Le jeu de mots est facile mais justifié. Rendez-vous vendredi 6 novembre à 19h30 sur le pont Dumnacus, aux Ponts-de-Cé*. Direction l'observatoire de Saint-Saturnin-sur-Loire. Comptez 25 km aller-retour à partir du point de rencontre. Il va sans dire qu'un éclairage efficace est de rigueur*. Bien sûr, le vélo sera à la hauteur de votre éclairage*, surtout que nous allons devoir affronter le terrible Mont Rude. La soirée n'aura lieu que si le temps permet l'observation. A vous de juger. Il est convenu avec l'association qui gère l'observatoire que nous verserons une obole, venez donc avec quelques euros en poche.
* Oui, il y a bien une contrepèterie dans le nom de cette commune.
* Je n'ai trop conscience que, comme à chaque fois, il y a aura un-e pénible qui viendra les
mains dans les poches en invoquant une ânerie du genre : "Je pensais
pas qu'il faisait noir si tôt en cette saison !". Pour le plus grand
bien de la communauté pédalante, l'organisation passera le/la dit-e énergumène par dessus la balustrade du pont. La Loire n'est plus à une pollution près. La sanction sera évidemment accompagnée d'un passage à tabac à coups de mini-pompe. Venez donc avec un vrai éclairage, un truc qui affole les mirettes des
oiseaux nocturnes et qui inspire le respect aux automobilistes, capito ? Grrr !
*Faute de quoi, le traitement réservé sera le même que précédemment.
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jeudi 29 octobre 2015
dimanche 26 mai 2013
Ivres de la jungle
La nuit dernière certains cyclistes ont tenté tant bien que mal de se muer en hommes des bois. Cette virée dans la Jungle a rassemblé une poignée d'inconscients. Le départ étant donné dans l'après-midi, votre dévoué serviteur était attaché à vous servir à l'atelier. Ce n'est qu'à la fin d'une rude journée de labeur que T. et moi sommes partis à leur recherche. Nous avions tous les deux dans l'idée de pique-niquer là-bas puis de rentrer dans le nuit, laissant donc nos naufragés volontaires profiter de l'humidité et de la froideur forestière. Cette petite boucle de 80 km fut fort agréable. Rouler la nuit procure des sensations particulièrement grisantes : les reliefs sont lissés, l'impression de vitesse est multipliée, les bruits, les odeurs et les sensations prennent plus de place qu'à l'accoutumée. J'adore. Voici un aperçu de notre safari photographique.
Ceux et celles qui parcourent avec un peu d'attention ce blog savent bien que je compte un jour où l'autre être la personne qui aura le plus photographié la Loire depuis son vélo. Le modèle est parfait quand on est nul en photo. Un sujet suffisamment grand et majestueux pour se passer d'une quelconque tentative de cadrage.
Le vin va-t-il lui aussi couler à flot cet automne ? Voilà une question d'un suspense haletant.
La nature, c'est dangereux et il faut s'en protéger. Alors,quelle idée d'aller se fourrer en forêt la nuit ?
Encore un message de quelqu'un qui me veut du bien et m'intime l'ordre de m'abîmer dans le fossé plutôt qu'au fond des bois
En toute honnêteté, le bivouac ressemblait plus à un bidonville qu'à un camp de trappeurs canadiens : des hamacs, de la bâche de camion, une ou deux tentes-même-pas deux-secondes. La seule chose qui pouvait évoquer des hommes des bois c'était les quelques bouteilles d'alcool frelaté qui traînaient/trônaient ça et là pour, en cas d'urgence, faire oublier le froid et la solitude.
Plus positivement, le plancher de la "cabane" me plaisait beaucoup : chaud et lumineux. Vraiment sympathique. Pendant trente secondes j'aurais même pu me prendre pour Thoreau.
Mais le plafond laissait sérieusement à désirer. Je me suis donc très vite ravisé. La vie dans les bois me fout les pétoches. A chaque (rare) nuit en forêt, j'ai l'impression que le pire va m'arriver. Dans ma tête d'urbain, le pire est totalement irrationnel et absolument dantesque. Et hier, ce ne sont pas les hurlements sauvages d'un clébard que j'imaginais molossoïde qui m'aidaient à me décoincer le prout. C'est simple, j'étais entouré d'amis mais j'avais toujours l'impression d'être épié. Un peu comme ça :
Pour la qualité de mon sommeil, il était donc plus sage de se remettre en selle et de regagner le confort de ma couche. Cependant, avant de nous en retourner à la civilisation, T. et moi avons fait notre possible pour les persuader d'abandonner leur folle entreprise de passer la nuit dans un lieu si hostile. Tout en leur parlant, je voyais bien que leur regard était vide. Sous l'emprise malsaine de la forêt ces esprits simples avaient abdiqué toute humanité. La mort dans l'âme nous les avons abandonné à leur triste sort.
Epilogue :
Aujourd'hui, j'ai croisé l'un d'eux. Je n'ai pas eu besoin de lui adresser la parole pour comprendre ; aux cernes sous ses yeux ; qu'il était probablement le seul survivant. Un survivant dans un tel état de choc qu'il lui était impossible de témoigner. Paix à leurs âmes.
Ceux et celles qui parcourent avec un peu d'attention ce blog savent bien que je compte un jour où l'autre être la personne qui aura le plus photographié la Loire depuis son vélo. Le modèle est parfait quand on est nul en photo. Un sujet suffisamment grand et majestueux pour se passer d'une quelconque tentative de cadrage.
Le vin va-t-il lui aussi couler à flot cet automne ? Voilà une question d'un suspense haletant.
La nature, c'est dangereux et il faut s'en protéger. Alors,quelle idée d'aller se fourrer en forêt la nuit ?
Encore un message de quelqu'un qui me veut du bien et m'intime l'ordre de m'abîmer dans le fossé plutôt qu'au fond des bois
En toute honnêteté, le bivouac ressemblait plus à un bidonville qu'à un camp de trappeurs canadiens : des hamacs, de la bâche de camion, une ou deux tentes-même-pas deux-secondes. La seule chose qui pouvait évoquer des hommes des bois c'était les quelques bouteilles d'alcool frelaté qui traînaient/trônaient ça et là pour, en cas d'urgence, faire oublier le froid et la solitude.
Plus positivement, le plancher de la "cabane" me plaisait beaucoup : chaud et lumineux. Vraiment sympathique. Pendant trente secondes j'aurais même pu me prendre pour Thoreau.
Mais le plafond laissait sérieusement à désirer. Je me suis donc très vite ravisé. La vie dans les bois me fout les pétoches. A chaque (rare) nuit en forêt, j'ai l'impression que le pire va m'arriver. Dans ma tête d'urbain, le pire est totalement irrationnel et absolument dantesque. Et hier, ce ne sont pas les hurlements sauvages d'un clébard que j'imaginais molossoïde qui m'aidaient à me décoincer le prout. C'est simple, j'étais entouré d'amis mais j'avais toujours l'impression d'être épié. Un peu comme ça :
Pour la qualité de mon sommeil, il était donc plus sage de se remettre en selle et de regagner le confort de ma couche. Cependant, avant de nous en retourner à la civilisation, T. et moi avons fait notre possible pour les persuader d'abandonner leur folle entreprise de passer la nuit dans un lieu si hostile. Tout en leur parlant, je voyais bien que leur regard était vide. Sous l'emprise malsaine de la forêt ces esprits simples avaient abdiqué toute humanité. La mort dans l'âme nous les avons abandonné à leur triste sort.
Epilogue :
Aujourd'hui, j'ai croisé l'un d'eux. Je n'ai pas eu besoin de lui adresser la parole pour comprendre ; aux cernes sous ses yeux ; qu'il était probablement le seul survivant. Un survivant dans un tel état de choc qu'il lui était impossible de témoigner. Paix à leurs âmes.
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