Affichage des articles dont le libellé est arbre remarquable d'Anjou. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est arbre remarquable d'Anjou. Afficher tous les articles

mardi 26 septembre 2017

Ici et las


Avant toute chose, une mise en garde s'impose. Le compte-rendu vélocipédique qui suit pourra sembler morbide. Pour autant, ne croyez pas que je sombre dans une profonde dépression. La mélancolie est parfois une alliée de circonstances pour panser certaines plaies de l'âme. Il suffit de savoir se débarrasser d'elle avant qu'elle ne prenne trop ses aises. J'ai donc volontiers accepté sa présence rassurante dans mon sillage tant qu'elle me permettait de m'épancher mais c'est sans remord que j'ai l'ai lâchée d'une preste accélération à la sortie d'un cimetière. Ses soupirs incessants devenaient gênants et cette journée d'automne était trop belle pour ne pas être pleinement appréciée.

La Faucheuse (du moins une cousine) tisse sa toile. La voir à l'ouvrage est fascinant.

Disparaître en un éclair ou faire disparaître l'éclair ? En ce jour, j'aimerai tant pouvoir trancher cette fausse alternative.

Par hasard, je suis tombé sur un cimetière de bornes kilométriques. Si, renversées, elle ne jalonnent plus l'espace, elles semblent bien décidées à défier le temps.


Un autre tas de cailloux découvert en chemin prouve que le chaos (granitique) peut abriter une vie luxuriante.

Je sais bien que certains-e- sont prêt-e-s à commettre n'importe quelle effraction pourvu qu'on se souvienne longtemps d'eux/elles.

Pourtant, en soi passer par là, même brièvement, n'est pas déplaisant. Il semble vaniteux de penser à laisser plus qu'une fragile trace.

Même si des bonimenteurs aimeraient nous convaincre du contraire.

Pour ma part, je n'ai pas disparu que je laisse quand même déjà un sacré bordel derrière moi.

lundi 7 septembre 2015

Poignée de châtaignes

"Bah, ça n'a rien d'extraordinaire, vous verrez !". C'est le jugement sans appel émis, proféré devrais-je dire, par le boulanger du village pour qualifier le monument que je cherchais à situer sur sa commune. Face à une sentence aussi rugueuse, je me suis permis de répondre sur un registre mi-figue, mi-pain aux raisins qui l'a laissé indifférent. De fait, il faut reconnaître que nulle part dans le bourg l'objet de mon désir n'est mentionné. J'ai épluché le contenu des panneaux à l'attention des randonneurs mais rien : pas un mot, pas la moindre croix sur une carte. Raison de plus pour savourer le plaisir égoïste de la découverte du châtaignier millénaire de la commune de Neuillé. Je me permets une nouvelle fois de partager (où imposer, c'est selon) mon point de vue sur cette virée. Cette fois-ci, afin de respecter le cadre vélocipédique de ce blog, je me suis efforcé de mettre mon vélo en évidence.

Ô, que n'ai-je longuement erré à travers moult paysages bucoliques ! Ô Nature enchanteresse et mélancolique !

Ô Anjou vénérable, Ô moderne Arcadie !

Ô preux Chevalier de l'ordre de l'orthographe que la moindre absence contrarie !

Ô merde, voilà que je donne moi aussi dans la poésie de table de camping !

Trêve de balivernes. Voilà le châtaignier tel qu'il se présente, isolé au bord d'une petite route desservant un hameau à l'écart du bourg de Neuillé. Il se situe près du château de Goupillon au lieu-dit Le Brûlis. Le tronc est vraiment monumental, j'ai lu quelque-part une circonférence de 11,50 m.

Vue la petitesse de mon vélo, je ne doute guère de la justesse de cette information.

Comme beaucoup de vieux arbres, il donne de sérieux signes de fatigue. Je dirais qu'un tiers semble mort. A ce que j'ai pu voir, il a déjà été en partie élagué d'une autre partie morte. Cela lui donne une silhouette tout de guingois assez surprenante. Un vieillard penché sur sa canne. N'empêche que beaucoup de branches ploient sous les châtaignes et qu'il y a beaucoup de surgeons autour de lui. Encore vert ! J'espère bien qu'il m'enterrera le bougre !

Une belle vieille peau. Je me suis pas gêné pour caresser. J'ai poussé le fétichisme jusqu'à ramener une squame tombée à terre.