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dimanche 26 février 2017

Pattes de dérailleur : ne pas ne faire un plat


Il y a une réparation que j'aime effectuer mais qui se présente de plus en plus rarement. Il s'agit de restaurer les pattes de dérailleur dont le filetage a été arraché. Désormais, ces pattes sont facilement disponibles pour un coût modeste, en conséquence je me contente fréquemment de les changer. A ce propos, j'entends régulièrement des plaintes quant à la faiblesse supposée de ces pattes qui cèdent si facilement. Cette récrimination n'a pas lieu d'être puisque c'est la fonction même de cet élément : rompre sous la contrainte afin de protéger le cadre d'une casse bien plus catastrophique. La patte de dérailleur est à la mécanique-vélo ce que le fusible est à l'électricité.

Il arrive parfois qu'il ne soit pas possible de réparer le filetage d'une de ces pattes. Soit parce que partie prenante du cadre et donc inamovible (c'est souvent le cas sur les vélos anciens en acier), soit tout simplement parce que celle-ci n'est pas au disponible au catalogue. Ce cas de figure n'est heureusement pas sans solution. Voici en image comment procéder.

Après démontage de la patte, vous constatez que, sous le choc, le dérailleur a arraché les filets. Un peu à l'image des filets de sole qui disparaissent comme par magie dans ventre de votre tonton amateur de bonne chère. 


Laisse Blake et Mortimer sur l'étagère,
Black et Decker sont sur l'affaire.
Probablement la meilleure punchline de ma carrière avortée de rappeur sous le nom de DJ C. Jérôme Bosch.

Un coup de foret de 10 mm pour rester centré, suivi d'un passage avec celui de 12 mm. C'est deux-ci sont copeaux comme cochon et le résultat est aussi lisse que le crâne du tonton susnomm.

Quant à ces deux-là, il eut été préférable qu'ils ne se connaissent jamais, mais il vont être unis pour un bon moment, c'est écrit dans les lignes de ma main.

Je vous déclare unis par les liens du sertissage.

La patte sagement lovée dans son berceau entre la base et le hauban retrouve la présence rassurante du dérailleur. En l'occurrence, il aura aussi fallu meuler l'insert pour que la chaîne ne vienne pas le lécher.

Le Look KG196 retrouve sa superbe. Je comprends parfaitement qu'on puisse ne pas aimer son côté outrageusement tapageur. Il ne s'appelle pas Look pour rien. Toujours prêt à monter faire le beau sur le bar, rien ne l'arrête (surtout pas ses freins Campagnolo Delta) mais, malgré son impressionnante musculature c'est désormais une vénérable pièce de collection à traiter avec égards. Ce fut un plaisir (mâtiné d'un peu de stress) que de le rendre à l'asphalte.

samedi 14 mai 2011

Var ou Park Tool ?




Voilà les deux principales marques d'outillage professionnel que vous aller rencontrer sur le tableau d'un atelier vélo. Bien sûr, il en existe d'autres comme Pedro's mais elles sont largement moins diffusées.

Var est une boîte française et se dit leader européen, Park Tool est une boîte américaine qui ne dit rien du tout mais que je soupçonne d'être leader tout court...

Chacune à ses spécialités/spécificités et je trouve qu'on y gagne à panacher l'outillage.

Ainsi pour moi, au delà de son évidente efficacité, le petit outillage Park Tool est nettement plus agréable à manipuler : clés à cônes, clés à ergots, dérive-chaîne, etc. Il y a belle lurette que toutes leurs clés sont recouvertes de vinyl (Var s'y est mis mais aura mis le temps). La prise en main est toujours pensée chez Park Tool, l'ergonomie et le confort d'utilisation sont toujours pris en compte. Cerise sur le gâteux, leurs outils sont plutôt réussis au niveau esthétique. Un détail qui compte vu le temps passé à regarder toutes ces clés.

Var, a tellement dominé (seul) le marché français que l'arrivée de Park Tool l'a obligée à revoir sa gamme et à faire des efforts de présentation comme dirait un instituteur de CM2. Je peux même aller plus loin et affirmer que dans le cas qui nous intéresse l'instituteur a été brutal et a donné un méchant coup de pieds aux fesses de l'endormi... Il n'empêche que si Var n'a que peu brillé par le marketing (depuis une paire d'années des designers ont été recrutés pour refaçonner la gamme et la rendre visuellement plus attractive), l'entreprise dispose d'une vraie tradition industrielle. C'est pour ça que Var a ma faveur en ce qui concerne les outils de coupe, de taraudage, de filetage, etc. Dès qu'il s'agit d'enlever ou de travailler la matière il me semble que leurs outils sont de qualité supérieure. Petit bémol pour finir : j'appréciais aussi beaucoup le fait que Var ait gardé le contrôle de sa distribution. Ce n'est désormais plus le cas puisque c'est Shimano France qui a récemment pris en charge la distribution. Dommage de ne plus pouvoir jouir du contact direct avec le fabricant.

Quoiqu'il en soit des préférences personnelles, on voit aisément qu'il y a deux cultures qui s'affrontent. Une culture nord-américaine qui fabrique de bons produits, qui maitrise le marketing et qui invente très régulièrement de nouveaux produits face à une culture française riche de la maîtrise d'un savoir-faire pointu mais qui a longtemps cru que c'était suffisant pour s'imposer.

Si vous avez besoin d'outils, je passe régulièrement commande, n'hésitez pas à en profiter.