samedi 27 février 2021

Magnez-vous !

Je n'ai clairement pas reçu un quota de cartes postales satisfaisant, j'attends les retardataires au jeu du moment ! Magnez-vous !

mercredi 24 février 2021

Trop c'est trop

 
Il est tôt et je patiente avec un ami à l'entrée de la boulangerie. Pour être exact, je suis sur le pas de la porte du logement du couple qui tient la boulangerie. Sur ma gauche il y a l'accès à la boutique et un peu plus loin le portail qui donne sur le fournil. Nous ne sommes pas seuls, la moitié du patelin se tasse derrière nous. C'est le dernier jour où il est possible de retirer les Coup de Pouce Vélo, alors ça va être sport. Je suis confiant, je connais les lieux et puis je suis bien le premier devant la porte. Elle s'ouvre, c'est parti ! D'entrée de jeu la situation m'échappe, je n'avais pas remarqué sur ma droite un autre accès donnant sur le logement ! Restons calme. La foule envahit les lieux, il devient difficile de se mouvoir. Là, près de l'escalier ! J'ai tout juste le temps de me saisir d'une malette en plastique transparent violet qui contient des câbles et des pédales d'effets de guitare. Ouf !
 
Vous l'aurez compris il s'agit d'un rêve. Je ne vais pas chercher à l'analyser. Je constate avec un profond dépit que l'opération Coup de Pouce a réussi à s'introduire jusque dans les circonvolutions les plus intimes de mon cerveau.
 
Pour ma santé mentale il est temps que ce machin cesse.

lundi 22 février 2021

Prendre l'air

 

L'atelier sera fermé ce samedi 27 février !
 
Entre le couvre-feu, la pénurie de pièces détachées et le cohue finale du coup de pouce vélo, le besoin de prendre l'air se fait sentir !

jeudi 18 février 2021

Américaines solitudes


Le travail photographique de Jean-Luc Bertini vaut le détour. En particulier un recueil intitulé Américaines solitudes. Il y a une photo de la Nouvelle-Orléans que j'adore, on y surprend des gamin-e-s en file indienne à vélo. Je vous laisse le plaisir de tomber dessus dans le recueil.

samedi 13 février 2021

Photoshop masterclass

Voici une de ces conversations que je redoutent tant à cause de l'usure morale qu'elles occasionnent.
 
Une personne arrive à l'atelier avec son vélo défaillant. Le problème vient d'une de ces potences réglables dont le manque de fiabilité est structurellement inévitable.
 
 
Comme il se doit, soumise à des contraintes incessantes du jeu s'installe dans l'articulation. Histoire de faire un rapide diagnostic j'essaie de serrer la vis de réglage pour voir si le jeu disparaît. Constat sans appel, elle est serrée à toc mais rien n'y fait, ça branle dans le manche. La discussion prend la tournure suivante :
 
Moi : Bien, c'est ce que je vous disais, ce type de potence est fragile et là c'est net, votre potence est cassée.
 
Lui : Ah bon ? Qu'est ce qu'il faut faire.
 
- La changer...
 
-Hopopop, holala ! Ben c'est que vous y allez pas avec le dos de la cuillère, vous !

Fin de la conversation. Notre cycliste effarouché a déjà enfourché son vélo avec le risque imminent que la direction prenne des vacances sans prévenir le personnel.
 
 
Ce qui vaut pour le passage des heures vaut pour les conversations de ce genre.
 


mardi 9 février 2021

Mille-pattes

Je vous propose un jeu-concours où vous allez pour quelques minutes vous mettre dans ma peau. Le scénario est inspiré d’une panne récurrente.

Sur la plupart des vélos modernes, le dérailleur arrière est fixé au cadre via une "patte de dérailleur" amovible. Le plus souvent en aluminium, cette pièce fait office de fusible dans certains cas de figure (dérailleur déréglé qui va se coincer dans les rayons de la roue ou encore chute du vélo) cette interface va se déformer et parfois casser afin que votre cadre ne soit pas irrémédiablement endommagé.

Il s’agit ensuite de remplacer la patte de dérailleur. Là où ça se corse c’est qu’il y a pléthore de formes en fonction du choix arbitraire des marques et/ou des contraintes techniques imposées par le cadre. La fixation de la patte peut aussi varier de 1 à 4 vis ou peut même employer une autre méthode.

Vous comprenez que c’est le bazar et, même si certains modèles simples sont récurrents, il faut parfois de longues minutes de recherche afin de dénicher la patte adéquate.

Le jeu qui suit n’est rien d’autre qu’une invitation à travailler votre esprit déductif. 

Vous trouverez plus bas la photo d’une patte de dérailleur que j’ai à remplacer. Il s'agit d'un cas simple en terme de forme. Je propose ensuite une sélection (loin d'être exhaustive) de pattes disponibles au catalogue d’un fournisseur, à vous de trouver la référence adéquate. Par exemple si vous pensez que c’est la toute première que je vous ai mis en image il s’agit de la référence GH-001.

Votre choix arrêté, il suffit de m’écrire une carte postale avec votre prénom ou pseudo et votre adresse mail et/ou numéro de téléphone. Seules les réponses envoyées par carte postale seront admises !

Je départagerai les bonnes réponses début mars. Si j’ai plusieurs bonnes réponses, je me réserve sur la méthode de désignation du ou de la gagnante (tirage au sort, première carte reçue, "qualité" graphique de la carte envoyée, un mix de tout ça ?)

Même chose pour ce qui est des lots à gagner, j'aviserai en fonction de la plus ou moins grande participation et d’autres critères parfaitement subjectifs ! Une chose est sûre, parmi les lots il y aura un exemplaire de la nouvelle traduction de Mille neuf cent quatre-vingt-quatre. Et puis, sans doute des machins plus en rapport avec le vélo.

Envoyez vos cartes à :

La Tête dans le Guidon, 21, rue Maillé, 49100 Angers. 

C'est parti ! Voici la pièce défectueuse :



Et voilà les 120 prétendantes à son remplacement :

 







































Je vous laisse patauger et j'attends votre courrier avec impatience !


lundi 8 février 2021

War On Women

 
 
Je profite encore une fois du prétexte du vélo pour partager une vidéo (presque un tract à vrai dire) du groupe War On Women qui se dispense de commentaires.
 
 
War On Women, Glass City
 
Get off your high horse
Get on the fucking floor
You know what to do
Yeah, I feel it, too
Like something is not good enough
Is it missing? Who’s in on it?
Just what are they not telling you?
You gotta do the work just like a dude
Keep your head down. Put the time in
Don’t piss off the big boss man
The ground is shaking under you

If the cards are stacked against you
It doesn’t matter what’s in your hand
And I know it’s not just this city
What? Is the wage gap not big enough to get your ego through?
Fuck your personal anecdotes about women making more than you
Playing one of the guys, yeah it gets real tired
“You can’t change it, so why fight it?”
It’s time to realize that they are failing you



vendredi 5 février 2021

Farpotshket

De manière implicite ma profession attend des client-e-s le respect de certaines règles de bienséance. Elles sont délicates car tout à fait implicites. Leur connaissance ou leur ignorance changera radicalement l'attitude des mécano/as auxquel-le-s vous aurez affaire. Comme toutes règles vous pourrez plus où moins les enfreindre et vous en affranchir mais si vous voulez vous jouer des codes, mieux vaut le faire en connaissance de cause.

Par exemple la demande suivante : "Je peux regarder comment vous faites ?" vous fait franchir une ligne jaune invisible. C'est encore anodin mais cela ne va pas contribuer à détendre vos relations. La raison principale de cette légère crispation est qu'avoir quelqu'un-e à traîner dans vos pattes va être source de gêne, de perte de temps et de désorganisation. Qui plus est si "regarder" c'est aussi poser des questions vous allez être une réelle source d'agacement. Réparer des vélos a beau être une activité dite "manuelle" il faut un cerveau connecté aux mains et donc un minimum de concentration et de suite dans les idées. Sans compter que parfois une simple réparation part en cacahuètes et que la facilité apparente peut laisser la place à des pratiques moins orthodoxes et peu présentables. Cette répugnance à travailler sous un oeil curieux (voire parfois inquisiteur) va sûrement bien au-delà de mon métier. Qui aime qu'on le regarde travailler ?
 
Puisque je suis lancé je vous confie une règle plus importante à respecter. Il s'agit même d'un tabou. Ne dites jamais QUOI faire à un-e mécano/a. C'est le moyen le plus sûr pour le fâcher à tout jamais.
 
Si vous saviez vraiment quoi faire pour réparer votre spad cela signifie concrètement que vous pourriez vous passez des services de la personne aux pouces noirs, n'est-ce pas ? Si ce n'est pas le cas, alors un conseil avisé : fermez-la. Autant vous pouvez à loisir critiquer le résultat, autant vous devez laisser l'appréciation des moyens et méthodes à mettre en action à celui ou celle dont c'est le métier.

Mais je digresse car ce dont je voulais vous parler ici est un sujet un peu moins clivant que le cas précédent. Il s'agit de quand le/la mécano/a doit passer "derrière" le client. En effet, si vous avez essayé de résoudre le problème et que vous passez le seuil d'un atelier, c'est d'expérience parce que vous avez plus où moins gravement merdé. Peut-être avez-vous carrément niqué le bousin ? Je déteste cette situation où je constate que d'une panne mineure qui aurait pu être réglée à moindre frais on passe à une casse matérielle qui va demander beaucoup de temps, d'énergie et aussi de tact quand je vais devoir vous expliquer que vous êtes responsables de votre petit malheur. J'ai déjà parlé ici du grand classique consistant à vouloir réparer les freins à disques en déversant de l'huile sur ses divers éléments (souvent avec l'intention de les rendre silencieux). Résultat ? Direction la poubelle pour les plaquettes et les disques !
 
Sachez que j'ai eu la joie d'apprendre un nouveau mot pour décrire ce genre de situations. Il s'agit d'un terme yiddish : farpotshket.
 
La définition pourrait être la suivante : acte de casser quelque-chose en tentant de le réparer. En tous cas l'idée d'aggravation du problème est essentielle à la compréhension du mot.
 
C'est très satisfaisant pour moi d'être désormais doté d'un outil efficace qui me permettra de vous dire délicatement que "vraiment vous avez chié".

mercredi 3 février 2021

À la recherche de la pompe perdue

 
Dans vingt ans tout au plus, songea-t-il, il serait devenu une fois  pour toutes impossible de répondre à cette simple et colossale question : "La vie était-elle meilleure avant la révolution qu'aujourd'hui ?" En pratique, c'était déjà impossible, puisque les quelques survivants épars de l'ancien monde étaient incapables de comparer une époque à une autre. Ils se souvenaient bien d'un million de choses inutiles, une querelle avec un collègue, la recherche d'une pompe à vélo égarée, l'expression sur le visage d'une sœur morte depuis longtemps, les tourbillons de poussière d'un matin venteux soixante-dix ans auparavant ; mais tous les faits importants restaient hors de leur champ de vision. Ils étaient comme des fourmis qui ne voient que les petits objets et non les grands.
 
George Orwell, Mille neuf cent quatre-vingt-quatre, trad. de l'anglais par Celia Izoard, éditions Agone.
 
Peut-être, la seule occurrence du champ lexical du vélo dans le bouquin de George Orwell ? Malgré mes nombreuses relectures elle m'avait toujours échappé. Dans mon délire bigbrotherien d'exhaustivité et de contrôle total de tout ce qui touche au vélo c'était une lacune à combler.
 
L'extrait provient de la nouvelle traduction proposée par les éditions Agone (traduction nettement plus canon à mon avis que celle éditée récemment par Gallimard) à l'occasion de l'entrée de l'œuvre d'Orwell dans le domaine public.
 
Cet ouvrage (que bien des droitard-e-s essaient désespérément de s'approprier) est évidemment disponible auprès de mes camarades des Nuits Bleues. Il y a même la version de chez Gallimard en stock, c'est dire la profusion qui règne dans les rayons de la librairie.

mardi 2 février 2021

Projet porteur

Une photo en passant pour archiver ce qui sera je l'espère un projet "porteur". En fonction de l'avancée du bousin j'y reviendrai de manière moins sibylline. J'en profite pour remercier la personne qui a mis son doigt dans l'engrenage, elle se reconnaîtra. Je lui souhaite bien du courage.