Affichage des articles dont le libellé est mécanicien vélo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mécanicien vélo. Afficher tous les articles

mercredi 6 mars 2019

La meilleure attaque c'est la défense


Celui qui possède un métier est comme celui qui possède un château-fort.
Proverbe berbère.

Je suis bien d'accord mais c'est pas parce que je découvre que je suis propriétaire d'un petit château que pour autant Stéphane Bern ou Stéphanie de Monaco sont bienvenus à l'atelier, ok ?

vendredi 10 mai 2013

Point de vue, image d'immonde

Tout est question de point de vue. Vous trouverez ci-dessous diverses représentations de mon cher métier de mécanicien-vélo.

Ce que mes ami-e-s pensent que je fais :





Ce que ma mère pense que je fais :




Ce que la société pense que je fais :




Ce que mes client-e-s pensent que je fais :



Ce que je crois faire :




Ce que je fais vraiment (barbe non contractuelle) :

mardi 26 mars 2013

Collègue



Il semble plus détendu que moi. En plus de la mécanique, je le soupçonne vaguement d'exercer en tant que vétérinaire...

samedi 15 septembre 2012

Dérapage incontrôlé

 
Voici deux perles entendues par ici dernièrement, histoire de finir la semaine dans la joie et la bonne humeur :

Le téléphone sonne.
-"La Tête dans le Guidon", bonjour.
-Bonjour, je voulais savoir si vous êtes ouvert. La roue "gauche" de mon vélo, ça va pas du tout.
-Heu...

Une autre pour la route. Quelqu'un franchit le seuil de l'atelier son vélo à la main.
-Bonjour, mon "frein à main" n'arrête pas de sauter.
-?

Quoi qu'il en soit, j'en ai conclu que beaucoup de cyclistes se croient au volant d'une bagnole.

ps > Pour les esprits les plus tordus d'entre-vous, je tiens à signaler qu'en aucun cas il n'était question de triporteurs. Certes, cela aurait pu expliquer les deux conversations mais ça aurait été beaucoup moins drôle.

mardi 14 août 2012

C'est la rentrée !


Je suis frais et dispo dans mon atelier rangé qui sent bon la lavande ! C'est reparti !

vendredi 17 juin 2011

La philosophie est un sport de comptoir



Basta !

Parfois tout ne s'enchaîne pas exactement comme prévu. Un petit détail et la spirale infernale s'enclenche et ruine en un rien de temps une belle journée. C'était mon cas aujourd'hui. Alors voilà ce qu'est une journée de m.... pour un mécanicien vélo.

Il y a certains fournisseurs qui promettent monts et merveilles quant aux disponibilités des pièces. L'un d'eux m'avait promis au mois de mars un pédalier pour mai. Fin mai, la pièce allait être disponible mi-juin. Mardi, j'appelle pour savoir où en est mon reliquat. Le délai annoncé est le suivant : mi-août. Petit énervement de ma part, changement de commande et j'attends avec impatience mon colis. Quand il arrive ce matin, il me manque la bonne pièce et j'ai en "cadeau" des pièces totalement exotiques que je n'avais surtout pas commandées et dont j'aurai besoin vers juillet 2032. Grrrr !

En fin de matinée, il y a quelqu'un qui vient me taxer un outil. Je lui explique que je tiens à mes outils et tout le petit laïus habituel. De retour quelques minutes plus tard, il me rend ma belle pince coupe-câble en pièces. Il a dû confondre "pince" et "marteau". Un petit sourire gêné pour toute excuse, il me demande de m'en passer une autre, parce qu'il n'a pas terminé sa besogne. Mon "non" a été aussi bien compris qu'une thèse d'histoire médiévale... J'avoue un peu avoir perdu de ma retenue. Surtout que nous avions un passif commun... Une semaine avant, il m'avait demandé un outil et sans gêne me montrait les pièces qu'il avait acheté dans une grande surface et qu'il s'apprêtait à monter avec mes outils. Grrrrrrr !

Pour contribuer à me détendre j'avais quelques opération à effectuer sur un vélo d'une grande surface du sport qui commence par "D" et finit par "N"... Certains de leurs vélos sont corrects et même très bien, mais les premiers prix ressemblent parfois vraiment à de la "merde en tube". Ce qui n'aurait dû me prendre une vingtaine de minutes s'est soldé par 1h30 de cris et de rage, plus des pièces neuves cassées pour ma gueule. Au moment de l'essai, un malheureux coup de frein et le câble pète direct. Encore pour ma gueule ! Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !

Quand il s'agit de ranger l'établi après la réparation, je ne trouve rien de mieux que m'ouvrir la main... Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !

Résultat, je préfère terminer cette journée confortablement assis devant mon écran à vous narrer mes misérables déboires et à attendre que ça se termine. Comme disait l'ami Thucydide : "Etre libre ou se reposer : il faut choisir". Sans vouloir le vexer, le bac de philosophie est tellement loin pour moi que je vais lâchement choisir le repos. Cela ne me vaudra sûrement pas une mention mais c'est toujours ça d'économisé en anxiolytiques pour la sécu.

Le bon côté de la chose, c'est que cela me conforte dans le fait que ce samedi (18 juin) l'atelier sera fermé. J'avais prévu de longue date un petit bol d'air et il s'impose de lui-même !

Ciao !

mardi 3 mai 2011

Proverbe cycliste



"Le premier outil d'entretien du vélo c'est le chiffon."
Ah ça c'est ben vrai !

"Femme cousant", anonyme, 19ème siècle.

mardi 14 décembre 2010

Entracte


Je viens à peine de terminer de la lecture de La convivialité de Ivan Illitch et, certaines phrases ont fait tilt dans mon petit cerveau, parce que sa réflexion sur l'outil de manière générale a renvoyé à la perception que j'ai du vélo en tant qu'outil particulier. Outil dont on peut comprendre seul le fonctionnement mécanique, au moins dans sa théorie. Presque rien n'y est caché, tout est relativement simple et on peut aborder son entretien et une partie de sa réparation seul sans être qualifié. Le vélo est un outil facile d'approppriation. Illitch l'exprime dans les termes suivants : " on peut avoir la compréhension de ce que fait un forgeron sans en être un soi-même, on a pas besoin d'être cuisinier pour savoir comment on fait la cuisine." Mais il enchaîne aussi un peu plus loin en ajoutant que "Si la technique de l'artisan peut-être comprise en observant son travail, les ressources complexes qu'il met en oeuvre ne peuvent être acquises qu'à l'issue d'une longue opération disciplinée : l'apprentissage. Le savoir global d'une société s'épanouit quand, à la fois, se développent le savoir acquis spontanément et le savoir reçu d'un maître ; alors rigueur et liberté se conjuguent harmonieusement."

Décidément, je trouve que le vélo est typiquement l'outil qui permet d'unir "rigueur et liberté".

Et puis, cette petite réflexion sur l'univers de l'artisan est un entracte parfait dans votre recherche de ce qu'est mon petit objet-mystère qui fait partie de mes "ressources complexes" : qu'est-ce que c'est, à quoi ça sert, comment on se le procure, comment prendre connaissance de son existence ? La boucle est bouclée et j'ai réussi à vous pourrir la tête, quelle belle journée !

vendredi 30 juillet 2010

« C'est trop cher ! »


Combien de fois ai-je entendu cette réplique à l'annonce du coût estimé d'une réparation. Au début, cette phrase m'a souvent plongé dans de grandes interrogations existentielles. Suis-je à l'origine de la misère dans le monde ? Ai-je provoqué la banqueroute de la Grèce ? J'en rie, mais parfois encore, à force d'entendre cette remarque, je me sens mis en cause, d'où ce texte. Il ne s'agit pas d'une justification. Voyez-y plutôt une explication pour que vous compreniez ce que, pour moi, vous payez et pourquoi vous le payez. Attention, ceci n'est pas un texte d'économie, on va plutôt patauger dans la philosophie de comptoir et la psychologie de bazar. Ou l'inverse, c'est comme vous voulez...

D'un point de vue cynique, les mauvaises langues diront que je vis de l'ignorance de mes clients. Moi, j'estime qu'ils me paient pour mon savoir-faire. Comme je l'ai déjà expliqué, le temps du bricolage est révolu en matière de réparation des vélos. J'ai suivi une formation, je fais régulièrement un travail de veille pour tenir mes connaissances à jour, je m'astreins à faire une formation par an, je surveille les évolutions de l'outillage et j'en acquiers très régulièrement, j'achète la presse spécialisée que pourtant je trouve chiante au possible, etc. De plus en plus, j'estime que les mécanos vélos vont devoir se spécialiser en fonction des pratiques parce que tout évolue très vite et qu'avoir une maîtrise complète de tous les aspects mécaniques du vélo va devenir une chimère. Je suis le premier à enrager, j'ai l'impression qu'une partie de mon métier finira par m'échapper. N'empêche, je préfère exceller par certains aspects et admettre que d'autres m'échappent (et par conséquent refuser d'effectuer certaines manip' et aiguiller le client vers un collègue). Pour moi maîtriser son métier demande des années et je ne suis qu'au début d'un long parcours, je n'ai pas peur d'une certaine routine parce que je sais qu'elle m'autorise à me concentrer sur d'autres aspects de mon métier que je dois encore approfondir. Vous payer pour que je m'améliore constamment...

Si j'emploie le mot « métier » et non « travail » ou « profession », n'y voyez pas de hasard. Pour moi, « être du métier » ça veut dire que je contrôle totalement toutes (notez la redondance) les tâches : choix des pièces, commande, montage, réparation, accueil, ménage, décoration, mise à jour de ce blog, et bien d'autres. Cela me donne une certaine fierté parce que j'exerce une activité stimulante, indépendante où, à défaut de rémunération correcte, la notion de choix de vie n'est pas vide de sens : je « possède » mon activité. Vous, en dehors du fait que mon sourire rayonnant vous est quotidiennement et gratuitement administré, ça vous donne la certitude que je ne peux/veux pas fuir mes responsabilités, que c'est moi qui ai tout fait sur votre vélo de A à Z. Vous avez un interlocuteur direct. En cas de pépin, vous pouvez vous offrir le luxe de venir m'empailler, ça soulage, et c'est en termes de résultats, bien plus efficace qu'un appel vers une plate-forme téléphonique au Maroc ou en Inde... En gros, vous payez pour avoir l'assurance que ça marche, ni plus, ni moins, je n'ai pas le choix... Combien de fois ai-je passé une heure complète sur un frein récalcitrant afin qu'il fonctionne de manière satisfaisante, pour ne facturer à la fin qu'un petit quart d'heure de main d'oeuvre ! Le cycliste n'en sait rien, il observe juste que ça fonctionne. Je ne cherche pas de gain de productivité, je cherche à faire du mieux possible, même si c'est parfois frustrant parce qu'invisible.

Un métier, c'est aussi une « culture ». Je n'ai vraiment rien d'un commercial. J'aurais du mal à vendre des « Encyclopédies de l'Inutile » ou des assurance-vie pour jeunes de moins de 25 ans. J'ai une culture-vélo, ça me permet juste de conseiller des produits/réparations parce que je sais ce que ça vaut de part ma propre expérience. Quand un produit est merdique, c'est simple, j'essaie de le supprimer de mon stock. Comme dit mamie : « On n'a pas les moyens d'acheter de la merde ! ». S'il est bon, je le plébiscite. Je ne vends pas un produit ou je n'effectue pas une réparation en songeant à la marge que je vais faire.

En tous cas, la culture du métier si ça n'a pas de prix, ça a une valeur. Typiquement, ce qui me gave quand je présente un devis, c'est que la personne en face de moi, cherche à rogner la part que j'ai attribué à mon temps de travail... Si je suis moins payé, est-ce que ça veut dire que je suis autorisé à travailler à la va-vite ? Est-ce que j'ai le droit de « faire de la merde » ? Est-ce que vous demandez à votre dentiste de faire plus vite histoire que ça coûte un peu moins cher ? Je ne négocie pas mon savoir-faire parce que c'est un peu comme si je négociais une part de mon estime personnelle. Je me retrouve donc parfaitement dans ces quelques phrases : « Il n'est pas étonnant que chacun ait du mal à se reconnaître dans un monde dont il n'est plus responsable que de manière fictive. Savoir qui l'on est, cela passe aussi par la capacité à façonner son environnement immédiat, à établir soi-même et avec d'autres ses propres besoins. Dans ce monde administré, l'identité se réduit comme peau de chagrin. Il ne reste, pour s'identifier, que la vie intime […] le métier que l'on exerce. ». C'est bien dit, hein !

Voilà, maintenant vous savez. Vous me payez pour faire de la philosophie de comptoir... Promis, je le ferai plus. La prochaine fois, on parlera « boitier de pédalier ». On évoquera bien sûr le vieux format, désormais désuet, au pas français (35 * 100, les deux cuvettes se vissent en sens horaire), du désormais hégémonique format BSC (1,37 ''*24 TPI, la cuvette fixe se visse en sens anti-horaire), sans oublier le pas italien (36*24, les 2 cuvettes se vissent en sens horaire) qui orne habituellement du beaux vélos de course... Et puis, si j'ai le courage on évoquera vite fait le trop peu méconnu pas suisse (35*100, la cuvette fixe se visse en sens anti-horaire)... On terminera par les nouveautés que sont le format BB30 (cuvettes sans filetage emboitées dans le boitier pour axes traversants de 30 mm. de diamètre) et les autres formats propriétaires que, soit dit en passant, je conchie...

J'ai définitivement terminé pour aujourd'hui, j'imagine l'émoi qui a submergé vos petits coeurs à l'évocation d'un des « petits métiers d'antan » dont raffole tant l'autre naze du journal de TF1.

La citation est extraite de : Un futur sans avenir, « Pourquoi il ne faut pas sauver la recherche scientifique », Groupe Oblomoff, Editions L'Echappée, 2009

mercredi 5 mai 2010

Jean qui rit, Jean qui pleure


Je suis en train de régler un vélo tout beau tout neuf, d'un grand fabricant, mais qui avant de rouler le moindre mètre a d'abord besoin de 2, 3 coups de clés... A ma grande surprise, celui-ci a été livré au client avec deux pédales "gauches" (sur un vélo les filetages sont inversés en fonction du côté). Cela n'a pas empêché le "monteur" de visser de force une des pédales à droite, ce au détriment de la sécurité du cycliste...

Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer...

samedi 27 février 2010

Je "bricole" pas !


On me demande souvent comment on fait pour devenir mécanicien vélo, alors voilà un petit post pour donner quelques pistes à ceux et celles qui envisagent cette possibilité. D'abord, il faut, à mon avis, avoir conscience que le métier se professionalise très vite et que l'ère du "bricolage" est close. les fabricants proposent des produits de plus en plus pointus, il faut une bonne connaissance des compatibilités des pièces, les nouveaux concepts sont nombreux, l'outillage spécifique devient indispensable, etc. En clair, l'industrie du cycle s'inspire très fortement de l'industrie automobile qui a presque réussi à rendre impossible la réparation et l'entretien d'une automobile sans passer par un professionnel... Dommage, mais il s'agit déjà d'un autre sujet de conversation...

Cette stratégie de l'industrie du cycle implique donc par conséquent un personnel formé. C'est pourquoi cette même industrie a poussé à la roue pour l'émergence d'une formation spécifique découplée des classiques formations ou mécanique vélo et motoculture ne font qu'un. Ouf, il était temps, non ? Est donc née, il y a quelques années une Certification de Qualification Professionelle de Technicien-Vendeur Cycles. Officiellement, aujourd'hui, dans n'importe quel atelier vélo de France, au moins une personne doit détenir cette certification.

Alors, comment l'obtenir ? Deux solutions. Par l'expérience, si vous pouvez justifier auprès de la commission qui décerne ce "diplôme", d'une expérience d'au moins 6 mois, si mes souvenirs sont bons (vérifiez cette info sur la durée !). Sinon, il suffit de retourner à l'école... A mes yeux le CNPC Sports de Grenoble devient de plus en plus l'acteur incoutournable de ce mouvement vers la professionalisation. Sept semaines de formation où cours magistraux et en atelier s'enchaînent, avec aussi des rencontres avec des acteurs de l'industrie de cycles, et pleins d'autres choses très variées. Le tout est sanctionné par un examen théorique et pratique final qui est reconnu et qui permet de commencer à chercher un emploi où après 4 mois d'expériences vous pourrez valider définitivement votre CQP.

Je tiens juste à dire qu'à la sortie de la formation, il me semble un peu prétentieux de se considérer comme un vrai mécanicien vélo. Les bases sont là et c'est l'expérience qui fera la différence entre "le bon et le mauvais chasseur" comme dirait l'autre...

Une dernière chose... Ce boulot manque cruellement de femmes. Alors qu'en Amérique du nord, les mécaniciennes vélo commencent à vraiment se faire une place, en Europe ce boulot reste désèspérement masculin. J'ai ma petite explication là-dessus, j'espère y revenir un de ces quatre. En attendant, j'espère que ça va changer. Allez les filles !

Voilà, j'espère que vous y voyez un peu plus clair désormais. Et puis maintenant, vous comprendrez pourquoi je me renfrogne quand on me dit "bon bricolage". Je "bricole" pas !