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mardi 11 novembre 2014

Boule et Jill

Comme souvent, voici un petit pot-pourri en images de ma dernière virée à vélo. Rien d'organisé, à l'exact opposé de l'escapade en question.

S'il devait avoir un animal totémique, le Surly serait un âne : on peut le charger sans compter (lui n'a pas mauvais caractère), il a le pas sûr et passe presque partout. Il n'est certes pas très fougueux mais la comparaison avec l'outil agricole sur lequel il repose serait quand même fort malvenue.

Tout au long de mon parcours les monuments aux morts pavoisaient. Impossible d'ignorer la commémoration du 11 novembre. La palme du mauvais goût revient au petit village de Mayenne qui était mon objectif du jour. Décorer un monuments aux morts avec l'objet de leur trépas, en l'occurrence des canons, j'ai toujours trouvé cela douteux et morbide. Tant qu'à faire, il faudrait pousser l'idée à son paroxysme. Ainsi, pourquoi pas des tombes en forme de cendrier et avec des clopes en décoration pour les victimes de la tabagie ? Les déclinaisons présentent une infinie variété !

En parlant de mort, dans les cimetières on voit parfois des mises en scènes plutôt cocasses, non ?

Quant à la route, elle n'est elle aussi qu'un long cimetière où certains vomissent leurs tripes.

Heureusement qu'on peut compter sur la presse quotidienne régionale pour se décontracter.

Sans compter qu'elle est bien épaulée par l'ordre des notaires. Moi, si mon atelier était "rue de Longchamp" à "Tiercé", je crois bien que j'y verrai le signe d'une reconversion en PMU.

Boule et Jill

C'est à moi que je devrais parfois appliquer cette injonction.

Oui, en 2014, il y a encore des gens qui passent tout leur fric et leur temps libre à construire un gigantesque pigeonnier psychédélique en rase campagne. Un tel désintéressement, je trouve rassurant pour l'humanité !

Le but de mon escapade était la visite du village médiéval de Sainte Suzanne. J'ai bien pris ma claque. Je recommande.

samedi 3 mai 2014

Mignonne, allons voir...


Je reviens du nord de la Mayenne, où j'ai passé la journée à découvrir un nouveau terrain de jeu. Qui plus est, j'avais rendez-vous avec une mayennaise, habitante d'importance à qui rien de l'histoire de cette contrée n'a échappé  : quelqu'un du "lait cru" comme ils disent par là-bas. Je me suis donc levé aux aurores et ai gaspillé une petite partie de la planète en faisant un bout du trajet en voiture.

Une fois à pied d'oeuvre j'ai bien pédalé, le ciel était radieux mais une bise soufflait plein nord ce qui ne faisait pas mon affaire puisque c'est là que je me dirigeais. Les paysages de bocage ont particulièrement plu à mon âme paysanne. Une campagne sur le pied de guerre, loin de l'image endormie qu'on lui prête  trop souvent.

Le relief était vallonné à souhait, avec d'incessants petits "coups de cul". Nous sommes loin des Alpes où des Pyrénées, mais je pourrai qualifier cette région de "Mayenne-montagne". L'expression claque bien, il faudra que j'en parle au syndicat d'initiative du coin. Avec un slogan pareil il y a moyen de faire monter la mayennaise. Mais reprenons nos esprits avant qu'il ne soit trop tard et qu'un mauvais jeu de mot de trop ne passe mes lèvres, parce que comme me disait mon ami coureur cycliste professionnel Claudio Chiappuccino avec son ineffable accent italien  : "Mayennais sait pas où tu vas chercher toutes ces conneries".

Voilà, le pire est derrière vous.

J'avais donc aujourd'hui un rendez-vous d'importance. L'attente a été longue. J'attendais avec impatience, je rongeais mon frein, je voulais arriver pile-poil au bon moment. Non par peur de louper le rendez-vous, parce "l'autre" attend depuis 1700 ans, à défaut de m'attendre moi. Je m'étais fixé un tête à tête sur la commune de Saint-Mars-sur-la-Futaie avec une aubépine parfois présentée comme le plus vieil arbre de France. Même si on peut décemment la qualifier de vieille branche, elle semble encore vigoureuse et le secret espoir de la voir en fleur a été exaucé. Impossible de la louper, elle est en plein centre du bourg, à côté de l'église qui la protège du vent du nord. Comme il se doit, j'ai mis en scène ma fidèle monture et ai immortalisé la rencontre.


Mon côté fleur bleue m'a totalement submergé ce qui donne ce genre de photos

En terme de nunucherie pour un blog cycliste je ne vois rien de comparable, si ce n'est un calendrier de La Poste, celui avec un panier de chatons-mignons-tout-plein. J'assume totalement.

Plus sérieusement, l'ironie du sort (sous la forme d'un conseil municipal maladroit probablement) a voulu que le monument aux morts soit placé à quelques pas. En jettant un œil à la litanie des disparus, je me suis aperçu que certains malheureux avaient de beaux noms d'arbres. Cela ne les a pas protégés d'être fauchés en pleine fleur de l'âge par la bêtise belliciste.

Cela relève pour moi de l'incroyable que cet aubépine ait pu traverser les siècles sans qu'un péquin bas de plafond ne se mettent en tête de la lui couper. Parce que de manière générale, une aubépine c'est, pour beaucoup de gens, jamais qu'un gros buisson de ronces. En nos contrées, la vie des arbres tient à un fil souvent ténu et pas plus large qu'une chaîne de tronçonneuse .


Heureusement la végétation mijote parfois de petites vengeances.

Quant aux rencontres avec les autres êtres humains, elles ont été marquées d'une grande variabilité. Dans les bars, elles ont été le plus souvent chaleureuses avec l'habituel mélange de curiosité et d'amusement. Et puis j'avais oublié que parfois, à la campagne, quand on demande un café, le tenancier peut s'éclipser dans l'arrière-salle et qu'on peut entendre le tic-tic caractéristique de la gazinière qu'on allume... A défaut d'être bon, ce genre de café à la mérite d'être partagé avec le patron qui en a sûrement fait son petit-déjeuner. Quant aux cyclistes croisés, doublés (rares), qui m'ont doublé (plus courant) en route, ils ont tous fait preuve de constance, à savoir cons comme des manches, ne daignant surtout pas répondre à mes bonjours répétés. Que le grand dieu Uvéa-Uvébé les fasse brûler en enfer eux et leurs joujoux en plastique. Un seul m'a répondu avec chaleur, l'aluminium serait-il meilleur conducteur pour la sociabilité  ? Pour ce qui est des automobilistes, j'aimerai que quelqu'un-e m'explique pourquoi là-bas une voiture sur deux est équipée d'une remorque plus ou moins imposante et, à ma grande surprise, toujours vide. Je me suis demandé s'il ne s'agissait pas là d'une sorte d'équivalent à l'étui pénien arboré par les hommes de certaines tribus. Peut-être il y a-t-il là un champ de recherche ethnologique qui s'ouvre à nous  ?

Pour finir, je voudrais attirer votre attention sur un habitant de la Mayenne qui va peut-être mettre à genoux le géant de la vente de particulier à particulier sur internet. J'ai la joie de vous présenter en exclusivité la version bêta de "La Bonne Façade".

Tout ça me mène à un dernier dérapage programmé, à savoir que je trouve les gens de cette contrées globalement bons et qui si je ne les porte pas toujours dans mon cœur, qu'ils sachent qu'ils sont souvent présents dans mon frigo.