samedi 10 décembre 2016

Bus Spirit

Personne, dans le bus, n'a montré ni sympathie, ni intérêt, à peine un peu d'agacement, le gosse était trop bruyant. Il était manifeste qu'ils auraient pu le rosser de coups de pied, ça n'aurait soulevé le cœur de personne. C'était un bus de Parisiens, on faisait abstraction de notre prochain.
J'ai compris que c'était comme le vélo : ça ne s'oublie pas l'abjection.

Virginie Despentes, Teen Spirit, Grasset, 2002

vendredi 9 décembre 2016

Sous le sapin couzin !

Comme l'année passée voici quelques ristournes histoire d'égayer le pied de votre sapin ainsi que l'humeur de votre cher mécanicien-vélo.
Je fais donc une réduction de 20€ du prix affiché sur toutes les selles Brooks en cuir que j'ai en stock : B17, B17S, B17 rivets cuivre, Flyer. En traduction vous pouvez (vous) offrir une B17 pour 75€, la version en rivets cuivre pour 110, une Flyer pour 80€.

Pour ce qui est de la gamme Brooks Cambium, je vous propose une réduction de 25€ sur le prix affiché, soit une Cambium C17 à 99€ ou une C15 à 109€.

Pour 50€ vous pourrez vous offrir ce beau porte-paquet Basil et économiser 19€.


Pour les cadeaux au cousin un peu con qu'on ne veut pas froisser mais pour lequel on va pas claquer une blinde j'ai quelques éclairages avant Knog POPi bien funkys (en tous cas plus que le cousin) pour la modique somme de 10€ au lieu de 14€.

Comme il se doit tout ceci est dans la limite de mon stock et jusqu'au 23 décembre inclus. Capito ?

lundi 5 décembre 2016

Inculture générale

Je vous invite à fêter les vacances le vendredi 23 décembre, à 18h au 21, rue Maillé. Au programme un quizz débile sur le cyclimse avec de petits cadeaux à gagner. Toute bonne connaissance du cyclisme est parfaitement inutile ! On boira un godet aussi. Tu viens ou tu crains.

dimanche 4 décembre 2016

Persistance (c)rétinienne

Mon Surly réclamait de nouvelles roues depuis la fin de l'été. Je lui ai refait la chaussure arrière cet après-midi. Le moyeu Shimano 105 tourne comme au premier jour. Nettoyé et regraissé je l'ai marié à une nouvelle jante DT Swiss RR511. C'est aussi l'occasion de passer en tubeless avec des pneus de cyclo-cross Hutchinson et c'est surtout le prétexte idéal pour fabriquer un gif animé aussi épileptique qu'inutile :

via GIPHY
Il reste beaucoup de boulot avant de pouvoir remettre en route ma mule des sentiers. J'ai honte. J'ai hâte.

samedi 3 décembre 2016

Inspection du travail

Il va mieux. Il a failli mourir dix fois : coryza, chute depuis un immeuble... Rassurez-vous, il grossit de jour en jour et devient même un peu snob et délicat. Il a désormais des noms. Pour certain-e-s c'est Raphaël, pour moi c'est Shaminou (ou Shaminoo, l'orthographe n'est pas arrêtée) en clin d'oeil au plus grand équipementier du vélo. Aujourd'hui, il a opéré une inspection détaillée de mon établi. Manque de pot pour moi c'était un peu le bazar. Pas plus choqué que ça puisqu'à cet instant il dort paisiblement dans un coin du 21.

mercredi 30 novembre 2016

Congé forcé et RTT

J'étais ce jour en congé forcé. Loin de me morfondre j'y ai vu une incitation à aller me faire pendre ailleurs. Une seule occasion suffisant à faire plusieurs larrons, A. a posé une RTT pour m'emmener découvrir un troquet prometteur situé aux confins du département.

Nous partons à l'heure où blanchit la campagne et quand les pieds bleuissent.

A l'aller le vent nous porte. J'appelle ça une douce brise. Quand il nous fait face au retour je ne vois pas d'autre qualificatif que méchante bise.

Espèce de Falloux !

Le Bar de la Verzée à Armaillé devrait être versé à l'inventaire des Monuments Historiques. Point.

Big up Big A. ! 

Super.

 Château à la masse.

Une soucoupe volante s'est posée près du bourg. C'est tellement anodin ici qu'elle a trouvé sa place sur le plan.

mardi 29 novembre 2016

Pouët-pouët

Première interaction de la semaine :
Bonjour, j'ai un rayon qui pouët-pouët et en face un autre qu'est pouët-pouët.
J'ai le sourire pour la journée.

lundi 28 novembre 2016

Vite fait bienfaits

Peiner à sortir de son lit

Poireauter juste ce qu'il faut

Se reposer sur de vieilles branches

Ravissant ravito

Rhume arrangé

jeudi 24 novembre 2016

La bibitte à bon dieu

Les voies du Seigneur sont impénétrables. Ce n'est pas le cas de celles de ses ouailles pour le nouveau prêtre de Bourg-Saint-Guillaume. Afin de l'aider dans cette tâche ardue, la bicyclette remplit parfaitement sa fonction émancipatrice. En ces temps de grande pudibonderie angevine je ne vous propose que deux planches certes équivoques mais chastes. J'ai bien trop peur de me retrouver dans le collimateur de ma chère mairie. A défaut d'autre chose, j'espère que cela vous mettra l'eau à la bouche.
La bibitte à bon dieu, BD Cul n° 6, Les Requins Marteaux, 2013.

lundi 21 novembre 2016

La philosophie dans le boudin


Ma dernière sortie a été riche d'enseignements. Elle a permis de résoudre une question majeure de la philosophie contemporaine. La voici sous sa forme la plus lapidaire. Le Cyclisme : marche ou crève ? Suivez mon exposé des faits et la conclusion qui s'impose.

Dimanche, presque à l'impromptu, notre petit groupe de trois met à profit une trouée dans les nuages pour quitter l'agglomération. Nous partons face au vent espérant ainsi rentrer sans efforts. Le parcours est agréable même si les séquelles de la tempête gisent en quantité sur notre chemin. Voilà pour le cadre général. Passons les péripéties et allons à l'essentiel.

L'un de nous vient à crever. Penaud, il avoue ne pas avoir de chambre à air de rechange. Il s'avère que je suis le seul à en posséder une. Je la cède de bon gré. Le troisième larron propose d'utiliser une vieille cartouche de CO2, stigmate de son passé de compétiteur. En quelques secondes, nous contribuons à accélérer l'effet de serre afin de préserver notre moyenne. Nous revoilà en selle. Las, quelques kilomètres plus loin, nouvelle crevaison. Comme le veut la tradition, la pluie se met alors à tomber avec vigueur. Je dégaine ma boîte de rustines. Je n'en manque pas mais il n'en va pas de même pour la colle. Mon tube n'en contient que quelques gouttes. Je respecte avec attention le temps de séchage alors même que nous sommes soumis à une douche copieuse. Malgré cela, j'ai quelques sueurs froides. Par manque de colle, un bord de la rustine n'adhère pas parfaitement. Néanmoins, le remontage se passe sans accrocs. Nous pédalons de nouveau à vive allure en direction d'Angers. Bientôt, à son approche, je sens que mon vélo perd la flegmatique tenue de route qui le caractérise. Alors que les serres et jardins cèdent doucement la place aux pavillons et aux tours, je suis victime d'une crevaison lente et contraint à l'arrêt. N'ayant plus de quoi réparer, je me contente de gonfler mon pneu le plus fort possible. Aussi sec (qualificatif peu représentatif de mon état corporel) j'enfourche le vélo et mouline vaille que vaille pour regagner mes pénates. Au risque de ternir ma prestance, je pédale en bec de selle afin de dégager du poids de la roue arrière. Lorsque ma machine me fait rouler du cul tel un vulgaire poney, je stoppe et réitère la manœuvre. Sans succès. Me voilà piéton pour plusieurs kilomètres. Lancelot jeté plus bas que terre. Une partie du chemin de croix s'effectue en compagnie de mes deux compagnons. Désormais en ville, je perçois leur gêne d'être vu aux côtés d'un vil fantassin. Pour ménager leur amour-propre, je les enjoins de m'abandonner. Traînant ma peine et poussant mon vélo, je médite sur mon destin funeste. La réponse à la question ontologique qui depuis la nuit des temps a assailli le/la Cycliste trouve réponse en un bref éclair de lucidité.

Le Cyclisme : marche ou crève ?

Foutaises !

Le Cyclisme : c'est crève et marche.

CQFD.

samedi 19 novembre 2016

Livre de chevet


Si c'est indubitablement le vieux continent qui a vu naître et grandir le vélo, il faut reconnaître que ces dernières années, sous sa forme sportive, il connaît une nouvelle jeunesse de l'autre côté de l'Atlantique. Bien sûr, les compétitions majeures se tiennent encore Europe : un siècle d'amour fou ne s'efface pas d'un revers de la main. Cependant, les modes vélocipédiques qui déferlent par vagues régulières depuis bientôt 40 ans déboulent presque toujours du Nouveau Monde : VTT, BMX et plus récemment fixed gear, fixie, friskies, pignon fixe et gravel. Le vélo de route bénéficie également de cet engouement. Dans ce contexte, il est peu étonnant de constater que beaucoup de guides d'entretien et d'apprentissage de la réparation sont rédigés en anglais. D'ailleurs la plupart des manuels disponibles en français sont des traductions. Autant être direct, la plupart sont décevants. Le vélo revêt aujourd'hui une telle multiplicité de forme que c'est un gageure de vouloir aborder son entretien en un seul ouvrage. Le discours est trop souvent générique, les tutoriels élusifs et les matériels abordés souvent aussi datés que les photos d'illustrations.

The art of road bike maintenance par Lennard Zinn est aux antipodes de ce que je viens de décrire. Ses 465 pages ne traitent que du vélo de route même s'il laisse une petite place à son alter ego crasseux le cyclo-cross. Cet ouvrage en est à sa cinquième édition et rien des dernières évolutions (freins hydrauliques, groupes électroniques) n'ont été oubliées, ce qui en fait un instantané de ce qu'est un vélo de route en 2016. Que les indécrottables (et de plus en plus nombreux/ses) réactionnaires se rassurent, même si leur machine date du siècle dernier ce manuel pourra les sortir d'un éventuel mauvais pas.

RBM (un acronyme ça fait tout de suite sérieux) est organisé en grands chapitres. Le livre commence par les généralités d'usage : les outils, les manipulations basiques de nettoyage et de vérification, les crevaisons, etc. Ensuite, il aborde un à un tous les éléments constitutifs du vélo : pédalier, freins, direction, en tachant d'être le plus exhaustif possible. Par exemple, les freins sur jante sont traités en quelques 30 pages : double pivots, cantilever, hydrauliques à patins, direct-mount, direct-mount en « ciseaux », rien ne manque. Chaque chapitre se termine avec un tableau récapitulatif des symptômes d'une panne accolés aux manœuvres à effectuer afin d'y remédier. Le propos se déroule méthodiquement point par point et est accompagné de dessins et d'éclatés d'une grande clarté. Un système d'évaluation de la difficulté de mise en œuvre de chaque manipulation permet de se faire une idée du merdier qui attend le mécano. De temps en temps, des encadrés mettent un avant une astuce de pro.
Je ne saurai que conseiller ce livre aux mécanicien-ne-s professionnel-le-s qui, à cause de l'usure du temps (et sans doute aussi à cause des clients ch…), sont blasé-e-s et pensent naïvement avoir fait le tour de la question vélocipédique. Le bouquin transpire la passion, il regorge de détails et petites informations qui réveilleront votre plaisir. Ainsi, tout à la fin du livre il y a une roborative liste de pièces accompagnée des couples de serrages préconisés qui m'a déjà été fort utile à plusieurs reprises. Qui plus est l'index est très étoffé et permet de rapidement trouver la page adéquat. Frères et sœurs, gardez la foi, il n'y avait certes qu'un Sheldon Brown mais soyez assuré-e-s que Zinn est son continuateur (le côté savant-fou en moins) !

Petit bémol, à mon humble avis cet ouvrage peut-être frustrant pour un-e débutant, ou pour quelqu'un-e de peu équipé-e. Zinn présente les manipulations de manière orthodoxe. Le bidouillage n'a pas droit de cité et l'outillage présenté est celui des ateliers professionnels. Qui plus est, le bouquin n'a pas été traduit dans la langue de Poulidor, un niveau d'anglais correct et la connaissance du vocabulaire technique sont donc de rigueur et peuvent en décourager.

J'ai ce livre depuis peu mais certaines pages sont déjà maculées de graisse, ce qui est indubitablement un gage de qualité.

Zinn & the art of road bike maintenance, Lennard Zinn, illustrations par Todd Telander et Mike Reisel, VeloPress , 2016.

mercredi 9 novembre 2016

Lowriderzzzz



Merci B. !

Hey you !

Oi, en argot anglais c'est la contraction de Hey you ! Cette interjection était employée par les mauvais garçons des rues et annonçait souvent un échange musclé.
Oi c'est aujourd'hui une nouvelle sonnette de vélo créée par la marque australienne Knog. Et comme ne le suggère pas son nom, elle n'a rien de bourrin, tout au contraire.

Difficile de faire plus discret. Cette sonnette est clairement à destination des cyclistes sportifs pour qui habituellement ce genre d'accessoires rapproche trop leur "machine" de la "bicyclette". Vue l'esthétique de l'objet, j'en connais beaucoup qui vont enfin se laisser convaincre. D'autant plus qu'elle a été bien pensée et qu'un passage est aménagé pour que son serrage n'entrave pas les gaines.
Le montage est aisé grâce à une simple clé allen qui est fournie. Elle existe avec un serrage pour cintres "oversize" dont le diamètre est compris entre 23,8 mm et 31,8 mm et il y a une version pour les cintres plus "classiques". Pour ce qui est des couleurs, j'ai noir et argent et laiton. Le tarif est de 20€.

Et le son ?


Le son rélève plus du "S'il vous plaît, auriez-vous l'amabilité de me laisser passer ?", que du "Hey you ! Move your ass !", non ?

mardi 8 novembre 2016

Boule forte, vélo faible

Je relaie l'initiative d'un ami qui sait ce qui signifie "avoir du goût" :
Passez à l'atelier ou faites-moi signe si vous comptez venir, les places ne sont pas en nombre illimité. Les boules et les savates sont prêtées, un petit repas  est prévu. Amenez un peu de sous pour participer et faire vivre la sociéte de boule de fort. La balade doit faire dans les 70-80 km en tout.

vendredi 4 novembre 2016

Centrifugeuse

Qui aime bien, châtie bien. Vu le nombre de fois où j'ai exposé ici abus et erreurs de langage, vous déduisez que je vous apprécie beaucoup. Non contente de polluer l'atmosphère la bagnole altère aussi le champ lexical du vélo : je ne compte plus les fois où on m'a parlé d'embrayages, de boites de vitesses, et autres volants. L'analogie semble néanmoins se tarir. Heureusement, comme vous allez le constater, un autre secteur économique inattendu cherche à s'immiscer dans mon travail quotidien.

Un cycliste me désigne son pédalier qui brinquebale lamentablement, les roulements ayant pris du jeu :
-Je crois qu'il y a du "jus" dans mon pédalier !

Désormais, il me faudra donc également lutter contre le secteur de la restauration qui prend mon atelier pour une annexe de ses cuisines. Purée, je suis attaqué de toutes parts (de gâteaux).

jeudi 3 novembre 2016

Glop, pas glop

J'ai parfois du mal à me faire comprendre lorsqu'il s'agit de répondre à des questions autour de l'entretien des vélos. Si je tiens un discours pondéré je ne suis bien souvent pas pris au sérieux, pour autant, éthiquement, tenir en permanence un discours alarmiste ne me convient pas. J'ai bien une tenaille à l'atelier mais c'est, je crois, mon seul point commun avec un arracheur de dents.

Je compte profiter d'une réparation fraîchement effectuée avec succès pour faire comprendre avec mesure à qui veut bien l'entendre quelques données importantes à propos des freins à disques. En guise de préambule, je demande à tou-te-s ceux et celles qui ont un quelconque bagage technique en la matière de bien vouloir excuser les grossières, mais inévitables simplifications qui suivent.

En tout premier lieu, il ne faut pas confondre durable et éternel. En effet, les plaquettes et les disques s'usent. Cela peut paraître incroyable mais en mécanique rien n'est éternel ! Afin d'illustrer mon propos voici des photos où reposent une plaquette (sur-) usée et une neuve. Je crois que la différence est flagrante et peut-être légendée dans le babil de Pifou :
Il ne faut pas attendre ce point d'usure pour changer les plaquettes. En effet, à ce stade le disque à lui aussi nécessité d'être remplacé ce qui n'aurait pas été le cas avec plus de prévenance. Comme toujours en mécanique, attendre la casse est une mauvaise idée pour votre porte-monnaie.

Tant que j'y suis, je vous mets en garde contre un comportement que j'observe trop souvent (encore aujourd'hui) : ne graissez/lubrifiez jamais un disque et/ou des plaquettes ! Jamais, jamais, jamais ! En aucunes circonstances. C'est aussi pertinent que de tenter de rafraîchir votre haleine comme ça :

Ou bien aussi désaltérant que la boisson ci-dessous :

C'est la destruction assurée ! Pour résumer faisons une nouvelle fois appel à la sagacité de Pifou : pas glop !

mercredi 2 novembre 2016

Le retour de Frédéric

Place au vélo invite Frédéric Héran pour une conférence sur la place du vélo dans les transports urbains. Si vous aviez loupé sa précédente venue, c'est une belle chance de rattrapage qui s'offre à vous.

Ce sera le lundi 21 novembre, 20h00, salle du Doyenné, 56 bd du Doyenné.

vendredi 28 octobre 2016

Minimum vital

Un toit, une table, une chaise, un poêle et bien sûr une bicyclette : pas de quoi faire le clown pour Bernard.
Bernard Buffet, L'Atelier, huile sur toile, 149*200, 1947.

mardi 25 octobre 2016

A vomir de rire



Les versions avec du gaz moutarde et à l'agent orange sont en cours d'élaboration. Celle au gaz sarin a malheureusement été retoquée par la commission d'hygiène et de sécurité.

ps : Skunklock c'est pas très parlant en français, après deux minutes de tempête de cerveau je propose : pUtois. Allez, je suis bon prince je lâche les droits.

samedi 22 octobre 2016

Mon Sagan à moi

Tout atelier cherche à améliorer son image de marque. La méthode traditionnelle consiste à entretenir une relation amicale avec un grand champion. Si cela se sait, un peu de son aura rejaillira sur le chiffre d'affaire du bouclard. Comprenez donc que je ne puis taire plus longtemps qu'un cycliste couronné plusieurs fois daigne me déléguer l'entretien de sa noble monture.

Aujourd'hui, il est sorti des nuées, vêtu de son habit de lumière. L'atelier s'est mué en temple à sa gloire. J'ai brisé un tabou et lui ai demandé une photo afin qu'un peu plus d'or ruisselle sur mes rachitiques épaules.

Afin de préserver son anonymat, je lui ai prêté un heaume de circonstances et il s'est installé sur le premier bourriquot venu.

Constatez ! Un multiple champion du Poitou fréquente La Tête dans le Guidon !

Que son prestige et mes bénéfices soient éternels !

vendredi 21 octobre 2016

La culotte !

Elle en riait encore de bon cœur, tandis que Pierre la regardait émerveillé, tant elle lui semblait rose et saine, sous le petit chapeau de feutre noir qu’une longue épingle d’argent fixait dans l’épais chignon. Ses admirables cheveux bruns, relevés très haut, découvraient sa nuque fraîche, qui restait d’une délicatesse d’enfance. Et jamais il ne l’avait sentie si souple dans sa force, les hanches solides, la poitrine large, mais d’une finesse, d’une grâce charmantes. Quand elle riait ainsi, ses yeux brûlaient de joie, le bas de son visage, sa bouche et son menton qu’elle avait un peu forts, s’éclairaient d’une infinie bonté.
« Ah ! la culotte, la culotte ! continuait-elle en plaisantant. Dire qu’il y a des femmes qui s’entêtent à garder leur jupe pour monter à bicyclette ! »


Qui a écrit ces lignes ? Je considère l'extrait assez long pour qu'en lect-eurs/rices averti-e-s vous puissiez vous forger une opinion et choisir dans la liste ci-dessous :

-Cyril Hanouna
-Emile Zola
-Alphonse Daudet
-Kim Kardashian
-Alfred Jarry
-Simone de Beauvoir

J'offre une chambre à air et des démonte-pneus à la première personne qui vient avec la bonne réponse à l'atelier. Je compte sur votre bonne foi et donc sur le fait que la réponse sera issue de votre réflexion et non d'une bête recherche sur un quelconque moteur de recherche. Ce serait d'une indigne paresse intellectuelle. De même, inutile de lâcher la réponse dans les commentaires ci-dessous, ça ne compte pas et ça ne fera que me dissuader de continuer à jouer avec vous. Faites chauffer vos trois neurones !

mardi 18 octobre 2016

Giro mauvais genre

La préparation du Tour d'Italie 1924 est un véritable casse-tête pour son organisateur Emilio Colombo. Il y a certes de bon coureurs en lice mais certaines stars comme Ottavio Bottechia ou Costante Girardengo se montrent financièrement trop gourmandes. Elles font pression sur leurs équipes afin de se voir attribuer de plus larges rétributions. Pression que ces équipes répercutent sur l'organisation. Mais Colombo ne céde pas et les prend à contre-pied en ouvrant 90 places à des coureurs indépendants dont il propose de prendre en charge les frais via le journal Gazzetta dello Sport, ainsi que l'hébergement et la nourriture. Par contre ces coureurs devront se débrouiller sans encadrement : pas d'entraîneurs, pas de masseurs, pas de mécaniciens, pas de voitures de course. Il n'empêche que cette proposition sera suffisamment enthousiasmante pour trouver preneurs. Pourtant, avant de pouvoir mettre les pieds sous la table, il faudra parcourir en moyenne 300 km par jour. Le départ et l'arrivée se déroulent à Milan, mais entre-temps l'épreuve s'aventure jusqu'à Tarente dans le talon de la botte. Douze étapes, pour un total de 3613 km de routes qui, dans le sud de la péninsule, ne méritent pas cette appellation.

Parmi les volontaires, le dossard numéro 72 est attribué à Strada Alfonsin. Ce nom est plutôt inusuel en Italie. L'usage voudrait une terminaison en "o" pour un homme et en "a" pour une femme. L'entourloupe fonctionne à merveille et la veille du départ "on" découvre qu'Alfonsin est une femme. Elle sera autorisée à s'aligner au départ. Etait-il trop tard pour lui refuser de participer ? Il faut surtout reconnaître qu'Emilio Colombo, en bon communicant, avait pressenti un moyen efficace pour renouveller l'attrait du Giro et assurer une promotion à moindre coût.


Alfonsina Morini est née en 1891, dans une famille paysanne assez pauvre des environs de Modène. Son père semble avoir été journalier et sa mère nourrice. Comme beaucoup de cette classe sociale et de cette génération, le vélo est avant tout utilitaire. Le père d'Alfonsina se procure le sien en échange de quelques poulets. C'est sur cet engin déjà très abîmé que Alfonsina apprend à pédaler. La passion est immédiate et dévorante. Alfonsina trouve vite le moyen de participer à de petites compétitions et délaisse les bancs de l'église. Ce n'est pas pour rien qu'elle gagne le surnom de "Diable en robe". Dès treize ans, elle gagne une course et un cochon vivant en guise de prix. Elle gagne la plupart des courses féminines mais s'impose aussi régulièrement devant des garçons.

Sa mère qui aurait préféré une carrière de couturière lui impose de trouver un mari et un foyer si elle veut continuer la compétition. Le fait est qu'elle se marie à quatorze avec Luigi Strada. La relation démarre sous de bonnes augures car c'est lui aussi un amateur de vélo qui lui offre son premier vélo orné d'un guidon de route. Il devient également son entraîneur. Tous deux déménagent à Milan. Là, elle peut profiter du vélodrome et se consacrer à sa carrière. Elle s'attaque ainsi, en 1911, au record de l'heure féminin sur sur piste et parcoure 37,192 km. Ce record ne sera pas validé. Toute sa carrière Alfonsina aura eu maille à partir avec un encadrement sportif exclusivement masculin et très sexiste. Ceci explique cela. Parmi d'autres hauts-faits, elle participe deux fois au Tour de Lombardie en 1917 et 1918.

Vous comprendrez donc, que lorsqu'elle se présente sur la ligne de départ du Giro, ce n'est pas tout à fait une inconnue. Les premières étapes se déroulent relativement bien, même si Alfonsina finit dans le gros du peloton. C'est sur la huitième étape d'Aquila à La Pérouse que les choses se gâtent. Le temps est à la pluie et le vent souffle en grosses rafales. Sur des routes défoncées et sans assistance, elle est victime de nombreuses crevaisons. Elle chute à plusieurs reprises et brise son guidon qu'elle répare à l'aide d'un manche à balai. Epuisée, elle passe la ligne hors-délais et disparaît donc du classement général.

Cela ne l'empêche pas de poursuivre l'épreuve, et ce ne sont pas les organisateurs trop heureux de cette publicité qui l'en dissuadent. Malgré d'autres péripéties elle parvient à rallier Milan. Elle termine 38 heures derrière le vainqueur Giuseppe Enrici qui arrache lui aussi cette victoire dans la douleur. Dans les derniers jours, il souffre d'un pied infecté qui l'empêche de marcher mais pas de pédaler.

Elle ne sera plus autorisée à participer au Giro mais continuera sa carrière jusque tard dans les années 30 où elle signera un record de l'heure validée cette fois. Sur sa fin de carrière elle participera à beaucoup d'exhibitions un peu partout en Europe.
  
C'est indéniablement le courage et la force de caractère qui caractérisent Alfonsina Strada. Sa volonté d'aller au bout de la huitième étape du Giro 1924 signe son irrépressible désir d'autonomie dans une Italie où l'église catholique et le régime fasciste viennent de se partager le contrôle des corps et des âmes. Alfonsina forçait le respect en même temps que le passage.

Son exemple nous rappelle également à quel point l'univers cycliste a trop peu changé en un siècle. Les pratiquantes sont une minorité et les épreuves féminines méconnues. Les budgets et les salaires du cyclisme féminin restent rachitiques. Les médias se montrent parfois plus enclins à montrer de jolis minois qu'à évoquer les performances. L'encadrement fédéral reste le pré carré des bonhommes. Il y a du pain sur la planche.




Alfonsina Strada à droite, Giovanni Gerbi à gauche en 1923. Le "Diable en jupe" contre le "Diable rouge". Une affiche qui a plus de gueule qu'un film de super-héros, non ?

mercredi 12 octobre 2016

Le chauffeur l'échappe belle

Un cycliste, M. Charles Raffond, âgé de trente ans, passait, hier, avenue des Batignolles, à Saint-Ouen, lorsqu'il fut renversé par une automobile conduite par le chauffeur Joseph Verbauwen.
Raffond se releva, ne portant que de légères contusions, et l'accident n'aurait eu aucune importance si environ deux cents personnes n'avaient pris fait et cause pour le cycliste, menaçant de faire un mauvais parti au chauffeur. De plus en plus surexcités, en effet, les spectateurs s'apprêtaient à brûler la voiture, lorsque les agents intervinrent heureusement à temps pour repousser les autophobes.

"Le chauffeur l'échappe belle", Le Journal, 2 juillet 1910.

Cet extrait croustillant provient d'une anthologie qui vient de paraître aux éditions Le pas de côté : Ecraseurs ! Les méfaits de l'automobile, revient sur les premiers tours de roues de l'automobile. Cette accumulation roborative écorne le mythe d'un progrès automobile accueilli avec envie et à bras ouverts par l'ensemble de la population. Il est même surprenant de constater que les "automaboules" ont parfois récolté une colère à la hauteur de leur dédain pour la piétaille : tentatives de lynchages, coups de feux, traquenards, sabaotages. La lutte des classes s'exprime parfois par des chemins tortueux et inattendus

Cet ouvrage se picore avec délectation, l'humour est au rendez-vous, les groupements par thèmes bien sentis et quelques illustrations viennent agrémenter le tout. Le livre parfait pour trôner dans les toilettes. C'est le meilleur compliment que je puisse faire à propos d'une anthologie. D'ailleurs si vous venez au 21, c'est là que vous trouverez mon exemplaire.

samedi 8 octobre 2016

À qui est ce vélo ?


À qui est ce vélo ? est loin d'être une nouveauté. Publié pour la première fois au Japon en 1982, il n'est tombé entre mes pognes que la semaine passée. Comme la couverture le laisse à présager, il s'agit d'un livre « jeunesse ». Je ne suis guère spécialiste en la matière. En béotien je me demande : à quelle jeunesse s'adresse cet ouvrage ? Je crois pouvoir affirmer qu'il ne s'adresse pas à celle qui a vomi du rosé-pamplemousse sur le perron de l'atelier un jeudi soir de septembre. Avoir dans les 2 à 4 ans me semble idéal pour savourer (comme il faudrait le faire avec cette noble boisson qu'est le rosé-pamp') cette histoire qui ravira aussi bien les gnomes en draisienne que ceux et celles qui enfourchent avec passion leur béclard.

La trame est simple. Un bambin, particulièrement fier de son vélo, chemine. Il tombe sur une bicyclette à la géométrie pour le moins étrange. L'enfant ne tarde pas à découvrir avec joie à qui appartient la bizarrerie. La page qui suit voit le proprio en question faire irruption pour se mettre au guidon (si il en a un) de l'engin.

S'en suit une succession de vélos plus ou moins loufoques adaptés à la physionomie d'un animal : tout en long pour le crocodile, doté d'un éclairage puissant pour la taupe, etc. Comme il se doit avec les marmots, la surprise et le comique de répétition charpentent l'intrigue.

La chute est d'un humanisme touchant envers ceux et celles ne peuvent pas pratiquer le vélo. Tout du moins c'est le message sous-jacent que je crois déceler.

Tracé à la ligne claire, le dessin de Takabatake Jun est minimaliste. Il est rehaussé d'à-plats de couleurs franches, c'est tout à fait adéquat pour le daltonien que je suis.

Pour terminer cette chronique, voici la quatrième de couverture de l'ouvrage, histoire de répondre en écho à la question haletante posée en couverture : À qui est ce vélo ?
À qui est ce vélo ?, Takabatake Jun, Picquier jeunesse, 12€.

Trop des dingues

Je me permets de partager cette capture d'écran que je viens de réaliser sur le site du canard local Le Courrier de l'Ouest. Il est piquant d'illustrer un article sur les radars avec la photo d'un groupe de cyclos en pleine action. Nous les cyclistes on est des dingues, tellement que les gonzes de Fast & Furious c'est trop des larves niveau vitesse de pointe. La violence routière c'est la faute au 54*13 !

mercredi 5 octobre 2016

Toi et Moi

Pourquoi s'infliger une telle souffrance ? Quelques jours avant la date fatidique, nous étions six à postuler à un 200 km initié par l'un de nous afin d'entamer dignement l'automne. Finalement, nous serons "deux sans", tous les autres ayant lâchement décliné l'invitation turlupinés par cette question fatale.

La journée a été radieuse. Les boulangeries riches en spécialités inconnues : ainsi dans le nord de l'Anjou, deux choux à la crème collés se nomment un "Divorcer", alors qu'il me semble qu'ailleurs il s'agit d'un "Inséparables". Tradition régionale bien ancrée ? Expérience matrimoniale malheureuse du boulanger ? Quoi qu'il en soit, moment délectable ! Les cafés ont également fait montre d'une belle diversité. Ma préférence va nettement vers les café-bar-tabac-dépôt-de-pain-épicerie-bureau-de-poste de campagne plutôt qu'aux terrasses de bords de Loire où il est de bon ton d'être vu. Voici une très courte sélection de photos qui immortalisent cette journée.

Je crois que ce lieu-dit remporte la palme du nom le plus sympathique. Qui plus est, le hameau suivant s'appelle "Sans souci". Une virée sous de bonnes auspices.

Pour qu'un village pavoise avec une décoration à base de bottes de paille, le passage du Tour n'est pas une nécessité absolue. Il ne manque à ce château à bas-coût que les trois petits-cochons.

Malheureusement, en ce dimanche d'automne ceux-ci avaient fort à faire pour assurer leur survie. Presque aussi haletants qu'eux, nous nous sommes bien gardés d'entraver leur retraite.

Une tour que je ne connaissais pas ! Ô joie renouvellée !

200 et quelques. Merci A. !