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samedi 16 décembre 2023

Un peu d'excentricité

Il y a déjà longtemps j'avais fait ici un topo sur un outil indispensable : le contrôleur d'usure de chaîne. Avec le temps c'est toujours le même outil qui me sert la plupart du temps à l'atelier.
 

J'en ai d'autres marques sur le même principe mais la simplicité de celui-ci en fait mon "outil de labeur". Néanmoins, j'ai modèle peu plus évolué que j'aime beaucoup parce qu'il offre une plus grande précision de mesure fort utile avec les transmissions plus sportives dont les composants sont onéreux et délicats dans leur approche.


 
 
Une simple aiguille excentrique permet en tournant la petite molette d'avoir une valeur d'usure facile à lire. Simple et efficace.


mercredi 10 décembre 2014

Epreuves à la chaîne

Je ne vais pas vous surprendre en vous apprenant que la chaîne de votre vélo est mise à rude épreuve. Vous lui en demandez beaucoup (trop). Déjà, c'est elle qui transmet aux pignons l'incroyable puissance dégagée par vos cuissots d'acier. Sans compter que beaucoup de cyclistes ne respectent pas ce qu'on nomme la "ligne de chaîne". En effet, une chaîne est d'un meilleur rendement et s'use moins vite quand elle travaille bien droit. Par exemple, si vous roulez avec votre chaine sur le grand plateau et le grand pignon vous pourrez observer qu'elle travaille complètement de traviole. En général, cette position est légèrement plus bruyante, votre vélo pleure mais indifférent-e à sa souffrance vous persistez à le torturer.

Néanmoins, l'attentat le plus fréquent dont est victime cette merveille mécanique consiste en l'absence totale de lubrification. Il y a un paquet de chaînes qui connaissent une vraie traversée du désert. L'autre extrême en matière de mauvais traitements consiste à la tartiner de graisse qui, dès la première sortie, va agglomérer toutes les saletés de passage pour fabriquer un cambouis bien abrasif ! On ne le dira jamais assez, utilisez de l'huile fine en petites quantités et basta !

Il est parfois difficile de vérifier l'état d'usure de cet organe essentiel du vélo. Un-e cycliste n'est pas comparable à la régularité d'un moteur. Et puis, il existe tellement de chaines différentes : monovitesse, 5 à 8 vitesses, 9 vitesses, 10 vitesses, et désormais 11 vitesses ! En devenant de plus en plus étroites, les chaînes deviennent également plus sensibles à l'usure. Ceux et celles qui pédalent en force "mangent" plus de chaîne que ceux et celles qui donnent dans la vélocité. Bon, il faut reconnaître que souvent je vois des transmissions tellement pourries que je n'ai pas besoin de beaucoup d'expertise pour affirmer que les pignons et la chaine sont à changer et parfois jusqu'aux plateaux pourtant moins sensibles à l'usure car protégés par leur plus grand nombre de dents répartissant mieux l'effort. Mais, il y a aussi des vélos bien entretenus avec des chaines changées régulièrement avant que les pignons ne soient trop attaqués, ce qui permet d'éviter un gâchis de pièces détachées, de protéger son porte-monnaie et accessoirement de rouler l'esprit tranquille avec un vélo pleinement opérationnel et d'un rendement optimal. Alors pour ces cas là, il existe un petit outil indispensable qui se nomme bêtement "contrôleur d'usure de chaîne". Je vous présente le mien :
Son fonctionnement est très simple, en s'usant, la chaîne s'étire, cet outil mesure sur quelque maillons cet allongement. Sur une chaîne neuve, cela va donner ça :
Comme vous le constatez, la chaîne n'est pas étirée parce que l'ergot de l'outil n'arrive pas à s'insérer dans la chaîne. Par contre, avec une chaîne très usée, il en va tout autrement :
La chaîne s'est tellement distendue que l'ergot rentre parfaitement dans la chaîne. Chaîne qui va instantanément rejoindre la poubelle accompagnée par les pignons, car en l'occurence, l'usure générale est trop avancée. Si vous observez bien l'outil, vous remarquerez qu'il dispose de deux mesures d'usure. +0,10 mm d'étirement = poubelle pour la chaine et les pignons. +0,075 mm = simple changement de chaîne car il n'est pas trop tard.

Bon, à défaut d'avoir été clair, j'espère ne pas avoir trop semé la confusion dans vos esprits. Si c'est le cas, achetez vous un vélo acatène ou à courroie et oubliez immédiatement tout ce fatras inutile.

vendredi 14 mars 2014

Emmêler les pinceaux

Avant de vous noyer sous ma prose, un avant-propos s'impose. Certains vélos sont équipés de freins hydrauliques. Grosso mierdo, c'est le même principe que sur une bagnole : quand on appui sur la poignée, un fluide met en action des pistons qui appuient des plaquettes sur le disque. Sans trop entrer dans les détails, il y a pour les vélos deux fluides qui sont utilisés pour ces freins. Soit de l'"huile minérale" soit de la "DOT". Chaque fabricant a choisi un de ces produits et s'y tient. On ne peut pas intervertir ces produits, ils sont même hautement incompatibles. Donc, pour faire l'entretien et purger les freins à disque hydrauliques il existe des kits de purge et un mécanicien se doit d'en avoir deux bien distincts : un pour l'huile minérale, un pour la DOT. Il prend garde à ne pas les polluer en se mélangeant les pinceaux.

Cette semaine, alors que je rangeais mon bazar après avoir effectué une purge mon regard s'est attardé sur la valise qui sert à ranger mon kit spécial DOT.
Comme le Port-Salut, c'est écrit dessus : DOT. Il se distingue de l'autre par sa couleur, pour celui-ci les seringues sont oranges, pour le kit minéral elles sont noires. Simple, non ?

Il y a même un tutoriel de purge à l'intérieur.

On y voit une purge sur un système Shimano. Et c'est là que je crie à l'hérésie ! Shimano est du côté noir de la force. Shimano ne produit que des systèmes fonctionnant à l'huile minérale ! Ce détail est d'une incroyable violence pour le mécanicien lambda ! Il m'a plongé dans une souffrance sans limites et m'a jetté dans les abîmes de la folie. Ce que nous décrit cette photo est tout simplement impossible ! Je dirai même contre nature !

Comme j'ai bien conscience que cette horreur ne vous saute probablement pas à la figure, je compte vous donner quelques explications en image qui vous permettront de vous faire une opinion quant au réalisme d'une purge Shimano avec de la DOT.

Prendriez-vous au sérieux l'idée d'entretenir une selle en cuir avec du papier de verre ?

Prendriez-vous au sérieux l'idée de "coller" une rustine avec une agrafeuse ?

Prendriez-vous au sérieux l'idée d'un graissage de boitier de pédalier avec du beurre de Normandie (demi-sel quand même, on se respecte) ?

Non, non et non !

Alors, j'ai bien comme explication de cette hérésie le fait que Var est distribué en France par Shimano mais tout de même, s'emmêler ainsi les pinceaux ça me fait drôlement mal au coeur.

mardi 5 novembre 2013

Entretien vélo


Il est un mécanicien que je ne nommerai pas, mais pour lequel j'ai du respect, qui a une technique bien personnelle pour mener les entretiens d'embauche/stage. Technique plutôt déstabilisante puisque concernant l'aspect technique il ne pose qu'une question :
-"Quand tu montes un pneu, combien tu utilises de démonte-pneus ?"

Question gentiment piégée, même si la réponse est dans l'intitulé. Un-e mécanicien-ne, même peu chevronné-e, sait qu'il ne doit utiliser que ses 10 doigts. Comme son nom l'indique clairement, un démonte-pneu n'est pas (sauf rare exception) adapté à la pose d'un pneu. Son usage risque d'abîmer le pneu, voire la jante et requiert toute la douceur de nos mimines.

En fonction de votre perception des choses je vous laisse donc qualifier le mécanicien en question : malicieux, vicieux, subtil, tordu ?


mercredi 22 août 2012

I had a dream


Ma rentrée doit profondément affecter mon psychisme. Passer du niveau d'activité d'un lézard sur un muret ensoleillé au rude labeur de la France qui se lève (presque) tôt a submergé mon cerveau. A tel point que la semaine passée j'ai rêvé du boulot. C'est suffisamment rare et surréaliste pour que je me confie à vous (je sens déjà quelques amis qui psychologisent tout, et surtout rien, en avoir l'eau à la bouche...), même si je suis un peu gêné d'un tel dévoilement intime.

Il est un outil qu'on appelle alésoir (voir photos ci-dessus). Munis de plusieurs lames, il permet de recalibrer l'intérieur des tubes. En l'occurrence, à l'atelier, je l'utilise pour ajuster le diamètre interne des tubes de selle, j'enlève quelques dixièmes de mm., pas plus.

Dans mon rêve, j'avais besoin de m'entraîner à aléser. En manque de pratique et de support adéquat, je me résignais à manipuler l'outil afin de modifier mes trous d'oreilles... Je me souviens parfaitement que je devais les passer d'un diamètre de 22 mm. à pas moins de 25 mm. Aïe !

Voilà, vous savez que ma conscience professionnelle ne s'arrête pas à la porte de l'atelier et que vos problèmes mécaniques hantent mes nuits. J'espère que ça va vous empêcher de trouver le sommeil à vous aussi.