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jeudi 11 août 2022

Lignes de fuite

Vous trouverez ici quelques images d'une virée à vélo que j'envisageais depuis longtemps. Je constate que la plupart de mes images ont des lignes de fuite très/trop évidentes. J'imagine que c'est en partie le reflet du paysage géographique sous mes yeux et celui mental juste derrière.

C'est parti pour quelques clichés qui démontrent mon niveau photographique d'éternel grand débutant.


Beaucoup trop de grands bouts droits au programme du jour. Ce qui est simple sur la carte ne l'est pas forcément sur le terrain. Pour une fois j'ai fait abstraction de la forme et je me suis concentré sur mon objectif.
 
En arpentant un bout de voie romaine j'ai pu constater que cette volonté d'aller au plus direct n'était pas une nouveauté.
 
Mais méfiance. Les raccourcis ne mènent pas toujours là où on pense.
 

Des lignes droites à perte de vue et à en perdre la raison.

Heureusement, j'emporte sur moi un ersatz de rondeur. Si les beignets ne sont pas une bonne idée en matière de préparation physique ce sont des outils de motivation éprouvés. On ne peut pas tout avoir.
 

Visible de loin dans le village, je me suis précipité à l'ombre de La Pouplie, objet sujet de ma visite.
 

Ce peuplier noir est vraiment impressionnant et son aspect en dit long sur sa vivacité. Son tronc gigantesque est couvert de squames. 
 
Une partie de son tronc est balafré d'une longue cicatrice, certaines de ses branches charpentières sont ligaturées. Il est entouré de pavillons assez récents. Bref, il a connu moult péripéties dans sa déjà longue existence, et ça se voit, ce qui ajoute au charme qui s'en dégage. Qui plus est il accueille beaucoup de vie dont une ruche d'abeilles sauvages qui se sont installées dans son tronc.


Après une telle rencontre le retour est une fête.

mardi 23 juillet 2019

La tête dans le gaz

Tôt, très tôt, beaucoup trop tôt. Me voilà en dé-route à une heure où les pochtrons croisés en ville s'éteignent et n'ont même plus la force de vomir une réflexion sur "Le Tour". Je me contente de beaux jets de bile assaisonnés de mauvaise bière.

Cette heure indue a néanmoins le grand avantage de me permettre de rouler sur un parcours habituellement trop dangereux à vélo, j'ai nommé la levée sur La Loire en direction de Saumur. Une joie rare, renforcée par un vent taquin qui colporte les bruits des riverains à plumes du fleuve déjà affairés à préparer la journée qui s'annonce.

Comme il se doit, je suis en avance au rendez-vous qui m'a été donné. En guise de mise en conditions, je m'installe à côté des bouteilles de gaz. Voulant attacher mon précieux vélo, je réalise que j'ai oublié la clé de l'antivol, et sans doute une partie de mon cerveau, à la maison. Le temps presse. J'avise des fourrés généreusement garnis de ronces. Je m'y enfonce aussi profondément que les épines dans mon cuir (pas besoin de vous reservir le couplet sur le cyclisme et la souffrance, vous connaissez). Je planque du mieux possible ma machine rutilante. Aurais-je du porter mon dévolu sur une livrée camouflage ? Le futur le dira. Mais quand, comme moi, on est un poil pétochard et qu'on s'apprête à efectuer son premier vol en montgolfière, le concept de "futur", aussi proche soit-il, relève-t-il encore d'une réalité tangible?

Tant qu'à trinquer autant lâcher prise. C'eut pu être (je sais plus vraiment ce je j'écris là) les côteaux de l'Aubance mais le sort en a décidé autrement.

Non sans être mis physiquement à contribution pour son déploiement, c'est à bord d'un ballon de Champigny que j'embarque ma carcasse chérie.

De premier abord un poil râpeux, il se révéle souple et vif. Entre des mains expertes le décollage se produit sans vraiment qu'on s'en apercoive. Notre gros panier du marché chatouille la cime des arbres. Puis, le propane nous propulse à 1000 mètres d'altitude.

Elle souffre de la canicule et son lit est réduit à peau de chagrin mais La Loire magnétise les regards. La vue de tous les systèmes d'arrosage en action sur la rive nord avait tout de la saignée scélérate et m'a un peu filé le bourdon.

Rive sud, le paysage est moins marqué par l'agriculture intensive et j'ai été surpris de constater la présence de nombreux espaces boisés. Nous avons filé vers l'ouest, dans l'axe de La Loire, et rapidement Angers est apparue. Son emprise m'a elle aussi semblé moins massive que dans mon imaginaire. Après une heure de vol, l'atterissage s'est profilé dans une petite plaine du côté de Blaison-Gohier. Le vent au sol était manifestement plus rapide que ce que l'aérostier avait anticipé et la nacelle a labouré le sol avant de verser. Nous voilà faisant du traineau dans les chaumes, la tête vers le ciel et le dos au sol. Paradoxalement, pas de panique à bord et un bon fou rire général éclate quand l'ensemble s'immobilise. Un atterrisage sport dans la forme mais maîtrisé sur le fond. Nous sommes remis à contribution pour ranger tout le bazar. S'en suit une petite collation et me voilà à tiser du rosé pétillant à 8h30 du matin... La réalité de ce bas-monde se rappelle néanmoins à moi : vais-je retrouver mon vélo ?


C'est Noël, mon jouet est au pied du sapin !

Sur le chemin du retour, j'essaie de coller au plus près du trajet effectué dans les airs. C'est moins grandiose mais je ne me lasse pas de la variété de paysages de ce bout de planète.

Midi est encore loin pourtant la chaleur est accablante. Je me laisse aller à de multiples pauses à l'ombre. Les quelques bars et épiceries à disposition sont mises à contribution afin de stabiliser ma chaleur corporelle.

Car, ce ne sont pas les panneaux d'affi-chat-sauvage surréalistes qui vont m'aider à garder la tête froide.

dimanche 7 juillet 2013

A bout de souffle


Je dois vous prévenir que l'historiette qui suit est d'une véracité toute relative. Je la tiens d'un ami qui la tient d'un ami et ensuite tout devient confus..

La scène se déroule dans un camping. Le soir, l'accès en est interdit au moyen d'une corde tendue au travers de la voie. A la nuit tombée justement, un vacancier, qui ne semble pas en pleine possession de ses moyens, s'apprête à quitter les lieux. Il dévale à vélo la descente qui donne sur la sortie du camping. Ce qui devait arriver arriva, notre malheureux est brutalement coupé dans son élan par la corde traîtresse. Elle se tend mais ne rompt pas et voilà notre cyclo-vacancier les quatre fers en l'air. Immédiatement des amis accourent. La victime reprend (presque) ses esprits. Quelqu'un s'empresse de l'interroger :
-Mais qu'est-ce qui t'as pris ? Tu le sais qu'il y a cette corde !
Et lui de répondre :
-Oui, mais c'est juste pour les voitures !

Moi aussi j'en ai eu le souffle coupé.