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lundi 12 juillet 2021

L'arbre-mangeur

 

C'est sur l'île de Vashon dans l'état de Washington aux Etats-Unis qu'un arbre a avalé ce vélo. La photo que je viens de voler n'est pas très explicite mais cette bicyclette qui fut rouge est juchée assez haut. J'ai lu 12 pieds, soit plus de trois mètres, bien que sur certaines photos il me semblait plutôt culminer autour des deux mètres.

Ce genre d'imprécision n'est rien comparé aux très nombreuses explications plus où moins alambiquées quand à l'histoire de ce vélo. Une des plus courantes relate que son propriétaire l'a posée contre l'arbre en 1914, parce qu'il était appelé à combattre en Europe. Il ne reviendra jamais et ses parents n'ont jamais osé toucher au vélo. La "Nature" aurait fait le reste. Bon, c'est le genre de fable assez vite démontée quand on sait que les USA ne sont entrés en guerre qu'en 1917... Sans compter que ça m'a tout l'air d'un vélo d'enfant.

La vérité est plus triviale. Parce qu'il n'aimait guère ce vélo rustique aux pneus pleins qui lui avait été offert par solidarité suite à l'incendie de la maison familiale, Don Puz l'avait tout simplement quasi abandonné, probablement en 1954. C'est moins romantique comme explication mais cela n'enlève rien au talent digestif  de l'arbre.

Il semble que le vélo ne se présente désormais plus comme sur la photo que j'ai choisie. Régulièrement des pièces sont chapardées, tandis que des "fans" tentent de le restaurer et de conserver son aspect originel.

Je m'arrête ici dans ma lamentable traduction/paraphrase d'articles anglophones et je vous laisse démêler l'écheveau entre légende et réalité.

mardi 23 avril 2019

Tro Bro Léon


Durant beaucoup de mes péripéties à vélo arrive un moment où s'impose à moi la réflexion suivante : "Mais qu'est-ce que je fous ici ?". Il y a de nombreuses variations avec l'ajout d'adjectifs scatos et orduriers que je vous épargne.

Dimanche, je me suis levé j'ai rampé hors du lit à 5h00 du matin et cette ritournelle métaphysique s'est aussitôt installée en arrière-plan de toutes mes pensées. Elle était présente quand en chemin, armé de mon épave motorisée, j'ai abrégé l'existence d'une bestiole qui n'avait pas demandé à participer à mon entreprise de mortification vélocipédique. La rengaine tournait quand je me suis égaré au laid milieu d'une zone industrielle brestoise. Elle me titillait encore quand au moment de retirer mon dossard j'ai eu l'impression d'être au Leclerc du coin un jour de promo sur le Nutella ou à la porte d'un Apple Store le jour de sortie d'un nouvel I phone*.

C'est donc assez vacillant quant à la pertinence de mon engagement que je me faufile, avec quelques amis retrouvés, sur place dans le sas de départ du Tro Bro Léon. Traduisez : Tour du Pays de Léon. J'ai donc honoré de ma présence toute roturière la randonnée "cyclo" de cette épreuve qu'on qualifie parfois un poil abusivement de "petite soeur" de Paris-Roubaix. Au départ de Lanillis dans le Finistère, il s'agit d'une course qui parcoure le pays des Abers en alternant routes goudronnées et ribinoù ces sentiers de desserte agricole caillouteux. Au programme nous nous contenterons de 112 km sans classement, dont 30 km de sentiers répartis en 16 ribins. Le lundi les pros vont enchaîner 200 km dans le sillage poussiéreux des véhicules d'encadrement.

L'organisateur qui nous expose les formalités d'usage, réussit l'exploit de me détendre. Tout cela avec une simple consigne pleine de bon sens. Une remarque brillante comme le tracteur John Deere en exposition sur le talus d'à côté. Afin d'éviter de dangereux regroupements sur la route, le départ est donné par groupe de 20 toutes les deux minutes. Il nous explique doctement que "si un groupe en rattrape un autre, il faut le laisser passer parce que ça veut dire que c'est un groupe qui va plus vite." J'aurais aimé disposer d'un schema car il y a sans doute une finesse qui m'a échappée.

Autre raison de se décontracter, notre peloton comptait un invité de marque qui avait brillé au firmament du cyclisme "augmenté" des années 90. Nous avions donc la certitude qu'aucun contrôle anti-dopage ne serait tenu. Ouf de soulagement général dans un peloton parfaitement au fait de la piètre qualité de l'eau dans cette région et qui par prophylaxie avait amené la pharmacopée adéquate*.

Notre groupe s'élance dans une lumière encore pâle, la journée s'annonce radieuse bien que venteuse. Le premier ribinoù passe comme une lettre à la poste (celle d'avant la privatisation). Le paysage est d'une rusticité aussi vivifiante que le lisier fraîchement épandu dans les champs alentours. J'adore, ça me rappelle mon enfance. Il règne une sorte d'allégresse. Le rythme est  optimiste, les pancartes des communes avec pour préfixe "Plou", "Ker" et pour suffixe "nec", "ben" et "ven" sont aprement disputées.

Le parcours parfaitement fléché est relativement cassant. Les courtes montées du massif armoricain sont aussi rugueuses que son granit. Les ribins s'enchaînent et il n'est par rare d'y dépasser deux ou trois cyclistes affairés à réparer une crevaison. Moi qui ne suis pas un grand technicien, je prends un grand plaisir à chercher la trace la plus rapide dans ces chemins roulants et bien entretenus. La traversée pulvérulente d'un champ d'éoliennes entre bruit des pales et circulation des ombres restera un moment de griserie.

Evidemment j'ai eu des passages à vide. En milieu de parcours une pancarte invitant à une chasse aux œufs à failli avoir raison de ma motivation. Je me serais volontiers damné pour quelques oeufs au kirsch arrachés avidement des mains tremblantes des enfants. Une épiphanie alcoolisé à Pâques, ça aurait de la gueule ! Mais je me ressaisis, j'ai beau être un mécréant je sais que, même si nous sommes en Bretagne, l'alcool n'est plus distribué avec autant de largesse aux bambins. Tout du moins en public. Qui plus est, le kirsch est plutôt une spécialité alsacienne si je ne me trompe, et cela réduit encore mes chances de connaître l'extase. Il ne me restait plus qu'à pédaler assez fort pour sécréter ma propre drogue.

Le parcours devient franchement grandiose durant quelques kilomètres quand nous roulons auprès d'une mer d'une couleur que seul-e-s les non-daltoniens peuvent caractériser. Le vent est puissant mais je ne baisse pas la tête, je reste le regard vissé sur la ligne des vagues.

Je garde aussi la tête droite parce que nous sommes gratifiés d'applaudissements distillés par quelques groupes d'habitant-e-s. C'est assez notable et déstabilisant pour qu'à chaque fois je me fende d'un merci. J'ai un peu honte, j'envisage de m'arrêter pour expliquer qu'ils/elles se trompent, aujourd'hui ce sont les clampins, les pros ne passeront que le lendemain.

Comme de coutume nous dégotons un rade pour faire le plein de caféine, embaumer les client-e-s de notre merveilleux fumet de gibier de potence (1 pouce 1 1/8*) et glaner une barre chocolatée contrevenant aux règles basiques de la diététique sportive. Plus loin un ravitaillement est proposé par l'organisation et lorsque non l'atteignons j'ai l'impression que le plus dur est fait et que je peux me laisser aller à une débauche (d'énergie) dont je suis peu coutumier. De fait, je parcoure les dernières bornes à l'amour-propre. Comme chacun sait il n'est pas assez conséquent pour m'emmener haut mais suffisant pour tracer nerveusement 20 bornes dans la poussière sans la mordre. Mon rythme est inconstant et je fais du yoyo avec d'autres cyclistes mais je mets un point d'honneur à finir fort et vidé. Cela fait longtemps que je ne me suis senti en si grande forme sur un biclou ! Le dernier ribins bardé de ganivelles à l'approche de l'arrivée est un pur plaisir : défoncé, sinueux et paradoxalement très roulant. Je le savoure en l'engloutissant et franchi la ligne d'arrivée quelques minutes plus tard.

En bref, le Tro Bro Léon consiste à se mettre dans la fourrure de ce chat qu'on caresse, qui ronronne abandonné à des mains expertes et qui soudainement griffe avant de se relâcher comme si de rien n'était. Mon cyclisme revient décidément toujours à cet inséparable mélange de douleur et de plaisir.

Toutes blagues à part j'ai passé un excellent moment et je remercie vivement l'organisation et les gens avec qui j'ai pu pédaler et papoter en route ! J'ai une petite pensée pour la cycliste qui me disait en début de parcours n'avoir jamais dépassé 80 km sur la route jusqu'à ce jour et qui avait perdu son binôme. J'espère que tout s'est bien passé. Bravo à tou-te-s !


Notes :

* En fonction de votre classe sociale voyez ce qui vous parle le plus. sachez néanmoins que je suis plus enclin à la commisération envers les dépendant-e-s à l'huile de palme.

*Bon, ok, là je débloque un peu, j'ai pas pu m'empêcher, toutes mes excuses.

*Voilà, ça c'est une blague cycliste pourrie que je n'ai pas la force d'expliquer aux novices, encore toutes mes excuses.







dimanche 21 octobre 2018

Arrêté de me faire ch... !

J'aurai aimé vous proposer une sélection de photos pour ma sortie routes et chemins de ce matin mais, certaines personnes armées qui arpentaient la campagne m'ont crispé, et je n'ai donc guère fait usage de mon appareil.

Par contre, pour éviter que ce désagrément ne se reproduise à l'avenir, mon service juridique n'a pas chômé. Voici un arrêté tout ce qu'il y a de plus sérieux et surtout extrêmement solide d'un point de vue légal afin d'y remédier.

Ne me remerciez pas, le bonheur de résoudre un conflit d'usage si épineux me comble amplement.

lundi 5 décembre 2016

Inculture générale

Je vous invite à fêter les vacances le vendredi 23 décembre, à 18h au 21, rue Maillé. Au programme un quizz débile sur le cyclimse avec de petits cadeaux à gagner. Toute bonne connaissance du cyclisme est parfaitement inutile ! On boira un godet aussi. Tu viens ou tu crains.

lundi 19 septembre 2016

Bon pied, bon œil



En éditant Petite Reine, la Bibliothèque Nationale de France expose une partie du travail du photographe parisien Jules Beau. Ce dernier a saisi, à la toute fin du 19ème siècle et jusqu'à la première guerre mondiale, l'engouement autour de la diffusion de la bicyclette.
Comme il se doit, une bonne partie de son travail est constituée de portraits de champions prenant la pose avec leur monture et parfois accompagnés de leur entraîneur. Les attitudes quelque peu hiératiques suggèrent un départ imminent. Le cyclisme sur piste est alors en pleine explosion et draine une foule difficile à imaginer pour qui traîne de nos jours autour des vélodromes. Jules Beau devait avoir ses entrées et un bon réseau puisqu'il a même pu immortaliser le célèbre « Major » Taylor dans son studio. Ce n'est donc pas innocent qu'il ait été qualifié de "premier reporter sportif de l'histoire".

Ce sont les photos de studio, et par conséquent les plus anciennes, que je trouve les plus plaisantes. Elles dégagent une belle naïveté des débuts de la photographie, quand la technique ne permettait pas encore de saisir des sujets sur le vif. Les mises en scène sont parfois décalées voire franchement cocasses comme cette composition dramatique relatant un accident. Les acteurs/rices ne semblent pas franchement possédé-e-s par leur rôle.

Le livre regorge également de machines plus ou moins improbables qui évoquent la frénésie technique et le champ des possibles ouvert par le vélo dans l'esprit des bricoleurs du dimanche. La palme revient sans conteste à cette chose :
Encore heureux qu'il n'ait pu décoller, j'ai du mal à imaginer un tel objet volant atterrir sur un virage relevé de vélodrome. Beaucoup d'autres engins moins loufoques sont saisis par le photographe. On assiste ainsi à la naissance de la moto et on comprend que le vélo est à l'époque un jalon industriel qui mènera à bien d'autres moyens de transport.

Enfin, le choix opéré par la BNF nous offre quelques tranches de vie qui montrent comment la bicyclette ne s'est pas cantonnée aux seules exploits sportifs : quelques portraits de femmes lors de concours d'élégance ou bien encore des bribes de la vie bourgeoise tels les premiers tours de roue de ce bambin peu enjoué malgré une machine rutilante.
Le livre s'ouvre sur une petite présentation de l'auteur ainsi que par une courte mais juste mise en contexte. Seul bémol, le dérapage en fin d'introduction de l'auteur, Thomas Cazentre, qui se permet un tacle gratuit et aucunement étayé : « Mais aujourd'hui où […] le cyclisme de loisir est parfois moins une nécessité ou un plaisir simple qu'un mode de vie revendiqué, voire un militantisme un peu agressif [...] ». C'est certes un cliché de plus mais je m'en serai volontiers dispensé.

Petite Reine, Fous du vélo, collection L'Œil curieux, BnF Editions, 2016

lundi 31 mars 2014

Dernière ligne droite

Hier, nous avons effectué la dernière virée de préparation en vue du brevet des 200 km qui se tient dimanche prochain.

Nous avions décidé de laisser notre cerveau au repos. Abdiquant tout esprit d'indépendance nous avons choisi pour chef une entité en lien avec des puissances de l'espace nous dépassant largement, entité dont la droiture et la rigueur s'est avérée bien moindre qu'escomptée et un peu décevante.
Néanmoins, il a réussi à nous mener par monts et pas vaux en une lente procession que même la plus grande adversité n'aurait pu rompre.
Il faut dire que nous savons nous économiser (plus que certains qui ont dispersé toute énergie vitale la nuit précédente et nous ont abandonné à notre sort) et que toute occasion de prendre du repos en même temps qu'établir promptement contact avec les autochtones dans leur habitat naturel est bonne à prendre.
Qui plus est, ces lieux de sociabilité sont parfois l'occasion d'un voyage immobile tout à fait sympathique.
Ne pensez pas pour autant que nous ayons perdu notre temps. Nos pérégrinations ont été riches en découvertes. Et ce tour nous a permis de voir et revoir de forts belles tours de notre patrimoine local, certaines tiennent même la comparaison avec le tas de ferraille qui trône au milieu de Paris la grise et qui pourtant a servi de modèle.
Comme il se doit notre escapade a été émaillée des inévitables soucis techniques, avec en premier lieu les crevaisons qu'un de nos camarades enchaîne a un rythme soutenu.
Toutes ces sortes d'impondérables font évidemment le charme de nos sorties, même si leur accumulation fait qu'au lieu des 130 km initialement prévus ils nous ramènent à la maison après avoir parcouru 150 bornes, me laissant tout de guingois comme cette grange.



mardi 9 octobre 2012

Corri cavallo !




Les chevaux sont de gros jaloux. Ils acceptent mal d'avoir été abandonnés suite à l'invention du petit cheval de fer. Alors régulièrement, juste pour faire les beaux ils troublent une belle course cycliste. Ils galopent quelques centaines de mètres jusqu'à l'épuisement et abandonnent lâchement à la première occasion.

ps > Désolé pour la dernière vidéo, on se passerait bien des tous les commentaires.

samedi 4 août 2012