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jeudi 21 mars 2024

Sur le procès en appel suite au vandalisme de 21 par des nationalistes

Le texte qui suit est porté collectivement par tou-te-s les membres qui font vivre notre petit local de la rue Maillé. N'hésitez pas à lui donner de l'écho.
 
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Dans la nuit du 2 au 3 juillet 2022 une petite bande de militants d’extrême droite s’en prend à notre local, « Le 21 » situé rue Maillé à Angers. Cet espace abrite une librairie sociale et militante, « Les Nuits Bleues », ainsi qu’un atelier de réparation vélo, « La Tête dans le Guidon ». Les fascistes locaux s’en sont toujours pris à nous (dégradations, menaces), c’est simple nous représentons tout ce qu’ils/elles détestent, des valeurs de solidarité et de justice sociale pour faire bref et comme nous l’avons déjà largement exprimé.

Paul P., passé par les rangs des petites frappes nanties de l’Alvarium et parmi les fondateurs de la succursale versaillaise Auctorum, sera le seul qui finira devant un tribunal correctionnel. Condamné il a fait appel et le jugement est tombé ce 19 mars. Le premier jugement est très largement reconduit : 4 mois de sursis, 500€ de préjudice moral, la charge de nos frais d’avocates (un peu moins de 2000€), une interdiction de port d’armes de 5 ans, une interdiction de paraître à Angers pour 2 ans, et surtout la charge de rembourser la totalité des frais de réparation du local soit 4617€ et des poussières.

Nous retenons que les motivations politiques derrière le geste de Paul P. ont largement été reconnues tant elles étaient patentes. Le jugement parle d’un « contexte visant à effrayer ceux qui ne partagent pas les mêmes convictions ». Pour instaurer un climat de peur c’est raté tant le commando de pochtrons s’est montré pathétique. Mais, on reconnaît bien la stratégie favorite de l’extrême droite radicale et sa fascination pour une violence sans limites. Surtout, cette motivation politique a été avouée par l'avocat du prévenu qui, s’étonnant de l’anonymisation massive des données sur des documents bancaires que nous avons fourni à l’audience, répondra de lui-même dans la foulée qu’à la fois il est compréhensible de se protéger quand on est visé de manière récurrente. Rare expression de vérité sans doute largement facilitée par l’absence de Paul P. à l’audience qui n’a même pas cherché à expliquer lui-même son geste. Et l’avocat de souligner dans la foulée que même dans le marais nationaliste le geste de Paul P. avait été diversement apprécié. Rappelons que le Red, héritier et continuateur de l’Alvarium, s’était empressé de dire qu’il ne connaissait pas les interpellés. Alors même qu’aucun nom n’avait encore paru publiquement. Même pas dessaoulé Paul P. était lâché par ses petits camarades. C’est beau de voir cette fraternité nationaliste virile qui sent le vestiaire s’écrouler au premier grain de sable.

La justice bourgeoise ce n’est pas notre dada, nous y sommes allé.es à reculons pour espérer revoir notre argent (ce qui n’est pas fait mais on se donnera les moyens), néanmoins nous avons lu avec de petits ricanements la partie de l’arrêt qui souligne à propos du prévenu « son obstination à nier envers et contre toute évidence, quitte à se ridiculiser en infligeant des explications aberrantes ». Il est vrai que Paul P. n’a pas été très convaincant quand il a fallu expliquer pourquoi il se baladait en ville avec une gazeuse dans une poche et un marteau « trouvé dans l’après-midi en bord de Maine » Il n’avait pas été plus convaincant en garde-à-vue tentant minorer son engagement militant alors que son téléphone le trahissait en dégueulant de photos de croix celtiques et autres stickers d’Auctorum.

Bref, le ridicule ne tue pas mais nous le savions déjà, tout comme l’extrême droite locale (aussi peu outillée intellectuellement soit-elle) devrait déjà savoir depuis longtemps que les menaces ne nous ferons pas plier.


Le 21.


 

vendredi 7 octobre 2022

Congé peu sabbatique

Mise à jour du 11/10/21 : Le procès est repoussé à une date ultérieure.
 
L'atelier est donc ouvert.
 
 
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L'atelier fermera ses portes un peu plus tôt, à 17h, ce samedi, j'ai besoin d'aller m'acheter un costume, des chaussures à bouts pointus et de foncer chez le coiffeur pour me rendre présentable. En effet mardi se tiendra le procès du petit facho en culottes courtes (contrairement à l'histoire du costume et du coiffeur cette assertion est à prendre littéralement et n'est pas une boutade) qui s'est fait pincer avec d'autres cet été après avoir défoncé au marteau la vitrine de notre local. Ce versaillais (au propre comme au figuré) me contraint surtout à fermer l'atelier ce mardi 12 octobre pour aller l'écouter bégayer devant le juge et essayer de diluer sa responsabilité politique dans l'alcool.
 
Toutes les personnes qui gèrent notre cher local sommes sur la même longueur d'ondes, nous ne nous illusionnons guère sur l'issue de ce procès mais nous vous tiendrons bien sûr de son issue quelle qu'elle soit.

vendredi 31 mai 2013

Merci

Cela peut sembler présomptueux mais j'ai une très (trop) haute conception de mon métier. En plus d'être un tant soit peu efficace, être mécanicien-vélo, c'est affirmer des convictions. Ainsi, je pourrais mettre dans ma poche mes opinions et vendre certaines pièces/ produits que d'une manière simple on peut faire rentrer dans l'appellation générique mais néanmoins justifiée de "merde". Ceux et celles qui cherchent désespérément à me faire commander des paniers de guidon à deux balles le savent. Pour un-e cycliste, l'amour-propre consiste souvent à ne pas mettre pied à terre dans une bosse alors que la marche à pied serait plus rapide et moins éreintante. De même, un bon mécano qui se respecte ne devrait accepter que ses propres limites.

J'ai l'honneur de partager mon local avec une librairie associative : Les Nuits Bleues. Une librairie qui met en avant des auteurs, des maisons d'éditions, des courants de pensée qui œuvrent à une possible émancipation sociale et politique.

Il semblerait que ce mélange des genres ne soit pas du goût de tous. Aussi, ce matin, ai-je eu la désagréable surprise de voir la façade de notre local vandalisée (la deuxième fois en une semaine) : horaires d'ouverture arrachés, enseigne volée, porte "peinte" au rouleau. Jugez par vous-mêmes :


Isolés, ces actes pourraient être assimilés à du simple vandalisme. Simplement, nos voisin-e-s de L'Etincelle (local autogéré), du [Slip] (maison occupée) ainsi que les Restos du Coeur ont eu droit à des joyeusetés de ce genre :

 

Il est inutile je crois de rentrer dans de grandes explications symboliques. Certains évènements de l'histoire ont beau être désormais assez distants dans le temps, ils n'en restent pas moins douloureux. Je ne rentrerai pas dans une longue analyse politique, je constate simplement avec amertume que localement, la mobilisation contre le mariage pour tous a surtout servi à décomplexer l'extrême-droite qui se croit désormais tout permis.

Alors, puisque d'une certaine manière elle m'envoit un message, je me permets humblement de lui répondre :

Merci.

Merci à tou-te-s de vous montrer sous votre jour le plus naturel alors qu'en public vous ne cherchez que la respectabilité la plus obséquieuse. Merci de prouver que la "civilisation" que vous vous targuer de défendre n'est qu'une resucée fasciste et que vous vous contentez de fouiller dans les poubelles de l'histoire. Continuez de vous rêver tel Roland à Ronceveaux, vous n'êtes que les avortons les plus lamentables du capitalisme. Continuez de vous croire inatteignables, de penser que vous ne laissez pas traces de vos forfaits et que vous contrôlez la situation. Les menaces et les intimidations ne prennent pas. Les points sur les "i" viendront en temps et en heure.

Surtout, merci de me permettre d'être (à ma connaissance) le premier atelier vélo qui soit victime de vandalisme fasciste. J'aurais certes préféré qu'on se souvienne de La Tête dans le Guidon parce que le mécano aurait gagné un grand tour ou une classique de printemps. Ou alors, parce que j'aurais inventé un design de cadre absolument révolutionnaire. Mais bon, l'histoire du cyclisme est tellement vaste et accueillante (et salement cosmopolite en plus) que je suis heureux d'y entrer grâce à votre seule bêtise. Un atelier vélo victime d'un attentat fasciste, ça claque quand même !