A force de rapporter toutes les conneries entendues à l'atelier, il semblerait que certain-e-s lecteurs/rices et client-e-s développent une forme d'angoisse assez originale. J'en connais deux ou trois qui en préambule à toute discussion au sujet de la maintenance de leur biclou me demandent : On est d'accord, si je dis une connerie tu ne la mettras pas sur le blog, hein ?". Ma puissance médiatique me fait parfois froid dans le dos.
Par atténuer cette paranoïa je propose d'aller moi-même m'exposer sur la sellette. En effet, aujourd'hui, c'est ma langue qui a fourché de la plus belle manière. J'en suis encore tout piteux.
J'expliquais à des clients que je ne voulais pas assumer la réparation d'un vélo d'enfant. Son état de délabrement avancé me faisait craindre le pire : Surtout si c'est un casse-cou !, voulais-je ajouter à propos de l'enfant qui en avait l'usage.
Malheureusement, la phrase qui a franchi mes lèvres ne fut pas exactement celle que mon esprit avait formulé. L'altération fâcheuse d'un quelconque signal électrique a donné la sortie suivante : Surtout si c'est un casse-couille !
En même temps que je me confondais en plates excuses, je ne rêvais que d'une tombe fraîchement creusée afin de m'y terrer éternellement.
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samedi 29 août 2015
jeudi 29 janvier 2015
Autour du pot
Ce matin, j'attaque par la pose de garde-boues. J'ai dans l'idée que ça va m'offrir une mise en route en douceur. J'en ai bien besoin, les dernières brumes de sommeil tardent à se disperser. J'écoute distraitement la radio. Je prends le temps. Chaque outil utilisé est aussitôt remis à sa place. Ordre et sérénité. Il pleut des cordes ce qui laisse augurer d'un début de matinée solitaire. Une petite chose me chatouille les narines et j'en prends conscience assez doucement. Il flotte dans l'air une odeur familière, tout autant que désagréable. Le charme est rompu. Je ne vais pas tourner autour du pot (hum...). Ca sent la merde. Je me dis que ça va passer parce que l'odeur varie en intensité. Non, ça ne passe pas et ça commence à me coller la gerbe. Toute mon urbanité rudement acquise se met en branle. Mon expérience intime en vient à la conclusion qu'il s'agit de l'odeur caractéristique de merde de chien. Ai-je bêtement marché dedans ? Je m'appuie sur l'établi et inspecte mes semelles. Rien. Pas l'ombre d'un pet de Yorkshire. Argh ! A défaut de la chasser de la pièce, j'essaie de sortir cette odeur de mon esprit. Mais rien n'y fait. Dès que je me remets à l'ouvrage, j'ai l'impression de mettre le nez dedans. Comme vous l'avez deviné, je ne croyais pas si bien dire :
La cliente m'avait laissé un peu plus que son vélo. C'est un gag assez récurrent mais je le trouve peu plaisant. Si vous me pardonnez ma franchise, je trouve la chute un poil négligée. J'ai donc terminé mon ouvrage avec beaucoup plus de diligence que je ne l'avais commencé.
Par la plus grande des coïncidence, j'avais envisagé en début de semaine de poster un billet suite à la maintenance d'un vélo entièrement recouvert d'une épaisse gangue de boue. J'escomptais rappeler à mon aimable clientèle que ce genre d'attention n'est pas nécessaire. Je donne dans la mécanique, pas dans le jardinage. En conséquence de quoi vous pouvez garder votre terre (élément précieux s'il en est) pour vos jardins. Je dois reconnaître avoir été sur le point de réviser mon opinion. Je me suis souvenu qu'ajoutés à la terre, les excréments font un excellent amendement. Malheureusement, les déchets canins ne valent rien à cause d'une alimentation trop carnée. Alors si vous tenez tellement à m'apporter de la terre et de la merde, aillez la délicatesse de rouler dans du crottin de cheval. En milieu urbain c'est un défi assez relevé mais, c'est le minimum si vous désirez vraiment que j'abandonne la clé pour le râteau.
La cliente m'avait laissé un peu plus que son vélo. C'est un gag assez récurrent mais je le trouve peu plaisant. Si vous me pardonnez ma franchise, je trouve la chute un poil négligée. J'ai donc terminé mon ouvrage avec beaucoup plus de diligence que je ne l'avais commencé.
Par la plus grande des coïncidence, j'avais envisagé en début de semaine de poster un billet suite à la maintenance d'un vélo entièrement recouvert d'une épaisse gangue de boue. J'escomptais rappeler à mon aimable clientèle que ce genre d'attention n'est pas nécessaire. Je donne dans la mécanique, pas dans le jardinage. En conséquence de quoi vous pouvez garder votre terre (élément précieux s'il en est) pour vos jardins. Je dois reconnaître avoir été sur le point de réviser mon opinion. Je me suis souvenu qu'ajoutés à la terre, les excréments font un excellent amendement. Malheureusement, les déchets canins ne valent rien à cause d'une alimentation trop carnée. Alors si vous tenez tellement à m'apporter de la terre et de la merde, aillez la délicatesse de rouler dans du crottin de cheval. En milieu urbain c'est un défi assez relevé mais, c'est le minimum si vous désirez vraiment que j'abandonne la clé pour le râteau.
samedi 13 septembre 2014
Feu divin
Même sur de vieux vélos bien entretenus, les feux arrière d'époque sont souvent cassés. Leur emplacement en fait de parfaites victimes d'une maladresse quelconque. Certains modèles de par leur rareté commencent à sérieusement exciter la convoitise des collectionneurs. C'est le cas de la plupart des feux de la marque Soubitez (photo ci-dessus) qui sont désormais littéralement auréolés de grâce. En effet, il y a peu, à la fin d'une conversation, un client me lance :
-Il faudra que je revienne vous voir, je retape une vieille bécane et je cherche un Soubirou... Euh, je veux dire un Soubitez.
Je sais que l'atelier fait parfois songer à une grotte mais les apparitions et les voix célestes y sont rares. Quant aux miracles, ils ne peuvent être que vélocipédiques alors inutile de venir en pèlerinage, d'accord ?
-Il faudra que je revienne vous voir, je retape une vieille bécane et je cherche un Soubirou... Euh, je veux dire un Soubitez.
Je sais que l'atelier fait parfois songer à une grotte mais les apparitions et les voix célestes y sont rares. Quant aux miracles, ils ne peuvent être que vélocipédiques alors inutile de venir en pèlerinage, d'accord ?
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