Angers, Vélodrome Montesquieu.
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jeudi 17 septembre 2020
vendredi 8 mai 2020
Pouce !
J'ai vécu une semaine à la limite du harcèlement téléphonique et numérique depuis l'annonce de l'aide Coup de pouce de 50 € pour la remise en état des vélos.
Le plus simple pour vous est sans doute de prendre connaissance du dispositif directement sur le site adéquat. L'atelier associatif La Rustine a également mis en ligne une page synthétique très bien réalisée. L'opération ne sera pas effective avant le 11 mai, ça c'est sûr.
De mon côté j'en suis à me demander si je vais rentrer dans le dispositif.
D'abord, est-ce que le dispositif voudra de moi ? Le statut d'autoentrepreneur fait que je n'ai pas de K-bis à produire ce qui semble, au point où j'en suis, être problématique. J'ai envoyé à l'instant un mail explicatif à la plateforme. A suivre.
Surtout, la procédure sans être démoniaque présente à coup sûr un côté très chronophage : prise et téléversement d'une photo, production et téléversement de la facture, suivi du dossier, renseignement de l'identité du client, vérification de l'éligibilité, surcroît du nombre de lignes comptables, etc.). J'ai fait un rapide calcul et tout ça pourrait facilement me prendre 3 à 4 heures par semaine, perspective qui ne m'enchante nullement car mon temps de travail est déjà copieux. Et, il est hors de question de l'allonger ou de le densifier. Alors je me tâte. Il faut que j'essaie de mettre en balance les avantages de l'opération. Va-t-elle remettre en selle des personnes qui étaient jusque là assez éloignée de la pratique du vélo ? Ne va-t-on pas assister (comme me le suggèrent certains de coups de fils) à un effet d'aubaine en vue de sortir des tas de boue déglingués avec l'injonction paradoxale de le remettre en état en "ne dépassant pas 50€" ? Est-ce que cet argent public est dépensé judicieusement pour favoriser le vélo ? J'ai plein de questions en tête.
Voilà, je n'ai pas pris de décision pour le moment et j'agis comme si j'allais adhérer au dispositif. Je constate que ce qui est une bonne initiative d'un point de vue symbolique pourrait aisément se transformer en usine à gaz. Rien n'est joué mais j'ai besoin de savoir si le jeu en vaut la chandelle. J'ai des convictions militantes aussi bien quant à la place du vélo dans la ville que sur la place et la qualité du travail dans ma petite vie et je ne transigerai ni sur les unes ni sur les autres.
dimanche 20 janvier 2019
Encore et toujours l’extrême droite !
Une nouvelle tentative d'incendie au « 21 » contre La Tête dans le Guidon et la librairie sociale et associative Les Nuits Bleues
Certain-e-s politicien-ne-s au pouvoir, complaisamment relayé-e-s par des éditorialistes médiatiques, crient à la convergence de certaines luttes entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche ; entre fascistes et antifascistes ; et ainsi, essayent de cacher leur duplicité, leur incompétence et ainsi de faire dévier des luttes en cours.
Nous ne pouvons que les rassurer.
Il n’en est rien.
À Angers les camps sont toujours bien tranchés. Nous ne savons pas ailleurs (même si nous nous en doutons !), mais ici, les « fascistes » sont toujours des « fascistes » et les militant-e-s progressistes, radicales et radicaux, révolutionnaires sont toujours des militant-e-s qui brandissent fièrement les idées internationalistes, de justice sociale, de féminisme, d’écologie...
Le « 21 » n'est qu'un lieu parmi d'autres à Angers qui sont autant porteurs de ces idées.
L'extrême-droite après avoir tourné sa haine plus spécifiquement vers L'Étincelle pendant quelques temps semble de nouveau vouloir plus régulièrement se retourner contre nous, contre « le 21 ».
Au vu de qui est attaqué à Angers (personnes, locaux) par les militants nationalistes, nous ne pouvons que supputer sur ce qui doit énerver « notre » extrême-droite locale :
-c'est que nous oeuvrons de notre mieux à promouvoir l'égalité hommes-femmes et plus largement à en finir avec la domination masculine et les inégalités de genres.
-c’est que des personnes possédant par le hasard de la naissance la nationalité française (ou pas d’ailleurs !) se sentent solidaires des gens européens ou extra-européens et tentent de s’attaquer aux injustices que les migrant-e-s subissent ;
-c’est que des gens ne possédant pas la même pigmentation de peau s’entendent et s’apprécient ;
-c’est que des athées, des agnostiques puissent critiquer les religions, toutes les religions, et toutes les sectes sans en cibler une en particulier ; mais qu’au nom de la laïcité nous puissions militer avec des gens qui sont croyants mais pas sectaires ;
-c’est que les militant-e-s angevin-e-s du « 21 » soutiennent parfois par différents moyens les luttes diverses et variées menées dans d’autres pays, y compris financièrement. Dans les différents lieux cités, vous ne trouverez pas chez nous de militant-e-s proches de dictateurs. Nous pensons à l'affiche de soutien à Saddam Hussein ; aux nationalistes français qui s’en vont soutenir Bachar en Syrie ou font des tags de soutien à ce tueur de masse sur les murs municipaux d'une maison de quartier ; à ceux qui vont régulièrement « travailler » avec des militants nationalistes français expatriés -colonialistes ?- au Maroc ; aux adorateurs de groupes nazis ukrainiens, etc. Au contraire même, nous, nous revendiquons fièrement d'avoir collecté de l'argent pour les kurdes qui luttaient contre daesh et son fanatisme religieux tout en mettant en place une société basée sur la justice...
-c’est qu’au « 21 » par exemple, financièrement, nous ne dépendons de personne mais de toutes et tous ! Notre Solidarité, notre Entr’aide sont des forces que les nervis ne peuvent abattre. Chez nous pas de fils à papa pour filer un bout de terrain pour créer un pseudo-jardin communautaire (entendre dans le contexte local : blanc et catholique) ; pas de petites combines pour créer un local en louant, via un prête-nom, à un propriétaire complaisant …
Nous pourrions lister beaucoup d'autres raisons qui font que nos camps, sont irrémédiablement en lutte contre ses « Torquemada » en herbe.
Vous l'avez compris, vous le saviez déjà, rien ne peut nous rapprocher, tout nous oppose. Nous sommes ce qu'ils ne sont pas ! Ils sont intolérants, racistes, pour beaucoup proches des réseaux catholiques intégristes ou traditionalistes, bourgeois, sexistes. Ils soutiennent ou sont nostalgiques des pires ordures que sont les dictateurs.
Cela faisait bien un mois ou deux que l’on avait rien subi. Dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 janvier 2019, l’extrême-droite a tenté de s’attaquer à notre local. « Le 21 » a déjà subi une tentative d'incendie voilà peu, que nous avions mis sur le dos des ivresses de rues. Nous avions eu par le passé des tags racistes, des sigles d'extrême-droite, des plaques arrachées, etc. Dans la nuit de jeudi, c'est la plaque de nos horaires qui a été volée - ça doit faire un joli dessous de table pour leurs beuveries - et la plaque de notre local qui en a fait les frais.
Mais c'est bien minime par rapport à la tentative d'incendie. Le pire, le comble de la stupidité et de la débilité, c'est que si le feu avait pris, au-dessus il y a des habitant-e-s. Certain-e-s d'entre-nous au « 21 » sont des professionnel-le-s du secours mais le sens commun voudrait que tout le monde le sache : les incendies la nuit sont toujours bien plus meurtriers. Visiblement le « sens commun » n'est pas leur fort.
Dans leur imaginaire obscurantiste, notre local qui regroupe un atelier de réparation de vélo, une tisanerie et une librairie sociale (syndicalisme, luttes sociales, migration, internationalisme, gestion ouvrière, histoire, etc. et des livres d'information sur les groupes d'extrême-droite) ne peut sans doute mériter mieux que le bûcher.
Si cela a fonctionné avec la mairie, en brûlant à plusieurs reprises le symbolique « arbre de la laïcité », cela ne fonctionnera pas avec nous. Pour nous les mots Liberté, Égalité, Fraternité ; ne sont pas là juste pour faire joli sur les frontons des mairies ; nous y croyons. Il existe mille et une façon de lutter pour.
Chacun-e individuellement ; chaque groupe et organisation politique, associative, syndicale, affinitaire, etc. peut bien sûr reprendre notre communiqué, le diffuser tel quel de façon large ou limitée, à ses adhérent-e-s ou membres ; simplement mentionner le fait de ce qui s'est passé. Les camarades, les compagnon-e-s, les « citoyen-ne-s » qui ne supportent pas les idées d'extrême-droite doivent garder en tête que si l'extrême droite radicale sous son apparence la plus débile n'est qu'un épiphénomène, elle existe. Elle n'est que la partie la plus tapageuse de toutes les idées « nationalistes » de repli qui se faufilent insidieusement et toujours plus dans notre société.
On en profite pour vous rappeler, que « le 21 » est ouvert tous les jours du mardi au samedi ; que vous pouvez y venir boire un café, un thé ou une tisane produite par la coopérative ouvrière Scop-ti « 1336 » ; venir acheter ou commander un livre ; participer à la cagnotte en ligne pour la librairie
https://www.helloasso.com/associations/les-nuits-bleues/formulaires/1/widget
Certain-e-s politicien-ne-s au pouvoir, complaisamment relayé-e-s par des éditorialistes médiatiques, crient à la convergence de certaines luttes entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche ; entre fascistes et antifascistes ; et ainsi, essayent de cacher leur duplicité, leur incompétence et ainsi de faire dévier des luttes en cours.
Nous ne pouvons que les rassurer.
Il n’en est rien.
À Angers les camps sont toujours bien tranchés. Nous ne savons pas ailleurs (même si nous nous en doutons !), mais ici, les « fascistes » sont toujours des « fascistes » et les militant-e-s progressistes, radicales et radicaux, révolutionnaires sont toujours des militant-e-s qui brandissent fièrement les idées internationalistes, de justice sociale, de féminisme, d’écologie...
Le « 21 » n'est qu'un lieu parmi d'autres à Angers qui sont autant porteurs de ces idées.
L'extrême-droite après avoir tourné sa haine plus spécifiquement vers L'Étincelle pendant quelques temps semble de nouveau vouloir plus régulièrement se retourner contre nous, contre « le 21 ».
Au vu de qui est attaqué à Angers (personnes, locaux) par les militants nationalistes, nous ne pouvons que supputer sur ce qui doit énerver « notre » extrême-droite locale :
-c'est que nous oeuvrons de notre mieux à promouvoir l'égalité hommes-femmes et plus largement à en finir avec la domination masculine et les inégalités de genres.
-c’est que des personnes possédant par le hasard de la naissance la nationalité française (ou pas d’ailleurs !) se sentent solidaires des gens européens ou extra-européens et tentent de s’attaquer aux injustices que les migrant-e-s subissent ;
-c’est que des gens ne possédant pas la même pigmentation de peau s’entendent et s’apprécient ;
-c’est que des athées, des agnostiques puissent critiquer les religions, toutes les religions, et toutes les sectes sans en cibler une en particulier ; mais qu’au nom de la laïcité nous puissions militer avec des gens qui sont croyants mais pas sectaires ;
-c’est que les militant-e-s angevin-e-s du « 21 » soutiennent parfois par différents moyens les luttes diverses et variées menées dans d’autres pays, y compris financièrement. Dans les différents lieux cités, vous ne trouverez pas chez nous de militant-e-s proches de dictateurs. Nous pensons à l'affiche de soutien à Saddam Hussein ; aux nationalistes français qui s’en vont soutenir Bachar en Syrie ou font des tags de soutien à ce tueur de masse sur les murs municipaux d'une maison de quartier ; à ceux qui vont régulièrement « travailler » avec des militants nationalistes français expatriés -colonialistes ?- au Maroc ; aux adorateurs de groupes nazis ukrainiens, etc. Au contraire même, nous, nous revendiquons fièrement d'avoir collecté de l'argent pour les kurdes qui luttaient contre daesh et son fanatisme religieux tout en mettant en place une société basée sur la justice...
-c’est qu’au « 21 » par exemple, financièrement, nous ne dépendons de personne mais de toutes et tous ! Notre Solidarité, notre Entr’aide sont des forces que les nervis ne peuvent abattre. Chez nous pas de fils à papa pour filer un bout de terrain pour créer un pseudo-jardin communautaire (entendre dans le contexte local : blanc et catholique) ; pas de petites combines pour créer un local en louant, via un prête-nom, à un propriétaire complaisant …
Nous pourrions lister beaucoup d'autres raisons qui font que nos camps, sont irrémédiablement en lutte contre ses « Torquemada » en herbe.
Vous l'avez compris, vous le saviez déjà, rien ne peut nous rapprocher, tout nous oppose. Nous sommes ce qu'ils ne sont pas ! Ils sont intolérants, racistes, pour beaucoup proches des réseaux catholiques intégristes ou traditionalistes, bourgeois, sexistes. Ils soutiennent ou sont nostalgiques des pires ordures que sont les dictateurs.
Cela faisait bien un mois ou deux que l’on avait rien subi. Dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 janvier 2019, l’extrême-droite a tenté de s’attaquer à notre local. « Le 21 » a déjà subi une tentative d'incendie voilà peu, que nous avions mis sur le dos des ivresses de rues. Nous avions eu par le passé des tags racistes, des sigles d'extrême-droite, des plaques arrachées, etc. Dans la nuit de jeudi, c'est la plaque de nos horaires qui a été volée - ça doit faire un joli dessous de table pour leurs beuveries - et la plaque de notre local qui en a fait les frais.
Mais c'est bien minime par rapport à la tentative d'incendie. Le pire, le comble de la stupidité et de la débilité, c'est que si le feu avait pris, au-dessus il y a des habitant-e-s. Certain-e-s d'entre-nous au « 21 » sont des professionnel-le-s du secours mais le sens commun voudrait que tout le monde le sache : les incendies la nuit sont toujours bien plus meurtriers. Visiblement le « sens commun » n'est pas leur fort.
Dans leur imaginaire obscurantiste, notre local qui regroupe un atelier de réparation de vélo, une tisanerie et une librairie sociale (syndicalisme, luttes sociales, migration, internationalisme, gestion ouvrière, histoire, etc. et des livres d'information sur les groupes d'extrême-droite) ne peut sans doute mériter mieux que le bûcher.
Si cela a fonctionné avec la mairie, en brûlant à plusieurs reprises le symbolique « arbre de la laïcité », cela ne fonctionnera pas avec nous. Pour nous les mots Liberté, Égalité, Fraternité ; ne sont pas là juste pour faire joli sur les frontons des mairies ; nous y croyons. Il existe mille et une façon de lutter pour.
Chacun-e individuellement ; chaque groupe et organisation politique, associative, syndicale, affinitaire, etc. peut bien sûr reprendre notre communiqué, le diffuser tel quel de façon large ou limitée, à ses adhérent-e-s ou membres ; simplement mentionner le fait de ce qui s'est passé. Les camarades, les compagnon-e-s, les « citoyen-ne-s » qui ne supportent pas les idées d'extrême-droite doivent garder en tête que si l'extrême droite radicale sous son apparence la plus débile n'est qu'un épiphénomène, elle existe. Elle n'est que la partie la plus tapageuse de toutes les idées « nationalistes » de repli qui se faufilent insidieusement et toujours plus dans notre société.
On en profite pour vous rappeler, que « le 21 » est ouvert tous les jours du mardi au samedi ; que vous pouvez y venir boire un café, un thé ou une tisane produite par la coopérative ouvrière Scop-ti « 1336 » ; venir acheter ou commander un livre ; participer à la cagnotte en ligne pour la librairie
https://www.helloasso.com/associations/les-nuits-bleues/formulaires/1/widget
À bientôt au « 21 », dans les rues, dans les luttes
pour résister et se battre pour la Justice, l'Égalité, les Libertés de toutes et tous !
Les Nuits Bleues, La Tête dans le Guidon, La Tisanerie du « 21 ».
lundi 1 janvier 2018
2018
Une photo vaut mieux que de longs discours. Pour l'année à venir je ne change pas l'ordre de mes priorités.
Libellés :
2018,
286 mm,
angers,
CB,
la tête dans le guidon,
my mechanic is rich,
rayonnage de roues,
réussite asociale,
vélo angers
mercredi 6 décembre 2017
Prendre la porte
Comme tout cycliste urbain, j'ai régulièrement maille à partir avec les automobilistes. Angers est actuellement une ville largement entravée en travaux ce qui ne facilite pas la cohabitation. Alors j'évite autant que possible les grands axes. Le hic c'est que les automobilistes font de même...
Si j'écris aujourd'hui c'est pour me retenir devant l'écran de l'ordinateur de l'atelier plutôt que de prendre ma clé à molette et d'aller péter le pare-brise d'une voiture garée non loin de là. Il y a quelques minutes, en plein descente, un porte de bagnole s'ouvrait brusquement devant moi. J'ai effectué une belle embardée suivi d'un dérapage et d'un demi-tour pour aller bavarder avec l'homme qui sortait nonchalement de l'habitacle. Il s'agissait suimplement de rappeler qu'un petit coup d'oeil dans le rétro m'aurait évité une manoeuvre périlleuse.
Pour toute explication j'ai recueilli :
-Bah, je vous avais vu et puis vous m'avez évité.
Inutile de vous dire que mon sang n'a fait qu'un tour. Rien de ce que je pouvais exprimer ne semblait atteindre mon interlocuteur qui impassible daignait à peine me regarder. Devant si peu d'écoute ce qui était de la peur s'est rapidement mué en colère voire en haine quand je me suis dit qu'il ne me reste qu'une alternative : l'insulter ou lui mettre ma main dans la gueule (le cumul des deux me semble toujours compliqué au niveau respiratoire). C'est heureusement la première option que j'ai mise en application.
Me voilà devant mon écran à vider ce qui me reste de venin et de bile. Comprenez que je puisse m'étrangler quand, à propos d'Angers, je lis cet "article" tout récent : En ville, le développement des modes de déplacement doux semble être aujourd’hui un enjeu majeur des collectivités. Avec une sensibilisation accrue auprès du public et des infrastructures attractives, comme c’est déjà le cas à Angers, les rapports entre l’humain et l’urbain ne peuvent que continuer à garantir un usage agréable et accueillant de nos villes.
C'est une blague ce verbiage ? Une vraie publicité mal dégrossie. C'est une chose de ne pas utiliser la même langue mais parle-t-on bien de la même ville ?
Si j'écris aujourd'hui c'est pour me retenir devant l'écran de l'ordinateur de l'atelier plutôt que de prendre ma clé à molette et d'aller péter le pare-brise d'une voiture garée non loin de là. Il y a quelques minutes, en plein descente, un porte de bagnole s'ouvrait brusquement devant moi. J'ai effectué une belle embardée suivi d'un dérapage et d'un demi-tour pour aller bavarder avec l'homme qui sortait nonchalement de l'habitacle. Il s'agissait suimplement de rappeler qu'un petit coup d'oeil dans le rétro m'aurait évité une manoeuvre périlleuse.
Pour toute explication j'ai recueilli :
-Bah, je vous avais vu et puis vous m'avez évité.
Inutile de vous dire que mon sang n'a fait qu'un tour. Rien de ce que je pouvais exprimer ne semblait atteindre mon interlocuteur qui impassible daignait à peine me regarder. Devant si peu d'écoute ce qui était de la peur s'est rapidement mué en colère voire en haine quand je me suis dit qu'il ne me reste qu'une alternative : l'insulter ou lui mettre ma main dans la gueule (le cumul des deux me semble toujours compliqué au niveau respiratoire). C'est heureusement la première option que j'ai mise en application.
Me voilà devant mon écran à vider ce qui me reste de venin et de bile. Comprenez que je puisse m'étrangler quand, à propos d'Angers, je lis cet "article" tout récent : En ville, le développement des modes de déplacement doux semble être aujourd’hui un enjeu majeur des collectivités. Avec une sensibilisation accrue auprès du public et des infrastructures attractives, comme c’est déjà le cas à Angers, les rapports entre l’humain et l’urbain ne peuvent que continuer à garantir un usage agréable et accueillant de nos villes.
C'est une blague ce verbiage ? Une vraie publicité mal dégrossie. C'est une chose de ne pas utiliser la même langue mais parle-t-on bien de la même ville ?
Libellés :
aïe,
angers,
colère,
foutaises,
gros con,
prendre la porte,
publicité,
rétroviseur
lundi 8 septembre 2014
Infarctus urbain
La campagne d'affichage ci-dessus s'étale actuellement sur tous les panneaux de la ville d'Angers. Rendre gratuite la première heure de parking était une promesse de campagne du candidat, désormais maire, Christophe Béchu. Elle est entrée en application depuis le premier septembre.
Elle est présentée comme une action visant à re-dynamiser les commerces du centre-ville. Avec le coup de pouce apporté par une heure de gratuité, les consommateurs reviendraient en centre-ville faire leurs emplettes. Pour faire simple : automobiliste = consommateur.
Dans la pratique, ce n'est pas simple : c'est simpliste. Ce genre d'équation est une idée reçue, un vilain fantasme. L'équipe municipale aurait eu une riche idée en se penchant sur l'une des nombreuses études qui tendent à prouver le contraire. Il en ressort constamment que les piétons et les cyclistes possèdent eux aussi un porte-monnaie ! Blague à part, ils sont des clients les plus fidèles aux commerces des centre-ville. Pouvant s'arrêter et repartir sans contraintes de stationnement, ils sont plus enclins à faire leurs emplettes lors de leurs déplacements. Ils dépensent certes moins par passage mais ils reviennent plus fréquemment et au final sont plus dépensiers. Même pendant leurs vacances, ils s'avèrent que les cyclistes sont plus flambeurs que les automobilistes. Et puis, de toutes façons l'automobiliste est plus enclin à se diriger vers les zones commerciales périphérique où tout a été pensé pour et autour de l'usage de la bagnole.
Comble de l'ironie, du cynisme, de la bêtise ou d'un subtil mélange des trois, vous noterez que cette campagne en faveur de l'usage bagnole est illustrée par... des piétons ! C'est la tentative de diversion la plus grotesque et indécente qui m'ait été donnée à voir depuis longtemps.
Au delà de cette mesure, mon courroux émane du contexte local. Alors que les transports individuels sont favorisés, les usagers des transports collectifs (bus et tramway) sont pénalisés par une hausse, au premier juillet, du prix du billet : le ticket simple est passé de 1,40 à 1,50 euro. Mises en perspective, ces deux mesures esquissent une déplaisante image de la solidarité locale. Le tableau ne serait pas complet si je n'évoquais pas les restrictions budgétaires des différents services de la ville et de l'agglomération. J'aimerai comprendre : dans un contexte de restrictions, comment esquisser une réelle politique des transports en se coupant d'une partie des ressources de stationnement ? D'ailleurs, si l'argent public manque tant, favoriser les piétons, les cyclistes et les transports en commun aurait pu être une politique alternative moins coûteuse et porteuse de sens.
Dans ces conditions, nul besoin d'être prophète pour prédire que la seule chose qui puisse arriver au "coeur de ville" c'est au mieux une légère tachycardie, au pire des artères bouchées et l'infarctus qui va avec !
Elle est présentée comme une action visant à re-dynamiser les commerces du centre-ville. Avec le coup de pouce apporté par une heure de gratuité, les consommateurs reviendraient en centre-ville faire leurs emplettes. Pour faire simple : automobiliste = consommateur.
Dans la pratique, ce n'est pas simple : c'est simpliste. Ce genre d'équation est une idée reçue, un vilain fantasme. L'équipe municipale aurait eu une riche idée en se penchant sur l'une des nombreuses études qui tendent à prouver le contraire. Il en ressort constamment que les piétons et les cyclistes possèdent eux aussi un porte-monnaie ! Blague à part, ils sont des clients les plus fidèles aux commerces des centre-ville. Pouvant s'arrêter et repartir sans contraintes de stationnement, ils sont plus enclins à faire leurs emplettes lors de leurs déplacements. Ils dépensent certes moins par passage mais ils reviennent plus fréquemment et au final sont plus dépensiers. Même pendant leurs vacances, ils s'avèrent que les cyclistes sont plus flambeurs que les automobilistes. Et puis, de toutes façons l'automobiliste est plus enclin à se diriger vers les zones commerciales périphérique où tout a été pensé pour et autour de l'usage de la bagnole.
Comble de l'ironie, du cynisme, de la bêtise ou d'un subtil mélange des trois, vous noterez que cette campagne en faveur de l'usage bagnole est illustrée par... des piétons ! C'est la tentative de diversion la plus grotesque et indécente qui m'ait été donnée à voir depuis longtemps.
Au delà de cette mesure, mon courroux émane du contexte local. Alors que les transports individuels sont favorisés, les usagers des transports collectifs (bus et tramway) sont pénalisés par une hausse, au premier juillet, du prix du billet : le ticket simple est passé de 1,40 à 1,50 euro. Mises en perspective, ces deux mesures esquissent une déplaisante image de la solidarité locale. Le tableau ne serait pas complet si je n'évoquais pas les restrictions budgétaires des différents services de la ville et de l'agglomération. J'aimerai comprendre : dans un contexte de restrictions, comment esquisser une réelle politique des transports en se coupant d'une partie des ressources de stationnement ? D'ailleurs, si l'argent public manque tant, favoriser les piétons, les cyclistes et les transports en commun aurait pu être une politique alternative moins coûteuse et porteuse de sens.
Dans ces conditions, nul besoin d'être prophète pour prédire que la seule chose qui puisse arriver au "coeur de ville" c'est au mieux une légère tachycardie, au pire des artères bouchées et l'infarctus qui va avec !
mercredi 11 avril 2012
Les cyclos en rang d'honneur

Un compte-rendu du brevet des 200 kms est récemment parvenu à notre rédaction. Témoignage de l'intérieur particulièrement précieux dont nous protégeons l'auteur ci-dessus en le nommant "Mr. M.". C'est parti :
Les cyclos en rang d'honneur
Tout le monde ne peut pas se permettre d’être Albert Londres ou Antoine Blondin, mais ça ne coûte rien de s’essayer à l’exercice. Il ne s’agit ici que d’un récit personnel à la subjectivité pleinement assumée.
En guise de musique d’accompagnement, imaginer au choix et selon son humeur :
Le cliquetis régulier d’une roue-libre sous le déroulement soyeux d’une chaîne.
Le souffle assourdissant d’une rafale de vent, qui claque le visage et rend ivre.
Tout a démarré, comme souvent, par un défi un peu idiot lancé entre frères amateurs de bicyclette (c’est le principe du défi que d’être idiot)(c’est également celui de la fraternité, ça tombe bien). Celui de participer, au moins une fois dans sa vie, au brevet des randonneurs mondiaux de 200 kms, entraînement préalable et indispensable à la validation du fameux Paris-Brest-Paris. Pour nous deux, et pour moi en particulier (l’autre l’ayant déjà réalisé 3 fois), l’idée était davantage de voir si j’en étais capable, et surtout de passer un bon moment en compagnie de quelqu’un avec qui je ne roule que trop rarement.
Rendez-vous était donc pris pour l’édition de cette année.
Il va de soit qu’en bons dilettantes de le pédale, nous n’avions ni l’un ni l’autre suffisamment roulé avant, les jambes n’avaient pas assez tourné, et nous étions plus échauffés au lever de coude qu’au pliage régulier de genoux. J’avais quant à moi une douleur chronique à l’arrière des genoux depuis 1 semaine, due à un réglage trop ambitieux d’un de mes vélos. Je redoute un début de tendinite, mais on verra bien sur place, les conjectures ne sont jamais bonnes conseillères.
La veille donc, nous avons pris la décision de suivre les préceptes des cyclo-sportifs confirmés, à savoir : manger sainement, ne pas boire, et se coucher en bons écoliers à une heure raisonnable. La Duvel et le vin des coteaux du Ventoux, agrémenté d’un barbecue raisonnablement pantagruélique ont fait valser nos résolutions en moins de temps qu’il n’en faut pour les boire. La goutte a fini de faire déborder le vase de la sagesse. La faute au bon temps…
Le matin du Brevet, le petit déjeuner est frugal et silencieux, en raison d’un réveil difficile (départ à 7h30, lever bien trop tôt pour d’honnêtes jean-foutres) et sans doute aussi d’un peu d’appréhension.
Arrivés au vélodrome, lieu du départ (et de l’arrivée, mais nous n’en avons jamais été si loin), première constatation : ça caille méchamment, évidemment tous les rouleurs aguerris sont habillés en conséquence quand nous n’avons que des bermudas, des maillots à manches longues,de vagues coupe-vents et des gants courts. Pour faire bonne figure, nous devisons et plaisantons en attendant que le départ soit donné.
Et c’est l’heure du départ, compteur à zéro, trouillomètre sensiblement au même niveau, premiers tours de pédales en peloton. Ca va bon train sur 20 kilomètres, 28km/h de moyenne, je tiens le rythme, l’effet de groupe joue aussi, j’en suis conscient et sais que ça ne durera pas. Le froid est vif, les doigts gours, mais on ne pédale pas avec les doigts, ça finira par passer.
La première vraie côte est raide, tous le savent, moi y compris, mais en jeune étalon fougueux, je garde le rythme dans la montée, doublant bon nombre de pères peinards, grimpant en cadence. Arrivé au sommet, je suis évidemment rattrapé par le groupe. Le vent de face a succédé au froid perçant, il faut courber le dos pour garder le rythme, mais ça roule bien. Un cyclo se met dans ma roue, j’en suis flatté, ça veut dire que je roule bien et régulier, il prendra le relais dans un moment, tout va bien. Naïf que je suis ! En guise de relais, c’est un « accroche-toi, raccroche le groupe et fous-toi à l’abri » qu’il m’assène d’un ton bienveillant, le tout accompagné d’une petite poussette dans le dos qui me permet effectivement de raccrocher au groupe. Deux leçons d’humilité en 10 bornes…
Nous arrivons sensiblement avec l’essentiel du peloton au premier point de contrôle à 38 kilomètres du départ. Mon compteur affiche environ 10 kilomètres de plus que le parcours annoncé, ça m’intrigue, défaillance de la technologie ou erreur de parcours ? L’heure est encore à la blague, on se congratule sur les vélos respectifs, et hop, ça repart. Pour l’instant, c’est une randonnée ordinaire, si ce n’est ce maudit vent de face qui force à appuyer plus que de raison sur les pédales et va finir par nous rendre ivres. Ou fous.
Les 30 bornes suivantes se font à deux, avec mon compagnon de route. Le groupe, habitué à rouler ensemble à un rythme qui n’est pas le nôtre a fini par nous larguer dans ces grandes lignes droites venteuses. Pédaler contre le vent relève de la sinécure, mais au moins, il fait soleil, et puis on l’a choisi, et puis ça passera, comme cette douleur à l’arrière des genoux, persistante depuis 40 kilomètres.
Au deuxième point de contrôle, les contrôleurs nous rassurent « jusqu’au prochain, vous aurez le vent dans le dos, ça ira mieux ». Effectivement, nous changeons de direction, le vent n’est plus contre nous. Nous décidons d’un commun accord de rouler sans traîner jusqu’au point de contrôle suivant, on aura alors fait 126 kilomètres, on en profitera pour se restaurer d’autre chose que de barres céréales.
La route est belle, ça roule bien, je commence à avoir un peu mal au bas du dos, à force d’avoir dodeliné pour lutter contre le vent. Nous devisons un peu, mais le cycliste est un taiseux, il préfère causer à l’arrêt. D’ailleurs, beaucoup se sont arrêté en route pour manger, il est midi passé, certains s’offrent même un sandwich au PMU du coin, grand luxe. On double nombre de participants de ce fait (gloire facile), je profite même lâchement d’un faux plat descendant pour placer une attaque à mon compagnon de route, le grand Fausto Coppi a pris possession de mon corps, ça déroule facile, on passe la plaque, la chaîne s’enroule avec volupté autour du plateau et des pignons, feulement régulier et rassurant d’un vélo en bon état et d’un cycliste en bonne forme. On passe le cap des 100 kilomètres sans s’en rendre compte, et je me surprends à me dire que le fait de n’en être qu’à mi-chemin ne m’inquiète pas outre mesure. A 15 kilomètres du second point de contrôle, mon compagnon devient franchement moins causant, se contentant d’un lapidaire « j’commence à avoir la dalle, j’suis mou, faudrait qu’on arrive ». La fringale le guette de loin, mais il est vaillant (et un peu orgueilleux), on fait comme on a dit, on s’arrête au troisième point de contrôle. De mon côté, je fais le mariolle, mais mes genoux me lancent franchement et mon mal de dos ne s’améliore pas, il faut commencer à changer régulièrement de position pour ne pas souffrir. L’autre douleur bien connue des cyclistes apparaît elle aussi, malgré une selle confortable et un cuissard de bonne qualité. C’est le lot commun de tout cycliste…
En faisant tamponner nos carnets, on s’enquiert de savoir à quel niveau du peloton nous en sommes, nous avons gagné 50 places environ, ce qui n’est guère étonnant vu le nombre de cyclistes arrêtés sur le bord de la route pour manger. Il nous rejoignent d’ailleurs assez vite et ne s’attardent guère, pour eux les batteries sont rechargées. Les contrôleurs nous proposent diverses boissons, dont de la bière. Raisonnables et consciencieux, nous luttons contre notre penchant naturel et nous rabattons sur un soda qui accompagnera nos sandwiches. Ce qui n’est pas le cas de tous, nombreux sont ceux qui s’en jettent une petite derrière la cravate avant de repartir. Entorse salvatrice à l’hygiène cycliste, je ponctue cette pause d’une cigarette sous le regard un peu effaré des contrôleurs, mais un vice est un vice, chacun le sien, blanc bonnet et autres balivernes (ou comment achever en catastrophe une envolée lyrique à laquelle on ne trouve pas de chute convenable).
Bidons et panse remplis, nous remontons en selle. Et le vent que nous croyions disparu, dont d’après nos calculs ne serait « plus que » de côté a tourné. Il est de trois-quart face, par rafales aussi soudaines que violentes. Le relief n’est pas particulièrement prononcé, mais la douleur sur les 40 kilomètres suivants se fait lancinante. J’ai maintenant franchement mal au dos, ma nuque commence à être douloureuse, et lâcher le guidon pour se soulager est impossible au risque de faire une embardée due à une rafale de vent. J’ai un poignard à l’arrière de chaque genoux, je me met en danseuse régulièrement, ne trouvant plus de position ne serait-ce que moins inconfortable. Je passe 20 kilomètres à m’arrêter tous les deux kilomètres, je suis rincé, ivre de vent et de douleur, je me maudirais presque d’avoir relevé ce défi. Je savais que ça allait être difficile, mais je ne pensais pas à ce point. J’imaginais n’avoir plus assez de jambes, c’est la seule chose qui fonctionne encore. J’avoue n’avoir tenu qu’à l’amour propre, me refusant à devoir faire venir quelqu’un me chercher. La voiture balai ne passera pas par moi !
Les encouragements bienveillants de mon compagnon, qui a réduit son allure pour m’attendre, n’y changent rien. Pire, ils m’agacent presque, j’en perd mon sens de la réalité, j’en viendrais pour peu à le maudire. Mais c’est le vent que j’insulte, moi aussi un peu, et toutes autres divinités plus ou moins absconses. Il est toujours question de choses diverses ayant toutes des relations déviantes avec des filles de peu de vertu.
Je suis confronté à une vérité quasi absolue : Quoiqu’il arrive, sur son vélo, on est seul, très seul, et c’est peut-être un peu aussi ce qu’on recherche. On pédale seul, on morfle seul, on serre les dents seuls, et la délivrance est solitaire.
C’est penaud, épuisé, le regard torve et la bouche encore écumante des insultes proférées que j’arrive au quatrième et dernier point de contrôle. Rien ne me fait plus rire, j’ai faim, soif, sommeil, mal partout, mais l’amour propre intact. Je prends le temps de me sustenter, mon compagnon est prêt à repartir, mais s’il veut me voir à l’arrivée, il devra se plier à ce caprice. Il le sait et laisse faire. Bienveillant camarade !
Il reste environ 35 kilomètres, j’annonce que je finirai, mais à mon rythme. La contrôleuse m’encourage, on repart.
Et là, je ne sais ce qu’il s’est passé, miracle divin (ça m’étonnerait) ou sursaut d’orgueil (je penche plutôt pour cette version), envolée la douleur au dos, l’arrière de mes genoux ne représente plus qu’une gêne infime, j’ai toutes mes jambes et tout mon enthousiasme. 30 kilomètres ou presque de vélo comme je l’aime. Pas facile mais presque, il fait chaud, on est bien, loin du monde, loin de tout. La perspective d’y arriver me fait monter une boule dans la gorge, l’émotion est vive, mes larmes ne sont retenues non par pudeur ni par une forme quelconque de virilité sociale, je n’ai juste pas envie (ou besoin) de pleurer, mais l’émotion est pleine et sincère.
C’est sans compter le doux sadisme des organisateurs, qui, à quelques kilomètres de l’arrivée, nous font emprunter une rue en pente raide. Et ce foutu dérailleur qui en profite pour refuser de passer le petit plateau ! Tant pis, on grimpe en danseuse, on jure, on serre les dents, mais ils ne me feront pas poser le pied, les salauds !
La vision du vélodrome me procure une seconde montée d’émotion. Il est enfin là, on l’a fait, je l’ai fait, puérile mais Ô combien agréable sensation de victoire de son esprit sur son corps, ou l’inverse. Sentiment assez indéfinissable en réalité.
Nous arrivons à 19h10, faisons valider nos carnet, sourire béat aux lèvres. Pas de congratulations mutuelles démonstratives (le cycliste est un taiseux, parfois même à l’arrêt) mais je remercie et félicite intérieurement mon compagnon de m’avoir guidé, supporté et encouragé dans ces kilomètres difficiles. Nous avons mis un peu plus de 11 heures à boucler ces 200 kilomètres. Le compteur affiche 214 kms (dont 12 dont je ne sais si nous les avons réellement faits), en environ 9h30 de roulage effectifs, à une moyenne correcte de 23.8 kms/h de moyenne. Les chiffres importent peu mais renforcent la satisfaction d’avoir réalisé un petit exploit. La bière et le sandwich offert à l’arrivée ne sont que des ingrédients de fillettes que nous engloutissons sans y songer.
La pinte de Duvel des vainqueurs (et les suivantes, celles des sportifs n’ayant plus à pratiquer) nous attend(ent) à la maison. Une douche et on s’y colle… Elles ont du bien se marrer, au moins autant que notre hôtesse, les bières belges ! A peine entamées, que, affalés sur des fauteuils, nous nous endormions de concert, perclus de fatigue. Le reste de la soirée est à l’avenant, ce sont deux zombies qui ont mangé sans un mot de trop, et sont allés se coucher dès qu’ils ont pu.
Epilogue
Le lendemain, la douleur est là. Le mal de dos a disparu, mais les genoux sont très douloureux à la flexion, s’asseoir est un geste que l’on envisage avec appréhension, et globalement, nous sommes fourbus. Lorsque nous décidons d’aller à vélo boire un café en terrasse, nous craignons le pire. En réalité, passé les deux premiers coups de pédales, les douleurs disparaissent aussi étrangement que totalement. Ne reste que le plaisir de pédaler le pif à l’air. A croire que le corps a fusionné avec la machine…
Aux cyclistes, pour pratiquer l’un des loisirs les plus propices à l’humilité qui soit. Et pour se sentir moins seul avec mes coups de soleils sur les mollets.
A Fausto Coppi, pour ce qu’il représente et pour ce qu’il était. Un valeureux, un opiniâtre, un humble, une légende du cyclisme comme il s’en est peu vu.
samedi 11 juin 2011
Miam !



Je viens de finir cette paire de roue :
-Moyeux Campagnolo Record 28 trous
-Jantes Campagnolo Atlanta 96
-Rayon et écrous DT Swiss (croisés par 3)
De quoi laisser éclater sa joie et fêter ça avec une fontaine de cola...
ps > Pour les lents du bulbe, je rappelle qu'Atlanta est la ville mère de l'envahissante boisson au cola...
mardi 10 mai 2011
Fête du vélo en ville

Comme l'an passé, se tiendra la "Fête du vélo en ville". Cette année c'est le 14 mai, place du Ralliement de 10h à 18h.
Le gros de l'affaire est porté par Place au Vélo.
Au menu :
-apprendre à réparer les chambres à air.
-un spectacle avec Lez'arts Vers
-gravage de bicycodes
-essai de vélo à assistance électrique
Et bien d'autres choses...
Ce qui me semble le plus dommage dans cette histoire c'est que les institutions locales qui sont partenaires n'ont, à mon avis, pas du tout fait de promo. Je n'ai pas vue une seule affiche, ni aucun flyers.
A suivre.
mercredi 15 septembre 2010
Le sens interdit ne l'est plus...

Ces derniers jours sont porteurs de petits progrès à Angers, en matière de circulation à vélo tout du moins. Désormais, dans toutes les rues "zone 30", c'est à dire ou la vitesse est limitée à 30 km/h pour les autos, les cyclistes pourront rouler à contresens même s'il y a un sens interdit. Cette nouveauté concerne 30 rues du centre-ville. Deux rues en sont exclues : la rue Plantagenêt et la rue Baudrière pour des questions de cohabitation avec les bus, des déclivité trop importante et de manque de visibilité.
Je dois reconnaître (ça me fait vraiment mal) que pour une fois, les politiques locaux ont fait preuve de pragmatisme en entérinant un état de fait. Enfin, nous n'allons plus voler l'espace aux piétons en roulant sur les trottoirs ! Et l'expérience à depuis longtemps prouvée que ce face à face n'était pas dangereux. Il contribue juste à améliorer les la capacité de déplacement du vélo, ce qui ne peut que jouer en faveur de son développement.
C'est aussi un pas de plus vers la généralisation des "zones de rencontres" ou automobilistes, cyclistes et piétons vont devoir cohabiter au delà des règles édictées par le code de la route. Dans ces zones, c'est le "code de la rue" qui prime. Ce dernier se base sur une notion de bon-sens : celui qui a la priorité est le plus fragile. Le piéton est prioritaire sur le cycliste, lui-même prioritaire sur l'automobiliste. Pour le moment à Angers, les zones de rencontre se situent soi-disant dans l'hypercentre. Cependant, il manque une signalisation propre à l'entrée de cette zone, de manière à ce que tout usager de la rue comprenne que d'autres règles que celles du code de la route s'appliquent dans cet espace. Un poil de formalisation que diantre !
Libellés :
angers,
code de la route,
code de la rue,
contresens cyclable,
zone 30,
zone de rencontre
mercredi 31 mars 2010
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