mercredi 15 août 2018

La bicyclette vibre

C'est pas parce qu'il est tombé au bac il y a quelques années qu'il faut dédaigner le poème qui suit. Par contre, débrouillez-vous pour trouver les corrigés et les analyses de texte, moi, en feignasse qui savoure ses derniers instants de vacances, je me laisse porter.

La bicyclette

Passant dans la rue un dimanche à six heures, soudain,
Au bout d'un corridor fermé de vitres en losange,
On voit un torrent de soleil qui roule entre des branches
Et se pulvérise à travers les feuilles d'un jardin,
Avec des éclats palpitants au milieu du pavage
Et des gouttes d'or — en suspens aux rayons d'un vélo.
C'est un grand vélo noir, de proportions parfaites,
Qui touche à peine au mur. Il a la grâce d'une bête
En éveil dans sa fixité calme : c'est un oiseau.
La rue est vide. Le jardin continue en silence
De déverser à flots ce feu vert et doré qui danse
Pieds nus, à petits pas légers sur le froid du carreau.
Parfois un chien aboie ainsi qu'aux abords d'un village.
On pense à des murs écroulés, à des bois, des étangs.
La bicyclette vibre alors, on dirait qu'elle entend.
Et voudrait-on s'en emparer, puisque rien ne l'entrave,
On devine qu'avant d'avoir effleuré le guidon
Éblouissant, on la verrait s'enlever d'un seul bond
À travers le vitrage à demi noyé qui chancelle,
Et lancer dans le feu du soir les grappes d'étincelles
Qui font à présent de ses roues deux astres en fusion.


Jacques Réda, Retour au calme , éditions Gallimard, 1989.

jeudi 9 août 2018

Miette (de F)rance


Tous les ans, le région Pays de la Loire attribue une subvention à l'association nantaise Place au Vélo pour l'organisation de la Fête du Vélo. De 2016 à 2018, son montant est passé de 12500 à 6000€*.

Un usage très chiche de l'argent public qui interpelle quand on met en regard les sommes dépensées par les villes, les départements et la région lorsqu'il s'agit d'accueillir le Tour de France. En général, une ville qui souhaite accueillir une étape doit débourser autour de 65000€ auprès d'Amaury Sport Organisation, la société propriétaire et organisatrice de la grande boucle. Quant à être ville d'arrivée d'une étape, la facture tourne autour de 110000€. A cela s'ajoute évidemment les divers aménagements de la chaussée et autres frais. Cette année les Pays de la Loire ont accueilli pas moins de quatre étapes et le conseil régional a donc lui aussi largement mis la main à la poche.

J'aime beaucoup le sport cycliste mais une telle inégalité de traitement donne le vertige. Une grosse part de gâteau pour les uns, des miettes pour les autres. Tout ça donne envie de dévaliser la boulangerie, une pratique fort répandue chez tous les cyclistes.



*Source : Courrier de l'Ouest du lundi 06 août 2018.

mardi 7 août 2018

Trêve de bavardages

Voici une livraison de photos d'une virée déjà évoquée. C'est exempt de commentaires parce que déjà bien indigeste. Un seul fil conducteur : l'ordre chronologique.

lundi 6 août 2018

Range-toi Robert

Vous me pardonnerez le jeu de mot sur la marque du véhicule ci-dessous. Je regrette que les fabricants de SUV et autres 4*4 ne me lisent pas parce que j'aimerai leur tirer les oreilles (et sans doute leur faire des trucs plus sadiques). Les bagnoles deviennent body-buildées et ça m'agace, particulièrement quand je constate que certaines ne tiennent même plus dans les emplacements dédiés. Non contentes de tout l'espace accaparé il leur faut désormais empiéter sur le trottoir.


C'est un peu comme si après une longue journée de randonnée, vous vous dirigiez vers l'aire de pique-nique et que vous trouviez à votre table cet invité là.






ps : J'ai piqué cette image je ne sais où, je n'avais pas vu qu'il était équipé de couverts...

dimanche 5 août 2018

Passage à (bas) niveau

J'ai passé une excellente journée. Comme de coutume je vous assomerai bientôt de photos. En attendant tachez d'éviter la crise d'épilepsie à cause de l'échantillon qui suit.

jeudi 2 août 2018

Roues-Livres !

Tout juste étiquetée et conditionnée, voici le retour de notre trésor liquide. La "Roues-Livres", bière de soutien à notre local du "21" (rue Maillé) est prête à disparaître dans vos gosiers.

C'est une collaboration, les membres du "21" ont été mis à contribution à toutes les étapes de la fabrication, avec la ferme-brasserie Hula Hop (anciennement Lie Bière Terre) située à Gennes. Les ami-e-s qui animent ce projet qui vise à terme à englober l'entièreté de la production (depuis la culture des matières premières jusqu'à la commercialisation) nous ont concocté une recette originale de blonde légèrement houblonnée (houblon Nugget et Cascade) à base d'orge du cru (Chênehutte) et de levures locales des vignes d'Anjou. Elle tape un chouïa (6,5°) mais s'avère très gouleyante. J'adore sa bulle ! Une bière de cop-ains/ines adaptée aussi bien aux petites qu'aux grandes occasions. Le dessin de l'étiquette a été réalisé par "Kroquette", qu'elle en soit une nouvelle fois remerciée. Comme vous le voyez il s'agit d'une réel travail collectif, une "vraie aventure humaine" comme on dit dans les émissions de télé-réalité.

Dès que la rentrée montrera le bout de son nez on vous conviera à une soirée pour vous fourguer quelques caisses et renflouer la nôtre.

lundi 30 juillet 2018

Fouilles archéoillogiques

Je vous soumets quelques photos de mes dernières errances. Pour un cycliste, le cagnard d'après midi a ceci d'appréciable qu'il vide des routes déjà désertes. Je ne compte les fois où j'ai pu entendre le cri de rapaces que je ne saurai nommer. Appuyé physiquement par un vent favorable et psychiquement par des "pauses panaché", je n'ai pas hésité à faire de multiples détours à la recherche de curiosités. Il me faut faire un choix parmi les photos glanées et je vous propose une sélection des plus notables "monuments" rencontrés. Comme vous le savez, la moindre ruine même en parpaings ou la plus maladroite tentative artistique soulève dans mes tripes une vague de passion. Alors, j'en appelle à votre indulgence quant à ma capacité à juger de ce qui est monumental.

Voici une bribe des viticinations d'un prêtre du siècle passé. Il a transformé un ancien moulin en calvaire géant. L'intérieur du fût est orné d'une fresque d'un style voisin de la bédé de science-fiction des années LSD. Les deux anges, à droite de l'image, me filent les jetons. Je ne suis pas convaincu de la bonté de leurs intentions.
L'ensemble du monument est surréaliste. Abandonné au milieu d'un champ à vaches, il se dégrade doucement mais sûrement. La dernière fois, je n'avais pu y entrer désormais, la porte est tombée et il est même possible d'accéder aux étages via une échelle métallique. Handicapé par mes chaussures de cycliste je n'ai pas tenté l'ascension.

Dans un registre païen, voici un vermisseau géant que j'appelle le simili-mille-pattes. Il tente d'attirer dans son antre les touristes de passage mais je reste insensible à son sourire enjôleur.

Est-ce qu'à l'avenir, un dévôt quelconque investira les ruines de ce moulin pour en faire un outil de propagande ?


Le Clos Cristal est à n'en pas douter un monument de la science viticole. Fin 19ème Antoine Cristal, un pionnier du vin "naturel" fait édifier des murs. Le long des côtés orientés au nord, il plante des pieds de vigne. Des trous sont aménagés dans les murs et le ceps y passe à travers. Ainsi toute la végétation est exposée au midi ce qui avance le mûrissement du raisin.

Voici le meilleur pour la fin. Cette sculpture est irréprochable à tous points de vue. J'adore l'harmonie des formes et des couleurs. Elle est posée en bord de route ce qui la charge de lourds sous-entendus. Quant à poser une voiture sur la paille, je considère qu'on touche proprement au génie. J'espère que ce qui n'est pour le moment qu'une invitation temporaire à se tolchoquer sera bientôt classée. Et si les éléments mettent en danger cet ouvrage majeur et qu'il faut lui trouver un abri, j'imagine que Le Louvre aura la décence de lui trouver une petite place. Il reste assez d'espace en haut de l'escalier près de la Victoire de Samothrace. Ah oui, les visites sont libres, gratuites mais non commentées.

dimanche 29 juillet 2018

Soprano ou ténor ?

La question qui se pose à la vue de cette vidéo concerne évidemment le diamètre du tube de l'instrument : 1 pouce, 1 pouce 1/8ème ? Soprano ou ténor ?

jeudi 26 juillet 2018

Lendemain de fête

Une photo-souvenir de mon passage éclair à Sainte-Sévère-sur-Indre, principal lieu de tournage d'un film mythique : Jour de Fête.
Evidemment, la fête est finie et tout le monde devait rudement avoir la gueule de bois, les rues étaient silencieuses et désertes.

lundi 23 juillet 2018

Traîner dans les pattes

Je me remets à peine de ma visite des ateliers de l'entreprise Gilles Berthoud. D'abord parce qu'effectuer les 1300 km aller-retour à bord d'un camion qui consomme plus d'eau que d'essence est une hérésie en soi et surtout parce que j'ai été très agréablement surpris par l'ambiance à la fois studieuse et détendue qui règne dans les ateliers situés dans l'Ain.

Berthoud est internationalement reconnue pour la qualité de ses selles en cuir ainsi que pour la durabilité de sa ligne de bagages. C'est aussi une entreprise qui propose de nombreux accessoires principalement (mais sans exclusivité) dédiés aux cyclistes pratiquant la randonnée : rétroviseur, garde-boue, etc.

L'équipe s'est renouvellée en partie ces dernières années et la partie fabrication de vélos sur-mesure a été relancée avec une belle mutualisation du savoir-faire.

Pendant qu'une partie de l'équipe s'affairait afin de partir en week-end l'esprit tranquille, j'ai eu toutes latitudes pour fouiner où bon me semblait. Je me suis glissé dans la peau d'un espion industriel qui parfois ne comprenait pas grand-chose à ce qu'il avait sous les yeux. Cela explique que votre connaissance technique ne sortira pas grandie de la lecture de ce billet surtout si je surjoue l'ingénu.

Commençons par l'atelier couture. De prime abord, j'aurai parié que cette machine servait probablement à aplatir la pâte à pizzas.

Je me suis douté que j'étais dans l'erreur, derrière moi il y avait toutes ces belles sacoches de guidon. Par contre, la couturière n'étant pas dans les parages, je ne pourrai pas vous émanciper quant à la fonction réelle de l'objet en question.

Pour ce qui est de l'équipement, ça ne rigole pas chez Berthoud. Il y en a partout.

De toutes les générations mais toujours propre et entretenu.

Cette machine sert à cintrer les lames de métal pour en faire des garde-boue. J'ai cru comprendre que l'usage était subtil sous peine d'engendrer beaucoup de déchets.

Non loin de là, un tas de cylindres d'aluminium jouent les durs.

Pas pour longtemps.

Il règne en certains recoins une ambiance de salle de torture que je ne trouve pas déplaisant. Il faudrait songer afin de diversifier l'activité à louer les locaux en l'état le week-end pour des amateurs/rices de bondage et de pratiques SM. Simple proposition à la volée.

Bon, ici c'est très clair, il s'agit d'un banc d'haltérophilie qu'utilise le personnel à la pause afin de renforcer les muscles dorsaux. Bel exemple de prévention des accidents du travail.

Hypothèse corroborées par la présence de nombreuses bouteilles d'oxygène en cas de petites défaillances respiratoires.

Plus sérieusement, les gabarits pour la préparation des cadres ne prennent pas la poussière et cela fait plaisir de voir l'entreprise renouer avec sa tradition de fabrication.

Et certains signes prouvent que les cadreurs peuvent aussi bien vous jouer de vieux standards que de nouveaux tubes. Les mesures ci-dessus correspondent aux diverses largeurs de boitiers de pédalier dont certaines sont toutes récentes.

Voici un petit exemple de savoir-faire parlant sous forme d'une potence.

Certain-e-s ont le mors aux dents, ici il est au té.

Je traîne dans les pattes.

Contre toutes apparences ce cadre n'est pas destiné au rebut. Il s'agit d'un prototype fraîchement assemblé mais je n'ai pas pu m'empêcher d'immortaliser le cocasse d'une situation fugace.

Merci à toute l'équipe, ce fut un vrai plaisir (en tant que vacancier) de vous observer à l'ouvrage ! Merci également à mon compagnon de route heureux propriétaire d'un camion potomane.

vendredi 13 juillet 2018

Pause estivale !

C'est avec un plaisir indéniable que je vous annonce les dates de fermeture estivale de l'atelier :

fermeture du 14 juillet au 15 août inclus.

Je serai de retour frais et dispo le jeudi 16 août.

Comme d'habitude le blog sera toujours alimenté.

Bonne vacances !


mercredi 11 juillet 2018

Grève des mollets, retour aux fourneaux

Je relaie l'appel à la grève lancé par des livr-eurs/euses "uberisées". Allez, cette semaine on fait la cuisine bande de feignasses !

mardi 10 juillet 2018

Fragments

Quelques fragments de l'étape du Tour qui se déroulait hier à Cholet. J'espère juste que les archéologues du futur ne tomberont pas sur les restes de la dernière photo. Notre civilisation y serait mal jugée. Un grand merci à mes envoyés spécieux dont l'un d'eux commente :

L'ennui : cet immuable souvenir lié au Tour de France. Imperturbablement, chaque année, on m'interroge à ce propos. Comment fais-tu pour regarder ces étapes de plaine sans t'ennuyer ? Imperturbable, je réponds toujours de la même manière. L'ennui est concupiscent à l'acte. Une fois la chose admise alors tout fait sens. Tout du moins j'ai essayé de m'en convaincre quand j'ai attendu de longues minutes sur le bord de la route, lundi dernier, le passage de la caravane. Car s'il est une chose encore plus improbable quand on est lié de passion au Tour de France, c'est bien d'aller à attendre des heures sous un soleil de plomb le passage furtif des coureurs. Il faut l'avouer le contentement est de courte durée. Aussi loin que je me remémore ces journées de juillet passées sur les bas-côtés de routes départementales, mes souvenirs se résument à l'éphémère souffle du peloton lancé à vive allure et à l'ennui. Comme si, sans l'ennui et l'attente, le plaisir de ce bref moment ne pouvait pas surgir.


Note : Je ne crois pas que l'adjectif "concupiscent" soit adapté au contexte mais je n'ai pas corrigé car il éclaire d'un jour ambigu mais juste les propos du narrateur.