J'ai démarré au kilomètre 85
dans une descente.
Je fonce.
À partir de maintenant, faut tenir.
Bonne nouvelle, entre plein des nouveautés, les libraires de Les Nuits Bleues ont redonné une petite place sur leurs étagères à 54x13.
Sa lecture vous permettra de comprendre qu'en certaines occasions, la meilleure attaque c'est la fuite.
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mercredi 4 mars 2020
lundi 5 mars 2018
Encore et encore
Comme Mr. Fourmi qui m'a fait parvenir les deux spécimen ci-dessous, n'hésitez pas à contribuer au recensement des diverses catégories de cyclistes. Surtout si comme lui vous y mettez littéralement un peu du vôtre.
Et ça continue encore et encore !
Axelle dite LA plaque
Son vélo : un cadre alu qui a perdu une grande partie de ses atouts au rythme effréné de ses 20 000 kilomètres/an. L'entretien de sa monture est erratique. Le faire ne serait qu'un précieux temps perdu à ne pas borner. Comprendre que la mécanique importe peu à côté de son investissement à parfaire son foncier. Un goutte d'huile sur la chaîne le lendemain d'une sortie de 150 kilomètres sous des trombes d'eau satisfera à la remettre en route pour une courte récupération de 80 kilomètres. Son ascèse physique est son seul objectif. Même sa tenue a peu d'importance. Son cuissard a la peau de chamois élimée car elle se fait un point d'honneur à ne jamais lever son cul de la selle. Comprendre que le cyclisme est pour elle une épreuve de force. Son braquet : 54x13. Certains la moquent en la conduisant à convertir son vélo en monovitesse tant elle fait preuve de jusqu'au-boutisme à ne pas vouloir user de (pour ne pas dire économiser) ses câbles de dérailleurs. Cette cycliste tête-dans-le-guidon aura toutefois toujours un geste pour ses comparses : les doigts levés (sa paume ne quitte pas le creux de son cintre) en guise de salut. Un salut parfois accompagné d'un sourire narquois quand elle fait la nique au patriarcat vélocipédique.
Phrase type : c'est une cycliste de peu de mots !
Bernard Blaireau
Lui a la suffisance de ne jamais rendre un salut (surtout quand Axelle le met dans le vent). Il est de la haute. Comme si sa victoire passée sur les routes de Nantes-Segré pouvait le soustraire à toute amabilité. Et pourtant ! Il a perdu de sa superbe. Il persiste malgré tout à enfiler son paletot d'ex-champion régional. Hélas sa bedaine naissante n'échappe à personne. Ces quelques kilos supplémentaires ne lui permettent plus de grimper aussi vite. Désormais perdu dans les limbes du classement de King-of-the-Mountain de la côte des Forges sur Strava, il se fait un point d'honneur à rester maître du segment dit du pont-de-chemin-de-fer. Pour cette performance, il dilapide ostensiblement ses primes de courses passées : des roues carbones et une visserie entièrement en titane. Son vélo est un succédané taïwanais d'une prestigieuse marque italienne : le mauvais goût de la Riviera a sa préférence, irrespectueux qu'il est de l'industrie transalpine.
Phrase type : Je crois que j'ai mon patin qui touche ! (ndlr. sa jante)
Et ça continue encore et encore !
Axelle dite LA plaque
Son vélo : un cadre alu qui a perdu une grande partie de ses atouts au rythme effréné de ses 20 000 kilomètres/an. L'entretien de sa monture est erratique. Le faire ne serait qu'un précieux temps perdu à ne pas borner. Comprendre que la mécanique importe peu à côté de son investissement à parfaire son foncier. Un goutte d'huile sur la chaîne le lendemain d'une sortie de 150 kilomètres sous des trombes d'eau satisfera à la remettre en route pour une courte récupération de 80 kilomètres. Son ascèse physique est son seul objectif. Même sa tenue a peu d'importance. Son cuissard a la peau de chamois élimée car elle se fait un point d'honneur à ne jamais lever son cul de la selle. Comprendre que le cyclisme est pour elle une épreuve de force. Son braquet : 54x13. Certains la moquent en la conduisant à convertir son vélo en monovitesse tant elle fait preuve de jusqu'au-boutisme à ne pas vouloir user de (pour ne pas dire économiser) ses câbles de dérailleurs. Cette cycliste tête-dans-le-guidon aura toutefois toujours un geste pour ses comparses : les doigts levés (sa paume ne quitte pas le creux de son cintre) en guise de salut. Un salut parfois accompagné d'un sourire narquois quand elle fait la nique au patriarcat vélocipédique.
Phrase type : c'est une cycliste de peu de mots !
Bernard Blaireau
Lui a la suffisance de ne jamais rendre un salut (surtout quand Axelle le met dans le vent). Il est de la haute. Comme si sa victoire passée sur les routes de Nantes-Segré pouvait le soustraire à toute amabilité. Et pourtant ! Il a perdu de sa superbe. Il persiste malgré tout à enfiler son paletot d'ex-champion régional. Hélas sa bedaine naissante n'échappe à personne. Ces quelques kilos supplémentaires ne lui permettent plus de grimper aussi vite. Désormais perdu dans les limbes du classement de King-of-the-Mountain de la côte des Forges sur Strava, il se fait un point d'honneur à rester maître du segment dit du pont-de-chemin-de-fer. Pour cette performance, il dilapide ostensiblement ses primes de courses passées : des roues carbones et une visserie entièrement en titane. Son vélo est un succédané taïwanais d'une prestigieuse marque italienne : le mauvais goût de la Riviera a sa préférence, irrespectueux qu'il est de l'industrie transalpine.
Phrase type : Je crois que j'ai mon patin qui touche ! (ndlr. sa jante)
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mercredi 2 février 2011
54x13

54x13, c’est un rapport démentiel. Comment dire ? C’est « mettre tout à droite », « poser une plaque », « emmener de la braquasse », etc. Oubliez les finasseries, vous êtes « dans le dur ». Je préfère de loin le « tao de la socquette légère ». D’où mon appétence pour le vélo mono-vitesse et son 42x16 de guignol. Eternelle opposition de la puissance et de la vélocité… Choisis ton camp !
54x13, c’est l’histoire de Lilian, un obscur, un « porteur d’eau » qui arrive à s’extraire du peloton en même temps que de sa routine. Ce faisant, il enfreint certaines des règles tacites qui régissent le petit monde de la course et se le met à dos. Finalement, il y trouve son compte. Il commence enfin à exister aux yeux des ses pairs mais aussi pour lui-même : plutôt détesté que transparent ! Commence alors une lutte sans merci entre la meute et le fuyard, mais aussi pour Lilian, entre la tête et les jambes.
54x13, c’est une démonstration de tactique sans stratégie.
54x13, n’est pas un « roman sportif ». Sa noirceur sied mal aux bouquets forcés et aux sourires fanés des podiums.
54x13, c’est un roman de Jean-Bernard Pouy dont je conseille plus que vivement la lecture.
Un petit extrait en guise de mise en bouche :
Le public est sacré. Sans public plus de course cycliste.
Et comme le public est sacré et sait qu'il est sacré, il est dangereux.
Il faut s'en méfier. Le public vit une histoire d'amour, il peut faire la pire des bêtises.
J'ai une copie du bouquin (éditions L'Atalante) à l’atelier que je prête volontiers...
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