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samedi 3 décembre 2022

Le soin des choses

Je sors de la lecture de l'entretien de Libération avec Jérôme Denis et j'en profite donc pour prévenir mes camarades librairies que je passe commande auprès d'eux de son ouvrage co-écrit avec David Pontille ! Extrait :
 

samedi 19 mars 2016

Pas magicien !


Hier sociologie, aujourd'hui philosophie ! J'en connais qui vont décrocher rapidement si je ne poste pas bientôt une ou deux photos de gros boulons.

Matthew B. Crawford, le mécanicien-philosophe (ou le contraire en fonction de vos priorités) remet le couvert. Je me suis empressé de me procurer Contact. J'ai été désarçonné de prime abord. Il s'agit toujours de philosophie pragmatique, c'est indéniable mais la présence de bonhommes qui bricolent pas trop se fait plus prégnante : Locke, Kant, Heidegger, Nietzsche. Heureusement pour moi, l'auteur fait intervenir des intellectuels dont je me sens plus proche : joueur de hockey, menuisier, pilote de motos.

Matthew B. Crawford part du constat suivant. Sous couvert d'autonomie et de liberté, notre mode de vie occidental conduit à la fragmentation de notre vie mentale. Soumis de manière incessante et intempestive à des stimulis voulus par des gens qui nous veulent du bien (et accessoirement notre argent), notre moi perd de sa cohérence. Nous ne savons plus guère où nous "situer" dans le monde. Pour remédier à cet état de fait, il défend la notion d'attention. Attention soigneusement dirigée vers des activités qui nous ramènent au monde. Je n'ai pas terminé l'ouvrage mais je crois comprendre que grosso modo, il défend l'idée que les contraintes nous permettent d'entrer dans des dynamiques de maîtrises créatives.

Le plus simple est sans doute de vous procurer le livre plutôt que lire ma marmelade (pour ne pas dire dégueuli) de philosophie. Néanmoins, je me permets de partager un extrait du livre qui m'a rassuré quand à ma santé mentale. J'y ai appris par analogie que ma profession me garde au moins d'un mal :

La séduction de la magie tient à la promesse d'ajuster les objets à notre volonté sans que nous ayons jamais à prendre leur matérialité à bras-le-corps. Cette distance entre nous et l'objet évite que notre moi ne soit remis en cause. Si l'on en croit Freud, c'est la définition même du narcissisme : traiter les objets comme des accessoires au service d'un ego fragile et être pratiquement incapable de les percevoir comme dotés d'une réalité propre. Mais il existe à mon sens un type d'individu qui ne peut se permettre d'être narcissique, comme par exemple le réparateur de machines à laver, qui doit se plier aux exigences de la machine en panne, l'écouter avec patience, observer les symptômes de son dysfonctionnement et agir en conséquence. Il ne peut pas la traiter de façon abstraite ; son intervention n'a rien de magique.

Matthew B. Crawford, Contact, Pourquoi nous avons perdu le monde et comment le retrouver, La Découverte, 2016. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par M. Saint-Exupéry et C. Jaquet.

mardi 14 avril 2015

Arrivée du Retour

Mes camarades et néanmoins ami-e-s des Nuits Bleues ont profité de la venue de Frédéric Héran à Angers pour ouvrir un compte auprès des éditions de La Découverte. Ainsi, comme vous le constatez, son ouvrage est dès maintenant disponible à la librairie pour 17,90 euros. Comme ça vous aurez une longueur d'avance et vous pourrez briller en public ce vendredi. Bien sûr, des exemplaires seront disponibles lors de la conférence, il n'est jamais trop tard pour s'instruire.

lundi 13 avril 2015

Energie et complexité

L'apparition de l'industrie du pétrole est rendue possible par les outils industriels qui la précède ; réciproquement, son essor aide à répondre à des besoins industriels toujours plus massifs. Il existe une « spirale » entre la complexité du fonctionnement technique des sociétés et la quantité d'énergie que cette technique réclame, explique aujourd'hui l'anthropologue américain Joseph A. Tainter. Cette complexité s'accroît avec le temps parce qu'elle est utile pour résoudre des problèmes. Et, pour s'accroître (avec davantage de mécanismes techniques et d'organismes industriels, de bureaux, de lois, de contrôles), cette complexité n'a en retour essentiellement besoin que d'une chose : disposer de davantage d'énergie. Joseph Tainter observe qu'« énergie et complexité tendent à être entremêlées, soit elles augmentent ensemble, soit elles diminuent ensemble [...] ; vous ne pouvez avoir de complexité sans énergie, et si vous avez l'énergie, vous aurez de la complexité».

Ce passage est extrait de l'excellent ouvrage de Matthieu Auzanneau sorti cette année aux éditions La Découverte : Or noir, La grande histoire du pétrole. Ce pavé m'a permis de jeter un regard neuf sur l'histoire et la géostratégie mondiale de ces 150 dernières années. Le propos est touffu et étayé, pour ne rien gâter ça se lit comme un polar, sauf que le dénouement est encore à venir et pourrait bien foutre les pétoches pour de vrai. Si tout va bien, l'ouvrage sera disponible d'ici quelques jours aux Nuits Bleues.

jeudi 8 janvier 2015

Toujours plus vite


La période des vacances est parfois propice pour remettre sur l'établi des ouvrages en souffrance. Ainsi en a-t-il été de mes dernières pérégrinations. Pour ce qui est de l'établi, j'ai disposé d'une tablette sur en ferry un peu chahuté par les vagues, l'ouvrage était un livre (excusez-moi la redite) d'Hartmut Rosa que je n'avais pas réussi à terminer et que j'ai donc repris totalement, cette fois avec succès. Il y a quelques pages que j'ai trouvées bien à propos quant à mon activité professionnelle. En voici une :

Mais, dans la société de l'accélération, on ne répare plus les choses : alors que nous pouvons facilement accélérer la production, nous ne pouvons pas accélérer significativement la maintenance et le service. Par conséquent, réparer les choses devient de plus en plus cher par rapport au fait de les reproduire. De plus, comme la plupart des produits deviennent techniquement de plus en plus compliqués, nous perdons la connaissance pratique nécessaire à nous en occuper nous-mêmes. Enfin, comme la vitesse du changement social augmente, la "consommation morale" des choses surpasse toujours leur consommation physique : nous avons tendance à jeter et à remplacer les voitures, les ordinateurs, les habits et les téléphones bien avant qu'ils ne soient physiquement épuisés. Cependant, il est certain que les chaussettes que vous n'avez portées que deux ou trois fois, la voiture que vous apportez au garage pour un simple changement de pneus et la radio portative dont vous n'avez même jamais réglé l'heure correctement ne deviennent plus une partie de vous-mêmes. Ils vous demeurent, de façon évidente, "étrangers".

Hartmut Rosa, Aliénation et accélération, Vers une théorie critique de la modernité tardive, La Découverte, 2014

lundi 27 octobre 2014

Histoire du Tour de France


C'est le titre, on ne peut plus explicite, du livre de Jean-François Mignot, publié aux éditions de La Découverte. Des livres sur l'histoire du Tour il y en a des palanquées qui en général étouffent les rayons des libraires à l'approche de l'été. Ils sont parfois fort intéressants mais se placent le plus souvent du point de vue de la petite histoire des géants de la route. Les auteurs y ressassent les hauts-faits du passé et contribuent à forger ou restaurer la légende de l'épreuve cycliste la plus connue au monde. Cela peut être passionnant, on y apprend beaucoup de choses distrayantes mais c'est une vision romanesque du Tour et, qui plus est, souvent redondante d'un ouvrage à l'autre.

Jean-François Mignot ne fait pas à proprement parler étalage d'érudition. En tant que sociologue-démographe il apporte un autre point de vue et aborde le Tour de France en tant que phénomène social de masse à disséquer grâce aux outils statistiques. Ainsi, il est en mesure de dégager les forces en présence qui contribuent à modeler le Tour en fonction de leurs besoins et de leurs intérêts propres. Par exemple, on y voit comment les organisateurs loin d'être mus par de pures considérations sportives s'efforcent de coller aux évolutions des médias. Destiné à sa naissance à vendre du papier, le Tour a mué pour épouser l'arrivée en force de la radio et surtout de la télévision. Tous les aspects de l'épreuve sont passés en revue : argent, médias, culture de masse, dopage, évolutions des performances, effectif et origine des coureurs, etc.

L'écriture est simple et les idées majeures sont étayées par de nombreuses sources et surtout dégagées de manière percutante à la fin de chaque chapitre. Un petit aperçu pour vous donner un avant-goût :
Certains auteurs font remarquer qu'alors que le parcours du Tour mais aussi les nationalités des coureurs et des spectateurs se diversifient, le Tour de France devient aux yeux des français un élément plus ancré de leur patrimoine national : un symbole non plus de modernité, comme à des débuts, mais de tradition, un défilé devant les paysages ruraux et les terroirs d'un pays de plus en plus urbanisé [Viollet, 2007].

Un livre qui a le grand mérite de replacer, en seulement une centaine de pages, le Tour dans son contexte social et sociétal dont il est le pur produit.

Histoire du Tour de France, Jean-Fançois Mignot, La Découverte, 2014

lundi 2 juin 2014

Retour sur le futur


Que penser de quelqu'un qui se propose de replacer le vélo dans une histoire des déplacements urbains en Europe couvrant une période allant de 1817 à 2050 ? Si on m'avait posée la question il y a quelques jours, je me serai permis de proposer plusieurs hypothèses quant au résultat : thèse destinée à faire ployer une étagère dans une quelconque université oubliée, compilation autistique de milliers de pages internet, fatras d'anecdotes destinées à satisfaire l'égo d'un écrivaillon en manque de reconnaissance, délire prédictif d'un astrologue monomaniaque ?

Le retour de la bicyclette, n'a heureusement rien de tout cela et force est de constater qu'il réalise la gageure de réussir cette improbable histoire des déplacements.

Frédéric Héran, son auteur, s'en tire avec brio. Ce livre est une réussite à de nombreux points de vues. La naissance de la bicyclette et sa maturation en tant qu'innovation et objet technique y est fort clairement résumée. L'auteur ne fait jamais abstraction du contexte social et culturel. Cette approche riche d'enseignements permet de poser des jalons à l'histoire du vélo : période où elle apparaît aux élites comme un symbole de modernité, appropriation par les classes laborieuses, effondrement de sa pratique et comment elle a été chassée des villes pour l'automobile. Aucun aspect n'est négligé. Le livre explicite aussi très bien le tournant des années 70 qui marque dans certains pays et villes (surtout au nord de l'Europe) la renaissance de la petite reine alors que d'autres comme la France, filent dans le décor et prennent un retard considérable que nous peinons aujourd'hui encore à combler.

En replaçant le vélo dans un contexte de concurrence entre les différents modes de transports, l'auteur fait place nette dans les esprits et évacue toutes les idées reçues et les pseudos bonnes intuitions qui justifieraient la place du vélo dans les diverses pays européens. Surtout, ce contexte de concurrence est une incitation à élaborer des politiques visant à juguler la place de l'automobile (l'auteur parle plus volontiers de "modération") dans nos villes si nous voulons vraiment que le vélo reprenne la place qui lui est due et surtout que la circulation s'apaise.

En même temps, il hiérarchise parfaitement les motivations qui mènent à l'usage du vélo. En opérant ce tri, il donne des clés pour que le vélo gagne à lui de nouveaux publics trop souvent ignorés. Il insiste aussi sur le fait que le vélo comme tout mode de transport a besoin d'un système : pouvoir se déplacer rapidement et en sécurité certes, mais aussi pouvoir se garer facilement, faire entretenir et réparer, que son image et sa pratique soit promus, etc. L'absence d'un de ces maillons fragilise la totalité du système et la pratique du vélo ne décolle pas restant cantonnée à la marge.

Le livre se conclut par un essai de prospective. Cette petite partie me laisse plus dubitative. La place du vélo qui y est avancée me paraît tout à fait envisageable. Mais, je serai moins optimiste que l'auteur qui semble penser qu'une poussée d'aspirations sociales infléchira positivement le verdissement du capitalisme que nous connaissons actuellement et contribuera à une société plus démocratique. Je reste sceptique quant l'avènement de ce genre de progrès sans changement radical de société et de système économique.

Néanmoins, je ne peux que vous inviter à vous procurer cet ouvrage, vous l'aurez compris, c'est à la fois un excellent travail de compréhension du passé en même temps qu'une redoutable boite à outil pour agir et changer le présent et, espérons-le, le futur.

Le retour de la bicyclette, Une histoire des déplacements urbains en Europe de 1817 à 2050, Frédéric Héran, La Découverte, 2014.

vendredi 11 octobre 2013

Une courte existence mondaine



En milieu grand bourgeois, le sport est le plus souvent mondain, c'est-à-dire collectif et partagé avec d'autres membres du groupe, dans une convivialité qui renforce de manière efficace les liens sociaux.

Le sport est une activité fortement liée à la noblesse. "C'est toute une éducation aristocratique, aux origines fort anciennes, qui a donné au jeune noble les aptitudes intellectuelles et les facultés physiques pour remplir sa tâche de gouvernant. Le noble est depuis les modèles grecs de la nobilitas romaine un "sportif", au gymnase comme en salle d'escrime, au manège comme à la chasse. Dans toutes ces activités, il risque des blessures plus ou moins graves, mais prend l'habitude de braver le danger [Werner, 1998, p. 509]

[...]

Parallèlement, la montée de la société bourgeoise a conduit progressivement à une "culture synthétique de l'honneur masculin" qui est "née de l'amalgame d'une nouvelle aristocratie de notables qui mêlait des éléments d'honneur noble et bourgeois et qui s'est épanouie plus tard au XIXème siècle" [Nye, 1994, p. 46-47]. Cette pacification de la pratique sportive a correspondu à l'apparition de disciplines moins risquées, comme le vélo à ses débuts et le tennis encore aujourd'hui, où un exercice physique contrôlé était aussi l'occasion de rencontres mondaines.

Premiers intéressés, souvent novateurs en la matière, les nobles étaient, durant le XIXème siècle et plus encore dans le cours du XXème, les compagnons d'une bourgeoisie triomphante. Monique de Saint Martin note que, si le vélo n'eut qu'une courte existence mondaine, il fut tout de même à ses débuts investi par la haute société. Le club de l'Omnium "est fondé à Paris en 1890 à l'initiative du prince de Sagan et présidé par le duc d'Uzès". Toutefois, le développement même de la pratique en éloigne cette élite sociale aussi vite que le nouveau sport se professionnalise. Il en va autrement avec le tennis dont la diffusion fut beaucoup plus lente et dont les formes de pratique surent résister à l'érosion sociale d'une certaine démocratisation.

Sociologie de la bourgeoisie, Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, La Découverte.

vendredi 19 avril 2013

Espace-temps


Je suis retombé récemment sur le passage suivant d'un des livres d'Hartmut Rosa. J'avoue que je n'avais pas réussi à me farcir ce (pourtant petit) ouvrage dans son entier. Si le bouquin est un poil aride l'extrait que voilà est d'une lucidité incroyable. Il n'y manque que l'usage du vélo que vous ne manquerez pas de placer du bon côté de la "force".

La conscience de l'espace est étroitement liée à la manière dont on se déplace en son sein : tant que nous nous déplaçons à pied, nous percevons immédiatement l'espace dans tous ses aspects qualitatifs : nous le touchons, nous le sentons, l'entendons et le voyons.

La construction du réseau routier s'accompagne d'un aplanissement des terrains, de la suppression d'obstacles, d'une manipulation qualitative de l'espace : désormais on ne le parcourt plus, on le franchit avec une efficacité maximale.

Avec l'invention des autoroutes, l'espace est encore davantage réduit, comprimé, homogénéisé ; détourner le regard de la route qui défile toujours à l'identique et le laisser errer dans l'espace constituent désormais un risque mortel.

Les automobilistes ne prennent plus connaissance de l'endroit où ils sont par le paysage qui défile autour d'eux, mais par l'intermédiaire de symboles abstraits au bord de la route, ou par les indications de leur ordinateur de bord. De ce point de vue, l'expérience moderne de l'"anéantissement de l'espace" a une base bien réelle.

Enfin, les passagers d'un avion perdent toute relation avec l'espace topographique de la vie et celui de la surface terrestre ; l'espace ne représente plus pour eux qu'une distance abstraite, vide, et mesurée à la durée du vol. Les voyageurs modernes ne luttent plus contre l'espace et ses obstacles mais contre la montre, puisqu'il leur faut arriver à temps pour ne pas rater leurs correspondances ou leurs rendez-vous. Ce passage d'une prédominance de l'espace à une prééminence du temps se reflète dans le fait que l'on se préoccupe de planification de l'action et d'éventuels incidents. Ainsi, il n'est pas rare que l'espace ne devienne plus qu'une fonction du temps : l'endroit où quelqu'un se trouve dépend du temps et non l'inverse, qui est désormais obsolète.

Hartmut Rosa, Accélération. Une critique sociale du temps, La Découverte, 2010.


mardi 3 janvier 2012

Eloge du carburateur



Eloge du carburateur,
Essai sur le sens et la valeur du travail
Matthew B. Crawford
Ed. La Découverte
Trad. Marc Saint-Upéry


J'ai dévoré ce livre en quelques heures pendant les vacances. Une fois la première page ouverte impossible de le refermer.

Ce bouquin tient à la fois du parcours de vie et de l'essai de sociologie mâtiné de philosophie. Matthew B. Crawford était un "travailleur intellectuel". Parfaitement intégré à l'"économie du savoir" il dirigeait un think tank (le terme francophone de "boîte-à-idée" manque terriblement d'agressivité pour recouvrir la réalité de ce genre de structures) à Washington. Son avenir professionnel semblait tout tracé mais le démon de la mécanique qu'il refoulait depuis des années a refait surface. Matthew B. Crawford plaque son boulot pour ouvrir son propre atelier de réparation de motos.

Je dois évidemment avouer qu'un certain cousinage avec mon activité (après tout, les motos sont des vélos trop lourds sur lesquels il faudra bien un jour enlever la tumeur motorisée) a éveillé mon intérêt mais surtout, le bouquin embrasse un paquet de thématiques qui me sont chères. En vrac, l'auteur parle du manque de pertinence dans la césure travail manuel/travail intellectuel, de la dimension éthique d'un métier et de l'investissement personnel que cela implique, du passage souvent difficile de la théorie à la pratique, de la satisfaction du travail en autonomie, etc. La lecture du bouquin est aisée, les anecdotes et autres tranches de vie fourmillent et facilitent la compréhension des idées.

La seule critique que je puisse émettre est que parfois l'auteur a une vision quelque peu conservatrice. Il élève parfois les gens de métier et autres artisans au rang de derniers garants du "vivre-bien" au sein de la société de consommation. Point de vue que je suis loin de partager.

Il n'empêche ce livre n'est pas prêt de quitter ma table de chevet (carton de chevet serait plus juste) et, il était parfaitement approprié comme lecture de vacances, histoire de revenir au boulot avec une motivation débordante. Avant de terminer une petite citation s'impose :

"Ce que j'ai appris au long de ces années, c'est que le travail de mécanicien a un côté hasardeux et insaisissable qui le distingue fortement des mathématiques, même pour un expert chevronné.
Aristote peut ici nous être utile. Le Stagirite étend en effet le concept d'art, ou technè, pour y inclure les cas où nos efforts sont loin d'être infaillibles. Ce faisant, il nous indique une voie moyenne entre le fatalisme impuissant et son opposé, le fantasme de la maîtrise complète, mettant en lumière le véritable caractère de l'agir humain."

C'est parti, vous pouvez commencer à rédiger, je ramasse les copies demain matin.