jeudi 19 avril 2018

Le pneu anarchiste

Un ami féru d'histoire sociale m'a fait suivre cette caricature. J'imagine qu'elle date de la fin du 19ème siècle. Je n'en sais pas plus mais je la trouve bien sentie.


mardi 17 avril 2018

Mon premier 200

Je publie une contribution d'un cycliste qui vient dimanche de passer de néophyte à impétrant. Que sa carrière soit longue comme ma souffrance sur ce dernier 200.
Dimanche 15 avril 2018 j’ai bouclé mon premier 200.

Je fais partie de ceux qui se sont réveillés « unmatin avec un âge qui commence par un 3 ». Combien de fois adolescent j’ai vu mon père se lever aux aurores le dimanche pour aller faire du sport en me disant dans mon for intérieur de rebelle « JAMAIS ! ». Combien de fois adulescent je me suis moqué de mes glorieux aînés qui quittaient notre estaminet favori avant même le coucher du soleil pour aller trouver le repos avant une sortie matinale, alors que je m’apprêtais à être emporté par une de ces récurrentes fièvres du samedi soir.

Mais voilà, un jour j’ai eu 30 ans. J’ai commencé naturellement à me lever tôt le dimanche. Je voyais jalousement les copains et copines prendre du plaisir à faire du sport durant le jour du seigneur. Et je me suis dit pourquoi pas moi ?

J’ai profité d’arriver à un compte rond pour trouver une idée de cadeau collectif pour papa-maman-compagne-ami·e·s : un beau vélo pour faire du cyclisme, du vrai. J’ai jeté mon dévolu sur un Charge Plug 4, trouvé d’occasion sur les internets. UNE AFFAIRE qu’on m’a dit.

Je me mets à rouler un peu le dimanche avec le fameux « Club des petits vieux ». Et puis de but en blanc on me dit « De toute façon tu fais le 200 cette année. ». Je n’avais visiblement pas le choix. Ça doit faire partie d’un rite initiatique. J’ai dit, oui, sans trop réfléchir.
Je m’équipe comme un petit pro chez mon vélociste favori : des bons pneus pour rouler sur la route et se permettre des escapades en dehors des sentiers battus (yes man roots again!) des pédales et chaussures automatiques pour bien se péter la gueule au cédez-le-passage, une sacoche pour transporter un fructueux pique-nique, des bidons pour s’hydrater, une trousse à outil, etc. Bref, le vélo est prêt. Pour le bonhomme c’est une autre paire de manche. La date approchant je commence sérieusement à me demander si j’arriverai au bout de cette aventure. On me rassure, on me conseille, on m’encourage. Je vais finir par m’en convaincre : j’irai au bout et pis’ c’est tout.

Me voici donc dimanche 15 avril au matin arrivant au vélodrome d’Angers. Là notre petite équipe se forme. Je suis bien entouré puisque notre équipage compte dans ses rangs : le meilleur vélociste de la ville d’Angers, un multiple champion du Poitou (catégorie enfant pré-pubère, pubère, jeune mâle), un kiné, un coach sportif et un informaticien qui a intégré le parcours dans ses moindres détails directement sur sa carte mémoire interne. Un autre comparse, jeune trentenaire comme moi est également de l’aventure. Étrangement nous arborons la même veste, question de génération sans doute. Un p’tit jeune (sans aucun doute le benjamin de l’épreuve) en pignon fixe vient compléter l’équipe. Pendant le brevet un camarade inconnu venu de Naoned se trouvera bien à son aise au sein de notre meute inoffensive et pédalera une grande partie de la journée avec nous.

8h pile nous voilà donc partie avec les quelque 140 personnes inscrites à ce brevet organisé par le RCA. Malgré notre grande discrétion, nous ne passons pas inaperçu dans le peloton. Nous n’étions pas encore sorties d’Angers qu’un monsieur se porte à ma hauteur et me dit « Vous êtes l’équipe de la rue Maillé, je vous ai reconnu tout de suite ! ». C’est sûr entre nos dégaines (comme dans les manifs on aime bien pédaler tout en noir!) et nos vélos (2 en monovitesse, un autre en fixe, aucun vélo en carbone) on était un peu les « vilains petits canards » de la troupe.

Je découvre petit à petit le plaisir de rouler en peloton, même si cela demande une grande concentration. On roule, on roule, on se laisse emmener. On fait des relais derrière un tandem mixte qui nous protège drôlement bien. On les double en montée et ils nous dépassent dans la descente et sur le plat. Tout va pour le mieux.
Pointage  surprise  à 50 kms d’Angers, un collègue m’annonce « On est à 27 de moyenne ». Moi j’avais jamais fait ça, même sur des sorties plus courtes. Je suis étonné de réussir à tenir ce rythme. Mes convictions politiques n’en sont que renforcées : c’est collectivement que nous sommes les plus fort·e·s !

Une crevaison divise notre groupe. Ayant déjà fait plusieurs allers-retours depuis l’arrière je décide de suivre deux compères pour continuer à avancer tranquillement. Je me retrouve en compagnie de mon camarade trentenaire et de notre informaticien maison. Ce dernier est bien décidé à nous mener la vie dure aujourd’hui et malgré des averses qui ralentissent un peu notre progression ceux qui se sont arrêtés pour accompagner la crevaison ne nous reverrons pas avant le premier pointage officiel à La Guerche-de-Bretagne.
Ici nous prenons une première courte pause. Un sandwich avalé vite fait devant l’As des Lots du bled, le partage de sublimes gâteaux énergétiques réalisés par notre sponsor Les Casse-Croûte de Suzy (qu’elle soit ici remerciée une nouvelle fois !), et nous revoilà sur les routes.

Je dois bien avouer que certaine partie de la journée manque à mémoire, alors même que j’écris ces lignes seulement quelques heures après notre retour. Je retiendrais peut-être la présence sur les bas-côtés de chiens qui tenaient plus des poneys shetlands que des caniches à mamies. J’ai peur de beaucoup de choses, mais pas des chiens, ce qui n’est pas le cas de tous mes compères. Certains démarrent des accélérations fulgurantes à la vue des gros toutous, pourtant bien à l’abri derrière leur clôture.

Ce trou de mémoire est sans doute dû à la certaine monotonie d’une partie du parcours. Mais monotonie ne rime pas ici avec ennui. Non, bien au contraire. C’est que ça n’arrête pas de monter, et logiquement de descendre. Comme des petites montagnes russes.
À chaque virage je me demande à quelle distance se trouve la prochaine montée et tente d’analyser au pifomètre les pourcentages qui nous attendent.
Quelques kilomètres après Soudan une côte plus importante que les autres nous coupe le sifflet. Notre groupe qui avait pourtant le verbe haut depuis le départ, est muet comme une carpe. En haut ça rouspète sec, mais ça tient bon. On continue de rouler.

Et on arrive rapidement au deuxième pointage. Il était temps, mes fesses commencent à me renvoyer des sensations très étranges, entre fourmillement et douleurs. Le pointage se fait dans un bar. Le taulier à l’air un peu dépassé, d’autant que nous arrivons tous avec nos bidons à faire remplir. Une affiche 44=BZH me rappelle que la politique est partout. Même dans le bar de Grand-Auverné. Point le temps de disserter avec le tenancier et de présenter mon pedigree de basque qui lui aussi est issu d’un peuple qui souffre de l’oppression d’un État centralisateur. Non, on avale encore un bout de casse-dalle, on boit son Coca, on grignote un petit bout de gâteau énergétique et on repart. Allez il ne reste plus que 70 kms. « C’est comme si on repartait pour une de nos sorties du dimanche » me glisse mon comparse néo-trentenaire.

En termes de météo ce dernier tronçon est beaucoup, beaucoup plus agréable. Il fait même chaud et ça, ça fait plaisir ! Nous continuons à rouler à rythme soutenu et la topographie est toujours la même : ça monte un peu, ça descend un peu, ça monte, ça descend. Je tiens tant bien que mal. Çava passer, ça va passer, résonne dans ma tête. Les noms de bleds commencent à me parler un peu plus. C’est rassurant ! Je passe les dernières kilomètres en chasse-patate derrière notre informaticien qui a survolé l’épreuve et le champion poitevin. Je jette mes dernières forces dans la bataille.

Et me voilà arrivé au Vélodrome. Ça y est j’ai bouclé mon premier 200 ! Reste plus qu’à faire tamponner mon carton. Je rentre dans le préfabriqué qui jouxte la piste. Entre les sandwichs au fromage et les « odeurs d’efforts » des cyclistes déjà là, je suis à deux doigts de tomber dans les pommes. Mais non, je parviens à me faire tamponner et à attraper d’une main ferme un sandwich aux rillettes et une salutaire canette de Coca pour sortir prendre l’air. Déjà notre petit groupe est réuni.

Nous voilà assis au soleil, à manger nos sandwichs et à refaire la journée. Certains se préparent pour des distances plus longues. Pour moi la saison officielle s’arrêtera sur cette distance.
Je dois dire que même si j’étais persuadé de pouvoir terminer cette distance je ne pensais pas finir « aussi bien ». J’étais dans un bon jour comme on dit. Bon quand même les douleurs dans la partie inférieure de mon corps à l’heure où j’écris cette quelques lignes me rappellent quand même que je ne suis sans doute pas encore tout à fait prêt pour m’inscrire sur la Grande Boucle. Même pas sur le circuit Cholet-Pays de la Loire.

Tout ça pour dire que ça a été pour moi vraiment une belle expérience, une belle journée et la partager avec des copains a été la cerise sur le gâteau énergétique !

G.

P.S : Pour les staticien·ne·s on a parcouru les 200 kms en 8h environ (pauses comprises) à une vitesse moyenne de 25 km/h. (note de l’éditeur : 8h35 et 23 km/h est plus juste)

samedi 14 avril 2018

Besoin primaire

Sachant que je n'ai pas pris de vacances conséquentes depuis des mois alors que mon rythme biologique naturel se rapproche de celui d'un vieux chat décati qui avec le temps se rapproche dangereusement de la bûche qui crépite dans l'âtre, sachant que j'ai dernièrement réparé beaucoup (trop) de vélos "électriche" pesant de tout leur poids sur mes épaules et mettant aussi mes batteries presque à plat, sachant que par un curieux paradoxe plus il fait un temps dégueu, plus j'ai envie d'affronter le vent et la pluie en espérant assister en access prime time au retour de la rondelle de plastique jaune qui réchauffera ma carcasse grise, sachant que demain par un curieux atavisme je remets le couvert une nouvelle fois avec une pelletée d'amis et d'inconnu-es pour boucler une boucle de deux centaines de kilomètres à travers des campagnes parfois aussi vieille et décatie que le chat susmentionné et qu'en conséquence j'ai besoin d'un peu de temps pour organiser cette petite Bérézina annuelle, sachant enfin que faire des phrases aussi longues et alambiquées m'expose à un inévitable risque de faire plein de fautes d'orthographe et de synthaxe, je vous annonce ce que suit :

L'atelier fermera ces portes exceptionnellement ses portes à 18h, ce samedi 14 avril.

Oui, tout ça pour ça.

mercredi 11 avril 2018

Equilibre précaire

La bicyclette sert souvent de figure pour illustrer certaines analogies. Mais, à ce jour, je n'avais jamais vu un tel schéma où elle sert d'explication du système économique libéral. J'ai un peu de mal à comprendre en quoi la roue avant évoque la dette, la faute sans doute à des études littéraires. Par contre, j'ai bien conscience que le moteur et le carburant c'est le cycliste. J'éprouve cette réalité bien souvent et je sais qu'un défaillance de ce côté là peut se finir au fossé.

Merci à Y. pour cette trouvaille !

vendredi 6 avril 2018

Pompier pyromane

Chose promise, chose due, voici la suite de mes mésaventures pyrotechniques qui démarrent mal et finissent bien.

Edgard* doit avoir autour de 5 ans quand se déroulent les faits. C'est un petit garçon énergique qui aime traîner à l'atelier. Il préfère l'action à l'observation. Une de ses activités préférées consiste à percer des trous à la perceuse à colonne dans des bouts de carton. Il aime aussi utiliser le touret pour qu'on fasse des étincelles avec un bout de ferraille sorti de ma poubelle de recyclage où fabriquer une infâme bouillie composé d'un mélange approximatif de WD-40, d'huile de chaîne et de graisse.

En général mon établi et mon cerveau sont sans dessus-dessous après le passage d'Edgard.

Un jour, je lui propose une expérience amusante qui est censé participer à son édification. Je lui explique qu'on va mettre le feu à mon établi et que je vais lui montrer comment l'éteindre. Belle intention éducative, non ?

Je range mon établi et écarte tout ce qui pourrait prendre feu. Edgard est calé contre moi. J'arrose copieusement mon établi d'alcool industriel. D'un petit coup de briquet surgit une belle flamme bleue qui danse doucement devant son regard ébahi. J'avais tout prévu sauf l'imprévu. J'ai voulu laisser un souvenir impérissable dans sa cervelle de moineau j'ai mis plus de combustible que de coutume (oui, j'aime jouer avec le feu) et la flaque qui devait être circonscrite à mon plan de travail se déplace vers le bord jusqu'à chuter sur le sol de de l'atelier, d'abord au goutte à goutte, puis un peu plus rapidement en un mince filet lumineux.

Désormais, l'éducateur improvisé doit gérer deux flaques de feu. Je perds un peu de ma contenance et cherche à abréger l'expérience. Je saisis le premier chiffon venu afin d'étouffer l'affaire. Manque de bol, il s'enflamme instantanément. Maudit tissu synthétique ! Edgard se blottit un peu plus fort contre moi alors que des mots interdits aux chastes oreilles enfantines franchissent mes lèvres. Je jette le chiffon à terre et piétine le tout en une folle sarabande. Je suis clairement dépassé par les événements mais par miracle et par manque de combustible le feu s'épuise. Moi avec. En sueur, je reprends un poil d'aplomb et je tente de sauver les apparences en affirmant à Edgard un truc du genre : Tu vois, le feu c'est dangereux, il ne faut pas jouer avec, tu comprends ? Son visage est blême. Il a parfaitement reçu la leçon, même si la méthode était paradoxale.

Quelques jours plus tard, je revois Edgard. Il m'embrasse et me dit tout de go : Dis, tu me promets de plus jouer avec le feu, tu m'as fais très peur !

Je lui ai prêté serment.




*En bon journaliste le prénom a été changé.

mercredi 4 avril 2018

Belle-Beille Cycles

Je relaie l'initiative lancée par l'équipe de l'atelier d'autoréparation Cycl'outil, à savoir une après-midi de jeux et d'échanges autour de la bicyclette. A ne pas manquer !

dimanche 1 avril 2018

Confort et protection

Voici une photo prise par mes soins d'une belle initiative de la part de la vénérable marque Brooks. Il y a quelques années, l'apparition de la gamme Cambium avait donné un nouveau souffle à la marque avec son assise en mélange de coton et de caoutchouc. La maîtrise fine de ces matériaux ajoutée à l'attention portée par Brooks à tout ce qui est au dessous de la ceinture a donné naissance à la première gamme de préservatif Brooks Proofide. La sortie officielle du produit est programmée pour l'été mais les détaillant-e-s Brooks ont tous reçu des échantillons à offrir aux client-e-s. N'hésitez pas à venir à l'atelier en demander un pour découvrir l'incomparable confort douillet du coton ainsi que la protection du caoutchouc naturel biologique ! Avec Brooks vous serez protégé-e-s sous tous rapports (sauf peut-être votre portefeuille car le prix public annoncé est de 69€ l'unité) !

jeudi 29 mars 2018

Crash fesses

Je lis des bédés en ce moment. Et je vais encore partager mes lectures. Par contre, la planche qui suit est se situe à l'extrême opposé du gag de Gaston posté hier. Alors, on éloigne les âmes sensibles.




























Joan Cornellà, Zonzo, éd. Ici même.

mercredi 28 mars 2018

jeudi 22 mars 2018

Décryptage


Place au Vélo a mis à disposition sur son site l'analyse locale du Baromètre des Villes Cyclables auquel vous avez été nombreux/ses à répondre. C'est par ici !


mercredi 21 mars 2018

Tout feu, tout flamme

Lorsque je sors la meuleuse, j'ai pour habitude de fermer tous les pots de graisse. Mon espace de travail est réduit et je ne veux pas risquer une pollution avec de la limaille. Aujourd'hui, j'ai réalisé qu'il fallait aussi que je ferme un tiroir tout (trop ?) proche de mon étau. Après avoir terminé avec succès la modification d'un outil à la meuleuse, mon regard a été attiré par une petite tache lumineuse qui grandissait dans le dit tiroir. Comme le clamait un philosophe pragmatique récemment disparu : "Il suffirhâââ d'une étincelle !". En effet, une pelote de paille de fer avait commencé à s'y consumer. Une onde rougeoyante se déplaçait à la rencontre d'un ribambelle de produits affublés de logos à base de têtes de mort, flammes sur fond rouge et autres poissons agonisants. Heureusement, pris dans son âge tendre, j'ai pu éteindre cet avorton de drame personnel grâce à mes deux extincteurs pédestres de première urgence.

Ce matin je me disais que j'étais à la bourre. Là, je relativise. J'ai sauvé pas mal de temps et d'énergie.



ps : Un jour je raconterai aussi comment j'ai failli incendier l'atelier en voulant montrer à un enfant qu'il ne faut pas jouer avec le feu...

jeudi 15 mars 2018

Voix d'en bas à gauche

Je vous propose un petit entretien que j'ai réalisé avec des syndicalistes adhérent-e-s au syndicat Sud Territoriaux. Je me disais que leur point du vue qui assume la défense des salarié-e-s méritait d'être mis en avant sur une question qui relève trop souvent de la propagande à pas cher.

Il y a 15 jours environ, le maire d'Angers et le député Matthieu Orphelin squattaient la presse à propos de l'instauration de l'IKV pour les agents territoriaux de la ville et de l'agglo angevine. En tant que syndicalistes à SUD Territoriaux, vélotaffeurs pour la plupart, que pensez-vous de cette mesure ?
Emma : Avant de te répondre faisons un petit retour sur l'IKV. Elle a été instaurée par la loi sur la transition énergétique de 2015, cette indemnité vélo est prévue dans l'article L. 3261-3-1 du Code du travail. Elle ne concerne donc normalement que les salariés du privé, même si elle n'est pas interdite dans le public. D'ailleurs plusieurs collectivités l'ont mise en place depuis 2017 : La Rochelle, Orvault ou encore... le Conseil Départemental du Maine et Loire !

Sur le principe l'IKV consiste en la prise en charge par l'employeur d'une partie des frais de transport des salariés effectuant le trajet entre leur domicile et leur lieu de travail en vélo. Elle prend la forme d'indemnités dont le montant est calculé en fonction du nombre de kilomètres parcourus par le salarié. Elle est en général de 0,25€ par km et plafonnée à 200€ par an.

Notre syndicat est donc favorable à cette mesure, d'autant plus que nous avons déjà fait la demande à notre employeur, M. Béchu, en juin 2017.

Donc il s'est empressé de vous rencontrer pour en discuter avec vous ?
Errico : Alors, en fait non. En septembre 2017 nous recevions un courrier du maire nous disant que l'IKV étant facultative et concernant les employeurs privés, il ne souhaite pas l'instaurer tant que ce n'est pas obligatoire.

Mais d'où vient ce retournement inattendu ?
Louise : On ne sait pas trop, on pourrait croire qu'il s'agit d'un coup de communication politique, au moment où notre patron prend la tête de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF). Mais nous n'écoutons pas les mauvaises langues et préférons penser que nos arguments ont fini par être entendus.

Quels sont ces arguments qui ont convaincu votre patron ?
Michel : Disons que l'IKV est un sorte d'accord « win-win » : les employés qui ont compris que le vélo est le seul moyen de transport à peu près viable à long terme écologiquement, bon pour la santé et plus rapide que la bagnole en ville, se verront octroyer une petite obole sur leurs maigres bulletins de salaires, ce qui n'est pas du luxe par les temps qui courent. L'employeur y gagne aussi : les agents sont en moyenne moins absents pour maladie, on peut supprimer des places de parking dans les services de la Ville (une place de parking coute entre 300€ par an pour une place le long d'un trottoir à plus de 2000€ par an pour une place en parking souterrain). Sans compter le bénéfice en terme d'image dont sont si friands les élu(e)s. Nous pouvons rajouter que l'IKV fait en général doubler le nombre de salariés qui utilisent le vélo pour venir travailler.

Tout va bien dans le meilleur des mondes alors ?
Adhémar : Il est un peu tôt pour le dire, les syndicats ont rendez-vous avec la mairie pour discuter de tout ça le 23 mars prochain. Nous sommes déçus cependant d'avoir lu que M. Béchu compte plafonner l'IKV à 150€ par an... Nous estimons que ce plafond n'aura pas un effet incitatif assez fort et craignons que des esprits chagrins fassent un parallèle malvenu entre cette IKV en demi-teinte et l'indemnité de M. Béchu à la tête de l'AFITF qui, elle, est plafonnée à 42.000€ par an. Mais ne compte pas sur nous pour alimenter ce type de polémique stérile !

Au-delà de l'argument salarial que je comprends tout à fait, vous avancez un argument écologique. N'est-ce pas outrepasser le rôle d'un syndicat ?
May : C'est une question très pertinente : en effet certains syndicats se cantonnent aux questions directement liées à leur secteur d'activité professionnel, à leur corporation. Nous estimons pour notre part qu'un syndicat peut légitimement intervenir dans tous les champs politiques et être porteur d'un projet de société alternatif. De plus il faut savoir que l'écologie fait partie des préoccupations du syndicalisme depuis son origine, bien avant les années 70 donc. Emile Pouget et les syndicalistes du début du XXe siècle mettaient déjà en cause le « sabotage » capitaliste, la dégradation de la santé des hommes et le saccage de la faune et de la flore. Mais il vrai que ceci a été un peu escamoté par le tournant productiviste de la CGT des trente glorieuses, enfin bref, voilà.
Nous avons par ailleurs des contacts avec d'autres syndicats, SUD ou CGT, chez d'autres employeurs, publics comme privés, qui suivent de très près ce qui se passe à Angers pour pouvoir porter aussi cette revendication.

Merci !

samedi 10 mars 2018

vendredi 9 mars 2018

Se raccrocher aux branches



La région de Santarém, sur le cours inférieur de l'Amazone, se démarque de la tonalité générale. A l'ouest de la ville, le Tapajόs venu du sud déverse ses eaux dans le fleuve Amazone, créant une baie intérieure de 20 kilomètres de large et 150 de long en période de fortes eaux. Les crues sont assez violentes pour recouvrir les îles les plus basses de 50 centimètres d'eau, d'où les arbres émergent comme des miraculés. Les pêcheurs des villages alentour transportent leur bicyclettes dans de petites embarcations, et les suspendent aux branches pendant qu'ils travaillent.

Charles C. Mann, 1491, Nouvelles révélations sur les Amériques avant Christophe Colomb, traduit de l'américain par Marina Boraso, Albin Michel, p. 334, 2007.

Cela vous semblera peut-être tiré par les cheveux d'extraire le seul passage qui traite du vélo en quelques 450 pages mais 1491 est un livre que je recommande vivement et, je me raccroche moi aussi aux branches pour vous inviter à le lire. Il synthétise très bien les dernières recherches sur les peuples et cultures précolombiens. Pour un historien de formation c'est parfois, à force de didactisme, un peu approximatif mais la somme est passionnante et donne envie de creuser certaines questions.

ps : Une autre version du même thème ici.

mardi 6 mars 2018

Entre Sienne et terre


Cycling Tips propose un superbe reportage photo sur la dernière édition des Strade Bianche, où quand la Toscane se déguise en Flandres !

lundi 5 mars 2018

Encore et encore

Comme Mr. Fourmi qui m'a fait parvenir les deux spécimen ci-dessous, n'hésitez pas à contribuer au recensement des diverses catégories de cyclistes. Surtout si comme lui vous y mettez littéralement un peu du vôtre.

Et ça continue encore et encore !


Axelle dite LA plaque
Son vélo : un cadre alu qui a perdu une grande partie de ses atouts au rythme effréné de ses 20 000 kilomètres/an. L'entretien de sa monture est erratique. Le faire ne serait qu'un précieux temps perdu à ne pas borner. Comprendre que la mécanique importe peu à côté de son investissement à parfaire son foncier. Un goutte d'huile sur la chaîne le lendemain d'une sortie de 150 kilomètres sous des trombes d'eau satisfera à la remettre en route pour une courte récupération de 80 kilomètres. Son ascèse physique est son seul objectif. Même sa tenue a peu d'importance. Son cuissard a la peau de chamois élimée car elle se fait un point d'honneur à ne jamais lever son cul de la selle. Comprendre que le cyclisme est pour elle une épreuve de force. Son braquet : 54x13. Certains la moquent en la conduisant à convertir son vélo en monovitesse tant elle fait preuve de jusqu'au-boutisme à ne pas vouloir user de (pour ne pas dire économiser) ses câbles de dérailleurs. Cette cycliste tête-dans-le-guidon aura toutefois toujours un geste pour ses comparses : les doigts levés (sa paume ne quitte pas le creux de son cintre) en guise de salut. Un salut parfois accompagné d'un sourire narquois quand elle fait la nique au patriarcat vélocipédique.

Phrase type : c'est une cycliste de peu de mots !


Bernard Blaireau
Lui a la suffisance de ne jamais rendre un salut (surtout quand Axelle le met dans le vent). Il est de la haute. Comme si sa victoire passée sur les routes de Nantes-Segré pouvait le soustraire à toute amabilité. Et pourtant ! Il a perdu de sa superbe. Il persiste malgré tout à enfiler son paletot d'ex-champion régional. Hélas sa bedaine naissante n'échappe à personne. Ces quelques kilos supplémentaires ne lui permettent plus de grimper aussi vite. Désormais perdu dans les limbes du classement de King-of-the-Mountain de la côte des Forges sur Strava, il se fait un point d'honneur à rester maître du segment dit du pont-de-chemin-de-fer. Pour cette performance, il dilapide ostensiblement ses primes de courses passées : des roues carbones et une visserie entièrement en titane. Son vélo est un succédané taïwanais d'une prestigieuse marque italienne : le mauvais goût de la Riviera a sa préférence, irrespectueux qu'il est de l'industrie transalpine.

Phrase type : Je crois que j'ai mon patin qui touche ! (ndlr. sa jante)

vendredi 2 mars 2018

Farniente

Oui, demain je ne fais rien ! L'atelier sera fermé ce samedi 3 mars. Tout rentre dans l'ordre mardi matin ! Merci.

mercredi 28 février 2018

A vot' bon coeur

Le club de BMX de Cholet s'est fait voler une quinzaine de vélos et son activité est donc à l'arrêt. Vous pouvez leur donner une petite poussette en participant à leur cagnotte en ligne : par ici la monnaie !

mardi 27 février 2018

Ne pas confondre vintage et vieille tache !



A la demande générale, je continue ma petite typologie des types de cyclistes. Je tiens à rappeler le vieil adage :  "Qui aime bien châtie bien." J'ajouterai même qu'en chaque cycliste dépeint je reconnais un peu de ma personne, à un moment où l'autre de ma petite histoire avec la grande reine (une inversion des adjectifs me semblerait prétentieuse). J'espère avoir des accents de sincérité.

Le vintage (canal hystérique)
Il s'agit en général d'un homme d'âge mûr. Suffisamment à l'aise pour acquérir et restaurer les vélos des idoles de son enfance mais pas assez fortuné pour se permettre de collectionner des bagnoles. Il cherche à parfaitement remettre d'origine des modèles de marques prestigieuses. Il connaît les arcanes des numéros de série des pièces Campagnolo et peut ainsi s'approcher au plus près du « period correct » qui sera le gage de son bon goût. Évidemment si des compromis s'imposent un ulcère d'estomac peut se déclencher pour un dérailleur postérieur de trois mois à la date de parution du catalogue du Bianchi qu'il retape. Inéluctablement, sa folie le conduira un jour à jeter son dévolu sur un vélo ayant appartenu à un coureur professionnel. Et ses nuits seront blanches tant qu'il n'aura pas pour pyjama le maillot d'époque de l'équipe. Évidemment, il ne jure que par l'Italie et ne manquerait pour rien au monde une édition de L'Eroica. Pour la photo, il y arbore un sourire de circonstances mais vit un enfer intérieur. Arpenter la poussière des chemins blancs toscans va inévitablement abîmer la prunelle de ses yeux. En clair, il vénère le passé mais ne supporte pas le temps qui passe. C'est valable pour sa bicyclette tout autant que pour sa personne.

Phrase type : C'était mieux avant ! Sous-entendu avant le milieu des années 80 et l'arrivée des vitesses indexées des pédales automatiques.

Le vintage (canal vélo sorti du canal)
C'est l'héritier-e abâtardi-e du précédent. De confidentielle, la passion du vintage est passée au rang de mode. Le moindre objet vieillot retrouve un lustre insoupçonné. Le formica paraît prestigieux de même que le vélo en tube de chauffage. Les grandes marques françaises ont sa préférence. Elles lui rappellent les vélos de sa tendre enfance sur lesquels il a appris à pédaler. C'est un cauchemar pour les mécanicien-ne-s car son jugement transforme le moindre demi-course extrait d'une benne en vélo d'artisan. Il est alors délicat de lui expliquer que l'acier de la dite benne est de meilleure qualité que le cadre de son épave. Si c'est un homme il faut aussi déployer tout son tact pour le convaincre que cette vieille selle en cuir toute avachie qu'il aime tant met sa prostate en grand danger. Plus jeune et moins installé-e que son collègue du canal hystérique il/elle n'a pas les moyens de partir en Italie. Vous le/la croiserez donc aux alentours de Saumur lors de l'Anjou Vélo Vintage. Pour l'occasion, il/elle aura équipé son vélo d'un porte-paquet lesté d'une ancienne caisse de vin en bois, dont le poids n'a rien à envier à une barrique en chêne. Quelques kilomètres suffiront à lui faire amèrement regretter ce choix. Cette souffrance n'est rien comparée au spectacle de son accoutrement vestimentaire qui, par ignorance, évoque plutôt le "bon vieux temps" des années 40 et des restrictions que celui des congés payés en tandem.

Phrase type : C'était mieux avant ! Sous-entendu avant la libération.

samedi 24 février 2018

Raconte-moi !


Le vélo raconte-moi ! c'est un outil mis en place sur le quartier des Deux-Croix pour récolter des contes, des berceuses et autres comptines d'enfance d'ici et d'ailleurs. Grâce à un micro il récolte toutes ces histoires et une mystérieuse boîte cadenassée s'ouvre dès qu'un nombre défini est atteint. Vous le trouverez à la sortie des écoles du quartier ! Plus d'infos auprès du centre Marcelle Menet.

mardi 20 février 2018

Collection sadique


Cela fait un moment que j'aimerai proposer une typologie des différentes groupes de cyclistes. Tel un entomologiste vieille école légèrement sadique cet exercice me permettrait d'épingler mes congénères sous prétexte de faire avancer la science. Hélas, la tache est ardue et ma liste de types de cyclistes donne le tournis tant les pratiques sont nombreuses et les sous-groupes foisonnants. L'ampleur du labeur à fournir est décourageante. J'aimerai tant offrir à l'humanité une œuvre majeure qui fasse une fois pour toute le tour de la question ! Mais mon naturel indolent reprend vite le dessus et mon projet de grande fresque prend la poussière. Aujourd'hui j'essaie de ranimer la flemme flamme en me disant que certaines des plus grandes œuvres littéraires sont nées sous forme de feuilletons. C'est pourquoi je soumets à la justesse de votre jugement la maigre entame de cette typologie en espérant la compléter avec le temps.

J'attire enfin votre attention sur le fait que mon travail, bien que drapé des oripeaux de la science, n'est pas totalement dénué de mauvaise foi et de cynisme.

Gilles est jaune :
C'est le plus facile à débusquer dans son environnement urbain naturel. Il ne se dépare jamais de son gilet jaune. Il le porte tant et plus que souvent il ne se rend même plus compte de l'incongruité de sa mise en certaines occasions. Pour une sépulture, il sera vêtu de son costume le plus strict mais il ne lui viendra pas à l'esprit de se défaire de son attribut coloré. Le gilet jaune c'est l'emblème de son militantisme, car il faut bien reconnaître qu'il est souvent investi dans une association d'usagers de la bicyclette. Il est tellement militant qu'il saoûle parfois les autres cyclistes avec son côté père-la-morale surtout quand il est question de sécurité. Certain-e-s mauvaises langues disent que c'est un flippé de la vie qui camoufle son anxiété en se rendant le plus visible possible. Une sorte de faisan des villes. Cette théorie ne manque pas de justesse lorsque sous sa forme pathologique, Gilles n'envisage pas de déplacement sans accompagner son gilet jaune, d'un casque, d'un écarteur de danger et une d'une trompe à air comprimé. Histoire de garder une forme d'individualité Gilles se démarquera de ses congénères par le flocage de son uniforme: association d'usagers du vélo, soutien à Notre-Dame-des-Landes, invitation à le dépasser en respectant une distance de sécurité (attention sans jeu de mots tenez-vous à distance de ce type de personnage), dessin issu du travail des CP de l'école du petit dernier.

Expression type : Commence en général ces phrases par On ne vous voit pas bien

Le cousin-germain :
Pour lui, le coeur du monde cycliste bat outre-Rhin. Il ne jure que par la robustesse et la praticité. En conséquence son vélo est allemand, son éclairage est allemand, sa bagagerie est allemande, ses pneus sont allemands, ses vêtements sont allemands. Il est clairement fort bien équipé, même si pour cela il a hypothéqué sa maison. Ainsi, sa descendance jouira (ou subira tout est question de point de vue) ses achats jusqu'à la fin des temps. Ses détracteurs (qui comptent une bonne partie de sa descendance) lui renvoient souvent à la face son côté un poil rigoriste et le peu de place laissé à l'improvisation dans sa pratique. Effectivement, s'il consentira volontiers à passer ses vacances à l'Eurobike de Frederischafen il sera plus réticent à l'idée d'une bonne teuf techno sous acide dans un vieil hangar humide du Templehof.

Expression type : Il n'y a pas de mauvais temps, il n'y a que du mauvais équipement.

Idéfix :
C'est le chevalier de l'asphalte, sur son pignon fixe il parcourt la ville (il ne sait pas qu'au delà du périphérique il y a tout un monde) le plus vite possible en laissant une trace fluo derrière lui. Sa passion du skid (dérapage stylé) lui coûte tellement cher qu'il doit travailler le soir à livrer des pizzas et des sushis tard dans la nuit avec le maigre espoir de gagner assez afin de s'acheter un nouveau pneu qui tiendra jusqu'au shift (service stylé) suivant. Néanmoins, au grand soulagement de ses parents sa passion pour le pignon fixe a fait décoller son niveau en anglais qui était jusque-là médiocre. Désormais son fixed-gear brakeless, lui permet d'enchaîner les shifts afin de se procurer un paquet de pièces New-Old-Stock, New-In-Box pour son futur daily full Campa. Vous n'avez rien compris ? Lui non plus.

Expression type : Trop stylé !

mercredi 14 février 2018

Livrée

Je vais bientôt pouvoir reprendre les virées en monovitesse ! J'ai tellement hâte.

samedi 10 février 2018

Les doigts hors du nez

Je vous rappelle que le vendredi 23 février, se tiendra à l'atelier une rencontre avec l'entreprise de vélos artisanale CYFAC. Histoire d'agrémenter la soirée il y aura une petite suprise qui se nomme "Unchained Fingers". Il s'agit d'une course cycliste à quatre doigts. Je ne vous en dis pas plus !
Présence indispensable donc !


mercredi 7 février 2018

Centenaire

Un ami a exhumé cette vidéo qui traite de l'édition du centenaire de Paris-Brest-Paris en 1991. Certaines têtes ne seront pas étrangères à celles et ceux qui s'alignent sur les brevets à Angers, notamment la femme la plus rapide de l'épreuve qui est toujours très présente. Vous pouvez sauter le discours de Jacques, il n'ajoute aucun suspense.

lundi 5 février 2018

Nuit et jour

La sortie vélo d'hier s'est effectuée dans la bonne humeur mais le vent et le froid ont creusé les visages et les estomacs. Certains ont fini sur les rotules.

Ceci explique sans doute pourquoi j'ai dormi comme un bébé. Mais dans mon sommeil ouaté j'ai continué de pédaler. La grâce m'a touché. Je surclassais tous mes adversaires. C'est assez improbable pour être relaté.

J'en ai fait part à l'un de mes compagnons de route qui pragmatique s'est contenté de répondre :
-Dans tes rêves !

Retour à la réalité.

samedi 3 février 2018

Génèse du Genesis

Voici quelques photos du dernier montage en date de l'atelier. Un vélo pour boucler les brevets et taper quelques pancartes le dimanche matin. La demande concernait un vélo réactif et relativement léger sans pour autant négliger le confort et sans faire l'impasse sur un équipement adapté pour la longue distance : éclairage puissant et autonome, appuis confortables, possibilité d'accueillir des garde-boue. Au final, je ne cache pas ma satisfaction, le vélo monté sur la base d'un kit cadre/fourche Genesis Equilibrium affiche 10,2 kg avec les pédales. Quand on sait que la selle à elle seule pèse dans les 600 g, il aurait été facile de descendre plus bas (en mettant de côté les basses considérations financières) mais c'est une quête qui serait allée contre le "fondement" du cahier des charges. Il reste quelques détails à peaufiner, notamment l'intégration du câble de la dynamo qui me chiffonne mais l'essentiel est au point. Mon plaisir a été grandement facilité par la grande liberté de choix qui m'a été offerte dans le choix des pièces. J'avais quelques grandes lignes et un budget à respecter mais pour le reste j'ai mené l'affaire selon mon bon vouloir. Voici le genre de cadre de travail qui me sied parfaitement. Merci !

Place aux photos !

J'ai gravement la flemme de vous dresser la liste des pièces, collez votre nez à l'écran et débrouillez-vous !

samedi 27 janvier 2018

Gratiné

 
Il y a des proximités phonétiques qui invitent au faux-pas. Un ami me l'a démontré avec brio cette semaine. Alors que je venais de lui présenter un porte-bidon de l'honorable entreprise Zéfal, celui-ci marque un temps d'arrêt et fronce les sourcils :

-Zéfal, c'est eux aussi qui font les poêles ?
-Je crois qui tu confonds avec Téfal.
-Ha oui, excuses-moi mais comme je fais pas souvent la cuisine...

La justification prouve si besoin en était que le gratin du cyclisme n'est pas toujours capable d'en faire un.

jeudi 25 janvier 2018

Destock anti-âge

Je me sépare d'un lot de pneus, je préfère qu'ils prennent la boue sur les routes et chemins que la poussière à l'atelier.

Il s'agit très majoritairement des pneus en 700C. D'abord un lot assez conséquent de Continental Ultra-Sport en 700*25, à flancs bleus. Leur prix public était censé tourner autour de 25€, je les vends 10€ l'unité.

J'ai aussi quelques paires de ChallengeChicane et Gravel Grinder que je vends 15€ l'unité alors qu'ils valent plutôt autour de 34€.

Même chose pour des Hutchinson Intensive2 en 700*25 : 15€ le pneu de route au lieu de 34€.

Enfin, il y a des orphelins : Schwalbe 1 en 650*23C (10€), Michelin tubeless Race'r 26*2,00 (15€ au lieu de 40€), etc.

Les plus avisé-e-s auront remarqué des intrus sur ma photo. Les After Eights sont gratuits, il suffit de demander.

samedi 20 janvier 2018

Perdu ! Retrouvé !

Edit ! IL est de retour, un peu abimé mais IL est à sa place ! Merci à mon cher voisin !



C'est pas ma semaine. Comme un con hier en quittant l'atelier j'ai oublié de rentrer le tall-bike. Forcément ce matin il n'était plas appuyé au mur. Je tiens beaucoup à ce vélo, c'est mon enseigne et ce sont de bons souvenirs aussi. Merci de me le ramener !

vendredi 19 janvier 2018

Place !

Je vous invite à lire un excellent extrait d'Octave Mirbeau où il décrit sa psychologie de conducteur. Je me demande pourquoi la science ne s'est pas plus penchée sur cette forme de schyzophrénie technologique.

jeudi 18 janvier 2018

Le cyclisme est un sport de contact


La situation est devenue intolérable quand je me suis retrouvé le dos sur le capot d'une voiture avec son conducteur qui tentait de m'étrangler. Me faire insulter et menacer parce que j'ai tapé du plat de la main sur la vitre de la voiture de ce guignol qui me doublait, en forçant le passage et au risque de m'envoyer à l'hôpital, restait un terrain connu pour le cycliste urbain que je suis. Mais les menaces doivent rester en l'air et au moment où elles empêchent celui-ci de pénétrer dans mes poumons ce monsieur a franchi une ligne rouge. J'ai repris le contrôle de la situation et l'ai reconduis derrière son volant. Le reste n'est que péripéties.

Le travail paie rarement à la hauteur de la peine consacrée. Cette règle ne s'est pas vérifiée en cette récente occasion. Ces nombreuses années passées à répéter, plusieurs fois par semaine, parfois avec un peu de lassitude, des enchaînements tels que : « direct-uppercut-crochet » ou « doublé du bras avant-bras arrière-retrait-uppercut du bras arrière », m'ont sauvé la mise. Pas par leur mise en pratique mais au contraire parce que je ne me suis pas vu en danger imminent et que je ne me suis pas senti acculé à frapper un mythomane écraseur. Prendre des coups et en donner procure un savoir-faire sensible incorporé au sens littéral du terme. Il se forme une connaissance rassurante dont les conséquences sont intimement éprouvées, ce qui modère la tentation d'y recourir.

Alors, c'est une banalité, mais j'invite les cyclistes même les plus pacifiques (ce que je crois être) à pratiquer un sport de contact/combat. Vous n'allez pas seulement acquérir un lot de techniques plus ou moins efficaces, vous allez surtout vous forger une éthique personnelle de la violence loin de tous les poncifs éculés sur le sport. Même si vous ne pratiquez que quelques séances dans votre vie c'est un bagage aussi important qu'un éclairage correct où des pneus en bon état. Rien n'est jamais totalement garanti mais, toujours avec vous cet équipement qui n'est pas accessoire, vous aidera peut-être à sortir d'un mauvais pas ou à limiter la casse. En tous cas, si j'ai indubitablement été agressé c'est grâce à ce temps passé dans une salle bruyante qui sent la sueur que je ne suis pas devenu victime.

mardi 16 janvier 2018

Rencontre sur-mesure

En novembre de cette année, cela fera 10 ans que l'entreprise de vélos artisanaux sur mesure Cyfac aura retrouvé son autonomie après un passage au sein d'un groupe.

Cyfac c'est un acteur historique de la compétition cycliste, c'est aussi la marque apposée sur nombre de vélo de cyclo-te-s au long cours qui s'alignent sur des épreuves comme Paris-Brest, c'est aussi une des rares entreprises à ne pas négliger des pratiques trop confidentielles comme le cyclisme paralympique.

Pour fêter ça, Cyfac organise une tournée d'une dizaine de rencontres en France. La Tête dans le Guidon les accueillera le vendredi 23 février à 19h au 21, rue Maillé.

Ce sera l'occasion de boire un verre ensemble, de grignoter un morceau, de découvrir l'histoire de l'entreprise, d'échanger sur la conception et la fabrication d'un vélo artisanal, d'écouter les innombrables anecdotes qui émaillent la vie de l'entreprise.

Inutile de préciser qu'il n'est pas nécessaire d'être le/la propriétaire d'un Cyfac pour venir à la soirée ! Alors réservez votre soirée !

samedi 13 janvier 2018

Film de bulles

Une nouvelle superproduction improductive à mettre au crédit de l'atelier. Accrochez-vous ! Je pense qu'on va gagner au festival Premiers Plans !



D'après un scénario original de X.
Production : La Tête dans le Guidon
Mise en scène : X.
Réalisation : A.
Assistant de réalisation : A2.
Cascade : N.

La production remercie la Ville d'Angers pour la mise à disposition gracieuse des décors.

mardi 9 janvier 2018

Grosses résolutions, petites révolutions


Pour ce qui de l'histoire avec une grande hache je ne sais pas, mais quant à nos misérables destins humains la même histoire s'est jouée des milliers de fois.

Dans sa version contemporaine, après une décennie d'excès en tous genres, vous vous réveillez un matin avec un âge qui commence par un 3. Pas de doute le printemps de la vie s'est achevé. L'été qui commence est si aride que votre corps naguère si souple renâcle à toute action autre que la chute dans un canapé.

Alors, comme l'année débute, il est temps de mettre en pratique les bonnes résolutions. L'idée de faire du vélo avec le groupe d'ami-e-s qui, il y a peu, était taxé de "Club des petits vieux" s'immisce en vous à tel point que vous demandez à l'un des membres émérites de vous prêter un vélo "pour voir". Un autre affilié aguerri vous accompagnera afin de parer à toute éventualité. Vous êtes entre de bonnes mains.

Certains ont même déjà acquis une belle machine et se lancent dans le grand bain entre deux averses avec un autre ambassadeur du Club.

Bienvenue au Club. Malgré la fatigue et les courbatures vous savez déjà que vous reviendrez. Notre drogue est d'une puissance inégalable et à un prix imbattable puisque c'est vous qui la produisez. 

jeudi 4 janvier 2018

Tic sans tact



J'ai volontairement modifié et/ou tus certains éléments dans l'histoire suivante afin de préserver l'anonymat de certains protagonistes. Néanmoins pour ce qui concerne les faits et propos rapportés tout est rigoureusement exact.

Il y a quelques jours, la nuit tombe alors que je pédale aux abords du centre-ville. Au loin, sur la piste cyclable séparée de la circulation, je distingue deux silhouettes qui paraissent à genoux. Je ralentis. En m'approchant je vois une femme assise à terre l'air hagard. Une autre personne lui porte assistance. A la vue d'un vélo qui traîne dans les parages, je comprends qu'une chute vient de se produire. La cycliste est consciente mais groggy. Celui qui l'assiste m'explique avoir assisté à la chute : la tête a heurté un des potelets qui bordent la piste. J'entame alors la discussion histoire d'avoir une idée de la conduite à tenir. Très vite certains propos et le flottement dans les réponses me font envisager un traumatisme. Par exemple, l'accidentée ne se souvient pas de son âge. J'appelle donc les pompiers qui dépêchent un véhicule.

En les attendant nous essayons de rassurer la cycliste qui patiente sur la chaussée humide. Je glisse quelques blagues et lui explique qu'il y a longtemps j'ai moi aussi fait une lourde chute à vélo. J'étais presque tombé dans les pommes et personne ne m'avait secouru. Ma théorie étant que les passant-e-s me prenaient pour un pochtron cuvant paisiblement son mauvais vin affalé sur le trottoir. Quelques minutes passent, mon stock d'humour s'épuise et un fourgon rouge arrive précédé ou suivi, je ne sais plus trop, par une voiture de la police. Les pompiers prennent les opérations en mains. L'un d'eux questionne la victime, un autre récolte des informations auprès du témoin et de moi-même. Une civière et une minerve sont approchés. La victime nécessite clairement une prise en charge médicale.

Je commence à me sentir de trop et que de la position d'aidant je vais passer à celle de boulet. Je glisse un dernier encouragement à la malheureuse et salue les pompiers. Alors que j'enfourche mon vélo, un des policier-e-s qui se tenaient jusqu'à présent en retrait s'approche, se glisse entre deux pompiers et d'un ton franc et direct interroge :
-Madame, avez-vous pris des stupéfiants ?

Mi-amusé, mi-agacé un-e de ses collègues qui attend les bras croisés ne peut réprimer :
-Rhaaa, il est lourd avec ça !

Il semble en effet "stupéfiant" de demander à une personne blessée qui peine à se souvenir de son nom et qui n'a aucune idée de ce qu'elle a bien pu faire ces 24 dernières heures, si elle "en" a pris. Une intervention policière peu à propos mais, je ne me permettrais en aucune circonstance de dire à un agent de police qu'il est lourd. Je constate que d'autres ne partagent pas mes scrupules.

Je souhaite à la victime de se remettre promptement de sa chute. Si elle me lit un jour où l'autre, je serai heureux de lui offrir une petite révision de son vélo pour fêter son retour en selle !

lundi 1 janvier 2018

2018

Une photo vaut mieux que de longs discours. Pour l'année à venir je ne change pas l'ordre de mes priorités.

vendredi 29 décembre 2017

Car(é)nage évité

Je suis parfois du genre à me créer des problèmes là où il n'y en pas. Heureusement, la mécanique m'aide à relativiser. Certains problèmes ne sont imposants qu'en apparence et la méthode de déduction habituelle tout à fait adéquate pour les résoudre. Le triporteur et son pilote ont vite repris la route, c'est ce qui s'appelle débarrasser le plancher.

samedi 23 décembre 2017

Praline mais pas cucul

C'est vrai qu'elle attire l'oeil cette petite boite. Elle a beau être en carton elle dégage un petit côté classieux avec sa couleur argentée. Posée sur le bar elle n'a donc pas échappé au regard acéré d'un être cher en quête de friandises potentiellement offertes par un-e client-e.

La voilà qui me questionne :
-Dis, c'est quel genre de chocolats dans cette boîte ? Je peux goûter ?

Il s'avère que quelques heures avant dans cette boîte, il y avait ça :

C'est à dire un moyeu Shimano XTR, du haut de gamme pour le vtt. Livré le matin même je venais de finir de rayonner une roue. Plutôt indigeste. A la fois, pour les fêtes, Shimano pourrait joindre à leurs moyeux quelques pralines. J'ose donc une suggestion de présentation qui réconciliera les gourmand-e-s et les sporti-fs/ves :
Bonnes vacances !

jeudi 21 décembre 2017

Plop !


Cette photo était destinée à mon compte Instagram mais depuis 10 jours impossible d'y poster la moindre photo. Toujours est-il que dernièrement les montage de vélos et de roues s'enchaînent pour mon plus grand plaisir. Enfin, l'évidence du moment est que les pneus tubeless (c'est à dire sans chambre à air) gagnent du terrain en particulier pour un usage routier. Cela aussi participe de ma joie au travail, j'adore le "plop" caractéristique du pneu qui épouse la jante. Désolé pour cette poésie cryptique de l'onomatopée mais je ne vois pas d'autre image ! Dernière précision d'importance qui m'autorise la redondance : je suis désormais distributeur des moyeux dynamos Shutter Precision dont les produits sont d'une bien meilleure qualité que leur site internet !

mercredi 20 décembre 2017

Vacances !

Attention, l'atelier fermera ses portes samedi 23 décembre à 19h et réouvrira mercredi 03 janvier à 11h !

lundi 18 décembre 2017

Cadeau avant l'heure

Le Père Noël peut bien s'étouffer, du noir de fumée plein les bronches, et claquer au pied du sapin, parce que ce genre de messages valent tous les cadeaux du monde :
Merci.

vendredi 15 décembre 2017

Amour = frigo

3 mars 2002. Rémy Blanchard dompte les pavés du Nord et passe la ligne premier sur Paris-Roubaix. Confettis de cendres. Il touche un paquet et Jacquot lui suggère de passer voir maman. Quand Rémy descend de la Lexus de location, il se tourne, royal, vers le conducteur du camion et commande : "Descendez l'objet." Sa mère va vers ses 68 ans mais elle en fait dix de plus. Il n'en peut plus Rémy. Il s'écarte devant le livreur et fait comme ça :
-Regarde, maman, regarde ce que j'ai rapporté avec moi. Sous les yeux fatigués de la vieille femme en tablier noir, le loufiat déballe le réfrigérateur, un Stanley Millénium, le top niveau. La mère tombe dans les bras du fils et demande comment il a fait pour lui payer ça.
-J'ai niqué les Belges dans le Paris-Roubaix, maman. J'ai cru mourir mais tu sais j'ai pensé à toi, à tout l'amour que tu m'as donné.

Extrait de la nouvelle Rue-toi Rémy de Marc Villard.

Zigzag est un recueil de nouvelles de Marc Villard et Jean-Bernard Pouy. Chaque auteur a soumis à l'autre une liste de ses lubies littéraires personnelles. A charge pour le second de s'adapter et de broder une nouvelle là-dessus. Evidemment entre le rock et les vaches, J.-B. Pouy avait glissé sa passion pour le cyclisme.

Parmi un petit arrivage de nouveautés, un exemplaire aux éditions Rivages Noirs est dispo à Les Nuits Bleues (attention à ne pas inverser les couleurs).

mardi 12 décembre 2017

Shichinin no samurai

L'esprit de Noël convoque habituellement une imagerie nordique : rennes, sapins, neige et compagnie. C'est fort sympathique mais à force de répétition légèrement soporifique.

Pour contrer cette monotonie saisonnière et profiter de l'arrivée des vacances, La Tête dans le Guidon propose de mater un monument du cinéma réellement dépaysant :

Les sept samouraïs de Akira Kurosawa

En 1652, au Japon, des paysans sont confrontés à une bande de brigands qui les volent et les maltraitent. La communauté décide de faire appel à des samouraïs...



Alors, rendez-vous à l'atelier samedi 23 décembre, à 19h, c'est à prix-libre !

vendredi 8 décembre 2017

Prendre la porte (suite)

Suite à mes dernières mésaventures, un ami m'a fait découvrir la "méthode néerlandaise" pour sortir de son véhicule. J'approuve je préfère rencontrer ce genre d'automobilistes plutôt que la porte des autres jean-foutre.


mercredi 6 décembre 2017

Prendre la porte

Comme tout cycliste urbain, j'ai régulièrement maille à partir avec les automobilistes. Angers est actuellement une ville largement entravée en travaux ce qui ne facilite pas la cohabitation. Alors j'évite autant que possible les grands axes. Le hic c'est que les automobilistes font de même...

Si j'écris aujourd'hui c'est pour me retenir devant l'écran de l'ordinateur de l'atelier plutôt que de prendre ma clé à molette et d'aller péter le pare-brise d'une voiture garée non loin de là. Il y a quelques minutes, en plein descente, un porte de bagnole s'ouvrait brusquement devant moi. J'ai effectué une belle embardée suivi d'un dérapage et d'un demi-tour pour aller bavarder avec l'homme qui sortait nonchalement de l'habitacle. Il s'agissait suimplement de rappeler qu'un petit coup d'oeil dans le rétro m'aurait évité une manoeuvre périlleuse.

Pour toute explication j'ai recueilli :
-Bah, je vous avais vu et puis vous m'avez évité.

Inutile de vous dire que mon sang n'a fait qu'un tour. Rien de ce que je pouvais exprimer ne semblait atteindre mon interlocuteur qui impassible daignait à peine me regarder. Devant si peu d'écoute ce qui était de la peur s'est rapidement mué en colère voire en haine quand je me suis dit qu'il ne me reste qu'une alternative : l'insulter ou lui mettre ma main dans la gueule (le cumul des deux me semble toujours compliqué au niveau respiratoire). C'est heureusement la première option que j'ai mise en application.

Me voilà devant mon écran à vider ce qui me reste de venin et de bile. Comprenez que je puisse m'étrangler quand, à propos d'Angers, je lis cet "article" tout récent : En ville, le développement des modes de déplacement doux semble être aujourd’hui un enjeu majeur des collectivités. Avec une sensibilisation accrue auprès du public et des infrastructures attractives, comme c’est déjà le cas à Angers, les rapports entre l’humain et l’urbain ne peuvent que continuer à garantir un usage agréable et accueillant de nos villes.

C'est une blague ce verbiage ? Une vraie publicité mal dégrossie. C'est une chose de ne pas utiliser la même langue mais parle-t-on bien de la même ville ?

lundi 4 décembre 2017

Maillot jaune sale

Il y a enfin un gagnant au jeu du moment  et c'est Marc ! Bravo à lui, magnanime il n'a pas embarqué le prix qui lui était dû, sans doute parce qu'il devrait le partager avec un moteur de recherche. La personne qu'il fallait retrouver était Donald Trump qui dans un de ses nombreux moments d'égarement pensait qu'il allait détrôner le Tour de France en sponsorisant une épreuve cycliste ! Un article de Libération fait une bonne synthèse de cette histoire tordue.

jeudi 30 novembre 2017

Deux choses !

Deux choses :

-A mon grand désarroi, personne n'a encore gagné le concours du moment. Il y a bien eu une réponse exacte mais elle émanait de celui qui m'avait fourni la matière à ce concours. Hors-jeu de position. En conséquence j'offre un nouveau délai et je vous attends de pied ferme !

-J'en profite pour vous rappeler que votre présence est indispensable à la soirée qui va se tenir samedi !

mardi 28 novembre 2017

Construire une charrue


Tout le monde connaît la légende plaquée or, d'un magnat qui serait parti de rien et aurait commencé à bâtir sa fortune en vendant de la limonade aux passant-e-s. Belle farce jouée dans le meilleur des nouveaux mondes. Je ne connais pas la recette de cet élixir de richesse et suis donc probablement condamné à ne pas m'enrichir. Le seul ruissellement que je puisse espérer est la chute fortuite d'un billet de 50 euros de la poche d'un-e bourgeois-e. Pragmatiquement, ma force de travail, un peu de connaissances et d'expérience pourvoiront encore un moment, je l'espère, à ma subsistance. A quoi bon "parvenir" ? Je vais déjà où bon me semble ?

En tous cas, cette petite histoire bidon m'est revenue en discutant avec un ami. Nous évoquions les expériences d'enfance fondées sur le démontage-remontage d'appareils parfois défectueux mais plus souvent victimes de notre curiosité. L'ami en question avait excellé à défaire un réveil mécanique jusqu'à ce que de petits ressorts ne quittent définitivement leur logement. Le temps s'est alors arrêté. Illusion qui aurait pu ouvrir une carrière de magicien si l'option avait été saisie au Ô temps suspends ton vol.

Cela m'a rappelé un moment fondateur, une de mes premières expériences de mécanique vélo. La première étant, je crois, la pose de rustines où, très jeune, j'étais plus concerné par l'eau de la bassine que par l'aboutissement de l'opération. Ma première entreprise de taille en plein in-conscience s'est abattue sur le vélo de mon père. Je devais avoir autour d'une dizaine d'années. Le dernier catalogue de La Redoute avait amené au fond du bocage la mode naissante du vétété. On parlait de "vélo-cross". L'engin, un Motobécane je crois, n'était pas très abouti et ressemblait à un BMX trop bien nourri. J'étais fasciné par la présence, sur le tube central, d'un sélecteur de vitesses tellement massif qu'il évoquait la boîte de vitesse du tracteur que je n'avais pas (mais plus pour longtemps) le droit de conduire. Le potentiel d'imagination était tout entier concentré dans ce sélecteur. Avec ce vélo-tracteur j'allais pouvoir délaisser mon demi-course et les routes environnantes pour me lancer à l'assaut d'innombrables chemins sur lesquels je tracerai moi aussi un sillon.

Mais, Noël était loin et j'avais conscience que je ne trouverai pas de vélo sous le sapin. Pas la peine de pigner. La présence silencieuse du vélo de mon père dans une remise me vint à l'esprit. C'est sans accord parental que je mis la main sur le butin. Après tout, grand adepte de la marche je n'avais jamais vu mon père pédaler.

Le vélo présentait certains pré-requis indispensable à la réussite du projet de sa conversion en vétété. Les pneus étaient nettement plus larges et crantés que sur mon demi-course. Il disposait également d'un cintre plat. Pour le reste j'allais improviser. La présence d'une paire de gardes-boue et d'un éclairage à dynamo nuisait à la ligne générale du vélo. Le freinage était correct mais si je voulais faire des dérapages conséquents et lever la poussière des chemins il allait falloir ajuster tout ça.

Dans une ferme, ce ne sont pas les outils qui manquent, d'ailleurs j'emploie encore certains de ceux que j'y ai accaparé. Seul hic, ces outils sont destinés à l'entretien du matériel agricole. Si vous additionnez outils surdimensionnés pour le vélo et connaissances enfantines sous-dimensionnées, vous obtenez sans grande surprise un résultat catastrophique. Après deux ou trois heures de marteau-tournevis-pince coupante, j'arrive à peu près au résultat escompté. Je dis bien à peu près, car si l'aspect esthétique me convient, la partie mécanique a pâti de mon intervention. Les freins m'ont donné du fil à retordre et j'ai dû me séparer de l'un d'eux.

Le résultat n'est pas optimal mais je sais faire de nécessité vertu et je me fais suffisamment de films en roulant dans les chemins pour être pleinement satisfait de l'ouvrage de démolition que je viens d'effectuer. Je peux mettre La Redoute à la poubelle (sauf les pages avec les dessous), je suis équipé d'une vraie charrue bien que le bœuf ne soit pas devant mais installé sur une vieille selle en cuir.

Il m'a fallu bien des années pour réaliser que j'avais détruit un vélo Petit-Breton mono-vitesse qui avait survécu sans encombres à une guerre mondiale. Les garde-boues étaient probablement martelés, et le feu avant en obus très classe. Du passé j'avais fait de la ferraille. Un fléau.

Quelques mois après mon forfait, un de mes "vieux", ­ car plus âgé de deux ans, ­ voisins s'était vu offrir le modèle original. J'étais tellement impressionné par la bête que j'avais décliné sa proposition de l'essayer. Ne sachant pas comment utiliser la "boîte de vitesses", j'avais eu peur de me ridiculiser.

Je me sens toujours un peu honteux quant à mes débuts de mécano et n'en ai jamais parlé à mes parents. Le plus surprenant est que je ne me souviens d'aucune engueulade qui aurait découlé de la découverte du pot-aux-roses. Pas de leçon de morale. Pas la moindre brimade. Ceci explique peut-être pourquoi je n'exhume pas cette affaire devant mon père. Trente ans ont passé, mais elle reste sensible et le temps de la prescription n'est toujours pas venu.