leur corporation. Nous estimons pour notre part qu'un syndicat peut légitimement intervenir dans tous les champs politiques et être porteur d'un projet de société alternatif. De plus il faut savoir que l'écologie fait partie des préoccupations du syndicalisme depuis son origine, bien avant les années 70 donc. Emile Pouget et les syndicalistes du début du XXe siècle mettaient déjà en cause le « sabotage » capitaliste, la dégradation de la santé des hommes et le saccage de la faune et de la flore. Mais il vrai que ceci a été un peu escamoté par le tournant productiviste de la CGT des trente glorieuses, enfin bref, voilà.
Nous avons par ailleurs des contacts avec d'autres syndicats, SUD ou CGT, chez d'autres employeurs, publics comme privés, qui suivent de très près ce qui se passe à Angers pour pouvoir porter aussi cette revendication.

Merci !

samedi 10 mars 2018

vendredi 9 mars 2018

Se raccrocher aux branches



La région de Santarém, sur le cours inférieur de l'Amazone, se démarque de la tonalité générale. A l'ouest de la ville, le Tapajόs venu du sud déverse ses eaux dans le fleuve Amazone, créant une baie intérieure de 20 kilomètres de large et 150 de long en période de fortes eaux. Les crues sont assez violentes pour recouvrir les îles les plus basses de 50 centimètres d'eau, d'où les arbres émergent comme des miraculés. Les pêcheurs des villages alentour transportent leur bicyclettes dans de petites embarcations, et les suspendent aux branches pendant qu'ils travaillent.

Charles C. Mann, 1491, Nouvelles révélations sur les Amériques avant Christophe Colomb, traduit de l'américain par Marina Boraso, Albin Michel, p. 334, 2007.

Cela vous semblera peut-être tiré par les cheveux d'extraire le seul passage qui traite du vélo en quelques 450 pages mais 1491 est un livre que je recommande vivement et, je me raccroche moi aussi aux branches pour vous inviter à le lire. Il synthétise très bien les dernières recherches sur les peuples et cultures précolombiens. Pour un historien de formation c'est parfois, à force de didactisme, un peu approximatif mais la somme est passionnante et donne envie de creuser certaines questions.

ps : Une autre version du même thème ici.

mardi 6 mars 2018

Entre Sienne et terre


Cycling Tips propose un superbe reportage photo sur la dernière édition des Strade Bianche, où quand la Toscane se déguise en Flandres !

lundi 5 mars 2018

Encore et encore

Comme Mr. Fourmi qui m'a fait parvenir les deux spécimen ci-dessous, n'hésitez pas à contribuer au recensement des diverses catégories de cyclistes. Surtout si comme lui vous y mettez littéralement un peu du vôtre.

Et ça continue encore et encore !


Axelle dite LA plaque
Son vélo : un cadre alu qui a perdu une grande partie de ses atouts au rythme effréné de ses 20 000 kilomètres/an. L'entretien de sa monture est erratique. Le faire ne serait qu'un précieux temps perdu à ne pas borner. Comprendre que la mécanique importe peu à côté de son investissement à parfaire son foncier. Un goutte d'huile sur la chaîne le lendemain d'une sortie de 150 kilomètres sous des trombes d'eau satisfera à la remettre en route pour une courte récupération de 80 kilomètres. Son ascèse physique est son seul objectif. Même sa tenue a peu d'importance. Son cuissard a la peau de chamois élimée car elle se fait un point d'honneur à ne jamais lever son cul de la selle. Comprendre que le cyclisme est pour elle une épreuve de force. Son braquet : 54x13. Certains la moquent en la conduisant à convertir son vélo en monovitesse tant elle fait preuve de jusqu'au-boutisme à ne pas vouloir user de (pour ne pas dire économiser) ses câbles de dérailleurs. Cette cycliste tête-dans-le-guidon aura toutefois toujours un geste pour ses comparses : les doigts levés (sa paume ne quitte pas le creux de son cintre) en guise de salut. Un salut parfois accompagné d'un sourire narquois quand elle fait la nique au patriarcat vélocipédique.

Phrase type : c'est une cycliste de peu de mots !


Bernard Blaireau
Lui a la suffisance de ne jamais rendre un salut (surtout quand Axelle le met dans le vent). Il est de la haute. Comme si sa victoire passée sur les routes de Nantes-Segré pouvait le soustraire à toute amabilité. Et pourtant ! Il a perdu de sa superbe. Il persiste malgré tout à enfiler son paletot d'ex-champion régional. Hélas sa bedaine naissante n'échappe à personne. Ces quelques kilos supplémentaires ne lui permettent plus de grimper aussi vite. Désormais perdu dans les limbes du classement de King-of-the-Mountain de la côte des Forges sur Strava, il se fait un point d'honneur à rester maître du segment dit du pont-de-chemin-de-fer. Pour cette performance, il dilapide ostensiblement ses primes de courses passées : des roues carbones et une visserie entièrement en titane. Son vélo est un succédané taïwanais d'une prestigieuse marque italienne : le mauvais goût de la Riviera a sa préférence, irrespectueux qu'il est de l'industrie transalpine.

Phrase type : Je crois que j'ai mon patin qui touche ! (ndlr. sa jante)

vendredi 2 mars 2018

Farniente

Oui, demain je ne fais rien ! L'atelier sera fermé ce samedi 3 mars. Tout rentre dans l'ordre mardi matin ! Merci.

mercredi 28 février 2018

A vot' bon coeur

Le club de BMX de Cholet s'est fait voler une quinzaine de vélos et son activité est donc à l'arrêt. Vous pouvez leur donner une petite poussette en participant à leur cagnotte en ligne : par ici la monnaie !

mardi 27 février 2018

Ne pas confondre vintage et vieille tache !



A la demande générale, je continue ma petite typologie des types de cyclistes. Je tiens à rappeler le vieil adage :  "Qui aime bien châtie bien." J'ajouterai même qu'en chaque cycliste dépeint je reconnais un peu de ma personne, à un moment où l'autre de ma petite histoire avec la grande reine (une inversion des adjectifs me semblerait prétentieuse). J'espère avoir des accents de sincérité.

Le vintage (canal hystérique)
Il s'agit en général d'un homme d'âge mûr. Suffisamment à l'aise pour acquérir et restaurer les vélos des idoles de son enfance mais pas assez fortuné pour se permettre de collectionner des bagnoles. Il cherche à parfaitement remettre d'origine des modèles de marques prestigieuses. Il connaît les arcanes des numéros de série des pièces Campagnolo et peut ainsi s'approcher au plus près du « period correct » qui sera le gage de son bon goût. Évidemment si des compromis s'imposent un ulcère d'estomac peut se déclencher pour un dérailleur postérieur de trois mois à la date de parution du catalogue du Bianchi qu'il retape. Inéluctablement, sa folie le conduira un jour à jeter son dévolu sur un vélo ayant appartenu à un coureur professionnel. Et ses nuits seront blanches tant qu'il n'aura pas pour pyjama le maillot d'époque de l'équipe. Évidemment, il ne jure que par l'Italie et ne manquerait pour rien au monde une édition de L'Eroica. Pour la photo, il y arbore un sourire de circonstances mais vit un enfer intérieur. Arpenter la poussière des chemins blancs toscans va inévitablement abîmer la prunelle de ses yeux. En clair, il vénère le passé mais ne supporte pas le temps qui passe. C'est valable pour sa bicyclette tout autant que pour sa personne.

Phrase type : C'était mieux avant ! Sous-entendu avant le milieu des années 80 et l'arrivée des vitesses indexées des pédales automatiques.

Le vintage (canal vélo sorti du canal)
C'est l'héritier-e abâtardi-e du précédent. De confidentielle, la passion du vintage est passée au rang de mode. Le moindre objet vieillot retrouve un lustre insoupçonné. Le formica paraît prestigieux de même que le vélo en tube de chauffage. Les grandes marques françaises ont sa préférence. Elles lui rappellent les vélos de sa tendre enfance sur lesquels il a appris à pédaler. C'est un cauchemar pour les mécanicien-ne-s car son jugement transforme le moindre demi-course extrait d'une benne en vélo d'artisan. Il est alors délicat de lui expliquer que l'acier de la dite benne est de meilleure qualité que le cadre de son épave. Si c'est un homme il faut aussi déployer tout son tact pour le convaincre que cette vieille selle en cuir toute avachie qu'il aime tant met sa prostate en grand danger. Plus jeune et moins installé-e que son collègue du canal hystérique il/elle n'a pas les moyens de partir en Italie. Vous le/la croiserez donc aux alentours de Saumur lors de l'Anjou Vélo Vintage. Pour l'occasion, il/elle aura équipé son vélo d'un porte-paquet lesté d'une ancienne caisse de vin en bois, dont le poids n'a rien à envier à une barrique en chêne. Quelques kilomètres suffiront à lui faire amèrement regretter ce choix. Cette souffrance n'est rien comparée au spectacle de son accoutrement vestimentaire qui, par ignorance, évoque plutôt le "bon vieux temps" des années 40 et des restrictions que celui des congés payés en tandem.

Phrase type : C'était mieux avant ! Sous-entendu avant la libération.

samedi 24 février 2018

Raconte-moi !


Le vélo raconte-moi ! c'est un outil mis en place sur le quartier des Deux-Croix pour récolter des contes, des berceuses et autres comptines d'enfance d'ici et d'ailleurs. Grâce à un micro il récolte toutes ces histoires et une mystérieuse boîte cadenassée s'ouvre dès qu'un nombre défini est atteint. Vous le trouverez à la sortie des écoles du quartier ! Plus d'infos auprès du centre Marcelle Menet.

mardi 20 février 2018

Collection sadique


Cela fait un moment que j'aimerai proposer une typologie des différentes groupes de cyclistes. Tel un entomologiste vieille école légèrement sadique cet exercice me permettrait d'épingler mes congénères sous prétexte de faire avancer la science. Hélas, la tache est ardue et ma liste de types de cyclistes donne le tournis tant les pratiques sont nombreuses et les sous-groupes foisonnants. L'ampleur du labeur à fournir est décourageante. J'aimerai tant offrir à l'humanité une œuvre majeure qui fasse une fois pour toute le tour de la question ! Mais mon naturel indolent reprend vite le dessus et mon projet de grande fresque prend la poussière. Aujourd'hui j'essaie de ranimer la flemme flamme en me disant que certaines des plus grandes œuvres littéraires sont nées sous forme de feuilletons. C'est pourquoi je soumets à la justesse de votre jugement la maigre entame de cette typologie en espérant la compléter avec le temps.

J'attire enfin votre attention sur le fait que mon travail, bien que drapé des oripeaux de la science, n'est pas totalement dénué de mauvaise foi et de cynisme.

Gilles est jaune :
C'est le plus facile à débusquer dans son environnement urbain naturel. Il ne se dépare jamais de son gilet jaune. Il le porte tant et plus que souvent il ne se rend même plus compte de l'incongruité de sa mise en certaines occasions. Pour une sépulture, il sera vêtu de son costume le plus strict mais il ne lui viendra pas à l'esprit de se défaire de son attribut coloré. Le gilet jaune c'est l'emblème de son militantisme, car il faut bien reconnaître qu'il est souvent investi dans une association d'usagers de la bicyclette. Il est tellement militant qu'il saoûle parfois les autres cyclistes avec son côté père-la-morale surtout quand il est question de sécurité. Certain-e-s mauvaises langues disent que c'est un flippé de la vie qui camoufle son anxiété en se rendant le plus visible possible. Une sorte de faisan des villes. Cette théorie ne manque pas de justesse lorsque sous sa forme pathologique, Gilles n'envisage pas de déplacement sans accompagner son gilet jaune, d'un casque, d'un écarteur de danger et une d'une trompe à air comprimé. Histoire de garder une forme d'individualité Gilles se démarquera de ses congénères par le flocage de son uniforme: association d'usagers du vélo, soutien à Notre-Dame-des-Landes, invitation à le dépasser en respectant une distance de sécurité (attention sans jeu de mots tenez-vous à distance de ce type de personnage), dessin issu du travail des CP de l'école du petit dernier.

Expression type : Commence en général ces phrases par On ne vous voit pas bien

Le cousin-germain :
Pour lui, le coeur du monde cycliste bat outre-Rhin. Il ne jure que par la robustesse et la praticité. En conséquence son vélo est allemand, son éclairage est allemand, sa bagagerie est allemande, ses pneus sont allemands, ses vêtements sont allemands. Il est clairement fort bien équipé, même si pour cela il a hypothéqué sa maison. Ainsi, sa descendance jouira (ou subira tout est question de point de vue) ses achats jusqu'à la fin des temps. Ses détracteurs (qui comptent une bonne partie de sa descendance) lui renvoient souvent à la face son côté un poil rigoriste et le peu de place laissé à l'improvisation dans sa pratique. Effectivement, s'il consentira volontiers à passer ses vacances à l'Eurobike de Frederischafen il sera plus réticent à l'idée d'une bonne teuf techno sous acide dans un vieil hangar humide du Templehof.

Expression type : Il n'y a pas de mauvais temps, il n'y a que du mauvais équipement.

Idéfix :
C'est le chevalier de l'asphalte, sur son pignon fixe il parcourt la ville (il ne sait pas qu'au delà du périphérique il y a tout un monde) le plus vite possible en laissant une trace fluo derrière lui. Sa passion du skid (dérapage stylé) lui coûte tellement cher qu'il doit travailler le soir à livrer des pizzas et des sushis tard dans la nuit avec le maigre espoir de gagner assez afin de s'acheter un nouveau pneu qui tiendra jusqu'au shift (service stylé) suivant. Néanmoins, au grand soulagement de ses parents sa passion pour le pignon fixe a fait décoller son niveau en anglais qui était jusque-là médiocre. Désormais son fixed-gear brakeless, lui permet d'enchaîner les shifts afin de se procurer un paquet de pièces New-Old-Stock, New-In-Box pour son futur daily full Campa. Vous n'avez rien compris ? Lui non plus.

Expression type : Trop stylé !

mercredi 14 février 2018

Livrée

Je vais bientôt pouvoir reprendre les virées en monovitesse ! J'ai tellement hâte.

samedi 10 février 2018

Les doigts hors du nez

Je vous rappelle que le vendredi 23 février, se tiendra à l'atelier une rencontre avec l'entreprise de vélos artisanale CYFAC. Histoire d'agrémenter la soirée il y aura une petite suprise qui se nomme "Unchained Fingers". Il s'agit d'une course cycliste à quatre doigts. Je ne vous en dis pas plus !
Présence indispensable donc !


mercredi 7 février 2018

Centenaire

Un ami a exhumé cette vidéo qui traite de l'édition du centenaire de Paris-Brest-Paris en 1991. Certaines têtes ne seront pas étrangères à celles et ceux qui s'alignent sur les brevets à Angers, notamment la femme la plus rapide de l'épreuve qui est toujours très présente. Vous pouvez sauter le discours de Jacques, il n'ajoute aucun suspense.

lundi 5 février 2018

Nuit et jour

La sortie vélo d'hier s'est effectuée dans la bonne humeur mais le vent et le froid ont creusé les visages et les estomacs. Certains ont fini sur les rotules.

Ceci explique sans doute pourquoi j'ai dormi comme un bébé. Mais dans mon sommeil ouaté j'ai continué de pédaler. La grâce m'a touché. Je surclassais tous mes adversaires. C'est assez improbable pour être relaté.

J'en ai fait part à l'un de mes compagnons de route qui pragmatique s'est contenté de répondre :
-Dans tes rêves !

Retour à la réalité.

samedi 3 février 2018

Génèse du Genesis

Voici quelques photos du dernier montage en date de l'atelier. Un vélo pour boucler les brevets et taper quelques pancartes le dimanche matin. La demande concernait un vélo réactif et relativement léger sans pour autant négliger le confort et sans faire l'impasse sur un équipement adapté pour la longue distance : éclairage puissant et autonome, appuis confortables, possibilité d'accueillir des garde-boue. Au final, je ne cache pas ma satisfaction, le vélo monté sur la base d'un kit cadre/fourche Genesis Equilibrium affiche 10,2 kg avec les pédales. Quand on sait que la selle à elle seule pèse dans les 600 g, il aurait été facile de descendre plus bas (en mettant de côté les basses considérations financières) mais c'est une quête qui serait allée contre le "fondement" du cahier des charges. Il reste quelques détails à peaufiner, notamment l'intégration du câble de la dynamo qui me chiffonne mais l'essentiel est au point. Mon plaisir a été grandement facilité par la grande liberté de choix qui m'a été offerte dans le choix des pièces. J'avais quelques grandes lignes et un budget à respecter mais pour le reste j'ai mené l'affaire selon mon bon vouloir. Voici le genre de cadre de travail qui me sied parfaitement. Merci !

Place aux photos !

J'ai gravement la flemme de vous dresser la liste des pièces, collez votre nez à l'écran et débrouillez-vous !