vendredi 5 octobre 2012

Christophe, pardonnez-leur


Les sangles ci-dessus (ainsi que des cale-pieds) portent le nom d'un des coureurs les plus mythiques qui soient : Eugène Christophe. Eugène eu une très longue carrière. Il commence sa carrière en 1903 et ne raccroche le vélo qu'à l'âge de 41 ans. Ce qui l'a fait entrer au panthéon du cyclisme c'est son exploit lors du Tour 1913. Alors qu'il est virtuellement premier au classement, lors de la descente du Tourmalet, il est renversé par une voiture. La fourche de son vélo est brisée. A l'époque le règlement est drastique et interdit absolument toute assistance. Eugène va effectuer toute la descente du col à pied, c'est à dire 14 km, avec son vélo sur l'épaule et dans le village de Sainte-Marie-de-Campan il utilise l'atelier du forgeron local pour retaper son biclou. Il lui faudra quatre heures, sous le regard de commissaire de course Lecomte qui veille à la bonne application du règlement. Celui-ci demandera même à Eugène la permission de faire une pause pour manger un morceau. Selon la légende, le coureur-forgeron répondra : "Si vous avez faim, mangez du charbon... Je suis votre prisonnier et vous resterez mes geôliers". Il repartira ayant perdu tout espoir de victoire du Tour et pointera à l'arrivée de l'étape avec 3h50 de retard sur le vainqueur.

Eugène Christophe entretiendra toute sa vie une étrange malchance avec les fourches de vélo : nouveau bris sur le Tour 1919 et rebelote en 1922. Eugène était surnommé "Le Vieux Gaulois", je trouve que "Le Poissard" aurait été plus adéquat.

Alors, tout ça mérite bien qu'une simple paire de courroies de cale-pieds porte son nom, n'est-ce pas ?

La légende est prestigieuse mais comme toute chose le souvenir se terni et un jour, un ami entre dans l'atelier, aperçoit les sangles et s'extasie :

-Ouah, mortel, je savais pas que tu pouvais faire graver les sangles au nom des gens ! Un peu comme les bols qu'on voit à la mer...

J'aurai du pleurer en mémoire d'Eugène Christophe (d'autant plus que l'ami en question travaille le fer), mais honte à moi je n'ai pas pu réprimer un sourire.

Saint Eugène Christophe, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils disent.

2 commentaires:

monique a dit…

On peut aussi voir les choses sous cet angle : si notre copain forgeron n'avait pas faite cette naïve remarque, nous serions ignares quant à la légende de ce brave Eugène Christophe, n'est-il pas?
Comme quoi... (je vous laisse finir ma phrase)

Rita a dit…

... tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise ??

enfin c'est une proposition... ^^