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mercredi 22 février 2017

Vipère au poing


L'année passée j'ai lu « Vipère au poing » d'Hervé Bazin. Si j'étais présomptueux, je dirai que je l'ai relu. Cette œuvre fait partie des obligations scolaires de ma génération. Rétrospectivement, j'ai pris conscience que ce que j'avais lu n'était qu'une version édulcorée afin d'épargner mon âme innocente et n'y imprimer que les passages moralement décents. L'âge des crottes de nez qui pendent étant révolus depuis fort longtemps et après deux décennies de vie angevine, je ne pouvais faire l'impasse sur ce monument du patrimoine littéraire local. En effet, le plus clair de l'histoire se déroule dans le segréen, à quelques dizaines de kilomètres au nord-ouest d'Angers. Les lieux ont certes été renommés mais le camouflage n'est pas bien épais il est aisé de retrouver les lieux des sévices. Tels des badauds attirés par un fait divers crapuleux, nous voilà partis à la recherche de la propriété où Folcoche terrorisa sa progéniture. Hélas, après deux heures de pédalage, près de toucher au but nous voilà stoppés net par un chien de ferme outrageusement territorial qui nous terrorisa à notre tour. Nous avons préféré rebrousser chemin et protéger nos arrière-trains. Je n'ai donc pas d'image à vous soumettre du but de notre échappée. Je reconnais que pour vous appâter, c'est maigre. Plus maigre même que le chien qui nous a fait fuir.

Ce qui me console, c'est que le matin nous avions rendez-vous sur la rive droite de la Maine.
Ce simple fait m'autorise à vous servir ce qui me semble le meilleur extrait du bouquin. Quelques lignes qui ne figuraient pas dans la version qu'on m'a donné à lire enfant. Il est de coutume de dire : qui aime bien châtie bien. C'est souvent vrai, néanmoins, par un évident retour du bâton, Bazin aime surtout châtier. J'avoue prendre plaisir à le lire punir la ville que j'aime tant tout en étant trop rarement celle que j'aimerai. 
Cela n'a rien à voir avec le vélo ? Pourtant c'est bien la lecture de ce livre qui a motivé notre sortie, non ?

jeudi 9 février 2017

Vaurien !

Mon cher facteur m'a remis en mains propres (je n'avais pas encore entamé ma journée de réparations) cet avis de contravention pour mon "inobservation" d'un feu rouge à vélo.

Je regrette amèrement de ne pas être un cador en informatique et/ou vidéo parce que je vous pondrai une superbe animation 3D avec une musique épique digne d'un péplum. Un truc chiadé qui file la chair de poule rien qu'à imaginer les risques que j'ai pris à vélo pour sauver ma peau même s'il me faut enfreindre la loi pour ce faire. En effet, comme beaucoup de cyclistes, pour gagner en sécurité j'enfreins quotidiennement le mal nommé "code de la route" qui mériterait d'être rebaptisé "code de la voiture".

Le feu que j'ai "omis" est situé en côte sur le boulevard Carnot. Le boulevard est sur trois voies. Les vélos sont cantonnés à droite dans la voie de bus. Voici une capture d'écran de la scène de crime volée à Google (bien fait, vu toutes les données qu'il me vole et puis, tant qu'à enfreindre les lois, autant y aller à fond) pour essayer d'expliciter la chose.
Le feu "inobservé" est à la première croix. La seconde représente la destination prévue avant ma rencontre avec les forces de l'ordre. Il y a bien un petit délai imparti aux vélos pour partir avant les bagnoles mais si, comme moi ce jour là, vous allez en direction du quartier Savary vous devez péter un KOM sur Strava pour espérer ne pas finir collé sous une calandre. Même en le cramant allégrement comme je l'ai fais, je garanti que votre coeur va battre la chamade. Il s'agit de traverser plusieurs voies entouré de tas de ferraille rugissants. Je déconseille l'exercice aux néophytes.

J'ai mesuré un risque pour éviter de me mettre en danger. Relisez bien, ça n'a rien de contradictoire, c'est le quotidien de la plupart des cyclistes en ville. Ce désagrément m'a rappelé que tout a un coût. Et que parfois le "coût de la vie" est une expression à prendre au pied de la lettre. Ce jour là, ma vie valait 135€, avec une aimable remise à 90€ si je paie rapidement. Même si mon amour-propre n'est pas très exacerbé, je n'aime pas être déprécié aussi facilement. Cela me renvoit à ma condition de "vaurien". Tiens, encore un mot à prendre au pied de la lettre.

lundi 7 mars 2016

Mes illusions

J'imagine aisément vos commentaires alors que vous découvrez que ce billet est une fois de plus un compte-rendu en image de ma sortie dominicale.

-'tain, comme il est relou avec ses photos pourries de châteaux pourris. 

-Pffff, château devant, château derrière, château à gauche, château à droite. Des châteaux en veux-tu ? Des châteaux en voilà ! Y font quoi c'est cons d'angevins avec tous ces châteaux, ils les bouffent ou quoi ?

-Toujours la même rengaine !

-Rien de neuf sous le soleil, trop moisi ce blog !

-Sérieux, je sais même plus pourquoi je consulte ce machin, j'en ai plein les pieds de ces conneries et je reste poli !

Je comprends vos objections, néanmoins offrez-moi une chance. Je promets que je fais de mon mieux à défaut de pouvoir offrir le meilleur.

J'essaie souvent de ramener des images de lieux reculés où la poussière se dépose sans être dérangée. Je jure que le dépaysement est là, juste sous nos yeux endormis.

Sans l'ombre d'un doute.

Comme d'habitude vous déduisez que notre moyenne a été affectée par les bars et autres enfantillages auxquels nous ne pouvons pas résister. Pas de quoi nous traîner aux fers cependant.

En parlant de ferraille, nous avons trouvé assez déplacé un certain monument aux morts. Peindre le drapeau de l'Europe sur des obus est une idée assez inquiétante et plutôt contradictoire d'un point de vue historique.

Sur un plan plus sportif, mes compères m'ont fait découvrir un"mur" qui m'a coupé les jambes.

Pour la survie de mes genoux j'ai mis pied et amour-propre à terre.

Cela valait bien la peine de prendre le temps.