Il pleut. Quelqu'un franchit le pas de l'atelier, je m'approche pour engager la conversation. Cette personne me dit tout de go :
- Ecoute, j'ai une course à faire, je te laisse mon vélo.
Innocemment je demande :
-Oui, mais qu'est-ce qu'il y a à faire ?
-Rien, ne t'inquiètes pas, je reviens, comme il pleut, je te laisse mon vélo, je repasse tout à l'heure.
-... Hein !?! Mais, je suis pas un garage à vélo !
Je vous fais grâce du reste de la conversation. Tout ce que je peux dire c'est qu'un instant j'ai pensé m'être trompé de costume le matin en fouillant ma maigre garde-robe. J'étais paré à affronter une journée dans la graisse, l'huile, le cambouis et le caoutchouc alors que la livrée adéquate eût été celle-ci :
Désolé, je n'assume pas, je suis allergique aux écureuils et aux guêtres. J'adore rendre service mais je ne suis au service de personne. Nuance.
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jeudi 18 mai 2017
lundi 11 janvier 2016
Avertissement sans frais
Les réparations de "la dernière chance" sont assez confortables du point de vue du mécanicien. En général, le/la client-e s'est déjà plus où moins fait une raison. L'espoir de chevaucher à nouveau son cher destrier s'éloigne rapidement. Les chances de réussite étant faibles, c'est l'esprit tranquille et la main ferme que le mécanicien peut agir. Il y a une obligation de moyens mais pas de résultats. Cela porte régulièrement ses fruits avec de belles surprises et des retours d'outre-tombe tonitruants.
Seulement, parfois j'ai des vélos qui me sont amenés alors qu'il est déjà trop tard. Le cadavre est froid comme le métal qui le compose, seul-e le/la client-e n'a pas encore réalisé l'ampleur du désastre. Histoire d'être prévenant mais aussi pour éviter une erreur d'appréciation, je demande à garder le vélo pour un diagnostic plus approfondi. J'en profite pour préparer le terrain et je glisse qu'il n'est pas inutile de penser à se procurer une nouvelle bicyclette.
Dernièrement j'ai eu un cas tout à fait typique de filetage du boitier de pédalier arraché. La "cuvette fixe" ne l'étaient plus depuis longtemps et elle brinquebalait au beau milieu d'un amas de cambouis plein de copeaux d'acier. Par acquis de conscience, j'ai démonté l'ensemble pour voir ça de plus prêt. Le résultat était sans appel : ce vélo ne parcourra plus jamais les grands espaces asphaltés de l'agglomération angevine. La formule taillée sur mesure pour La Dame de Fer prenait un tour autrement plus lugubre pour l'amoureux des vélos que je suis : "Rust In Peace".
Prenant mon courage à deux mains, je décroche le téléphone et laisse un message au propriétaire. Je laisse un message et explique que je serai plus explicite quand je lui rendrai l'épave.
Le voilà qui arrive, je suis tout ce qu'il y a de plus affirmatif le vélo est mort. C'est une réalité intangible. La personne me rétorque avec candeur :
-Même par quelqu'un d'autre ?
Je vous passe le reste de la conversation. Je crois ne rien avoir laissé paraître de mon agacement. Maintenant, vous savez très exactement quoi dire si vous voulez vous en prendre à peu de frais au petit ego d'un mécanicien-vélo. Efficacité garantie. Vous pouvez aussi plus directement me dire un truc du genre : "T'es vraiment qu'une m... incapable !". Je suis disposé à l'entendre. Soyez disposé-e à vous prendre un bon coup de pied au derche.
Seulement, parfois j'ai des vélos qui me sont amenés alors qu'il est déjà trop tard. Le cadavre est froid comme le métal qui le compose, seul-e le/la client-e n'a pas encore réalisé l'ampleur du désastre. Histoire d'être prévenant mais aussi pour éviter une erreur d'appréciation, je demande à garder le vélo pour un diagnostic plus approfondi. J'en profite pour préparer le terrain et je glisse qu'il n'est pas inutile de penser à se procurer une nouvelle bicyclette.
Dernièrement j'ai eu un cas tout à fait typique de filetage du boitier de pédalier arraché. La "cuvette fixe" ne l'étaient plus depuis longtemps et elle brinquebalait au beau milieu d'un amas de cambouis plein de copeaux d'acier. Par acquis de conscience, j'ai démonté l'ensemble pour voir ça de plus prêt. Le résultat était sans appel : ce vélo ne parcourra plus jamais les grands espaces asphaltés de l'agglomération angevine. La formule taillée sur mesure pour La Dame de Fer prenait un tour autrement plus lugubre pour l'amoureux des vélos que je suis : "Rust In Peace".
Prenant mon courage à deux mains, je décroche le téléphone et laisse un message au propriétaire. Je laisse un message et explique que je serai plus explicite quand je lui rendrai l'épave.
Le voilà qui arrive, je suis tout ce qu'il y a de plus affirmatif le vélo est mort. C'est une réalité intangible. La personne me rétorque avec candeur :
-Même par quelqu'un d'autre ?
Je vous passe le reste de la conversation. Je crois ne rien avoir laissé paraître de mon agacement. Maintenant, vous savez très exactement quoi dire si vous voulez vous en prendre à peu de frais au petit ego d'un mécanicien-vélo. Efficacité garantie. Vous pouvez aussi plus directement me dire un truc du genre : "T'es vraiment qu'une m... incapable !". Je suis disposé à l'entendre. Soyez disposé-e à vous prendre un bon coup de pied au derche.
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