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lundi 5 février 2018

Nuit et jour

La sortie vélo d'hier s'est effectuée dans la bonne humeur mais le vent et le froid ont creusé les visages et les estomacs. Certains ont fini sur les rotules.

Ceci explique sans doute pourquoi j'ai dormi comme un bébé. Mais dans mon sommeil ouaté j'ai continué de pédaler. La grâce m'a touché. Je surclassais tous mes adversaires. C'est assez improbable pour être relaté.

J'en ai fait part à l'un de mes compagnons de route qui pragmatique s'est contenté de répondre :
-Dans tes rêves !

Retour à la réalité.

samedi 12 avril 2014

Psychéponge

Dimanche dernier, le brevet des 200 km s'est bien passé. J'ai en réserve un paquet de photos et quelques anecdotes plus ou moins déformées mais, pour une fois, je vais m'abstenir et garder tout ça pour moi.

Par contre, je me propose de vous faire comprendre à quel point je me sentais concerné par cette boucle vélocipédique. J'y ai quand même consacré quelques dimanches de préparation, j'en ai parlé avec des amis assez longuement, etc. Alors, forcément même si tout s'est passé sans encombres, ma psyché est encore toute imprégnée.

Ainsi, la nuit passée, j'ai revécu en songes une partie du parcours. Surtout, avant de me lancer sur les routes j'ai du, comme il se doit, retirer ma carte à faire tamponner aux points de contrôles. Etrangement, la moitié de l'équipe du RCA était composée de ma famille et je crois bien que c'est ma mère qui m'a remis ma carte en mains propres. Je vous laisse analyser cette relation fils/mère, moi je préfère pas savoir, surtout que j'ai jamais vu ma mère sur un vélo et ça en dit long, non ?

Une fois inscrit, je me souviens avoir très longtemps tergiversé sur l'intérêt d'emmener sur mon porte-bagage un four à micro-ondes que j'avais pris soin d'emmener. Comprenez mon hésitation, un micro-ondes, à condition de trouver une prise électrique sur le parcours, c'est la garantie de manger chaud et donc un confort non-négligeable ! Par contre j'avais l'intuition que le dit objet ménager m'encombrerait inutilement avant et après le repas. Qu'ai-je fais ? Je ne sais plus.

Je vous passe d'autres péripéties qui ne regardent que moi et mon amour-propre. Je crois de toutes façons en avoir dit assez sur mon implication psychologique dans ce brevet.


ps > Malgré toutes mes recherches, ce lâche de Freud n'était même pas dans le peloton du brevet. Je trouve assez révoltant d'échafauder pleins de thèses fumeuses sur les rêves des autres sans jamais y assister. Pour le coup, au niveau implication c'est zéro Sigmund !

samedi 16 février 2013

Technique de la descente de lit

Lors de la remise ou de la restitution d'un vélo, il arrive parfois que, pour une raison où une autre, le ton monte avec le/la client-e : désaccord sur le prix, impossibilité de réparer, délai trop long, malentendu, accès de mauvaise foi, etc. Ces moments sont certes très rares mais, un mécanicien vélo rôdé, doit faire preuve de psychologie (de bazar) pour désamorcer au plus vite le conflit, avant qu'il ne s'envenime et que la communication ne se rompe.

Il y a quelques années, alors que je n'étais qu'un "junior" de la profession, un collègue m'avait fait part d'une technique basée sur le langage corporel pour apaiser ces rapports de tension. Je l'ai faite mienne et c'est vrai qu'elle est d'une efficacité à chaque fois renouvelée et toujours surprenante. J'appelle cette méthode "La technique de la descente de lit", titre que je crois assez évocateur. Il s'agit simplement, lorsqu'on a en main le vélo du client, de s'agenouiller à son côté (du vélo, pas du client), en l'observant. Une photo valant mieux qu'un long discours, voici un exemple où un mécano anonyme prend pour nous la pose :

 

J'imagine que la vision en plongée d'un congénère réveille immédiatement chez tout être humain un antique souvenir animal. Ce stimulus doit toucher au plus profond de notre cerveau reptilien et évoque immanquablement une attitude de soumission. Je soupçonne même qu'à la place de la photo ci-dessus les gens ne déforment la réalité et voient plutôt ça :

 

Le fantasme de la soumission fait alors immédiatement effet. Le ton de la conversation s'apaise. En effet, pourquoi continuer à gueuler alors qu'il est clair que c'est vous le chef et que vous dominez la situation ? Enfin, c'est ce que le client croit parce que, l'air de rien, c'est quand même le petit mécanicien tout graisseux qui tapi au sol (ou "tapis de sol" si vous préférez), tire docilement les ficelles de la conversation.

Hé oui, en chaque mécanicien, sommeille un petit Machiavel réveillé au bon moment par un petit Freud (où le contraire, j'avoue un peu m'emmêler les pinceaux).


ps > Les sonnettes Crane sont de retour en stock !