En argot cycliste, "mettre la plaque" signifie passer sur le grand plateau, c'est à dire passer au choses sérieuses et se mettre sérieusement à l'ouvrage. A ma connaissance "être à côté de la plaque" n'a pas de connotation vélocipédique. Pourtant, lundi dernier, elle me définissait parfaitement.
J'entretiens depuis peu le parc de tricycle d'une grosse société angevine. En son sein, les employé-e-s disposent d'une petite vingtaine de ces engins afin de faciliter les déplacements sur un site très vaste. J'espère un jour, avec leur accord, pouvoir vous en parler un peu plus. Donc, lundi midi, j'étais de retour à l'atelier suite à une session d'entretien. Pressé de reprendre le cours normal de mon week-end, je détache en vitesse la remorque de mon vélo et file, non moins rapidement, en terrasse siroter une boisson fraiche. J'élude d'ailleurs très vite l'idée de remettre tous mes outils à leur place. Pourquoi faire aujourd'hui ce qu'on peut remettre à demain ?
Ma journée de congé reprend donc son cours normal, jusqu'à ce qu'en fin d'après-midi, un de mes camarades libraires me téléphone. Il me fait part de sa surprise : une remorque ressemblant fort à la mienne est posée devant la porte de l'atelier...
Misère ! En un éclair je réalise que dans ma précipitation de feignasse j'ai détaché la remorque mais que j'ai omi de la mettre à l'abri de l'atelier. Panique à bord, c'est plus de la moitié de mon outillage qui traîne dans la rue depuis plusieurs heures. Je traverse un bout de la ville à fond la caisse (à outils). Les coursier-e-s à vélo new-yorkais les plus taré-e-s seraient passé-e-s pour des mickeys côté prise de risque. Arrivé à l'atelier je me suis retenu de ne pas embrasser ma remorque et mes outils chéris qui m'attendaient sagement depuis tout ce temps. Tout la famille réunie au grand complet ! L'ordre cosmique qui une seconde plus tôt tressaillait retourne immédiatement à sa stabilité immémoriale.
Une bonne grosse boulette sans conséquence malheureuse !
Affichage des articles dont le libellé est argot cycliste. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est argot cycliste. Afficher tous les articles
jeudi 2 juillet 2015
mercredi 26 mars 2014
Crac, cui-cui, tic
Il y a peu, je me suis aperçu que j'étais atteint du syndrome du médecin. Je n'ai jamais eu une belle écriture, loin de là, mais depuis que je travaille seul celle-ci n' a cessé de se dégrader. Comme personne d'autre que moi n'est censé lire mes fiches de réparation, j'ai abandonné tout effort formel.
Les génération futures n'auront aucune chance de pouvoir me relire, d'autant que mon écriture porcine est obscurcie par l'abus d'abréviations et d'onomatopées toutes personnelles. Je me propose de vous en faire comprendre quelques-unes et de pénétrer le verbiage que je couche sur papier à l'écoute du client et avant réparation
Que se cache-t-il donc sur une fiche de travaux comme celle-ci ?
-"Crac bdp" : Cela signifie que le vélo est bruyant au pédalage et craque à chaque tour de pédale. Typiquement, si le vélo est en aluminium et que le boîtier de pédalier (bdp) n'a jamais été démonté je m'attends à devoir démonter le pédalier et le boîtier pour graisser les filetage de ce dernier ainsi que les filetage du cadre. Pour éviter qu'un bruit ne subsiste j'en profite généralement pour graisser les filetages des pédales et si c'est possible les fixations des plateaux. S'il y a toujours un craquement, je démonte la tige de selle et je la tartine elle aussi. Si le bruit est toujours là je fais un crise de nerf. Voilà, comme quoi derrière une simple onomatopée peut se cacher une manutention de routine où alors un gros paquet de taf.
-"Cui-cui" : Un de mes bruits préférés, le bien nommé "oiseau sur le porte-bagage". Un petit couinement au pédalage symptomatique d'un manque de lubrification des galets du dérailleur arrière. Un bon coup de WD40 dans les galets, voire un démontage des galets du dérailleur, une bonne marée noire sur la chaîne et le merle est abattu en plein vol.
-"Tic-tic" : Ce petit son cristallin est souvent le signe d'un manque de tension des rayons des roues. Ainsi, à chaque rotation les rayons se tendent et détendent. Un serrage des rayons accompagné d'un bon dévoilage s'impose !
Comme vous le saviez déjà, le silence est le signe du bon état d'un vélo et mon verbiage et les symptômes qu'il recouvre en est une nouvelle preuve. Si votre vélo fait tous ces bruits, il est temps d'agir, sinon à terme c'est le chemin de la déchèterie qu'il prendra dans un dernier fracas de ferraille !
Les génération futures n'auront aucune chance de pouvoir me relire, d'autant que mon écriture porcine est obscurcie par l'abus d'abréviations et d'onomatopées toutes personnelles. Je me propose de vous en faire comprendre quelques-unes et de pénétrer le verbiage que je couche sur papier à l'écoute du client et avant réparation
Que se cache-t-il donc sur une fiche de travaux comme celle-ci ?
-"Crac bdp" : Cela signifie que le vélo est bruyant au pédalage et craque à chaque tour de pédale. Typiquement, si le vélo est en aluminium et que le boîtier de pédalier (bdp) n'a jamais été démonté je m'attends à devoir démonter le pédalier et le boîtier pour graisser les filetage de ce dernier ainsi que les filetage du cadre. Pour éviter qu'un bruit ne subsiste j'en profite généralement pour graisser les filetages des pédales et si c'est possible les fixations des plateaux. S'il y a toujours un craquement, je démonte la tige de selle et je la tartine elle aussi. Si le bruit est toujours là je fais un crise de nerf. Voilà, comme quoi derrière une simple onomatopée peut se cacher une manutention de routine où alors un gros paquet de taf.
-"Cui-cui" : Un de mes bruits préférés, le bien nommé "oiseau sur le porte-bagage". Un petit couinement au pédalage symptomatique d'un manque de lubrification des galets du dérailleur arrière. Un bon coup de WD40 dans les galets, voire un démontage des galets du dérailleur, une bonne marée noire sur la chaîne et le merle est abattu en plein vol.
-"Tic-tic" : Ce petit son cristallin est souvent le signe d'un manque de tension des rayons des roues. Ainsi, à chaque rotation les rayons se tendent et détendent. Un serrage des rayons accompagné d'un bon dévoilage s'impose !
Comme vous le saviez déjà, le silence est le signe du bon état d'un vélo et mon verbiage et les symptômes qu'il recouvre en est une nouvelle preuve. Si votre vélo fait tous ces bruits, il est temps d'agir, sinon à terme c'est le chemin de la déchèterie qu'il prendra dans un dernier fracas de ferraille !
Libellés :
argot cycliste,
bdp,
crac,
cui-cui,
dévoilage,
sabir,
tic-tic,
verbiage cycliste
lundi 17 mars 2014
Mettre du vélo dans son vin
Mettre du vélo dans son vin
Je me propose aujourd’hui, d’ajouter
cette expression au répertoire cycliste, car, à ma grande surprise
je ne l’ai jamais lue dans aucun dictionnaire spécialisé. J’ai
donc entamé de sérieuses recherches et c’est en toute bonne foi
que je reviens vers vous pour en partager les fruits.
L'expression est née à la fin du
XIX ème siècle, à une époque où à vélo il était d’usage
d’allonger l’eau de son bidon avec du vin (et pas le contraire).
C’était une manière de rendre la boisson moins désaltérante et
plus enivrante, comme une invitation à enchaîner les kilomètres en
un cercle qui se voulait vertueux : le pédalage appelle la soif, je
bois donc je suis ivre, donc je pédale pour me dégriser, et ainsi
de suite. Malheureusement, le "je suis ivre" de l’attendu
précité, qui se veut le prélude à un pédalage redoublé est plus
généralement suivi d’un “je n’arrive plus à suivre”.
L’échec patent de ce mode de préparation physique l’a donc fait
disparaître des pelotons professionnels mais la pratique perdure
chez les pédaleurs/euses du dimanche, bien connu-e-s pour
l’ambiguïté de leurs motivations à pédaler : fuite du cercle
familial, alcoolisme déguisé, etc. Ainsi, par glissement de sens,
dès le milieu du XX ème siècle, l’expression a pris un sens
figuré pour signifier "modérer ses ambitions sportives et prendre
plus de bon temps". Typiquement, l’expression servira à
qualifier un coureur en fin de carrière qui commence à penser à sa
reconversion.
Exemple : « Hinault il commence à
mettre du vélo dans son vin. Avec son caractère, je le verrai bien
maltraiter des vaches ou alors faire videur sur le podium du Tour. »
Citation anonyme, milieu des années 1980.
dimanche 24 février 2013
J'ai pédalé avec le Général Cambronne
La petite sortie du jour était contrastée. Nombre d'arbustes étaient en fleurs alors qu'il faisait un froid de chien et qu'il neigeait. C'était assez déstabilisant, mais pas autant que la "découverte" du vétété pour P. Elle a beau être une pratiquante très régulière, il faut avouer qu'elle est plus familière des virées en monovitesse sur un asphalte bien cancérigène. La vue d'un chemin parsemé de trois cailloux et de deux flaques de boue la fait abondamment transpirer. Cette inquiétude n'était pas amoindrie par sa monture à laquelle elle reprochait, entre autres, la brutalité des freins à disques. Et puis, je ne comprenais pas pourquoi, alors que je la devançais sur la piste, j'entendais "Et merde !" de manière très récurrente. Ce n'est qu'au centième "Et merde !" que j'ai compris ce qui se jouait et ce que cela signifiait.
"Et merde !", c'est très précisément le condensé de, tenez vous bien : "Et merde, je me suis encore trompée ! Acrévindiou, j'y comprends que dalle à ces sélecteurs de vitesses à la con !"
Comme quoi un surcroît de technique ne signifie pas pour autant plus de facilité d'utilisation.
En tous cas, voilà une expression à ranger dans les dictionnaires d'argot cycliste aux côtés de "mettre la plaque", "voir la sorcière aux dents vertes" et autres "pédaler avec les oreilles". C'est certes moins poétique, mais dans l'effort, tout à fait évocateur.
Libellés :
argot cycliste,
Cambronne,
Et merde,
jargon cycliste,
sortie dominicale,
vtt en anjou
lundi 2 juillet 2012
Sucer la Roue
Il vient de sortir un "Dictionnaire absurde du cyclisme". Voilà un livre à tenir à portée de main, pour meubler les après-midis de juillet, quand entre deux échappées, le peloton du Tour ronronne comme un gros chat asthmatique. Voici une petite mise en bouche de cet ouvrage délicatement intitulé : Il m'a sucé la roue.
Oreillette : Petit objet en plastique que l'on greffe dans l'oreille d'un coureur le jour où il passe professionnel afin d'obtenir de lui obéissance et soumission.
Il m'a sucé la roue, G. Ejnès, Ed. Prolongations.
ps > Vue la légèreté du sujet, je n'ai pas pu m'empêcher de caser cette célèbre photo d'une équipe cycliste qui donne gracieusement l'heure de plusieurs fuseaux horaires de la planète.
mardi 30 novembre 2010
Langue (pas) de Molière

Bernard H., ancien cycliste pro nous transmet un témoignage d'une rare limpidité quant à sa dernière sortie :
-Hier avec les autres coursiers, dès les premières bornes, j'étais un caissor. Alors, évidemment, j'ai mis la plaque. je tire des bouts droits, même les autres chaudières sont dans le vent ! Dans une bosse, je mets une mine, mais bizarrement, peu avant le sommet je commence à me sentir chiffon. J'en ai vu la sorcière aux dents vertes. Alors, je mets tout à gauche et suis rentré en comptant les pavés sans jamais me refaire la cerise...
Edifiant, non ?
En quelques clics, vous aurez des réponses. Juste en faisant une recherche du style "langage cycliste" vous tomberez sur un paquet de site qui recensent diverses expressions. Vous noterez que j'ai pas forcément utilisé les plus obscures.
Libellés :
argot cycliste,
langage cycliste,
langue du peloton
Inscription à :
Articles (Atom)



