Les vacances c'est le moment idéal pour prendre un peu de hauteur. On se voit l'an prochain !
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jeudi 31 décembre 2015
dimanche 20 septembre 2015
Atelier de réinsertion
Il est fréquent de voir des manivelles de pédalier finir à la poubelle parce que le filetage d'insertion des pédales est arraché suite à une fausse manipulation, un mésusage ou un accident. Ce qui me chiffonne c'est aussi que beaucoup de cyclistes ignorent que cela n'est pas toujours rédhibitoire, en particulier pour les pédaliers de bonne qualité. Il est en effet possible avec l'outillage adéquat et un poil de savoir-faire de poser un insert (je ne parle pas ici de la cheminée qui trône dans le salon de votre belle-famille) afin de retrouver l'usage d'une manivelle endommagée. Je me propose de vous expliquer en image le matériel et la procédure tels que je les connais et applique. Le résultat est loin d'être à la hauteur de mes attentes, la faute une fois encore une fois à des photos floues et mal exposées. Vous comprendrez néanmoins qu'il est difficile de prendre des photos tout en manipulant un tourne-à-gauche.
J'utilise un kit de réparation de la gamme professionnelle de chez VAR. Il est vrai que ce n'est pas un outil grand public. Pour en amortir le coût, il faut en avoir un usage récurrent. Je pense le plus grand bien de ce kit. Il m'accompagne depuis plusieurs années et je n'ai rien à lui reprocher. Je tiens à dire que pour l'épargner, je refuse de l'utiliser sur les vieilles manivelles en acier trop dur qui l'endommageraient. Pour que vous ne m'accusiez pas de publicité cachée, je tiens à dire que je n'ai pas la moindre objection à faire sur les kits d'autres marques pour la simple raison que je ne les ai jamais eus en mains. Le mien est composé de deux alésoirs-tarauds (un par manivelle) et de quelques inserts : les cuivrés pour réparer les manivelles droites, les argentés pour les manivelles gauche qui rappelons-le ne se vissent pas dans le même sens. Les plus malin-e-s d'entre-vous auront remarqué qu'il y a même un petit tutoriel d'utilisation sur le couvercle de la boîte qui vous dispense, si vous avez de bon yeux, de poursuivre la lecture de ce billet...
Chaque outil est donc à la fois un alésoir et un taraud. Un alésoir est un outil qui permet d'agrandir de manière bien cylindrique un trou. Celui-ci est composé de 4 lames qui enlèvent la matière désormais inutile de l'ancien filetage. Ceci fait, le taraud permet de faire un nouveau filetage qui recevra l'insert. Vous suivez ?
Avec un bon tourne-à-gauche, un peu d'huile de coupe et autant de coude, c'est l'affaire de quelques minutes pour redimensionner le perçage de la manivelle et la tarauder.
La manivelle est donc désormais apte à recevoir l'insert qui va servir de nouvelle interface avec la pédale. L'insert est donc doublement fileté, à l'extérieur pour la manivelle et à l'intérieur pour accueillir la pédale dont le filetage n'est pas modifiable. En général, je fais un petit essai à blanc pour voir si l'insert épouse bien le nouveau filetage. Ensuite pour m'assurer qu'il n'y ait pas de dévissage intempestif de l'insert sous la contrainte du pédalage je le tartine sur l'extérieur avec du frein-filet définitif. Pour ce qui est du filetage intérieur on se contentera de graisse afin de permettre de visser et dévisser les pédales aussi souvent que nécessaire. Comme il se doit on veillera scrupuleusement à ce que le deux produits ne se polluent pas mutuellement. Le frein-filet n'aime pas la graisse et celle-ci le lui rend bien. On patiente quelques heures, le temps que le frein-filet solidarise durablement l'ensemble.
Grâce à mon petit atelier de réinsertion vous voilà de nouveau engagé-e sur le chemin de la réussite !
J'utilise un kit de réparation de la gamme professionnelle de chez VAR. Il est vrai que ce n'est pas un outil grand public. Pour en amortir le coût, il faut en avoir un usage récurrent. Je pense le plus grand bien de ce kit. Il m'accompagne depuis plusieurs années et je n'ai rien à lui reprocher. Je tiens à dire que pour l'épargner, je refuse de l'utiliser sur les vieilles manivelles en acier trop dur qui l'endommageraient. Pour que vous ne m'accusiez pas de publicité cachée, je tiens à dire que je n'ai pas la moindre objection à faire sur les kits d'autres marques pour la simple raison que je ne les ai jamais eus en mains. Le mien est composé de deux alésoirs-tarauds (un par manivelle) et de quelques inserts : les cuivrés pour réparer les manivelles droites, les argentés pour les manivelles gauche qui rappelons-le ne se vissent pas dans le même sens. Les plus malin-e-s d'entre-vous auront remarqué qu'il y a même un petit tutoriel d'utilisation sur le couvercle de la boîte qui vous dispense, si vous avez de bon yeux, de poursuivre la lecture de ce billet...
Chaque outil est donc à la fois un alésoir et un taraud. Un alésoir est un outil qui permet d'agrandir de manière bien cylindrique un trou. Celui-ci est composé de 4 lames qui enlèvent la matière désormais inutile de l'ancien filetage. Ceci fait, le taraud permet de faire un nouveau filetage qui recevra l'insert. Vous suivez ?
Avec un bon tourne-à-gauche, un peu d'huile de coupe et autant de coude, c'est l'affaire de quelques minutes pour redimensionner le perçage de la manivelle et la tarauder.
La manivelle est donc désormais apte à recevoir l'insert qui va servir de nouvelle interface avec la pédale. L'insert est donc doublement fileté, à l'extérieur pour la manivelle et à l'intérieur pour accueillir la pédale dont le filetage n'est pas modifiable. En général, je fais un petit essai à blanc pour voir si l'insert épouse bien le nouveau filetage. Ensuite pour m'assurer qu'il n'y ait pas de dévissage intempestif de l'insert sous la contrainte du pédalage je le tartine sur l'extérieur avec du frein-filet définitif. Pour ce qui est du filetage intérieur on se contentera de graisse afin de permettre de visser et dévisser les pédales aussi souvent que nécessaire. Comme il se doit on veillera scrupuleusement à ce que le deux produits ne se polluent pas mutuellement. Le frein-filet n'aime pas la graisse et celle-ci le lui rend bien. On patiente quelques heures, le temps que le frein-filet solidarise durablement l'ensemble.
Grâce à mon petit atelier de réinsertion vous voilà de nouveau engagé-e sur le chemin de la réussite !
dimanche 19 juillet 2015
Malédiction estivale
Il y a peu, deux collègues m'ont honoré de leur visite. L'occasion idéale pour les questionner au sujet d'une malédiction que je croyais être un envoûtement personnel. Mais, d'après leurs témoignages concordants tou-te-s les mécanicien-ne-s-vélo seraient touché-e-s. Il s'agit d'une malediction estivale. Elle sévit au mois de juillet, époque bénie où se déroule Le Tour. Pardonnez l'usage des majuscules mais c'est le moindre des hommages qu'on puisse rendre à cette vénérable institution.
Distraitement, à partir de quatorze heures, la cérémonie débute. Les raisons de s'adonner au rite sont multiples. Si beaucoup sont intimement convaincu-e-s, je reconnais que ma foi relève d'une tradition assez désabusée et distante. Pour autant, je ne sombre pas dans le folklore stérile et je vis à l'occasion de beaux moments de grâce. Entre un changement de transmission et une crevaison, je jette un oeil au déroulement de l'étape. Le cyclisme est un sport d'endurance, inutile de s'égosiller trop tôt, il faut prendre ses marques, jauger les forces en présence, opérer quelques opérations de calcul mental quant aux écarts, etc. Petit à petit, la pression monte et aux alentours de dix-sept heures l'ambiance est à son paroxysme. Imperceptiblement, je délaisse l'établi pour céder au magnétisme de l'écran. Au passage de la flamme rouge mon esprit est tout entier absorbé par le drame sur le point de se dénouer sous mes yeux. Mon coeur palpite à l'unisson des milliers de mécanos du monde entier. Nous communions. Rien d'autre n'existe.
Et la malédiction frappe.
Depuis plusieurs heures, les client-e-s se sont fait rares, pour ne pas dire absent-e-s. C'est alors qu'en même temps que la ligne d'arrivée se profile un-e cycliste annoncé par un bruit de roue libre. Avec une innocence criminelle, le/la voilà qui lance un anodin : Vous pourriez regonfler mes pneus ? Ma conscience professionelle m'arrache aussitôt de l'objet du désir. Tel un robot, je réponds machinalement : Bien entendu, j'arrive,mais bordel de merde, ça fait trois mois que tu roules quasiment à plat, pourquoi tu viens me faire chier maintenant ! Voici toute mon humanité ensevelie sous l'atavisme du mécanicien-vélo dévoué.
J'ai fait des statistiques sur Le Tour de cette année. En tout et pour tout, je n'ai vu qu'une seule fois le vainqueur de l'étape lever les bras au ciel. En général, lorsque libéré de toute contrainte je reviens devant mon écran, j'ai droit au monologue d'un certain Gérard, expert en poncifs sur le cyclisme. Je compte bien profiter de mes journées de repos pour rattraper le temps perdu et jouir jusqu'à leur dénouement des étapes à venir. Claquemuré dans la pénombre protectrice de mon atelier, bien protégé par une porte prudemment vérouillée tout ne sera volupté, j'en fais la promesse.
Distraitement, à partir de quatorze heures, la cérémonie débute. Les raisons de s'adonner au rite sont multiples. Si beaucoup sont intimement convaincu-e-s, je reconnais que ma foi relève d'une tradition assez désabusée et distante. Pour autant, je ne sombre pas dans le folklore stérile et je vis à l'occasion de beaux moments de grâce. Entre un changement de transmission et une crevaison, je jette un oeil au déroulement de l'étape. Le cyclisme est un sport d'endurance, inutile de s'égosiller trop tôt, il faut prendre ses marques, jauger les forces en présence, opérer quelques opérations de calcul mental quant aux écarts, etc. Petit à petit, la pression monte et aux alentours de dix-sept heures l'ambiance est à son paroxysme. Imperceptiblement, je délaisse l'établi pour céder au magnétisme de l'écran. Au passage de la flamme rouge mon esprit est tout entier absorbé par le drame sur le point de se dénouer sous mes yeux. Mon coeur palpite à l'unisson des milliers de mécanos du monde entier. Nous communions. Rien d'autre n'existe.
Et la malédiction frappe.
Depuis plusieurs heures, les client-e-s se sont fait rares, pour ne pas dire absent-e-s. C'est alors qu'en même temps que la ligne d'arrivée se profile un-e cycliste annoncé par un bruit de roue libre. Avec une innocence criminelle, le/la voilà qui lance un anodin : Vous pourriez regonfler mes pneus ? Ma conscience professionelle m'arrache aussitôt de l'objet du désir. Tel un robot, je réponds machinalement : Bien entendu, j'arrive,
J'ai fait des statistiques sur Le Tour de cette année. En tout et pour tout, je n'ai vu qu'une seule fois le vainqueur de l'étape lever les bras au ciel. En général, lorsque libéré de toute contrainte je reviens devant mon écran, j'ai droit au monologue d'un certain Gérard, expert en poncifs sur le cyclisme. Je compte bien profiter de mes journées de repos pour rattraper le temps perdu et jouir jusqu'à leur dénouement des étapes à venir. Claquemuré dans la pénombre protectrice de mon atelier, bien protégé par une porte prudemment vérouillée tout ne sera volupté, j'en fais la promesse.
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