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lundi 4 mars 2019

Tête de Maure

La psychologie automobiliste ne cesse de me surprendre par son côté enfantin. Cet article du Courrier de l'Ouest semble confirmer une rumeur quant à la prolifération des voitures immatriculées en Corse : elle évite aux propriétaires "d'être importunés au volant".

Avec un raisonnement réducteur de cet acabit, j'imagine qu'une voiture immatriculée en Gironde fait passer pour un-e expert-e en pinard, que la plaque des Côtes d'Armor exprime la défiance envers les forces de l'ordre et que celle du Rhône suggère une forte libido.

J'en déduis surtout que beaucoup de conducteurs/rices du Maine-et-Loire sont paranoïaques et mythomanes. Cette hypothèse ne rassure pas beaucoup le cycliste que je suis.

mardi 24 avril 2018

Problème de couple


-J'ai des soucis avec ma femme...

C'est ainsi qu'un client a entamé la conversation. Je ne néglige pas la dimension empathique de mon métier mais en ce qui concerne les couples mes compétences s'arrêtent à leur serrage. Alors, je n'ai pu réprimer un sonore soupir de soulagement quand la personne m'a fait comprendre qu'elle avait un problème avec les freins du vélo de sa femme.

Il faut vraiment que je songe à fonder une chaire de psychologie vélocipédique, en toute simplicité j'appellerai ça la "pcyclologie".

mercredi 15 mars 2017

En tête sans le guidon


Une jeune femme fort sympathique a eu la délicate attention de me narrer un de ses rêves. Je tente ici de le relater au mieux, il me plaît beaucoup :

Elle divague à vélo dans les rues d'Angers. La ville pavoise, c'est jour de course cycliste. Depuis des rues fermées à la circulation elle entend au loin le brouhaha de la foule ainsi que le speaker officiel de l'épreuve qui s'égosille au micro.

Sans y prendre vraiment garde, elle se retrouve à rouler de concert avec le premier coureur échappé. Elle le suit un bon moment. Celui-ci impressionné se retourne et, tout en pédalant lui lance :
-Waouh ! C'est fort, et sans guidon en plus !
C'est un détail d'importance mais notre cycliste roule effectivement sans guidon...

Toujours en tête, nos deux cyclistes arrivent à un embranchement. Il n'y a pas de signalisation et ils ne savent pas quelle direction prendre pour rejoindre la ligne d'arrivée. Les voilà projetés dans un dédale de couloirs, portant leur vélos sur l'épaule. Le coureur est désormais une femme. Nos échappées perdent un temps précieux et c'est au bout d'une longue errance qu'elles s'extirpent du labyrinthe pour retrouver la rue. La coureure en profite pour remettre un guidon au vélo de notre héroïne. Elles se remettent aussitôt en quête de l'arrivée. Hélas, au loin elles entendent l'hélicoptère qui couvre la course et surtout le speaker qui s'emballe en commentant le sprint final. La victoire s'envole.


Tant qu'à faire de la psychologie de bazar autant aller toucher le fond. Notre héroïne se prenait pour une compétitrice, quant à moi je vais me glisser dans la peau de la Manif pour tous rien. Notez que je fais là un gros effort. Je me sens déjà tout souillé par l'absurdité à venir. Donc, de toute évidence, l'absence de guidon symbolise la perte des repères. La  "théorie du genre" a brouillé les cadres traditionnels de notre société. Cela est particulièrement évident avec ce monsieur qui devient une madame. La sanction ne se fait évidemment pas attendre pour ces brebis galeuses qui se sont éloignées des chemins balisés. La victoire qui ne devait être qu'une formalité leur échappe. Les voilà abandonnées à leur triste sort loin de la tiédeur rassurante du troupeau massé auprès de la ligne d'arrivée.

Voilà bien une analyse qui a pour seul dénominateur commun avec le rêve d'être de l'ordre du grand n'importe quoi. A chacun-e ses fantasmes.

jeudi 19 juin 2014

Psyclisme

Il ne passe pas d'heure à l'atelier sans qu'une personne ne vienne demander un petit service qui me prendra quelques instants : gonfler un pneu, serrer un écrou, etc. Avec le temps j'ai saisi une petite nuance de langage qui présage de l'état d'esprit de la personne quant à une potentielle rétribution dudit service. Selon qu'elle formule : "Combien je vous dois ?" ou "Est-ce que je vous dois quelque-chose ?", j'arrive souvent à prévoir la réaction qui va découler de ma réponse. Quand je dis, en général, que c'est gratuit, les premier-e-s tendront à émettre quelques objections du genre "tout travail mérite salaire", les seconds esquisseront plutôt un petit sourire de satisfaction, voire de soulagement orné d'un "merci". Cela se vérifie assez souvent pour que je commence à croire que je dispose du potentiel pour être médium.

samedi 12 avril 2014

Psychéponge

Dimanche dernier, le brevet des 200 km s'est bien passé. J'ai en réserve un paquet de photos et quelques anecdotes plus ou moins déformées mais, pour une fois, je vais m'abstenir et garder tout ça pour moi.

Par contre, je me propose de vous faire comprendre à quel point je me sentais concerné par cette boucle vélocipédique. J'y ai quand même consacré quelques dimanches de préparation, j'en ai parlé avec des amis assez longuement, etc. Alors, forcément même si tout s'est passé sans encombres, ma psyché est encore toute imprégnée.

Ainsi, la nuit passée, j'ai revécu en songes une partie du parcours. Surtout, avant de me lancer sur les routes j'ai du, comme il se doit, retirer ma carte à faire tamponner aux points de contrôles. Etrangement, la moitié de l'équipe du RCA était composée de ma famille et je crois bien que c'est ma mère qui m'a remis ma carte en mains propres. Je vous laisse analyser cette relation fils/mère, moi je préfère pas savoir, surtout que j'ai jamais vu ma mère sur un vélo et ça en dit long, non ?

Une fois inscrit, je me souviens avoir très longtemps tergiversé sur l'intérêt d'emmener sur mon porte-bagage un four à micro-ondes que j'avais pris soin d'emmener. Comprenez mon hésitation, un micro-ondes, à condition de trouver une prise électrique sur le parcours, c'est la garantie de manger chaud et donc un confort non-négligeable ! Par contre j'avais l'intuition que le dit objet ménager m'encombrerait inutilement avant et après le repas. Qu'ai-je fais ? Je ne sais plus.

Je vous passe d'autres péripéties qui ne regardent que moi et mon amour-propre. Je crois de toutes façons en avoir dit assez sur mon implication psychologique dans ce brevet.


ps > Malgré toutes mes recherches, ce lâche de Freud n'était même pas dans le peloton du brevet. Je trouve assez révoltant d'échafauder pleins de thèses fumeuses sur les rêves des autres sans jamais y assister. Pour le coup, au niveau implication c'est zéro Sigmund !

samedi 16 février 2013

Technique de la descente de lit

Lors de la remise ou de la restitution d'un vélo, il arrive parfois que, pour une raison où une autre, le ton monte avec le/la client-e : désaccord sur le prix, impossibilité de réparer, délai trop long, malentendu, accès de mauvaise foi, etc. Ces moments sont certes très rares mais, un mécanicien vélo rôdé, doit faire preuve de psychologie (de bazar) pour désamorcer au plus vite le conflit, avant qu'il ne s'envenime et que la communication ne se rompe.

Il y a quelques années, alors que je n'étais qu'un "junior" de la profession, un collègue m'avait fait part d'une technique basée sur le langage corporel pour apaiser ces rapports de tension. Je l'ai faite mienne et c'est vrai qu'elle est d'une efficacité à chaque fois renouvelée et toujours surprenante. J'appelle cette méthode "La technique de la descente de lit", titre que je crois assez évocateur. Il s'agit simplement, lorsqu'on a en main le vélo du client, de s'agenouiller à son côté (du vélo, pas du client), en l'observant. Une photo valant mieux qu'un long discours, voici un exemple où un mécano anonyme prend pour nous la pose :

 

J'imagine que la vision en plongée d'un congénère réveille immédiatement chez tout être humain un antique souvenir animal. Ce stimulus doit toucher au plus profond de notre cerveau reptilien et évoque immanquablement une attitude de soumission. Je soupçonne même qu'à la place de la photo ci-dessus les gens ne déforment la réalité et voient plutôt ça :

 

Le fantasme de la soumission fait alors immédiatement effet. Le ton de la conversation s'apaise. En effet, pourquoi continuer à gueuler alors qu'il est clair que c'est vous le chef et que vous dominez la situation ? Enfin, c'est ce que le client croit parce que, l'air de rien, c'est quand même le petit mécanicien tout graisseux qui tapi au sol (ou "tapis de sol" si vous préférez), tire docilement les ficelles de la conversation.

Hé oui, en chaque mécanicien, sommeille un petit Machiavel réveillé au bon moment par un petit Freud (où le contraire, j'avoue un peu m'emmêler les pinceaux).


ps > Les sonnettes Crane sont de retour en stock !