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samedi 9 janvier 2021

Cucul Prapra

En surfant (comme on disait au siècle passé) sur le web, mon œil fatigué a été attiré par cette publicité contextuelle :
 

J'ai senti l'arnaque mais j'ai cliqué sur le lien en question pour tomber sur ça :


Une belle page de réclame pour une marque de bagnole. Désormais pour accrocher le chaland mâle et hétéro, le vélo peut servir d'alternative à la figure traditionnelle de "la-femme-à-poil" dans le répertoire du/de la pubard-e fainéant-e.
 
Je tombe donc sur de la pub mal déguisée accompagnée d'un copieux blahblah "lifestyle". Qui par exemple a la moindre probabilité d'être touché-e à l'évocation du souvenir d'un après-midi à dévorer des livres au Muthaiga Country Club de Nairobi ?

Et puis, il faut aussi compter avec la liste de collabs foireuses toutes aussi inutiles que nuisibles : sellerie, lunettes...

Le "vélo-hameçon" existe bien et est le fruit d'une de ces collabs. Il paraît qu'il transcende les codes de la mobilité, de la légèreté et de la modernité. C'est surtout un acide pris au petit-déjeuner qui a transcendé au delà de sa boîte crânienne l'esprit du/de la pigiste.

Et selon Fabio, un autre gusse qui a l'air de peser dans le game : l'esprit sportif aujourd'hui n'est pas seulement une question de course, c'est également être capable de suivre le rythme de plus en plus effréné du monde moderne. Je pense que c'est une question d'esprit sportif moderne.
 
C'est tellement philosophique que je me permets de mettre la pensée virtuoses de Fafa à la portée de vos esprits de rustaud-e-s mal dégrossi-e-s : l'esprit sportif d'aujourd'hui est moderne parce que l'esprit moderne est aujourd'hui sportif. En tous cas ce qui est compte sportivement c'est la modernité rythmique d'aujourd'hui. Ou un truc du genre. Bah, démerdez-vous en fait.

Il est tellement dans la modernité Fabio qu'il peut affirmer sans rire ce qui suit : que vous conduisiez une voiture ou un vélo CUPRA, vous ressentirez les même sensations exceptionnelles.
 
Hé wesh ! Conduire deux tonnes de ferraille climatisée ou pédaler sur un vélo à la force du mollet bah en fait c'est kif-kif bourriquot mon/ma couzin-e !
 
En lisant cet article torchon le qualificatif qui m'est venu à l'esprit c'est : cucul la praline. 

Et là, tout est devenu clair quand au message subliminal porté par la marque en question : CUPRA.
 
Il s'agit d'une simple contraction de Culcul la praline.
 
Et tout ce fatras publicitaire n'est qu'une vaine tentative pour camoufler un choix de nom calamiteux.
 
 CQFD.

jeudi 24 janvier 2019

Vivre en danger

J'ai faillé m'étrangler à la lecture de l'article ci-dessous du dernier numéro de Vivre à Angers.


C'est en particulier un extrait sorti de la gorge d'un élu qui a failli boucher la mienne :

Notre objectif est d'augmenter la part modale du vélo de 5%, voire davantage, d'ici à 2027. Cela n'a l'air de rien, mais à l'échelle d'un territoire aussi vaste que le nôtre, c'est beaucoup, et nous pouvons nous satisfaire de ne pas partir de rien.

Mazette, une augmentation "de 5%" ! Mais c'est complètement maboul ! Dans un petit encart sur la même page il est annoncé que la part modale du vélo sur la métropole était de 3,1% en 2012. Le cave que je suis en mathématiques sait malgré tout se servir des fonctions les plus simples de sa caltoche et j'ai effectué quelques opérations. En plus d'un mal de crâne, mes recherches m'ont amené les résultats suivants : 5% de 3,1% est égal à 0,155%.

Si j'ai donc bien lu l'énoncé de M. Dupré, vice-président aux mobilités, l'objectif de part modale est donc fixé à 3,225% pour 2027. Grotesque ou minable ? Les deux.

Je n'ai pas exactement la même analyse que ce monsieur, et je me permets de reformuler sa litanie comme suit :

Notre objectif est d'augmenter la part minable du vélo de 5%, voire davantage, d'ici à 2027. C'est rien, et à l'échelle d'un territoire aussi vaste que le nôtre, ça represente que dalle, et nous allons donc nous satisfaire de partir de rien et d'y rester.

C'est plus adéquat et relativement factuel. J'en profite aussi pour abonder dans le sens de notre élu qui rappelle qu'Angers Loire Métropole est tellement "vaste" qu'évidemment la comparaison ne peut être tenue en terme d'objectifs qu'avec des villes comme mettons Strasbourg, Amsterdam, Berlin, Portland ou Copenhague. En somme de villes qui ont, elles aussi, des efforts à produire en terme de développement du vélo.

Enfin si cette annonce relevait par hasard d'une erreur de transcription et que l'objectif  était d'atteindre une part modale du vélo de 5% (et non une augmentation de 5%), sachez que cela ne me satisfait guère plus et je propose la mise à jour suivante :

Notre objectif est d'augmenter la part minable du vélo à 5%, voire davantage, d'ici à 2027. Ce n'est rien, surtout à l'échelle d'un enjeu vaste que le dérèglement climatique, c'est ridicule mais d'ici là vous aurez oublié mon discours, non ?.

C'est vrai qu'une augmentation de 1,9% étalée sur 8 ans relève d'une telle audace ! C'est à peu près aussi aventureux que de profiter de la fermeture d'une station-service en centre-ville pour la transformer en parking. Le tout en un temps record de 12 ans.

Si une place se libère au sein d'Angers Loire Métropole pour faire des multiplications et des divisions, je postule de suite. Mon niveau en mathématiques était médiocre mais au dessus de la moyenne jusqu'en 4ème. Ce n'est qu'après que j'ai décroché. Je me sens donc parfaitement apte. J'ajoute que je dispose d'une calculatrice Texas Instruments en parfait état (j'ai changé les piles il y a deux ans) avec pleins de fonctions que je ne maîtrise pas encore mais qui ouvrent des horizons tout à fait inconnus si elles sont mises au service de la communauté urbaine.

En septembre dernier était lancé un Plan vélo national depuis Angers. J'avais déjà évoqué ce qui ressemble plus à un plan com' qu'à une réelle volonté politique. Toujours est-il qu'à Angers nous héritons d'un planplan-vélo voire un planplan-cucul-vélo.


Sources : Vivre à Angers, février-mars 2019, n°421, p. 17.

dimanche 31 mai 2015

Peine perdue

Mes frasques vélocipédiques ont été maigres depuis le brevet des 400 km. Tout au plus aller chercher le pain le dimanche. Alors, ce matin, la visite de courtoisie à un ami, avec ses 120 km et son fort vent de face, m'a rappelé qu'acquérir de l'endurance à vélo demande beaucoup d'effort et de constance. Surtout, perdre cette qualité si âprement acquise ne demande de souffrir que quelques heures de canapé et à peine autant de paquets de chips. Je me suis d'ailleurs senti aussi vide et poisseux que les paquets de chips en question. Ceci expliquant cela, vous excuserez le côté décousu de ma narration. Inutile de chercher une trame quelconque à ces quelques photos glanées en route.

A propos de glanage, c'est la première fois que j'observe l'usage d'une bicyclette comme arme de dissuasion à destination des nos amis à plumes. Je suis sceptique quant au potentiel d'effroi d'un tel épouvantail. Le propriétaire du champ a vu les choses en grand car, une centaine de mètres plus loin, dans le même champ, c'est une vieille automobile qui fait office de repoussoir. Toutes mes excuses pour la piètre photo !

Sur ma carte, le monde est petit, tout semble à portée de pédales.

Sur le terrain, il y a eu une une ou deux lignes droites qui m'ont remis en perspective la notion d'échelle.

Il y avait un moment que je ne n'avais pas arpenté certaines routes. Je n'avais pas gardé le souvenir que certaines boîtes étaient si select.

Petit passage par une bourgade, où pendant des années, a été extrait du minerai d'uranium. Le minerai était par la suite enrichi. Cela ne semble pas avoir été le cas de la commune. Parmi les rares témoignages de cette époque révolue, certains trônent comme il se doit au beau milieu d'un rond-point, haut-lieu périphérique de la mémoire collective.

En approchant du but, je reprends espoir et mon côté cucul la praline resurgit ainsi au beau milieu d'un bas-côté débordant de marguerites.

Mais tel Janus aux deux visages, j'ai aussi un côté sombre et là où je passe la nature trépasse.


J'ai tendance à penser le contraire, surtout quand il s'agit de cultiver de vieilles amitiés.

Me voilà arrivé à bon port chez quelqu'un épris des vagues de l'Atlantique. Pour être juste, il resterait bien 60-70 bornes à couvrir pour voir l'océan. Le nom de cette rue est une belle preuve d'optimisme !

Merci pour l'accueil S. !